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Pourquoi fait-on des études ? (2° édition)

publié le 24/05/2018 par dans Cursus/études, Quel job pour moi?, Vie étudiante

Voici un billet de septembre 2012 qui peut avoir de l'intérêt en période de réflexion sur un poursuite d'études, une réorientation etc. 

Le CEREQ,  dans une étude maintenant vraiment ancienne (2009) mais qui reste assez intéressante,intitulée "Quitter l’Université sans diplôme", définit "quatre figures du décrochage étudiant." autour de deux déterminants : la plus ou moins grande valorisation des diplômes, d’une part, la plus ou moins grande anticipation de l’insertion professionnelle de l’autre.

Ces éléments sont aussi pertinents pour décrire les motivations des étudiants qui ne sont pas en "décrochage". Mais ils sont trop généraux, me semble-t-il pour expliquer complètement ces motivations.
Pourquoi entreprend-t-on des études ? Pourquoi persévère-t-on ? Quels bénéfices en attend-on ?

Je vous propose 5 types de bénéfices, qui se combinent évidement chez chacun :

1. Reculer l’échéance du choix professionnel par absence d’autre projet, avec comme objectif secondaire d’élever le niveau de qualification. On classera aussi dans cette catégorie ceux qui entament des études universitaires longues faute d’avoir pu intégrer une filière plus sélective. C’est la plus défavorable des situations, puisqu’aucun bénéfice identifié ne peut justifier les efforts  à consentir.

2. Maintenir ou développer le niveau socio-professionnel d’origine. Il s’agit alors souvent  de répondre à une commande familiale.

3. Eventuellement, maintenir une spécialisation professionnelle familiale (familles de médecins, d’avocats, d’ingénieurs, etc) ou d’en établir une (je n’ai pas pu le faire, mon fils sera pilote de ligne)

4. Réaliser une vocation professionnelle personnelle. Les études sont alors vécues comme le passage obligé pour embrasser ensuite le métier ou le genre de vie tant désiré.
Au passage, Beaucoup de « projets professionnels » sont exprimés sous la forme de vocations, alors que ce sont des objectifs fabriqués au fil de l’eau pour répondre à l’injonction d’en avoir un. Dans ces conditions, le projet est constitué dans un champ artificiel, à partir d’une connaissance aléatoire des réalités. On peut néanmoins admettre que la vocation n’est pas forcement précise, (on peut vouloir travailler dans le domaine de la communication par exemple) et qu’elle ne touche que certains domaines. On n’a que rarement une vocation pour la grande distribution.

5. Suivre son intérêt pour un domaine de connaissances ou d’actions. Cela ne se combine pas toujours avec le précédent . On peut vouloir étudier les lettres mais pas devenir professeur ou écrivain. On est alors en situation de ne pas anticiper son insertion professionnelle, ou encore de ne pas la lier aux études entreprises.  « Je fais mes études de philosophie et je reprendrai ensuite l’entreprise de Papa. » Ou encore « … et ensuite je verrai bien. ». On notera aussi que cet intérêt peut aussi se porter sur la connaissance en général, manifestation d’une soif d’apprendre universelle.

 

On voit se dégager, en plus des deux déterminants mis en avant par le CEREQ, un troisième, l’origine de la motivation,  personnelle ou extérieure. Il est difficile de déterminer le degré d’autonomie dans ces domaines. Mais on sait bien que dans certains cas, l’influence, voire la prescription familiale (parentale), parait décisive.
En tout cas, on peut supposer que le caractère plus ou moins personnel de la motivation est un facteur non négligeable de sa solidité.

On peut, de ce fait, répartir les  « figures » d’étudiants autour de trois axes, symbolisés par trois questions :
1. Qui décide ? ou encore quel est mon niveau d’implication personnelle dans la décision ? Cet axe va de « ce sont les autres qui ont décidé pour moi » jusqu’à « jai décidé absolument seul » (éventuellement contre l’avis de mes proches)
2. Avec quel objectif ? Le diplôme ou la spécialisation ?
3. Pour quelle finalité ? académique ou professionnelle ? Cet axe va de « objectif purement académique » jusqu’à « objectif purement professionnel »

Cette distinction entre l’objectif et la finalité permet de mieux appréhender la motivation pour le diplôme. Celui-ci peut en effet être considéré en tant qu’attestation d'un niveau de qualification ou en tant que label de connaissances/compétences  dans une matière ou un domaine. Il peut, parallèlement,  être envisagé comme un sésame pour l’emploi (finalité professionnelle) ou comme une étape réussie dans un cursus universitaire (finalité académique).

Evaluer et définir pour l’essentiel les bénéfices qu’on attend de ses études doit permettre à chacun d’y engager, dans la durée, les efforts nécessaires et bien placés. La motivation, qui permet de persévérer en dépit des obstacles et difficultés, est en effet soutenue par la valeur qu’on accorde à ces bénéfices.

Il faut évidemment que ce ne soit pas un marché de dupe. Le rôle du conseil sera alors de mettre en lumière les implications des choix.

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