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Le réseautage en été : un conseil banal et irréaliste ?

publié le 24/07/2017 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, coup de gueule, manuel de survie

Chris a posté un commentaire en réponse au dernier billet, très critique sur le blog en général et ce post-là en particulier.

Je le cite :

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"Vos nombreux conseils (sur ce billet notamment) sont d’une banalité déconcertante et très eloignés de la réalité. Par exemple, vous posez le cas d’un jeune diplômé cherchant un poste de cadre, soit un niveau bac +5 (je pense), or la plupart de ces formations contiennent un stage de fin d’étude de 6 mois qui se termine en septembre avec l’obtention du diplôme ce même mois … De même, lorsque vous évoquez le fait de se construire un réseau : c’est tout à fait le moment propice de réaliser une veille sur le marché de l’emploi quand on se rend chez son dentiste ou banquier, aussi lorsque l’on va acheter sa baguette de pain ou faire ces courses … C’est incroyable de proposer une telle vision idéaliste et idéalisée de la recherche d’emploi".

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Il m'a semblé que cette réflexion pouvait être partagée par un grand nombre de lecteurs, même si tous ne manifestent pas leur agacement comme Chris l'a fait.

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Comme je ne peux rien à la banalité de mes propos, je veux surtout revenir sur la question du réalisme et de l'idéalisme soulevée par Chris dans son commentaire. 

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A propos de la recherche d'emploi pendant le stage ou projet de fin d'études, je ne dis pas que c'est facile, que tout le monde peut ou doit le faire, je constate que certains le font. Et qu'ils en tirent un avantage concret.

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En stage dans une entreprise, vous  avez intérêt à tisser votre toile pendant toute la durée de ce "séjour" dans l'entreprise. Ainsi, vous pourrez faire circuler votre CV, intéresser à votre recherche d'emploi les personnes côtoyées et qui ont chacune un réseau, dans l'entreprise, le groupe, ou en dehors.

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Par exemple cet étudiant d'un IAE qui a été présenté et recruté, non dans l'entreprise où son stage avait lieu, mais par celle où travaillait le conjoint de son responsable de stage. Ou encore ces CV qui circulent entre membres de clubs (l'ANDRH par exemple) avec un mot du genre : "Pouvez-vous faire circuler le CV de Framboise qui est en stage chez nous et que malheureusement nous ne pourrons pas garder à l'issue du stage. De bon niveau, impliquée, elle a réalisé un très bon travail. je le recommande."

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De tels contacts ne se prennent pas dans la dernière semaine. Après le stage, reprendre contact sera laborieux. Et je confirme, (je reconnais volontiers la banalité de ce conseil) que l'été et le stage de fin d'étude sont des moments propices pour cela. Votre entreprise a des clients, des fournisseurs, des co-traitants et des concurrents, bref elle est inscrite dans un "ecosystème" comme on dit volontiers. 

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Chris ironise surtout sur les contacts du quotidien que j'avais avancés : "c’est, écrit-il, tout à fait le moment propice de réaliser une veille sur le marché de l’emploi quand on se rend chez son dentiste ou banquier, aussi lorsque l’on va acheter sa baguette de pain ou faire ces courses."

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Je ne comprends pas très bien ce qui lui semble irréaliste dans ces pistes de contact : Oui, votre banquier/banquière (ou un(e) de ses collègues) est en relation avec des entreprises et il est de son intérêt professionnel et humain de vous aider à progresser vers l'emploi . Je suppose que Chris, comme la plupart des humains, aime à se rendre utile, à partager les bons plans. Parfois il nous faut même nous raisonner, pour ne pas se montrer intrusif.

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Je persiste : toute relation avec un professionnel en relation avec des entreprises est intéressante à solliciter, parce que cette personne est forcement capable de vous présenter une, deux, trois autres qui peuvent elles-même vous présenter… Ce qui n'est pas réaliste, selon moi, c'est de ne construire un réseau qu'avec des personnes que vous coryez capables de vous procurer un emploi directement.

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L'enquête sourcing de l'Apec  et l'infographie ci-dessous qui en est tirée, le montrent bien : le second moyen de sourcer, ce sont les candidatures spontannées, et le troisième, le réseau relationnel du recruteur. Quand on dit ça, non ne dit pas qu'il s'agit des gens que le recruteur connait depuis 20 ans !

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Vous seriez étonné(e) de savoir la quantité de personnes qui ont trouvé un job gràce à des relations absolument non professionnelles. Si je cite le boulanger et le dentiste, ce n'est pas par idéalisme, Chris, c'est parce que j'ai rencontré "dans la vraie vie" des personnes qui ont été mis en contact, directement ou non, avec leur employeur, par l'intermédiaire…

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– De sa dentiste : cele-ci savait que son fournisseur de matériels et produits voulait vendre son affaire, elle en parle à un de ses patients, jeune commercial en recherche d'emploi. Le patient en question a rencontré le patron de l'affaire, qui l'a recruté dans le but de lui succéder dans les années suivantes. Bien-sûr il a fallu que le patient soit intéressé, qu'il soit convaincant… La mise en relation, ce n'est pas du placement, je crois bien l'avoir aussi déjà écrit ici. Il vaut mieux, c'est vrai, parler de ça avant ou après les soins !

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– de la Boulangère : là encore, le cadre que j'accompagnais a parlé à tout le monde, y compris la boulangère, de sa recherche de job. le cadre a été mis en relation avec des gens qui finalement lui ont permis de rencontrer un patron à la recherche de qualqu'un, en l'occurence, si ma méoire est bonne, pour un job en comptabilité.

 

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Chris, vous avez quand même raison de critiquer ces conseils de réseautage. La majorité des recrutements de cadres se font, selon les enquêtes de l'Apec, grâce à une annonce, grâce à la réponse à une annonce. L'Insee vient de publier une enquête qui semble dire le contraire, mais je ne l'ai pas encore lue, car je rentre juste de vacances. Mais concernant les emplois de cadres, les enquêtes de l'Apec sont assez nettes.

En revanche, et je ne fais que me répéter, pardon à ceux qui me lisent régulièrement, le fait de répondre à une annonce ne dispense ni de se faire connaître, ni d'entrer directement en relation avec ceux qui recrutent, ni de soigner sa E-réputation, en se rendant utile, en avançant des informations, des idées, des expériences, des résultats de recherche, etc…

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Par ailleurs, une annonce n'est pas toujours une bonne description des besoins de l'entreprise. On peut y répondre en proposant une "autre solution", pourvu qu'on l'argumente. Et une annonce peut être considérée comme le simple signe que l'entreprise recrute, se développe. Vous voyez l'annonce pour un contrôleur de gestion, rien ne vous empêche de proposer de rencontrer le patron des achats.

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Encore une fois, et pour clore ce billet, ce n'est pas facile, ou en tous cas, ça l'est moins que d'envoyer un cv et une "lettre" toute faite en réponse à une annonce qui vous a été poussée par un poteur de recherche. Non seulement ce n'est pas facile mais le rendement est assez médiocre. Comme d'ailleurs dans n'importe quelle prospection commerciale. le réseau aide, adoucit les angles, facilite les relations. Il ne garantit rien. Il peut même vous procurer des pistes décevantes, des mauvais plans. Mais je l'affirme, ça marche et l'été est propice.

Merci Chris de m'avoir obligé à préciser ces points. Et encore désolé que mes billets ne vous semblent pas utiles. 

Commentaire(s)

  1. Et bien pour ma part, je suis d’accord avec Chris.

    Je crois que vous autres consultants, conseillères et conseillers (de Pôle Emploi, de l’Apec, etc …) êtes un peu déconnectés de la réalité, et ne me parlez pas de vos études statistiques pour me contredire. C’est bien là le problème, tout comme vos études du style « le devenir des jeunes diplômés de tel secteur X mois après l’obtention de leur diplôme », puisqu’après on en vient à se comparer les uns aux autres alors que chacun a son parcours, sa vie, sa personnalité. En gros, vous dites à Chris qu’il a tort tout en reconnaissant à demi-mot à la fin de votre paragraphe qu’il a « quand même raison de critiquer » … Là est déjà la première confrontation entre la situation d’une majorité de jeunes diplômés et votre vision des choses, que vous ne remettez pas en question.

    Arrêtons également de parler du réseau svp, comme si c’était le saint graal absolu : quel jeune diplômé a un réseau solide (50 personnes comme seuil disons) en sortie d’études, avec uniquement un stage de fin d’études de 6 mois au compteur ? Franchement, et à moins d’avoir fait toutes ses études dans sa région d’origine et/ou d’avoir papa-maman qui connaît un tel qui lui-même connait un autre, un très faible pourcentage !                      Je précise juste que j’ai un smartphone et suis sur les réseaux sociaux comme LinkedIn, avant qu’on ne me dise « que je ne vis pas avec mon temps ».

    On vient ensuite nous parler de réorientation ou que l’on idéalise souvent notre premier job, mais quand on ne nous laisse pas commencer, soit en nous mettant la fameuse barrière de « l’expérience exigée » ou parce que les places sont prises par des personnes littéralement pistonnées et qui ont zéro compétences dans le domaine/secteur en question, la frustration peut arriver très rapidement ! Tout comme les VIE/VIA, pourquoi nous vendre ça comme étant forcément épanouissant ? Tous les jeunes ne veulent pas forcément s’agguerrir à l’étranger, arrêtons avec cette légende, nous voulons juste de la stabilité, oui nous idéalisons mais il y a un décalage juste énorme entre ce que l’on nous apprend et les désillusions qu’on se prend en pleine face lors d’entretiens, pour peu que nos candidatures soient retenues puisque dans certains cas ce sont des robots qui font le tri … Tant de faux semblants sont malheureusement le reflet de la société, où la lâcheté et l’hypocrisie semblent au-dessus du reste. 

    Mon message à mes confrères et consoeurs jeunes diplômé(e)s : ne comptez que sur vous-même, malgré des recommandations qui peuvent exister, l’entretien c’est vous qui le passez, personne d’autre sauf si on vous donne le poste, ce dont on rêve tous, si possible en CDI et avec une licorne (en réponse aux recruteurs qui veulent le « mouton à 5 pattes », ou « la lune et sa face cachée » comme j’aime le dire). La roue finit toujours par tourner, et peu importe notre période d’inactivité, les vraies personnes nous soutiennent et d’autres nous sortent des comparatifs tout en nous prodiguant des « conseils » et en nous dressant des barrières, que nous contournerons toujours.

  2. Clément

    Vous n’avez pas vraiment lu mes billets je pense, en particulier sur le travail de réseau. 

    Vous semblez dire que vous allez vous débrouiller tout seul. Très bien. je vous le souhaite.

     

  3. Détrompez-vous, je les ai lus, puisqu’il m’arrive de consulter les offres sur la partie jd du site de l’Apec. Cela fait bien longtemps que je ne compte plus que sur moi-même, en contournant les nombreuses barrières qui existent malheureusement.

  4. Bonjour Jean-Marie,

    J’ai lu avec intérêt votre billet et de par mon expérience personnelle, je constate en effet qu’il n’y a pas de formule miracle ni toute faite dans la recherche d’emploi; chacun compose sa recette et qu’on le veuille ou non, les réseaux sociaux (virtuels ou réels) en sont désormais un ingrédient incontournable !  

    Se démarquer également n’est pas chose facile…En revenir à son projet pour déterminer ses forces et ses atouts est alors une étape à mon sens nécessaire

  5. Je voudrais réagir aux différentes réponses apportées à ce billet. Il est vrai qu’il y a un décalage énorme entre les conseils que l’on nous donne et la réalité. Pour autant, je ne souhaite pas vous jeter la pierre M. Blanc. Vous faites simplement votre travail.

    Cependant, cela fait des années que l’on rabâche les mêmes conseils aux jeunes diplômés. Sauf que parfois, cette situation de non-emploi ne dépend pas d’eux ! Mais tout le monde fait semblant qu’avec un peu de volonté, on peut trouver un travail à la hauteur de ses compétences…

    Or, il serait peut-être temps de véritablement questionner les offres de formation. Quand je vois des Master Pro complètement à côté de la plaque en terme de débouchés qui continuent d’exister, on peut se poser la question :  » à qui profite le crime ? ».

    La réalité, c’est qu’il n’y a pas de place de cadre pour tous les diplômés. Bien évidemment, que certains tirent leur épingle du jeu (tant mieux pour eux), généralement ceux ayant accédé à des formations très sélectives. Mais on ne peut que constater qu’un nombre important de jeunes (et moins jeunes d’ailleurs) restent sur le carreau. Ils n’ont plus qu’à rentrer dans le monde du travail par la petite porte et à évoluer au fur et à mesure. Sauf qu’avec cette méthode on se retrouve vite coincé. Les expériences professionnelles engrangées ne permettant pas de pouvoir prétendre à un poste à responsabilités.

    L’ascenseur social n’existant plus, les moins doués et/ou les plus pauvres n’ont plus que d’autre choix que de vivre leur vie étriquée. Car trivialement sans argent il n’y a pas beaucoup de projets possibles. Il n’est plus question de vivre mais simplement de survivre. Après on s’étonne du baisse de natalité…

    Mon billet est assez négatif, mais j’avais envie de mettre les pieds dans le plat, pour une fois ! Promis je ne vous embêterai plus…

    Cordialement

     

  6. Anselme

    je vais faire un billet pour vous répondre en détail. 

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