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Pourquoi cherchez-vous du travail ?

publié le 10/01/2017 par dans Afficher dans Marché, Quel job pour moi?

La question peut être évacuée en quelques mots : j'ai besoin de gagner ma vie.

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 Il y a des personnes qui font de cette réponse une posture militante, de retrait, par réprobation de l'organisation et de la pression sociales qui nous invitent à entrer dans le jeu, à conquérir une position socio-professionnelle à la hauteur de nos capacités (et surtout de notre niveau de diplôme).
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Le travail étant dès lors  strictement alimentaire, ils en cherchent un qu'ils puissent cantonner aux lisières de leur vie, l'essentiel étant ailleurs, dans des activités qui forment l'essentiel de leur vie.

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Je respecte ce point de vue et j'en partage même certains aspects, c'est l'objet de ce billet.

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Vous avez sans doute lu dans la presse qu'un nombre significatif de cadres quittent leur emploi, leur vie "intégrée" et sortent de cette autoroute pour s'égayer dans des chemins de traverse, embrassant des métiers artisanaux ou artistiques, ou des activités indépendantes liées au tourisme, à la nature, etc. Ce qui est nouveau, c'est que cette tendance, repérée il y a plusieurs années chez des quadragénaires (ou quinquagénaires) "ayant réussi", s'observe aujourd'hui chez des personnes beaucoup plus jeunes.

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Evidemment c'est la quête de sens et d'épanouissement qui est à l'origine de ces réorientations. JC Heriche dans son commentaire sur le projet faisait allusion à Dilts, inventeur avec Gregory Bateson d'un concept utilisé en PNL, les niveaux logiques. Je vous renvoie aux deux billets de ce blogs qui traitent de ce concept et de la motivation par le sens donné au travail :

Celui sur les niveaux logiques et le sens donné au travail le 27/9/11 et  et celui sur le sens et la motivation le 29/9/11.

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Un des enseignements de Dilts est qu'on ne peut résoudre un problème qu'en se plaçant à un niveau logique au moins équivalent, si possible supérieur à celui où se situe le problème. Application pratique : lorsque je suis assailli par un sentiment d'inutilité, voire d'incompétence réelle, profonde, par l'impression de participer à un jeu auquel je suis étranger, je ne peux résoudre ce problème, combattre ce mal-être, que grace à un raisonnement, une réponse, une solution qui s'apparente pour moi au niveau logique supérieur :

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– Si mon impression est de ne pas être bon à ce que je fais -niveau logique de la compétence, (ou capacité) je dois donc m'interroger sur le sens que je veux donner à ma vie professionnelle, les valeurs que j'ai envie de poursuivre, ou qui me guideraient vers un ailleurs plus satisfaisant.  

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– Si mon interrogation porte déjà sur les valeurs ou le sens de ce que je fais et non le contenu, alors je dois réféchir à mon identité, au rôle que je cherche à avoir. Et la question est alors "Pourquoi ? " (ou pour quoi, d'ailleurs). Pourquoi est-ce que je travaille ? pour quoi faire de moi ? quelle place quel rôle ai-je envie d'avoir dans la société ?

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Un copain africain vivant et travaillant en France m'a dit un jour : je veux que mon activité serve l'économie de  mon pays d'origine. Il a créé et développé une activité, indépendante, dans un domaine qu'il n'aurait certainement pas imaginé si le fil directeur n'avait pas été ce rôle qu'il voulait se donner. On est au dessus du sens ici, on s'en fiche, en quelque sorte. Ce qui compte c'est de tenir son rôle, la mission qu'on s'est donnée.

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C'est difficile de tenir de tels raisonnements, quand on sort le nez hors de l'école, sur un marché du travail ressenti comme difficile, avec un entourage qui vous pousse à être raisonnable, réaliste.  Mais ceux qui n'ont rien à dire à propos de leur projet, enfin rien qui soit vraiment personnel et ceux aussi qui ont un projet tout ficelé, trop ficelé, par exemple le nom de leur master transposé en projet, tous ceux là devraient essayer de rédiger une petite dissertation dont le sujet serait : "quel sens donnez-vous à l'activité professionnelle que vous vous apprétez à embrasser, et quelle identité, quel rôle voulez-vous avoir dans votre vie ? 

Si cette question vous plonge dans la complexité c'est peut-être qu'il vous faut encore monter d'un niveau : le 6° niveau logique de Dilts  la spiritualité ou l'appartenance :  A quel monde ai-je envie d'appartenir ?  

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Les niveaux les plus élevés (spirituel, identité, croyances et valeurs) sont, pour la personne, les plus intimes, les plus importants, les plus difficiles à remettre en cause ou à changer. Lorsque vous pensez : 
« Je ne me reconnais pas dans… » ou « Je ne suis pas venu là, je n'ai pas fait ces études-là  pour… »,  Il s’agit bien, de votre identité et du rôle (mission), que vous voulez vous assigner dans la vie, (plus ou moins consciemment ou explicitement, d’ailleurs).

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Mais il faut poser le problème correctement : Lorsque j'entends "on n'a pas fait un bac + 5 pour mettre des boîtes de conserves en rayon", je pense qu'on est en train de mélanger les niveaux logiques. Pourquoi est-ce qu'un nombre significatif de Bac+ 5 semblent très satisafaits dans la grande distribution ? Parce que leur métier répond à certaines de leurs aspirations en matière de rôle, de mission. Non pas à propos de boites de conserve, mais de responsabilité, d'influence sur les évènements (on peut appeler ça "pouvoir" si on n'a pas peur des mots).

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Vous connaissez sûrement l'histoire des trois tailleurs de pierre interogés,  par le visiteur du chantier, sur ce qu'ils font :

– le premier  répond qu'il taille des pierres et que c'est pénible

– Le second qu'il qu'il taille des pierres, que c'est pénible,  mais que ça lui permet de nourrir sa famille

– le troisième, qu'il construit une cathédrale. 

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Qu'en pensez-vous ? 

Commentaire(s)

  1. Bonjour.

    Article très intéressént et qui pose les bonnes questions.

    J’ai 35 ans et  un bac +4 en lettres modernes. Celà fait 10 ans que je suis fonctionnaire dans la territoriale….missions et surtout environnement qui ne me correspondent plus.

    En pleine réflexion sur « comment » réorienter ma vie professionnelle (car je sais ce que je veux faire : travailler auprès d’animaux: auxiliaire vétérinaire).

    Je cherche la meilleure formation.

    Comme vous l’écrivez, ce n’est pas parce qu’on a une bac +5 qu’on ne put pas s’épanouir en rangeant les raysons d’une grande surface. Arrêtons les clichés!

     

    bonne continuation.

  2. Bonjour !

    Merci pour votre article structuré et équilibré dans son analyse. Voici mon témoignage.

    J’ai 41 ans, mais j’en parais 25. Ma foi, on pourrait dire que c’est un avantage parfois, sauf qu’à mon âge, je ne sais toujours pas ce que j’aimerais faire de ma vie professionnelle – comme à 25 ans, cette vie professionnelle que j’ai pourtant sillonnée de long en large depuis mes 19 ans. En effet, j’ai exercé un nombre considérable de professions, et actuellement encore, je suis en 3e année de Doctorat en Sciences Humaines (Ethnologie-Anthropologie). Toutefois, je ne compte pas continuer après ma thèse dans le domaine de la Recherche pure, car le côté spéculatif et/ou ridicule des thèmes traités (du style « les sexes n’existent pas », etc.), ainsi que le temps long universitaire ou bien encore le travail de groupe, m’ennuient terriblement, tout comme le côté administratif-poussif qui soutient tout ce poussiéreux système.

    J’aime ce qui est créatif, indépendant, concret et à la fois théorique, l’analyse des réseaux humains, les enquêtes approfondies, la compréhension des systèmes sociaux et d’idées, la formation de soutien, le coaching bien-être, etc.

    Bref, rien qui corresponde à toutes les annonces que j’épluche depuis quelques jours sur le site de l’APEC… et cela me déprime profondément. Tout ce que j’y lis n’est pas écrit en bon Français, et je ne m’y reconnais pas du tout… Il faut être Master en KJHBEKJBF, parler des langues informatiques barbares, être familier du système TYFKKNK, se passionner pour les assurances, le Big Data, etc… N’est-ce donc que cette « robotisation de l’humain » hyper non-motivante que l’on attend d’un Bac +8 comme moi ?

    Que faire ? Je me suis pourtant 1000 fois remise en cause, essayé de changer ma vision des emplois proposés, mais rien n’y a fait : au bout de quelques jours, quelques mois, quelques années (au pire), j’ai démissionné (en état de burn-out, bien sûr).

    Dois-je revenir à de petits jobs de caissière (ce que je fais actuellement pour financer ma thèse, qui ne l’est pas), mais à temps complet cette fois ? Je n’arrive pas à m’y résoudre. Ce serait me trahir encore une fois. Je sais ce dont je ne veux plus. J’ai exercé tellement de petits boulots où les employeurs ne désiraient seulement que la force de mes bras que j’en perds parfois le lien avec mes propres compétences. Suis-je donc condamnée à n’être d’un côté qu’une paire de bras ineptes ou bien de l’autre, à devenir une « super-machine » qualifiée XYIUHFEF, labellisée technico-data-scientist et pasionnée par le langage crypto-spécialiste 343535 ?

    Je me sens si perdue et tellement invalidée par la société, moi qui cherche juste du SENS et une cohérence dans ma recherche d’emploi :-(

    Bonne continuation à votre blog.

  3. Marie

    il serait utile de rencontrer quelqu’un avec qui faire la point sur toutes ces choses, trier les questions, écarter les faux semblants.

    Vous parlez de trahison. quand vous craignez de vous trahir, qu’est ce que vous redoutez de trahir, au juste ? il serait utile de définir ce que vous ne voulez pas trahir.

    Je pourrais vous dire aussi que la vie professionnelle ne peut pas correspondre exactement à ce dont on a rêvé mais je crois surtout, surtout, qu’on ne peut s’enthousiasmer que pour des réalités. ni pour des rêves ni pour des descriptions de postes sur des annonces. c’est pour cette raison que je suis hostile au projet professionnel.

    Qu’est-ce qui a du sens pour vous ? pourquoi tous ces jobs ou domaines vous paraissent-il dérisoires ? 

     

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