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La dictature du projet

publié le 22/12/2016 par dans Afficher dans Méthode, Emploi

Bonjour

Pardon pour vous avoir un peu abandonné ces derniers mois. Je vais essayer de faire mieux en 2017.

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Pardon aussi de revenir encore une fois sur ce sujet du projet professionnel. J'ai eu l'occasion d'en discuter il y a peu, et je pense que c'est de toutes façons un sujet central.

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Je crois maintenant qu'il faut distinguer entre le projet professionnel comme élément clé de la stratégie de recherche d'emploi, ce que je continue de trouver exagéré, voire inutile, et le projet comme sujet d'échange entre vous et le recruteur, ou encore comme appui de votre communication auprès des entreprises. 

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Concernant la stratégie de recherche d'un emploi, deux positions s'opposent sur la question du projet professionnel :

– Ceux qui pensent qu'"il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va", et que, donc, si on n'a pas un projet, autrement dit un objectif, on ne saura ni où ni comment chercher. 

– Ceux qui pensent que c'est en réalité le marché de l'emploi,  les jobs disponibles, qui font loi et non les "projets" qu'on peut élaborer, même si on a pris soin de les valider. Lorsqu'on connaît les quelques mots-clefs qui sont efficaces pour trouver des offres d'emploi, on se rend compte que la réalité a beaucoup plus d'imagination que nous, professionnels compris. 

Je suis parti il y a pas mal d'années dans un combat un peu douteux contre le "projet professionnel". Douteux, parce que sans projection dans l'avenir, il n'y a pas de stratégie de recherche d'emploi. Mais je peux me projeter, c'est à dire m'imaginer dans telle ou telle situation professionnelle, ou "en train de faire" ceci ou cela, sans pour autant être capable de nommer cela avec des mots qui décrivent une fonction, dans un secteur. Par conséquent je crois que la grande majorité des jeunes gens, se sentant sommés de le faire, se bricolent un "projet professionnel" qui n'est qu'une coquille vide, inspirée par autant d'igorance (non seulement je ne sais pas tout, mais il y a plein de choses dont je ne sais même pas que je ne le sais pas. Ignorance² (au carré).   

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Ce qui m'amène à la deuxième acception du "projet  professionnel",  que l'on peut définir ainsi : un discours, à destination des recruteurs, développant votre vision de l'épanouissement professionnel.  Il s'agit de dire ce qui vous paraît intéressant, ce que vous savez bien faire, votre conception de la réussite (votre ambition), sans oublier, c'est important, le lien que vous faites avec le job et/ou l'entreprise que vous sollicitez. 

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Je ne donne pas d'exemple pour ne vexer personne, mais il y a pas mal de secteurs d'activité, de métiers, qui ne représentent un projet pour personne, ou presque. Méconnus ou véhiculant une image négative, ils sont délaissés. Dire à une entreprise qui est dans ce cas qu'on a toujours rêvé de travailler chez elle ou dans cette activité, c'est prendre le risque de ne pas être vraiment crédible.

A l'inverse, certains métiers, ou secteurs, (je vous laisse là aussi trouver des exemples) sont pris d'assaut, souvent en toute ignorance de leur réalité, par des hordes de candidats qui ne réagissent qu'à la musique des mots. Et finalement, iront, pour les heureux élus, de déceptions en déceptions. Les candidats qui déclarent leur flamme peuvent, à juste titre, être soupçonnés d'avoir des motivations irréalistes.

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Dans tous les cas, le recruteur à envie de me connaître, moi et mes "ressorts", pour prendre sa décision. Je vais donc lui expliquer concrètement, à l'aide d'exemples,  ma façon de travailler,   ce que j'ai réussi jusqu'à maintenant et comment, ce qui a de l'importance pour moi, ce que j'attends d'un job, comment je me représente une trajectoire professionnelle satisfaisante ou enrichissante. 

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Grâce à ces éléments, il saura si vos motivations, vos valeurs, votre façon de travailler sont compatibles ou pas avec son entreprise, le job à pourvoir.

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Dans bien des cas, ces informations permettront à une entreprise où vous ne postulez que pour être raisonnable, de penser que vous risquez de vous épanouir chez elle. Notez que vos explications, si elles sont réalistes, peremttront aussi à une autre organisation, où vous postuliez avec enthousiasme, de penser que vous risquez de ne pas faire l'affaire…

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J'ai parlé l'autre jour avec une entreprise qui refuse des candidats pour un motif de déontologie. J'ai tiré de mon entretien avec cette personne le soupçon que c'est pour se faire bien voir que les candidats se sont ainsi piégés, persuadés qu'ils étaient d'avoir affaire à des requins. Je crois que tu es un requin, je m'adapte. Je te cause requin. Et j'en fais juste un peu trop.

 

Commentaire(s)

  1. Bonjour Jean Marie, 

    Depuis le début, je te suis dans « ton combat un peu douteux » contre le projet professionnel. Le projet professionnel présente plein d’inconvénients pour partir à la conquête du marché du travail. A peu près, les mêmes que la lourde armure de la chevalerie française lorsqu’elle fut défaite à Azincourt face aux archers anglais. Cependant, je décroche lorsqu’il s’agit de le remplacer par la dictature du marché et ta fameuse question « Qui peut me payer ? ». Le projet professionnel emmure mais le marché tout autant.

    Alors, quel aufhebung ? 

    L’objectif !

    L’objectif est léger, souple, adaptable, révisable, quantifiable. Il a la flexibilité de nos archers d’outre-Manche.

    Il a pour lui d’éviter les châteaux en Espagne, l’esprit qui bat la campagne quand il n’est pas cadré. Il sort du domaine onirique pour débarquer dans le réel. L’objectif, c’est le principe de réalité à la portée de toutes les ambitions et de toutes les bourses.

    L’objectif comme l’a dit le célèbre coach Robert Dilts, « c’est un rêve avec un délai »

    Donc, vive l’objectif qui libère ! 

  2. Merci JC de ton commentaire. C’est ce que tu écris qui lme fait juger moi-même mon combat comme « un peu douteux ». 

    La capacité à se définir professionnellement pour se projeter dans l’avenir est en effet sinon une condition, du moins un appui essentiel à cette recherche d’un emploi,  Je te suis sur ce chemin. J’ai toujours pensé que l’infirmité des recruteurs est de ne tirer que du passé du candidat leur pronostic de son succès dans le poste. Nous avons, chacun de nous, des capacités potentielles qui ne sont pas écrites dans notre cursus. 

    Quant à Dilts, il faudra que l’on reparle de ses « niveaux logiques » qui sont une belle clef de compréhension de notre approche du monde et donc un outiil pour faciliter la communication. 

  3. En fait les niveaux logiques de DIlts et ce qu’on peut en tirer du point de vue du sens qu’on donne à son travail ont déjà donné lieu à des billets sur ce blog, en 2011 :

    un billet sur les niveaux logiques et le sens donné au travail le 27/9/11

    et un sur le sens et la motivation le 29/9/11

  4. J’ai lu il y a deux ou trois jours un article dans le Monde, une interview :

    « Selon le spécialiste de la qualité des sites Web Elie Sloïm, l’orientation et les trajectoires de vie se jouent autant sur des choix que sur le hasard. » Ce dipômé d’une maîtrise de chimie aujourd’hui dans le web, dit ceci :

    « Je pense que le hasard joue un rôle énorme. Ou plutôt la sérendipité : la capacité à trouver ce que l’on ne cherche pas. C’est ce qui se passe lorsqu’on navigue sur le web. Très souvent on commence à chercher des choses et puis on en trouve d’autres qu’on n’avait pas prévues. Cela vaut pour Internet comme pour les choix d’orientation ou de vie.

    Dans les deux cas, ce phénomène nous oblige à lâcher prise, à se dire qu’on ne maîtrise pas tout. Il est important d’intégrer cela à son fonctionnement. De s’habituer à se dire, « c’est peut-être normal que je ne sache pas vraiment ce que je ferai dans quelques années, car ce qui est sûr c’est que je vais trouver des choses que je ne cherche pas ». »

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/o21/article/2017/02/10/o21-s-orienter-c-est-avoir-la-capacite-de-trouver-ce-qu-on-ne-cherche-pas_5077979_5014018.html#vY4l6wRFume2MfSD.99

     

  5. Bonjour Jean-Marie,

    Bonne Année!!

    J’ajouterais, pour avoir fait des entretiens d’école de commerce en tant que jury, que beaucoup de jeunes gens ne voient pas le plus important dans le projet professionnel, et le plus important n’est pas la précision dans la définition du poste visé, mais plutot les preuves que vous avez fait ce choix de manière informée (c’est à dire, par exemple, les stages, les recherches que vous avez fait sur le secteur, les différents entretiens, les lectures, et qui vous ont donné une véritable connaissance, la plus pratique possible, des compétences et du type de vie dans ce genre de métiers.)

    Par exemple, dire qu’on veut faire du risk management, ça peut passer même quand on n’a pas d’expérience pour avoir un stage, mais à la question « comment vous vous sentez en mathématiques et statistiques », il ne faut pas répondre « ça ne me dérange pas »… Ca casse l’homme (ou la femme), en tout cas le candidat (parceque ce genre de métiers sont composés à 99,9% de statistiques de haut niveau, alors si vous ne le savez pas…)

  6. Merci Fabrice. Et bonne année à vous aussi. Votre commentaire me fait penser à un conférencier atypique, entendu une fois. Il avait affirmé que quand on a fait une betise, qu’on a agit sans réféchir on s’excuse en disant « je pensais que… » ou « je croyais que » « Il ne faut pas penser, ou croire,  avançait ce conférencier, il faut savoir« . Autrement dit, il faut se renseigner, se documenter, travailler le sujet et ainsi on agira, ou parlera en connaissance de cause. Vous dites au fond la même chose. Il n’y a de projet que dans la connaissance de réalités. C’est cette connaissance, qui devrait forger notre conviction. Je vous suis volontiers, en insistant sur ce point : il n’est pas absolument nécessaire que la connaissance soit expérimentale, (stage ou CDD) pour être utile.  

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