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Vaincre les obstacles du recrutement tel qu’il est

publié le 27/05/2016 par dans Emploi

Finissons cette petite série consacrée aux 7 plaies du recrutement, en abordant les deux points non encore traités, ou seulement en partie dans les derniers billets. Il s'agit des "plaies" 3 et 4 de mon énumération.

3- Une conscience très forte (exagérée selon moi) du risque qui conduit à se couvrir;

4- La croyance non dite que seul le passé du candidat est prédictif de sa réussite future, qui conduit à « cloner » et fabrique un obstacle sérieux à l’embauche de ceux dont le parcours est par définition léger ;

En fait, cela ramène au fameux clonage dont tout le monde se plaint et dont beaucoup prétendent qu'il est beaucoup moins marqué à l'étranger.

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Mais ramenons les choses à leur réalité. Lorsqu'un recruteur énonce ses "exigences", son cahier de charges, il ne fait qu'exprimer ses souhaits, je l'ai dit plusieurs fois. dans les faits, ni les candidats rencontrés, ni le poste tel qu'il sera vécu, ne seront comme décrits sur le papier.

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On parle beaucoup des mensonges sur les CV, il y a même un cabient conseil qui s'en est fait un fond de commerce. Mais on sait bien aussi que la description du poste est arrangée comme une photo de mode. Voir la blague sur le DRH en enfer, en commentaire du dernier billet.

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Il y auar donc une adaptation réciproque. Pour vous faire une idée de la dérive, voyez le billet https://blog-expert.jd.apec.fr/2014/11/25/profil-recherche-profil-recrute/  et mettez vos chiffres à jour en lisant l'édition 2015 de l'enquête de l'Apec dont il rend compte.

Un grand nombre de candidatures ne rend pas le recrutement plus facile, comme le montre  cette enquête aussi.

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Mais si vous vous laissez mener par le recruteur, si vous entrez dans ses "routines" sans réfléchir, alors, c'est clair, vous risquez de vous en tenir au constat que non, vous n'êtes pas vraiment celui ou celle qu'on recherche. La crainte d'un échec renforce cette tendance, puisque le recruteur -la recruteuse- va essayer de se couvrir : si le recrutement n'est pas bon, on ne pourra pas dire que c'est de ma faute, parce que j'aurais respecté à la lettre les instructions. Ainsi, on voit des entreprises qui abandonnent des projets de recrutement, en indiquant : nous n'avons pas trouvé de candidats qui présenten le profil attendu. Il y a dans cette attitude quelque chose d'un déni de la réalité. Et si les profils attendus n'existaient pas ? ou si les conditions proposées n'étaient pas de nature à les attirer ?

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Je ne parle pas que du salaire, mais de tout ce qui peut attirer ou repousser un candidat : la réputation (la non-réputation)  de l'entreprise, le lieu de travail, le secteur d'activité, le produit, les conditions matérielles (locaux, par exemple) etc…  Ce déni de la réalité doit vous faire réfléchir. Les candidats, eux aussi doivent entretenir des rapports clairs avec la réalité du marché. Il y a des postes qui sont trustés par les HEC, ESCP, EM Lyon etc. et auquels on n'a pas accès quand on sort d'une ESC (pardon, un Business School) de second ou troisième rang ou un master universitaire. C'est comme ça.

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En revanche, lorsque je pense en avoir la compétence, je peux me montrer comme une solution réaliste au recruteur qui cherche tel ou tel profil sans avoir les "moyens" (encore une fois il n'est pas question que de budget) de l'attirer. l'Adaptation doit être réciproque. Dans de grandes structure, vous avez à faire à des collaborateurs qui n'ont pas la marge de manoeuvre pour déroger à la commande de leur "client" interne. Et l'attractivité de ces structures est parfois suffisante pour leur épargner les difficultés. Mais toutes les autres, pensez-y ! Recruter, ce n'esst pas éléiminer des candidats, c'est au contraire trouver ceux qui sont là, adaptés au poste et prêts à tenter le coup.

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Pour jouer ce jeu-là, il vous faut dépasser la posture du candidat "mouton" qui se laisse questionner, qui ne sort pas du cadre. Il faut avancer vos arguments, en prenant en compte la crainte que votre porfil peut générer. Votre passé doit vous servir mais aussi vos motivations, les situations dans lesquelles vous êtes performants, votre adaptation.

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Déclarer qu'on est adaptable est un discours passif et inutile. Montrer comment on va s'adapter, ce qu'on va faire, concrètement pour cela est au contraire un puissant moyen de rassurer. Mais attention, vous verrez aussi que votre adaptabilité de principe connaît dans la réalité des limites fortes. Irez vous travailler à … (je ne cite pas de noms de ville, je ne veux froisser personne, mais chacun a son repoussoir personnel). Moi, j'ai expérimenté que les préventions qu'on peut avoir sur une ville peuvent s'écrouler en trois semaines. Si votre candidature ne fait pas rêver ceux qui vous font rêver, irez-vous travailler dans telle ou telle industrie ?

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J'ai rencontré un jeune homme qui avait accepté, après des études tournées vers l'écologie, de prendre une responsabilité "développement durable" dans une entreprise contre laquelle il avait abondamment pesté (et peut-être manifesté) peu de temps auparavant. Son interlocuteur lui a paru avoir un sincère désir de faire bouger les choses et l'entreprise, quant à elle, vivait peut-être un moment de solitude dans ce recrutement, compte tenu de son image. Ca c'est de l'adaptaton concrète. Il a dit ce qu'il ferait si on lui confiait le poste. Du moins je l'imagine.

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La question de ce qui est prédictif du succès est plus complexe. entre l'expérience et la compétence il y a une différence à laquelle les recuteurs ne sont pas très ouverts. Et entre la compétence et la motivation, la même relation qu'entre le kilo de plume et le kilo de plomb. C'est pourquoi vous devez affirmer vos compétences, mais aussi vos motivations en vous appuyant sur des situations concrètes, pas tjours extraordinaires mais concrètes.

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Argumentez les, ne vous laissez pas enfermer dans ce que le recuteur va lire sur le CV. Il va dire "vous n'avez pas d'expérience en management" et il dit vrai, SAUF que vous avez animé un camp de scouts, ou piloté ce projet de soirée étudiante. Certes, ce n'est pas complètement ce qu'il (elle)  cherche. Mais au fait qu'est-ce qui l'amène à parler de ça ? quel management y a-t-il dans le poste  ? Heu… ben c'est pas vraiment du management, mais vous devrez coordonner le travail des 3 acheteurs dans ce domaine. Ah, voilà ! je n'ai pas vraiment d'expérience de management, mais ce n'est pas vraiment du management.

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Vous ne pouvez pas rassurer, et c'est bien de ça qu'il s'agit, qu'en parlant entre adultes de ce qui fera l'objet du contrat. Renseignez-vous, directement et indirectement, et tirez argument de ce que vous savez.

Bon courage !

 


 

Commentaire(s)

  1. Bien parlé ! Le dernier paragraphe me correspond tellement, et c’est exactement ma difficulté aujourd’hui. Je vais tâcher de me préparer à ammener le recruteur sur mon terrain, et non me laisser embarquer sur ces terrains classiques qui sont glissants pour moi.

    Merci du conseil !

  2. Bonjour,

     

    Ayant un profil littéraire et un master, les recruteurs ne voient dans mon CV que des postes de standardistes ou assilimé. Pourtant, mon cursus incluait d’autres domaines (pas de spécialités malheureusement), comme le marketing, le droit, les langues et communication (interculturelle).

     

    J’ai bien essayé de postuler dans des domaines divers et variés (allant de secrétaire de direction à…la RH), je me suis (et c’est encore le cas) heurté à un mur de silence ou de « non ». Or, même les profils les plus « exotiques » pour moi envisageaient la possibilité de recruter des personnes venant de parcours littéraire…

  3. Nicaram, je comprends que c’est difficile pour vous et j’aimerais vous aider.
    Je ne comprends pas bien la dernière phrase de votre commentaire, peut-être pourriez-vous la reformuler ? c’est le mot « profil » qui me paraît ambigu.

    Pour le reste, je vous propose de m’adresser votre CV et un petit texte pour l’expliquer ce que vous aimeriez faire (pas un poste cible, mais « le genre de travail » que vous aimez ou dans lequel vous vous sentez pouvoir être efficace)

    J’essayerai de vous aiguiller.

    Etes-vous accompagnée par l’Apec ? Sinon, pourquoi ne pas essayer ça ?

     

  4. Je voulais simplement dire que, même pour des postes qui me semblaient à première vue hors de portée car n’ayant presque aucun (ou aucun) lien avec mon cursus, certaines entreprises envisagaient éventuellement d’engager des étudiants sortant de parcours littéraires. Comme par exemple dans l’immobilier ou le secteur des ressources humaines.

    Pour ce qui est de l’APEC, les statistiques concernant mon type de diplôme sont vagues et peu concluantes (on en sait pas, par exemple, si les étudiants avaient une spécialité et laquelle, le travail obtenu, quelles démarches ils ont effectué pour obtenir l’entretien, etc.), les informations que j’y ai trouvé ne m’ont pas permis d’en apprendre plus sur les secteurs que je pourrais viser avec succès (à part les classiques « professeur/formateur »).

    Mon conseiller m’avait suggéré entre autres de reprendre mes études et le volontariat (qui nécessite, généralement, aussi une spécialité). or j’avais, et ai toujours, envie d’entrer dans le monde du travail et pouvoir gagner ma vie plutôt que de retourner en école. J’ai donc préféré continuer mes recherches.

     

    Auriez-vous une adresse mail à laquelle je pourrais vous envoyer mon CV et mes attentes?

     

    Merci.

  5. Nicaram

    Il n’y a en effet pas de chiffres qui puisse vous indiquer, spécialité par spécialité à l’intérieur d’une filière littéraire, des débouchés spécifiques.

    Dans chaque métier, vous allez entrer en concurrence avec des personnes qui ont suivi une formation adéquate, et seront donc, au premier abord, mieux adaptés que vous pour l’empoi e question. Si vous ne voulez pas suivre une formation complémentaire pour aquérir cette spécialité, il vous faut construire un argumentaire sur ce que vous avez, on va voir avec votre CV en main, et aussi accepter de commencer votre vie porfessionnelle dans des postes/métiers pour lesquels votre formation jusqu’ici paraît bien vous préparer. Ni vous ni moi n’avons le pouvoir de changer les représentations des recruteurs, ce sont eux qui décident de ce qu’ils feront de votre CV.

    Mais il est permis d’être inventif, habile, bon commercial…

  6. Par quel moyen dois-je vous adresser mon CV (mail, ici-même)?

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