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Rester ou partir

publié le 14/01/2016 par dans Afficher dans Marché, coup de gueule

J’entends un débat au sujet de le jeunesse, et de sa propension à quitter la France. Il se dit des choses qui me révoltent littéralement, mais aussi des affirmations intéressantes.

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Pour commencer, ce n’est pas ça qui est tellement intéressant pour vous, par ce qui me révolte, je voudrais, et je n’y arriverai pas, tordre le cou à cette guerre des générations. Les vieux auraient le pouvoir et l’argent, ils les garderaient, les jeunes subiraient une ségrégations de principe au bénéfice des croulants. Rien ne permet de prouver une telle déclaration, ou d’affirmer que cette situation est nouvelle et  proprement française. Dans le show-biz ou une certaine finance, oui, on peut faire fortune rapidement. Dans le monde « digital » aussi, et rien n’interdit à notre jeunesse, comme ailleurs, de foncer, d’inventer le fil à couper le beurre qui assurera leur fortune. Il se trouve que le cluster, l’endroit magique pour cela est la Californie, sans doute parce que les financements y sont plus aisés qu’ici, du fait de l’habitude qui y est prise de voir croître et embellir sans rapporter un cent pendant des années. En France, pays présumé de l’assistanat et du manque d’esprit d’entreprise, on est, reconnaissons-le un rien plus accro aux profits. 

Les seniors ont-ils décidé de s’accaparer l’emploi ? de chasser les jeunes ? c’est ridicule. Ils veulent juste pouvoir travailler jusqu’au jour où ils seront en mesure de prendre leur retraite à taux plein, ce à quoi les règlements actuels les incitent. Et ce n’est pas facile pour tout le monde. Il est difficile de calculer un vrai taux de chômage des seniors, parce que la tranche d’âge prise en considération, de 55 à 65 ans comprend en fait 3 populations, ceux qui sont en pré-retraite déguisée, ceux qui sont en retraite vraiment, ceux qui ont besoin de travailler et cherchent un job.En tous cas, le taux d’emploi des 55-65 ans est un des plus bas en Europe mais l’âge normal de la retraite est un des facteurs d’explication.

Le taux d’emploi des jeunes, calculé sur la tranche d’âge de 15 à 25 ans, est aussi difficile à interpréter puisqu’on mélange aussi plusieurs situations. Mais il n’est pas douteux que le taux de chômage des jeunes est très élevé, même si pas plus qu’ailleurs en Europe, contrairement à ce qu’affirment les tenants du départ à l’étranger dans le débat en question.
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L’autre affirmation énervante c’est qu’on est mieux payé et plus à l’aise à l’étranger avec des jobs éventuellement moins prestigieux. Mieux vaut être barman à Londres qu’adjoint chef de produit en France. Oui, évidemment, si on compte le salaire net, ou plutôt 1/2 net.

En France, j’ai déjà eu l’occasion de le dire, environ 20% de votre salaire brut sont soustraits pour devenir une rémunération différée : assurance chômage, assurance maladie, et, ce qui fait surtout la différence avec les pays anglo-saxons, retraite.

D’anciennes études de l’Apec ont montré que si on compare les rémunérations « nettes-nettes », la France est à peu près au même niveau que les autres pays.

Mais en régime libéral, votre liberté est de considérer que quand vous aurez besoin de lunettes, de soins dentaires ou hospitaliers, d’un revenu de retraite,  vous serez riches.  « There is no such a thing as « society, » , I only know individual men and women and families » disait Mme Thatcher, paraphrasant je crois F. Von Hayek. Traduction libre : chacun pour soi. Evidemment on a moins tendance à épargner pour sa retraite ou sa santé à 25 ans qu’à 45.

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Voilà pour ce qui m’agace. En revanche je pense, peut-être comme vous, que jeune ou pas, on est fondé à rechercher un job là où on a des chances d’en trouver un, là où on ne sera pas, ou moins victime de discrimination, là où les  choses semblent plus faciles et plus rapides. 

On est fondé à penser qu’une expérience à l’étranger est un atout pour une suite en France. 

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Que ceux  qui déplorent la fuite des cerveaux les embauchent. C’est simple. Je ne crois pas, concernant les jeunes diplômés 

Commentaire(s)

  1. Il y a aussi une tendance de la presse (par exemple de l’hebdomadaire diffusant la vidéo citée) à peindre tout en noir ou tout en blanc et à tirer des généralités de cas particuliers.

  2. Le problème est quand France, le marché du travail est trop élitiste. Si vous avez le malheur d’avoir un parcours qui est une fois sorti des sentiers battus vous êtes « finis » (toute proportion gardée). Je pense vraiment que le marché du travail français marche sur la tête et est irrationnel.

    Evidement tous n’est pas rose chez les Anglo-Saxon. Mais la bas, il est tous à fait normal de trouver des Doctorants en philosophie occuper le poste de CMO ou bien des personnes du Nucléaire bosser dans le Retail. Ici il faut avoir la bonne école, le bon parcours pour espérer commencer a trouvé un poste qui aspire à vos compétences.

    Je n’ai même pas encore parlé des discriminations, l’absence de réseau… 

    On m’a souvent dit que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs…oui c’est vrai mais il y en a encore la bas.

  3. Je crois, malheureusement, Rachid, que vous parlez au nom de milliers de personnes qui ont éprouvé cette impression d’être écartées, de faire l’objet de discrimination, soyons clairs, du fait de différences avec ce qui est recherché. Au mieux, on est face à un manque d’imagination et des difficultés à faire une présélection; au pire, oui, une préférence plus ou moins consciente et plus ou moins prononcée pour ce qu’on appelle le « WASP » (white anglo-saxon protestant) aux Etats-Unis, que nous pourrions traduire par « BCONEDE » : blanc chrétien d’origine nord-européenne et diplômé d’une école. Cette préférence discriminatoire, stupide, condamnable et d’ailleurs illégale, n’est hélas pas facile à traquer.
    Notez quand même que l’existence même de l’acronyme « wasp » montre qu’éventuellement, il peut y avoir de légères différences de traitement aussi au pays du melting pot.
    Les difficultés de recrutement, puis l’expérience, tout simplement, font quand même reculer ces pratiques.
    Je comprends bien qu’on aille tenter sa chance à l’étranger dans ces conditions, quitte à revenir ici lorsque l’expérience aura donné au profil un coup de lustre !

  4. Je parle surtout pour les milliers de jeunes (sans distinction d’origine) diplômés qui ont souvent commencé avec beaucoup d’handicap et finissent avec une cervelle bien faite mais à qui on reproche ceci ou cela.

    Je sais que nous avons tendance à recruter celui qui nous ressemble, mais ce gâchis de matière grise me fait vraiment mal au coeur. Pour la France qui laisse ces cervelles (qu’elle a formés) partir et surtout ce battre contre elle dans la mondialisation.

    Je rêve vraiment du jour où on utilisera l’intelligence artificielle pour recruter. Un algorithme coute moins cher.

    Jeune de France barrez-vous la Terre est plate.

  5. oui. Exactement la France c’est de la mer*

  6. @ akalay
    je ne suis pas sûr de comprendre, mais…

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