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Sélection à l’entrée des Masters 2 : une controverse intéressante

publié le 20/08/2015 par dans Afficher dans Marché, Joker, Vie étudiante

Plusieurs actions en justice ont été entreprises par des étudiants de M1 refusés en M2.

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Deux conceptions s'affrontent :

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– ceux qui pensent que l'Université ne peut leur refuser cet accès à l'année de M2, considérée comme la prolongation de la première année de master (donc encore du 2° cycle). D'un point de vue moins juridique, on peut comprendre que la logique LMD implique de ne pas laisser sur le bord de la route les étudiants qui ont validé un master 1, niveau intermédiaire, en les privant ainsi de diplôme.

– et ceux qui voient dans le M2 (BAC + 5) un 3° cycle, dont l'accès est conditionné à l'acceptation de l'établissement (des responsables des Masters), ce qui justifie un barrage à l'entrée. La logique, de ce point de vue, est qu'un nombre restreint d'étudiants, de compétences, connaissances et implication suffisamment homogènes, conditionne la réussite des cohortes et le niveau certifié par le diplôme.

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Je ne suis pas compétent pour me prononcer sur cette controverse. Mais je veux réaffirmer que du point de vue des usagers de l'enseignement supérieur, familles, employeurs et étudiants eux-mêmes, les diplômes sont une garantie donnée par l'Etat, qui a le monopole de leur collation. Une garantie de qualification, qui doit pouvoir se traduire en compétences, et, dans les classifications des conventions collectives, en un coefficient, servant à calculer le salaire, à définir les responsabilité ou la délégation… Bref, un diplôme, en principe, ce n'est pas un chiffon de papier, mais une garantie de l'Etat, comme le poinçon sur un objet de métal précieux.

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Enfin, en principe. Les masters octroyés à des étudiants qui maîtrisent à peine notre langue, les lacunes manifestes des diplômés dans la matière clef de leur diplôme, nous laissent penser que cette garantie n'en est pas tout à fait une.

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Un homme politique un rien polémique a récemment affirmé que pour rater son Bac il fallait désormais en faire la demande par écrit. Que vaudra la licence quand effectivement il y aura 50% d'une classe d'âge qui l'obtiendra ?

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Les étudiants qui réclament leur admission en master 2 devraient réfléchir à cette question ; que vaut le diplôme qu’ils visent s’il n’y a plus de sélection à l’entrée ? Et ceux qui leur ont validé le M1 mais les refusent en M2 devraient selon moi aussi réfléchir à la dissonance cognitive que cela peut engendrer. Ce qui est en cause, ici, c'est donc le point où commencent les choses sérieuses, non ?

Commentaire(s)

  1.  Bonjour Jean Marie, avant toute chose cette opinion est toute personnelle et n’est en aucun point le reflet d’une position institutionnelle (d’où le fait que je n’indique que mes initiales). 

    Je suis personnellement très attaché à la sélection entre M1 et M2 de même qu’entre L3 et M1 (autre sujet de débat). L’ineptie de 80% d’une classe d’âge au Bac pousse maintenant à concevoir les études comme un long fleuve tranquille, et des diplômes que l’on pourrait avoir à l’usure ? bientôt 80% d’une classe d’âge a bac+5 ou au doctorat ? 

    s’oppose ainsi les deux conceptions de notre système de l’enseignement supérieur, d’un côté les écoles qui sélectionnent (tout du moins les vraies écoles et pas les boîtes à bac+) et de l’autre côté l’Universite qui aurait à accepter tout le monde et accessoirement a faire la voiture balai de l’enseignement supérieur. On voit ainsi la position difficile dans laquelle on a mis l’université. Un enseignement de masse qui abouti à un éparpillement des moyens, ce qui génère de nombreux problèmes dont (et non des moindres) des difficultés d’insertion professionnelle et une image dégradée.

    Cette approche que certains veulent appliquer comme un dogme, au premier rang desquels on retrouve l’UNEF, devrait maintenant s’appliquer aux M2 ? Devrait s’appliquer à des formations qui constituent les pépites de l’Universite, pour lesquelles nous avons investi énormément, qui nous permettent de quitter cette logique d’enseignement de masse, de mettre en œuvre un réel contact et suivi des étudiants, de travailler à de très bon niveaux d’insertion professionnelle ?

    Car au delà de la sélection ce qui est en jeu c’est la qualité de ce que nous offrons à ces étudiants (chaque année nous accueillons dans notre master des étudiants qui viennent d’écoles prestigieuses et ils sont toujours surpris de la qualité de l’enseignement, du suivi et du professionnalisme que nous mettons dans la gestion et l’accompagnement de cette année. Le petit nombre d’étudiants leur faisant en même temps dire que nous sommes bien meilleur que ce qu’ils ont connu en école). Alors oui il faut une sélection, c’est difficile à dire pour nous et à entendre par les syndicats étudiants mais en définitive, cette sélection des la licence ne serait-elle pas préférable (car permettant des réorientations précoces) que celle plus violente et tardive que celle du marché du travail…

    (toujours un plaisir de te lire)

  2. Bonjour FG, et merci de ton aimable remarque ! respectant ton anonymat, même s’il est, je le crains, un peu précaire, je ne donnerai pas immédiatement de liens ver les pages que tu animes avec tant de vigueur. Tu amènes de l’eau à mon moulin. Le niveau et (donc) la renommée d’une formation comme celle que tu diriges supposent évidement la sélection, pour les raisons que tu indiques et que j’avais aussi esquissées. Faire sauter cette dernière revient à renoncer à ces avantages, ce qui est absurde.
    Mais en même temps on ne peut pas admettre que le succès du système repose sur les recalés. Ou au moins faut-il faire quelque chose pour eux. Et aussi s’assurer que la sélection est pratiquée avec justice et pertinence.
    Un autre problème, c’est le gap ressenti par ces recalés, qui ont, selon les articles que j’ai pu lire, des résultats honorables jusque-là et dont le dossier est jugé insuffisant pour l’admission dans tel ou tel M2.
    Je ne sais d’ailleurs pas si ces personnes demandent leur admission dans n’importe quel master 2 ou dans un en particulier.
    En tous cas, passer de la logique de l’examen, (avec 10 je passe) à la logique du concours (on prend les X premiers) peut réserver des déceptions…

  3. Dernière nouvelle : une dépêche d’AEF indique que :
    « Si l’État ne trouve pas rapidement une solution [à l’impossibilité de sélectionner les étudiants entre le M1 et le M2], les universités n’auront pas d’autre solution que de durcir les conditions de validation de la licence. Des coefficients élevés feront que telle matière fondamentale ne pourra pas être compensée par une autre », déclare à AEF Frédéric Dardel, président de l’université Paris-Descartes, mercredi 19 août 2015. Des prérequis sont indispensables pour entrer en master car, avec la compensation entre les semestres, un étudiant peut obtenir sa licence sans avoir validé une ou plusieurs matières fondamentales pour un master, explique-t-il. Paris-Descartes propose un dispositif d’ »orientation-contingentement » en master : les étudiants de L3 qui acceptent la proposition d’orientation que leur fait l’université en M1 ont la garantie d’être acceptés en M2 s’ils valident leur M1. « 

  4. Aujourd’hui 25/8 un papier du Monde sur ce sujet. Au point où en sont les choses, la justice ayant tranché en faveur des étudiants, c’est, selon le Monde, le Ministre de l’Enseignement Supérieur qui doit se prononcer. Sollicitée, N Vallaud-Belkacem a déjà affirmé son opposition à la sélection en master. De quelle année de master parle-t-elle ?
    A mon avis, si la sélection est empêchée à ce niveau, elle réapparaitra sous une forme plus discrète au niveau inférieur, c’est à dire que les notes vont baisser, que la validation des licences et masters 1 sera plus difficile à obtenir.
    c’est étrange que le seul qui ait réagi ici soit un prof.

  5. Jean Marie, je vois pas le problème. Ceux qui ont validé leur année peuvent tous au nom de l’égalité passer à l’an supérieur. Pour les autres, qu’ils redoublent autant de fois que possible pour enfin l’avoir.

    Le niveau n’est donc pas tronqué ni rabaissé.

    Après, voir le systeme de notation français aussi. En Angleterre ou en italie, on obtient la note max à 14. On met 20 au premier, meme si selon le bareme il est à 11. Pas ici. 

  6. @ The scientific 75
    Sur la question des systèmes de notation, je ne me prononce pas. Je n’y connais rien et chaque modèle a sûrement ses mérites.
    Le principe d’égalité – j’ai 10 je passe – me parait défendable, en effet, à la condition que cette note globale (moyenne de l’année) soit une évaluation fiable du niveau de l’étudiant, qui atteste de sa capacité à réussir le cycle suivant.
    Je reste persuadé que le niveau, la qualité et finalement la réputation d’un diplôme dépendent (en partie, bien-sûr) de l’homogénéité des groupes d’étudiants qui le préparent.
    Le risque, c’est d’embarquer des étudiants qui n’ont pas le niveau, même s’ils ont obtenu la note, grâce aux matières secondaires et en dépit de leur faiblesse dans les matières principales. C’est un risque pour eux (ne peut-être jamais obtenir le diplôme, si, comme vous le dites, on n’en baisse pas le niveau) et aussi pour les autres, car un groupe de 20 dont 5 ne suivent pas ne font pas le même travail qu’un groupe de 15.
    Non, redoubler autant que nécessaire pour obtenir son diplôme ne me parait pas être un bon plan, sauf exceptions, par exemple des étudiants qui sont obligés de travailler pour subsister et dont l’investissement académique en pâtit. Il faudrait, me semble-t-il trouver des solution à ce problème plutôt que de trouver des arrangements sur la sélection.

    La réalité, c’est que l’Université accueille, c’est la Loi, énormément de gens pour qui les études supérieures sont une impasse, une erreur.
    Je ne nie pas qu’il y a dans mes propos une rupture du principe d’égalité, mais il faut bien reconnaître que tout le monde ne peut pas tout. Innées ou acquises, les capacités des étudiants en sont pas égales et leur investissement non plus.

  7. Jean Marie, je crains malheureusement que nous allons vers un net durcissement des conditions de validation des années de L3 et de M1, en quoi est-ce différent que de l’instauration d’un concours si l’on durcit les notes de telle manière à ne laisser passer qu’un nombre prédéfini d’étudiants ? D’autres voies sont également en cours de mise en place avec des masters qui récupéreront les recales des masters réputés… Est-ce vraiment ce que nous voulons ? Des emplâtres sur une jambe de bois, jambe qu’il nous faudra ensuite couper au regard des restrictions budgétaires auxquelles nous sommes confrontés et emplâtres en définitive peut utiles tant les moyens que nous aurons pour un réel encadrement de ces étudiants seront dérisoire. Mais ce que je dis n’est pas politiquement correct et l’on préfère se voiler la face. Pendant ce temps nous continuerons aussi d’envoyer vers le marché du travail des cohortes d’étudiants insuffisamment préparés, trop nombreux dans certaines disciplines (dont la mienne) ou insuffisamment dans d’autres simplement car l’on cherche à entretenir le mythe de l’université pour tous et de la totale liberté des choix d’orientation alors que la sélection la plus violente est faite par le marché du travail, à un moment où nous, enseignants, vacataires, personnels administratifs et techniques ne pouvons plus les aider et les accompagner pour trouver des voies intéressantes pour eux et porteuses d’avenir.

  8. @ FG
    Tes propos, même politiquement incorrects, me conforte dans mon opinion de béotien.
    La promotion, la protection des diplômes de l’enseignement supérieur passe, quoiqu’on en pense, par la sélection, qui est un gage de la difficulté et donc de la valeur des diplômes en question. Savoir quoi faire de ou avec ceux qui ne réussissent pas est une autre question, délicate, j’en conviens. Les master « balais » dont tu parles ne sont pas très sexy, je le reconnais.
    Il me semble aussi que tu indiques une piste de réflexion forte avec l’orientation. Accueillir trop de jeunes en université aux dépends de leur propres intérêts, laisser les filières les plus élitistes se remplir déraisonnablement… c’est cela qui fait problème.
    Je me demande, au fond, si c’est tellement « incorrect » de dire ces choses ?

  9. Je pense sincèrement que la sélection au M2 est un acte que l’on devrait repenser car bon nombre d’étudiants se retrouvent sur le bas côté après 4 voir 5 années d’études, avec un niveau bac +4 mais sans diplôme final, ce qui n’est pas sans conséquence. Certains d’entre eux pour être sûrs d’être acceptés en dernière année de master n’hésitent plus à faire leur M1 en 3 ans! La cause ? La pression que cette sélection engendre! Je sais de quoi je parle. J’ai moi même réaliser mon master 1 de psychologie du travail en 2 ans et trois de mes copines en psychologie clinique en 3 ans! Au final réaliser son master 1 en 2 ans devient une banalité et ceux qui le réussissent en 1 an sont perçus comme des extra-terrestres! La sélection devrait se faire dès l’entrée en M1 comme certaines facultés le font déjà. Ainsi bon nombre d’étudiants ne se retrouveraient pas sur le banc de touche ou au bord du burn-out tellement la sélection au M2 est rude et douloureuse à vivre. Le pire dans tout ça c’est qu’une fois diplômée les reconnaissances sont moindres et le marché du travail difficile à infiltrer. Là je parle personnellement, en tout état de cause et pour ma discipline qu’est la psychologie. J’ai récemment obtenu mon diplôme de psychologue du travail et ces 6 années d’études m’ont laissé un certain goût amer. Faute à qui ? 

  10. La difficulté, c’est que l’université est censée accueillir tous ceux qui se présentent avec un bac puis de les mener « quelque part ». A une licence ? Un diplôme bac + 2 ? Un master ? Il y a un lien difficile à nier entre sélection et valeur du diplôme. S’y préparer est indispensable. Alors oui peut-être la plupart ont besoin de faire deux M1 pour être prêts à affronter le M2.
    Ça ne me choque pas. Ce qui ne va pas c’est que certains doivent abandonner pour des raisons financières.
    Et aussi qu’on laisse s’embarquer dans de tels parcours des gens qui n’ont pas les bases et les méthodes nécessaires. Bon courage Coralie

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