avril 2015
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

Entretien : questionner oui, mais dans quel objectif ?

publié le 15/04/2015 par dans Afficher dans Méthode, Passer un entretien

Je suis en formation ces jours-ci sur l'entretien d'explicitation. Ceux qui veulent en savoir plus à ce sujet peuvent lire le livre fondateur de Pierre Vermersch "l'entretien d'explicitation" ou regarder cette vidéo.

Plus simplement, pour nous tous, je vous propose de prendre deux ou trois repères à propos du questionnement. On dit souvent que "les candidats doivent poser des questions"; je vous ai ici et là suggéré les sujets sur lesquels il serait intéressant de questionner. Mais vous savez, vous avez peut-être ressenti combien cela peut être difficile.

Il y a aussi des candidats qui se transforment en enquêteurs de police, en journalistes pesants. A force de poser des questions on peut provoquer la gêne du recruteur (c'est à moi de poser les questions, ici)… et aussi passer complètement à côté de l'argumentation, car le temps de l'entretien est limité.

Je ne sais plus qui (Watzlawick ? ) a écrit qu'en posant des questions, on n'obtenait des informations, des réponses que ce sur quoi on a posé des questions.

Première idée, le questionnement ne se réduit pas à l'énoncé de questions. En réalité c'est un dialogue qui doit s'instaurer, et ce n'est pas nécessairement une de vos question qui en sera l'origine.  Vous pouvez par exemple, en répondant à une question que l'on vous pose, solliciter une précision qui vous permet de mieux répondre. Cette précision peut orienter le dialogue vers autre chose, amener d'autres questions, de vous ou de votre interlocuteur. C'est la posture qui compte : chassez de votre esprit que vous êtes là pour répondre aux questions posées, comme lors d'un oral d'examen ou de concours. C'est aussi pour cela que je me méfie comme de la peste des réponses apprises, des entretiens répétés. l'entretien de recrutement peut ressembler à un échange au tennis, mais pas à un match où chaque joueur cherche à écourter l'échange à son avantage. Imaginez au contraire que le jeu est de collaborer pour que la balle reste en l'air le plus longtemps possible. pour cela il faut que les deux "joueurs" relancent l'échange. Un échange, pas un entrainement avec une machine à envoyer des balles.

La posture est donc essentielle.

La forme des questions est aussi importante, leur énoncé. J'ai déjà écrit un ou deux billets sur ce sujet.  Voyez par exemple "vous avez dit… questions".

Insistons sur le fait que la reformulation, notamment celle dite en miroir, est une technique intéressante car elle n'a pas l'air d'une question et invite néanmoins l'interlocuteur à préciser, voire argumenter.

Ce que nous pouvons aussi apprendre, en particulier dans cette technique de l'explicitation, c'est que le questionnement peut porter sur des registres différents. Je peux m'intéresser

  • aux faits : quand, combien, quoi …
  • aux modalités : comment, avec quoi, selon quelle technique…
  • aux ressentis : comment le voyez-vous, et pour vous… qu'en pensez-vous ? quelle est votre position personnelle sur .. ?

Et sans doute à plein d'autres choses.

Enfin, deux règles simples à édicter et très, mais très difficile à suivre :

  1. suspendez votre jugement pendant le recueil de l'information (elle exagère de me dire ça…)
  2. n'extrapolez pas, n'inférez pas (il dit ça, donc il est…)

Attendez d'avoir toute l'information pour vous faire une opinion.
 


Commentaire(s)

  1. Cette technique de questionnement devrait être au programme de tous les pédagogues; cela leur permettrait de comprendre les erreurs de raisonnement de leurs interlocuteurs, ce qui serait sans doute le meilleur gage d’efficacité pédagogique.

    La vidéo sur l’entretien d’explicitation est intéressante, mais elle est abstraite et il serait plus efficace de présenter un entretien d’explicitation concret, notamment appliqué par le candidat lors d’un entretien de recrutement, ce qui ne semble pas avoir été l’objet premier de l’inventeur de cette méthode.  voir moins

  2. Bonjour, J’aimerai savoir auprès de quel organisme de formation vous vous êtes formé à l’entretien d’explicitation ? Merci beaucoup.

  3. C’est un collègue de l’Apec qui nous a formé. Je lui ai demandé de vous donner des pistes.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires