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Marché de l’emploi, des affirmations fermement erronées

publié le 11/02/2015 par dans Afficher dans Marché, Emploi, Idées fausses

Je viens encore de lire une affirmation fausse qui a la vie dure. 80% des candidats postuleraient à des offres (marché visible) alors que seulement 30% des postes seraient proposés par ce biais.

Tel autre, plus flou, affirme que l'obligation faite aux entreprises de déposer leurs offres auprès de Pôle emploi conduit à la multiplication des offres bidons, ouvertes alors que le futur recruté est déjà connu. Les annonces seraient donc bidons, la majorité des opportunités nous serait cachée…

Je voudrais une fois de plus rappeler qu'une enquête annuelle de l'Apec auprès d'entreprises qui ont recruté au moins un cadre dans l'année précédente, montre, depuis qu'elle existe,  que  plus de 80% des recrutements de cadres ont donné lieu à la publication d'une annonce. Affirmer, aussi fermement que le marché caché est plus important que le marché visible, ou ouvert, comme le font certains qui se proclament spécialistes, ou experts, est donc tout simplement une erreur. La fermeté du ton , la référence à leur propre expérience ou à des "chiffres officiels"  n'y change rien.

Cela ne veut pas dire que 80 % des candidats recrutés ont répondu à cette annonce. Il y a d'autres moyens de trouver des candidats, et parfois, le contact se fait par le biais de l'annonce et d'un autre moyen. Reste que l'annonce reste le premier moyen de "sourcing" : un poste sur deux est pourvu par un candidat qui avait répondu à l'annonce.

Cela ne veut pas dire non plus que les démarches d'approche directes n'ont pas de sens : il y a en effet u peu moins de 20% des opportunités qui ne donnent pas lieu à une annonce, peut-être parce qu'on a déjà le candidat, peut-être parce qu'on compte sur le réseau pour le trouver.

Je l'ai déjà dit, quoi qu'il arrive, être un(e) candidat(e) "qu'on connait" est un plus incontestable.

Pas besoin de proférer des contre-vérités pour affirmer que l'approche directe est utile !

Commentaire(s)

  1. J’ai oublié de rappeler que je parle ici du marché de l’emploi des cadres ( et jeunes diplômés) et non du marché de l’emploi en général. Ce n’est pas une vaine précaution, le recrutement de cadres suit des règles spécifiques. 

  2. Exa-cte-ment : pas une vaine précaution, bien au contraire.

    Et même, « plus de 80% », ça sous-entend qu’il y a près de 20% qui restent, et si ces près de 20% relèvent en partie, ou plus grave, en tout du deuxième flou que vous citez, ben ça craint toujours, fût-ce concernant des cadres…

    Le fait que le « piston » – pardon (politiquement correct pour les bien-disants, et quoi que ça ne désigne pas tout à fait la même chose), « réseautage » … qui verse tout court et tout directement dans le piston dans le cas de certains – soit évoqué dans certains magazines (Le Point, si je ne m’abuse, en a même fait une enquête intitulée « La France du piston », donc…) et couramment dans les conversations et autres, ce n’est quand même ni anodin, ni innocent, en gros il y a bien une raison, et pas non plus de fumée sans feu.

  3. @ B
    C’est selon moi complètement abusif d’assimiler réseau et piston. Ou alors il faut admettre que le piston est ouvert à tous, ce qui est absurde.
    Évidemment on peut avoir une définition extensive du concept de piston. Y-a-t-il piston quand un gadzart recrute un gadzart ?
    Et quand c’est un candidat qui s’est fait connaître d’une manière ou d’une autre, comme par exemple avoir été présenté par un tiers ?
    Le tiers, ce n’est pas forcément le préfet ou autre notable. Ça peut être un fournisseur chez qui on a fait un stage ou un ancien du Master qu’on a suivi.

  4. A qui profite le crime Jean-Marie ? Telle est la question ! 

  5. Tu as raison, Pierre. C’est un fond de commerce pour consultants, le marché caché.

  6. En même temps,

    s’il est difficile d’imaginer la taille du marché caché (puisqu’il est caché), il n’est pas difficile d’imaginer ce à quoi ressemble le marché caché décrit par certains (puisqu’ils en donnent les proportions): si le marché caché représente 80% des offres, alors le marché caché, c’est quatre fois plus d’offres que le marché apparent (ça en fait des offres, on se demande pourquoi tant d’entreprises proposent des emplois sans en faire une publicité publique!)

  7. D’ailleurs les entreprises ne sont plus obligées de déposer leurs offres d’emploi auprès Pôle Emploi depuis la loi de cohésion sociale de 2005 (Borloo) en réponse à : « l’obligation faite aux entreprises de déposer leurs offres auprès de Pôle emploi conduit à la multiplication des offres bidons ». 

    Donc ce qu’ils affirment est doublement faux….

  8. Vous avez raison, Karine.L’obligation n’est plus de mise.
    Cette histoire d’offres bidons est aussi une grande tarte à la crème.
    Doit-on considérer comme « bidon » une offre qui est publiée par un prestataire de service qui voudrait répondre à un appel d’offre ou simplement à un besoin d’une donneur d’ordre ? C’est une situation fréquente dans le monde de l’ingénierie informatique.
    Par ailleurs, quand une entreprise communique sur le fait qu’elle recrute elle n’a pas toujours un ou des postes précis en tête quand elle le fait, même si elle est prête à recruter ceux qui lui paraîtront intéressants parmi les postulants.
    Ce n’est pas absolument légal, mais pas non plus immoral. A mon sens en tous cas.

  9. Ah, vous ne trouvez pas ça immoral, ces pratiques ?

    Ben moi qui suis précisément dans le domaine que vous évoquez, je trouve ça profondément immoral en sus d’être des pratiques illégales, d’autant que puisque c’est illégal ça devrait être puni, et si ça perdure c’est justement parce que ça reste impuni.

    Et pourquoi ça reste impuni ? Voilà pourquoi :

    1) parce que les salariés ont besoin d’un boulot pour vivre, payer les factures, se soigner, se divertir, etc. (société de consommation à outrance oblige)

    2) parce que les « employeurs »/ »recruteurs » ont une jouissance extrême à utiliser le 1), puisqu’ils sont impunis, ils n’ont rien à craindre, alors du coup, pourquoi s’en priveraient-ils, hein, je vous le demande…

    Mais bon, la nature humaine qui donne naissance aux instincts « grégaires » de destruction et de réduction en esclavage du monde salarié du MEDEF et de son cousin Syntec Numérique – pour donner les VRAIS résultats que seules les victimes de ces actes connaissent parfaitement, et non pas ceux dont les auteurs accusent leurs victimes tout en jouant les vierges effarouchées à coups de « pénurie » notamment, et à qui on donnerait le bon dieu sans confession – est à l’oeuvre derrière tout ça, après tout.

    En somme, du foutage de gueule pour couvrir du foutage de gueule, et vu l’ampleur réelle et consternante du phénomène, je pense demeurer encore trop poli. Tout le monde n’est cependant pas dupe : impuissance ne signifie pas pour autant aveuglement profond par oeillères, qu’on se le dise.

  10. Rester poli serait un plus.
    Par ailleurs je comprends votre point de vue mais comme il y a pas mal de gens qui ne connaissent pas ces pratiques je vais expliquer le mien.
    Une « SSII » est, quoi qu’elles en disent, une sorte d’entreprise d’intérim sur un secteur de technologies plus ou moins pointues. Leur activité consiste à chercher des chantiers en cours chez des utilisateurs et parallèlement des compétences à proposer à ces utilisateurs. Comme un agent / impresario pour les artistes ou comme une ETT.
    Je comprends que les ingénieurs ainsi abordés préféreraient travailler chez l’utilisateur final directement. Mais le marché, très actif et riche, de ces métiers est ainsi fait qu’en majorité les jobs sont chez les intermédiaires, SSII ou sociétés d’ingénierie.
    Il existe deux types de contrats dans ce milieu : le forfait et la régie.
    Dans le cas du forfait la qualification d’ingénierie est méritée puisque le client achète un résultat. Dans le cas de la régie il achète du temps d’ingénieur délégué et reste maître d’œuvre de son projet. On est alors clairement dans une forme d’intérim. Le management de la SSII anime plus ou moins son équipe.
    Le contrat avec le personnel délégué peut être un CDD ou un CDI. A ma connaissance, mais je peux me tromper, le plus souvent un CDI parce que les missions sont assez longues.
    Les SSII cherchent donc des compétences sur le marché de l’emploi pour les proposer à ses clients, parfois à ses prospects. Les offres d’emploi qu’elles publient ne correspondent pas toujours à des postes de travail réellement disponibles au moment de la parution de l’annonce, c’est cela qui n’est pas légal. Elles devraient le signaler. Si elles ne le font pas c’est sans doute parce qu’elles estiment que ça réduirait le nombre de candidats, ce qui n’est pas avéré.
    Mais il faut être vraiment de mauvaise foi pour prétendre, quand on est comme B, un professionnel du secteur, que cet usage est une mauvaise surprise pour les candidats.
    Par ailleurs, cette « collecte » de CV n’a pas d’autre but que de rechercher des opportunités, qui ensuite procurent des emplois aux ingénieurs qui auront été ainsi « sourcés » comme on dit maintenant dans notre profession. Je ne vois pas quel tort cela peut faire aux professionnels, au pire la déception de ne pas être choisis.
    Donc je persiste, pas par assujettissement au patronat, numérique ou non, mais parce que je ne vois pas bien où est le problème de cette pratique.

    Il me semble que le vrai problème de ces métiers est ailleurs. Le renouvellement très rapide et la complexification des techniques pousse à un renouvellement des compétences rapide et dur.
    Deux façons de faire : permettre aux professionnels de se maintenir au bon niveau de maitrise des technologies « à jour ». Au passage c’est ce que certaines SSII pratiquent dans les périodes d’inter-contrats, mais souvent avec un co-investissement du salarié. Cette pratique a ses limites du fait de la radicalité des changements et de la montée en exigence théorique. Les bac + 2 ou 3 par exemple peuvent avoir des difficultés.
    Malheureusement il y a aussi des employeurs, directs ou intermédiaires, qui jugent plus efficace de remplacer les personnes, quitte parfois à garder, « au placard » les salariés dont les compétences technologiques sont jugées obsolètes. Voilà un vrai problème.

  11. En soi ce n’est pas forcément une « mauvaise surprise », mis à part peut-être pour ceux, en particulier les jeunes diplômés, à qui on vend du rêve de la sorte, voire aussi aux parents des futurs JD aux différents moments de l’orientation. Entre autres.

    De plus, ça contribue à la mauvaise image du secteur des SSII (ESN maintenant), et cela beaucoup de « professionnels » le disent, je ne suis absolument pas le seul, bien au contraire. Ça fait partie des griefs récurrents, et il doit bien y avoir une raison à ça, au risque de me répéter.

    C’est exactement comme si un concessionnaire vous annonçait que vous avez potentiellement gagné une voiture de sport magnifique, que vous pensez avoir gagné une Ferrari dernier cri, et que lorsque vous vous déplacez en concession on vous annonce que le concours n’a pas encore été organisé (ce qu’on ne vous avait pas dit par omission ou par intérêt), et/ou éventuellement que le budget concours a baissé/avait déjà baissé partiellement ou totalement (annulant ou modifiant le concours), et/ou que du coup ce ne sera sans doute pas une Ferrari de luxe mais une Clio RS – qui reste une bonne voiture certes, mais il y a un gap entre la Clio et la Ferrari à laquelle vous vous attendiez.

    En gros, il y a une sorte de tromperie, qui plus est implicite, et le caractère illégal de ceci constitue aussi son caractère pour le moins immoral. E tun candidat qui se déplace pour aller passer un/des entretien(s) au cours du/desquel(s) il s’apercevra de la supercherie se sentira légitimement floué et aura gaspillé de l’argent et/ou du temps bien souvent pour rien à part s’être fait royalement entuber.

  12. Sur le principe les pratiques des boites de presta (SSII et autres) ne me choquent pas, les lois qui régissent le marché du travail français sont trop rigides et pas du tout appliquées à certaines activités. C’est un fait indéniable, c’est d’ailleurs pour ça que ces pratiques sont tolérées, sans elles certains marchés ne pourraient pas prospérer. Mais parce que c’est pratiques ne sont pas légales à la base, elles mènent à tous les excès. Je n’ai pas de problème à faire un entretien sans poste à la clé si ça signifie pour moi d’être intégré dans une base de données avec potentiellement un emploi pour moi à la clé. Par contre je n’accepte pas d’être convoquer à un entretien uniquement pour me soutirer mes références et qu’ensuite on les harcèle au téléphone. Rien de pire qu’un ancien manager avec qui vous avez des bonnes relations qui vous appelle en vous demandant de ne plus le citer. Je n’accepte pas qu’on m’appelle tous les mois (ou spam ma boite mail) au sujet de postes pour lesquelles j’ai explicitement exprimé mon désintérêt à maintes reprises.

     

    J’ai toujours évité ce genre de boite, mais beaucoup de mes connaissances en ont intégré. Malheureusement il y a beaucoup plus de mauvais retours que de bons car le problème avec l’illégalité, c’est que quelque soit votre intention ou justification, ça peut vite dégénérer. Le cas des SSII s’est déjà propagé à l’ingénierie pour laquelle l’argument de la vitesse des changements des techniques n’est pas valable (les technologies ne se développent pas aussi vite et c’est l’expérience dans les technologies existantes qui permettent d’en créer de nouvelles). Je comprends parfaitement le point de vue des entreprises et les difficultés qu’elles peuvent rencontrer mais un système qui crée des frustrations chez les employés et les  poussent à s’opposer à leur employeur n’est pas viable sur le long terme.

  13. Bonjour  monsieur Blanc,

    Je suis ingénieur et fraichement docteur. Pour ma part hier j’ai eu l’impression de me faire piégé par une SSII en informatique et je voulais vous demander conseil. Cette SSII m’appelle le 17/02. J’ai une assistante RH au téléphone qui me dit que mon profil les intéresse et qu’ils aimeraient me rencontrer. Je lui demande pour quel genre de poste cela serait. Elle me dit qu’elle ne sait pas car il n’ont pas encore signés de nouvelles missions, mais qu’elle aimerait savoir si je suis intéressé pour me garder dans leur fiches. Cool je me dit. Elle me propose un RDV le … 19/02. Du coup, comme j’avais prévu de postuler à d’autres offres je n’ai pas vraiment eu le temps, ni la matière pour préparer cette entretien. Et puis je pensais, comme ils me l’avait dit, qu’ils voulaient seulement me rencontrer et me présenter l’entreprise. Je me renseigne sur leur différentes activités mais c’est très large. Mais il est clair que j’ai fait peu d’informatique donc je ne pourrai que me vendre comme un développeur débutant. En entretien je suis reçu par une RH qui a travaillée comme ingé avant. Elle me dit « présentez-vous d’abord et après je vous présenterai l’entreprise et les missions » Je me présente donc, toujours en ne sachant pas pour quel poste. A la fin de cette parti elle me demande mes prétentions salariales. Je mets la barre bien basse (ce qui correspond au « minimum » de leur grille salariale). Ensuite c’est à son tour de parler et là mon profil est juste idéal pour eux. D’une part elle me voit reprendre seul le SAV d’un outil très particulier sur lequel j’ai travaillé en stage d’ingé. La personne en charge les a quitté récemment. D’autre part, elle me voit ont déjà un « client » qui recherche exactement mon profil d’étude et d’exp pro.

    Là où je me sens piégé c’est sur le flou qu’il ont entretenu sur la mission ce qui a fait que je me suis senti en position de faiblesse. Qu’en pensez-vous. Je ne suis pas encore embauché, il faut l’aval de leur client. Ainsi pourrais-je négocier mon salaire au moment de l’embauche ? Sinon au bout de 6 mois, pourrais-je renégocier mon salaire ?
    Merci d’avance pour vos conseils.

  14. Bonjour  monsieur Blanc,
    Je suis ingénieur et fraichement docteur. Pour ma part hier j’ai eu l’impression de me faire piéger par une SSII en informatique et je voulais vous demander conseils. Cette SSII m’appelle le 17/02. J’ai une assistante RH au téléphone qui me dit que mon profil les intéresse et qu’ils aimeraient me rencontrer. Je lui demande pour quel genre de poste cela serait. Elle me dit qu’elle ne sait pas car ils n’ont pas encore signés de nouvelles missions, mais qu’elle aimerait savoir si je suis intéressé pour me garder dans leur fiches. Cool je me dit. Elle me propose un RDV le … 19/02. Du coup, comme j’avais prévu de postuler à d’autres offres je n’ai pas vraiment eu le temps, ni la matière pour préparer cet entretien. Et puis je pensais, comme ils me l’avaient dit, qu’ils voulaient seulement me rencontrer et me présenter l’entreprise. Je me renseigne sur leur différentes activités mais c’est très large. Mais il est clair que j’ai fait peu d’informatique donc je ne pourrai que me vendre comme un développeur débutant. En entretien je suis reçu par une RH qui a travaillé comme ingé avant. Elle me dit « présentez-vous d’abord et après je vous présenterai l’entreprise et les missions » Je me présente donc, toujours en ne sachant pas pour quel poste. A la fin de cette parti elle me demande mes prétentions salariales. Je mets la barre bien basse (ce qui correspond au « minimum » de leur grille salariale). Ensuite c’est à son tour de parler et là mon profil est juste idéal pour eux. D’une part elle me voit reprendre seul le SAV d’un outil très particulier sur lequel j’ai travaillé en stage d’ingé. La personne en charge les a quitté récemment. D’autre part, elle me voit déjà chez un « client » qui recherche exactement mon profil d’étude et d’exp pro.
    Là où je me sens piégé c’est sur le flou qu’ils ont entretenu sur la mission ce qui a fait que je me suis senti en position de faiblesse. Qu’en pensez-vous. Je ne suis pas encore embauché, il faut l’aval de leur client. Ainsi pourrais-je négocier mon salaire au moment de l’embauche ? Sinon au bout de 6 mois, pourrais-je renégocier mon salaire ?
    Merci d’avance pour vos conseils.

  15. La précipitation, qui est un peu surprenante pour les candidats, plus habitués aux lenteurs et à l’indécision, est un des trucs de ces entreprises. N’oubliez pas que le marché de l’informatique est marqué par une certaine difficulté à recruter et donc vous ne risquez rien du tout à refuser la mission si les conditions ne vous conviennent pas.
    Il y a des milliers d’ESN (B nous explique que c’est ainsi qu’elles se nomment maintenant) et vous avez donc plein de choix. Sur les salaires, il faut se souvenir que l’écart entre votre salaire et le prix à la journée fera leur marge.
    Je ne suis pas sûr de mon coup mais en intérim, le code du travail prévoit qu’un intérimaire en peut pas gagner moins qu’un salarié de l’entreprise utilisatrice qui tient le même poste. je ne sais si c’est aussi le cas pour le détachement dans le cadre d’une SSII.
    Voyez le site Du MUNCI, association d’informaticiens qui est très critique envers les ESN et aussi celui de SYNTEC NUMERIQUE qui est la fédération professionnelle de ces entreprises.

  16. Merci monsieur pour vos conseils ! Il est vrai que les ESN sont en demande de recrutements. C’est un avantage temporaire pour les salariés. Merci pour vos explications. Cordialement. OB

  17. Ce n’est aucunement le cas règlementairement lors d’un détachement dans une SSII/ESN, à l’avantage des salariés serait-on tenté de dire, sauf que parfois, il vaut mieux être interne (quitte à être moins bien payé) que d’avoir à supporter certains comportements tout bonnement odieux (outre qu’illégaux).

    Je rappelle que la plupart des SSII/ESN sont de base en infraction avec la législation dès lors qu’elles envoient un personnel chez un client, constituant un délit « de marchandage », puisque si je ne m’abuse, seules les sociétés d’intérim (au sens propre du terme) ont légalement le droit de le faire. (Ça aussi, c’est immoral, ça participe notamment au concept « marchand de viande », sous prétexte que ça crée – et encore, soi-disant, vu les chiffres du chômage de nous, les « informaticiens » – de l’emploi.)

    Un très bon comparatif des avantages et des inconvénients du consultant/ »prestataire »/ »ingénieur » en SSII vis-à-vis des « internes », fort justement expliqué et avec humour et (auto-)dérision, là : https://ploooooc.wordpress.com/2011/06/10/i-comme-interne/. Ça date un peu, mais paradoxalement, c’est toujours d’actualité, les principes des SSII n’ont pas vraiment (enfin, vraiment pas) changé depuis.

  18. Article L8231-1 DU CODE DU TRAVAIL
    Le marchandage, défini comme toute opération à but lucratif de fourniture de main-d’oeuvre qui a pour effet de causer un préjudice au salarié qu’elle concerne ou d’éluder l’application de dispositions légales ou de stipulations d’une convention ou d’un accord collectif de travail, est interdit.

  19. En matière de dénonciation fortement argumentée concernant l’immoralité du recrutement en informatique, notamment et en particulier celui des SSII/ESN, Jean-Marie, le site du MUNCI est pourtant très fourni…

  20. À propos de convention collective, en l’occurrence celle du Syntec, elle n’est pas à jour.

    Ensuite, dans le monde de la prestation, vous êtes légalement rattaché à la SSII/ESN, tandis que vous recevez vos ordres du client auquel vous n’êtes légalement pas rattaché

    Expliqué en détail ici, même si le gars n’est ni avocat, ni juge, ni magistrat d’une quelconque sorte, c’est assez fourni : http://petitpresta.blogspot.fr/p/5-references-reglementaires.html.

    Une recherche complémentaire avec les mots-clés « délit de marchandage jurisprudence » « fournira les photos » (si l’on me passe la forme de l’expression, empruntée à M. Elliott Carver, personnage fictif maléfique de l’univers de James Bond).

    Du reste, même si le corollaire, l’inverse et/ou la réciproque ne sont pas toujours vraies ni même fausses, ce qui est illégal l’est généralement parce que c’est aussi immoral quelque part. Autrement, pourquoi illégaliserait-on ?

  21. Jean-Marie:

     

    une SSII n’est pas juridiquement une  entreprise d’interim, du moment qu’elle a plus d’un client, sinon elle peut être requalifiée en entreprise d’interim, avec toutes les obligations reglementaires (sociales, financieres, etc.) qui s’y rattachent…

    Il me semble que l’assimilation de la régie et du marchandage sont des vieilles lunes un peu  dépassées depuis quelques années (création du portage, etc;)

    A mon sens, ce n’est pas tant la distinction forfait/régie qui est la plus pertinente, mais  plutot intégration(c’est à dire vente de licences pour des logiciels)/services pur…

  22. Sur le marchandage, Fabrice, je crois qu’en tant que tel le concept n’est pas à écarter aussi vite. Il peut servir de guide à une pratique « honnête » de la régie, qui ne devrait pas avoir pour but de s’affranchir des avantages dont bénéficient les salariés de l’entreprise utilisatrice.
    Mais on ne peut pas réduire un secteur aussi important de l’activité en France aux abus qu’on y constate.

  23. Jean-Marie:

    comme vous l’avez écrit, le marchandage reste d’application très précise, il faut que l’opération porte préjudice (financier, moral…) au salarié, ou qu’elle ait pour but d’éluder des obligation réglementaires.

    La régie est parfois très appréciée des informaticiens parceque (1) Cela leur permet d’approfondir leur expertise en voyant des missions et des secteurs divers, et (2) tous ne savent pas forcément (ahem) se vendre ou gérer une mission client…

  24. Fabrice
    Une des autres grandes « applications » du marchandage se trouve dans les stages : facturer à un client le travail d’un ou une stagiaire est constitutif du délit de marchandage.
    Lisez « stagiaire » au sens commun et non au sens que lui donnent certaines professions : un avocat stagiaire est un avocat salarié et non un étudiant stagiaire.

  25. Pour en revenir au sujet initial de ce billet, et pour parler d’un domaine que je connais donc un peu puisque je suis dedans :

    Comment expliquer que, sur plus de 90% des entreprises/sociétés en France qui sont des TPE/PME/PMI selon les chiffres, on ait une véritable impression que les offres de postes en informatique se fassent si rares en interne comme en externe au sein de ces entreprises (constituant donc la plupart des sociétés françaises), si ce n’est par l’argument de l’existence d’un marché caché suffisamment important pour être largement probant… en sus/à la place des arguments classiques (donc déjà existants, et ainsi souvent cités, que ce soit à raison ou à tort) de difficultés financières grévant les recrutements, et/ou d’une véritable mise en coupe réglée des offres de postes par des « intermédiaires » (suivez mon regard) ? Hmm ?

  26. Bon, si vous le dites… Mon constat est plutôt qu’il y a beaucoup d’annonces d’emploi et pas beaucoup de candidats. La distorsion entre nos points de vue est peut-être lié à l’inadéquation entre les compétences recherchées et celles proposées. Phénomène qu’on peut considérer de deux points de vue : soit on pense que les recruteurs sont très peu ouverts, soit on constate l’inadéquation sans s’interroger plus avant. La formation est censée palier cet écart mais elle ne joue pas complètement son rôle si je comprends bien.
    Ma position est que les deux « soit » que j’ai énoncés sont également réalistes, car ni (tous) les recruteurs ni tous les candidats, n’utilisent optimalement les règles du jeu.
    Les premiers confondent technique et compétence les seconds ont du mal à sortir de la fiction annonce = emploi.
    Mais analyser de loin est trop facile

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