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Sommes nous de plus en plus qualifiés ?

publié le 03/06/2014 par dans Economie et emploi, Emploi

Suite du précédent billet. Intéressons -nous cette fois au lien entre le niveau de diplôme et le taux d'emploi.

 

Les personnes possédant un diplôme ou une qualification professionnelle reconnue (voir dans un prochain billet la confusion entre les différents sens du mot qualification) semblent beaucoup mieux placées sur le marché de l'emploi que les autres, comme le montre le tableau ci-dessous. Pour les jeunes en particulier, le taux de chômage des diplômés du supérieur long est près de cinq fois moindre que celui des jeunes sans diplômes et encore près de trois fois moins que pour les jeunes de niveau CEP ou sans diplôme.

 

 

Des chiffres de 2010 montrent que cette inégalité est encore effective pour les personnes de plus de 50 ans, avec une amplitude à peine moins grande.

 

 

tx chom dipl

 

 

 Pour autant, il est difficile de savoir si c'est le besoin des entreprises qui a tiré l'exigence à la hausse ou si c'est l'offre qui, en s'enrichissant, a permis une sélection plus sévère de la part des recruteurs.

Les pouvoirs publics ont en effet poursuivi une politique volontariste d'augmentation du niveau moyen de diplôme de la population, censée répondre au postulat de la hausse générale des qualifications nécessaires.

 

 

Les progrès de l’instruction sur une période longue sont impressionnants : En 2007 un tiers de la population active employée est titulaire d’un diplôme du supérieur, contre 16,4% (moitié moins) en 1990 ! L’évolution, dans la même période, du pourcentage ceux qui détiennent au mieux un CEP est strictement inverse : de 34 à 16%.

 

 

Le pourcentage d'une classe d'âge diplômé du baccalauréat a quasiment triplé en 32 ans, de moins de 26% à 77%. Il faut noter que la croissance constatée doit beaucoup au développement des Bacs Professionnels :

 

  • Le pourcentage, dans une classe d'âge, des titulaires de ces  "Bacs pro" a été multiplié par trois depuis 1995, et a doublé depuis 2005 pour atteindre aujourd’hui presque un quart des jeunes d’une classe d’âge, au détriment des Bacs technologiques.
  • Le pourcentage de titulaires des Bacs généraux et technologiques a quant à lui doublé entre 1980 et 1995 mais a plutôt régressé depuis 1995.

 

 

Proportion de bacheliers dans une génération selon le type de baccalauréat (France métropolitaine, Public + Privé)

 

1980

1985

1995

2005

2010

2012

Bac général

18,6

19,8

37,2

33,7

34,3

37,1

Bac technologique

7,3

9,6

17,6

17,3

16,3

15,7

Bac professionnel

7,9

11,5

14,4

23,9

Ensemble

25,9

29,4

62,7

62,5

65,0

76,7

Source : INSEE

 

 

 Si la comparaison est difficile entre le niveau d’un diplôme général, sanctionnant uniquement la maîtrise de savoirs de base (lecture, écriture, calcul, etc.) et un diplôme professionnel, sanctionnant la maîtrise de techniques professionnelles, on remarquera que le CAP, diplôme professionnel du niveau le plus modeste, se prépare aujourd’hui après la troisième

 

 

Il est clair qu’on a assisté à une normalisation croissante des niveaux de qualification, avec notamment la multiplication des CQP, certificats de qualification professionnelle, établis par les branches professionnelles. Ce déploiement de la norme va de pair, sans doute, avec la généralisation des formes d’emploi salariés et des garanties demandées aux professionnels indépendants (coiffeurs, agriculteurs, restaurateurs, etc.) notamment par leurs banquiers et leurs clients. Cela correspond-t-il à une élévation de la qualification réelle ? Cela prête à discussion.

 

 

On peut citer à nouveau l'exemple des emplois de services à la personne, et le cas des banques est exemplaire. Le niveau d’études des personnes embauchées a significativement augmenté dans les dernières décennies, y compris dans les postes les moins qualifiés. Le contenu des emplois en relation avec les particuliers a-t-il autant évolué pendant ce temps[1] ? leur image, et leur valorisation ont-elles progressé ?  De fait, il faut aujourd'hui un Bac là où un BEPC suffisait il y a quelques années, les BAC + 4 "remplacent" des bac+2, etc..

 

 

L'Apec a mis en évidence que parmi les causes d'un développement de l'emploi cadre (et l'emploi cadre se développe beaucoup plus que l'emploi non cadre) figure au premier plan l'investissement des entreprises. Le prochain billet parlera de ça.



[1] Voir l’étude de C Aubry  et F Dauty de l’Université de Toulouse 1 : http://bit.ly/18vrwX8

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