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Le progrès fait rage

publié le 13/02/2014 par dans coup de gueule, Joker

Vous n’allez pas me croire, il y a aujourd’hui 30 ans que je travaille à l’Apec : Le 13 février 1984. 
 
Si je pouvais vous transporter à cette époque, disons, la deuxième moitié des années 80, vous n’en reviendriez pas. 
 
A cette époque, bien-sûr, pas d’internet, à peine d’informatique (pendant plusieurs années, il y avait un PC dans un bureau proche du mien, mais pas dans mon bureau).  Les annonces  passaient sur un support papier, les candidatures transitaient par la poste.
Bref les choses ont bien changé. 
 
A cette époque, on se plaignait des discriminations à l’embauche que subissaient les femmes, ou les personnes appartenant à certaines  minorités. On déplorait que les recruteurs soient empêtrés dans des stéréotypes qu’ils ne savaient pas dépasser.
 
A cette époque, les recruteurs ne connaissaient pas très bien les cursus de l’enseignement supérieurs, et se laissaient obnubiler par quelques diplômes à forte image sans bien savoir ce qu’ils contenaient. 
 
Tenez-vous bien, à cette époque, les entreprises ne répondaient pas aux candidats la plupart du temps. Oui, parfaitement. Il faut dire que ça coûtait pas mal d’argent en timbres, il n’y avait pas de courrier électronique, il faut comprendre.
 
A cette époque, on nous annonçait que les métiers de la bio-technologie étaient les métiers de demain.  Demain, comme chacun sait, c’est, chaque jour, le jour d’après… Il était courant de dire que la moitié des « métiers de dans 10 ans » (1995) n’existaient pas. 
 
A cette époque, nous expliquions que « les jeunes générations » n’avaient pas le même rapport au travail que les plus anciennes, une relation plus froide à l’entreprise, que les jeunes gens aspiraient à mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée. Les sociologues de l’entreprise montraient comment le rapport à l’autorité se relativisait…
 
Je mesure le chemin parcouru. 
 
En 1984, 26 % d’une classe d’âge avait le Bac contre près de 80% en 2012 (37% ont un  bac général, 16% un bac technique et 24% un bac pro) ;  il y avait un peu plus d’1,7 million de cadres contre 3,5 millions aujourd’hui, alors que la population active occupée n’est passée que de 25 à 30 millions. L’élévation du niveau de qualification est donc patente. L'évolution des mentalités, moins.

Commentaire(s)

  1. Bien vu !

  2. J’oubliais de dire qu’en 1984 l’Apec devait publier autour de 80 000 offres d’emploi par an. En 2013 près de 500 000.

  3. J’espère que l’APEC vous a apporté autant que vous nous apportez à nous aujourd’hui.

    C’est un message très intéressant : on a toujours l’impression que c’était mieux « avant ». J’ai 23 ans et je suis persuadée que nous avons autant d’opportunités aujourd’hui qu’il y a 20 ans, même s’il elles sont évidemment différentes. Nous pouvons par exemple bien plus facilement travailler à l’étranger et les femmes peuvent avoir de vraies ambitions et viser des postes à responsabilité.

    Soyons positif ! Je vous souhaite une très bonne continuation au sein de l’APEC.

  4. Brenda
    Merci pour votre gentille remarque.
    Il y a plus, beaucoup plus d’opportunités qu’il y a 20 ans. Évidemment plus de candidats aussi. Mais ça produit finalement un marché plus riche. Même si la conjoncture est morose aujourd’hui.
    Vous avez raison de positiver.

  5. Brenda c’est vrai que ce n’était pas radicalement mieux « avant » mais on peut aussi regretter que ce ne soit pas tellement mieux « après ».

  6. « Il était courant de dire que la moitié des « métiers de dans 10 ans » n’existaient pas. » 

    N’est-ce pas toujours le cas ? 

    Quid des community manager, chef de projet SEO et autres métiers du web dont j’ignorais l’existence quand j’ai passé mon bac (il n’y a « que » 7 ans) ? À l’époque, le web, c’était des informaticiens programmateurs pour moi. Je ne pensais pas, simple internaute que j’étais, y travailler un jour ! 

  7. Johanna
    Vous avez raison ce sont là de nouveaux métiers. Je me moquais de la radicalité de la prédiction, qui, c’est vrai, s’entend aujourd’hui comme jadis. La moitié des métiers ! Ce n’est pas 4 ou 5 !
    L’avantage de ces nouveaux métiers c’est qu’ils sont très ouverts pendant un temps.

  8. « A cette époque, on se plaignait des discriminations à l’embauche que subissaient les femmes, ou les personnes appartenant à certaines  minorités. On déplorait que les recruteurs soient empêtrés dans des stéréotypes qu’ils ne savaient pas dépasser.

    A cette époque, les recruteurs ne connaissaient pas très bien les cursus de l’enseignement supérieurs, et se laissaient obnubiler par quelques diplômes à forte image sans bien savoir ce qu’ils contenaient. 
     
    Tenez-vous bien, à cette époque, les entreprises ne répondaient pas aux candidats la plupart du temps.  »
     
    « A cette époque, nous expliquions que « les jeunes générations » n’avaient pas le même rapport au travail que les plus anciennes, une relation plus froide à l’entreprise, que les jeunes gens aspiraient à mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée. Les sociologues de l’entreprise montraient comment le rapport à l’autorité se relativisait… »
     
    Pour ma part, je pense que ça n’a pas beaucoup changé en tant d’années.
    Et que si ça a changé, fut-ce un tout petit peu et avec contraste selon les secteurs, les professions, etc., ça n’est pas nécessairement en bien (mieux), mais plutôt globalement en pire, et ça, sans vouloir forcer un tableau déjà bien assez noir.
    Les raisons ont changé, ce cadre de situation est resté stable de manière générale.
    Bref, c’était le début des 30 piteuses, maintenant on est au 1er tiers des 30 calamiteuses, et au vu de l’actualité, s’il n’y a pas évolution, on prépare les 30 bérézineuses (ou cataclysmiques, au choix) pour encore après.
    Pour ceux qui sont en plein dedans, une génération entière (oui) sacrifiée (oui, y’a pas d’autre mot qui soit honnête) aux bêtises auto-entretenues de quelques-uns (au regard des 7 milliards de terriens), et de bout en bout en plus (études, entrée sur le marché du travail impossible, ou ce qui revient au même, hypocrite, puis retraite… impossible, au vu de tout ça), ça ne fait pas semblant, hein.
     
    « Oui, parfaitement. Il faut dire que ça coûtait pas mal d’argent en timbres, il n’y avait pas de courrier électronique, il faut comprendre. »
    Avec le courrier électronique, c’est « censé » coûter « moins cher », et ainsi, être une « excuse » en moins. On n’a pas plus de réponses pour autant, encore moins de réponses positives. Et comprendre, on ne fait que ça. Trop, même. Ça finit un jour ou l’autre par passer pour de la faiblesse, ou de la servilité, ce qui, encore une fois, me semble revenir au même actuellement. Et comme c’est un cercle vicieux, on est pas sortis de l’auberge (espagnole, cela va de soi). Faut pas pousser mémère dans les orties, comme on dit.

  9. Baptiste
    Bien sûr mon billet était au 2° degré.

  10. J’espère bien, d’ailleurs c’est en ce sens que je l’ai pressenti ;). Le contraire vous aurait fait baisser dans l’estime dans laquelle je vous tiens plutôt :)

  11. Félicitations Monsieur Blanc! Beaucoup de chemin depuis et j’espère encore plein de belles aventures.

    Pour info, je suis née en 1984 :)

  12. Merci Monia. Et longue vie à la collaboration entre NQT (Nos Quartiers ont des Talents) et l’Apec !

  13. Salut les jeunes,
    Le dernier paragraphe illustre bien à mon humble avis un cas pathologique d’incompétence notoire.
    Que disent les chiffres ?
    Nous connaissons une augmentation de 20% de la population active en 30 ans.
    Dans le même temps on multiplie par deux le nombres de cadres mais tout le monde sait que certains secteurs tel que l’ingénierie ont un taux de cadre et non d’encadrement de plus de 85%, alors que dans les secteurs normaux le taux de cadres tourne à 15%.
    Dans le même temps on multiplie par trois le nombre de jeunes que l’on amène au niveau du baccalauréat.
    Tout cela pour nous annoncer fièrement:
    « L’élévation du niveau de qualification est donc patente ».
    Sérieusement de qui se moque t-on ?
    N’est il pas venu à l’esprit d’un des responsable de l’APEC que ce qui est important c’est l’augmentation du nombre de création d’emplois et non l’augmentation de l’offre de formation ou de gens formés qui vont jouer au jeu des chaises musicales pour décrocher un emploi?
    Etre aveugle à ce point quand même il faut oser.
    Voilà donc à quoi sert l’APEC:
    Se féliciter qu’il y a toujours plus d’entrants sur le marché du travail sans qu’aucune régulation de l’offre ne soit effectuée afin de mettre les (futurs ou anciens) salariés en concurrence frontale les uns avec les autres.
    Après l’APEC peut se féliciter que le nombre d’annonces soit multiplié par 6 il n’en reste pas moins que sur la même période la population active occupée à augmenté de seulement 20% en 30 ans.
    Félicitations pour un aussi bel échec.

  14. Le courageux dsp56001 (son e-mail : fuck@sales.com) fait un commentaire hors sujet. Je passe sur les insultes; ce qu’il dit n’est d’ailleurs pas faux, et il ou elle aurait du mal à trouver un texte sur ce blog qui dise le contraire. L’élévation du niveau de qualification moyen n’est pas une lubie. De fait, peut supposer que c’est à la fois le besoin et l’offre de compétences qui évoluent. Oui, il faut aujourd’hui un diplôme plus élevé pour exercer un métier donné qu’il n’en fallait il y a 15 ou 20 ans, sans pour autant que le niveau de qualification ait substantiellement changé. Il faut plus de connaissances, plus de recul, etc.
    cela favorise relativement les diplômés, je dis bien relativement. Je reviendrai sur ces sujets, bien plus compliqués que ce dit ce commentaire, dans un prochain billet.
    En attendant, je suggère à dsp56001 de résoudre les contradictions de son commentaire.

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