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Des marins dans les bois

publié le 11/02/2014 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Préparer sa candidature, Quel job pour moi?

Les critères de recrutement ne sont pas toujours des prédicteurs fiables de la réussite dans le poste. 

Quand j’étais un jeune consultant à l’Apec, il y avait en Limousin pas mal d’entreprises de fabrication de carton, surtout du carton ondulé et de caisses dites « américaines » qui sont constituées de cette matière.   

On fabrique le carton à l’aide de machines importantes (à peu près 10 mètres de long et 3 de haut, de mémoire) , qui sèchent et laminent en même temps la pâte à papier. Entretenir et réparer le cas échéant ces machines est une mission essentielle, confiée à un ingénieur avec une petite équipe de bons techniciens et j'ai donc eu à rechercher des ingénieurs "entretien et travaux neufs" pour plusieurs de ces usines. 

On me demandait de trouver pour cela soit un ingénieur avec une expérience de la fabrication de carton ondulé (ah bon ? ) soit   un officier mécanicien de la marine marchande ou de la "Royale" (c'est comme ça qu'on nomme la marine militaire). La maintenance des machines d'un navire est vitale, on est amené à réparer des avaries dans des conditions parfois difficiles, avec les "moyens du bord"; cela nécessite des connaissances techniques très variées. J'ai trouvé une fois ou deux de ces officiers mécaniciens, désireux de se fixer près de leur famille, qui sont venus travailler dans le Limousin.

Sauf que le Limousin, pays de vallons plus ou moins boisés, est à une centaine de km de la mer. C'est loin. Et les usines, à la campagne pour la plupart. Loin des villes. Pour des gens qui ont l'habitude de vivre dans, ou près de villes portuaires, c'est un exil. Et même si le travail est intéressant, le couple à du mal à s'adapter. La période d'essai suffit en général à constater l'échec.

À cause de cela, mais aussi, il faut bien le dire, parce que les officiers mécaniciens de la marine n'accouraient pas à la première annonce passée, j'avais besoin d'imaginer des solutions alternatives. Et comme ces gros rouleaux d'acier évoquaient pour moi les laminoirs de la sidérurgie, en grande difficultés déjà, j'ai pensé à demander à mes collègues de Lorraine d'attirer l'attention de leurs clients concernés sur mes offres.

L'environnement était similaire : un pays vert, vallonné et boisé, une usine loin de la ville. Les installation étant beaucoup plus petites, le cadre de vie n'est pas dégradé, plus riant. En dépit de la distance à leur région d'origine, qu'il leur fallait envisager de quitter de toutes façons, l'adaptation était ici beaucoup plus facile pour ces ingénieurs et leur famille. Du point de vue strictement professionnel, même si les machines leur semblaient des jouets à côté de la sidérurgie, le fonctionnement, les techniques utilisées, les causes de panne étaient facile à identifier; la transposition, aisée.

Une fois de plus, le "profil requis" n'est que la solution que l'entreprise imagine. Son imagination est limitée par ce qu'elle connaît, ce à quoi elle peut penser. Les conditions, techniques, d'environnement professionnel et privé, ont une importance capitale dans la réussite.

Pensez-y : vous projeter dans le poste, c'est imaginer les actes et leur circonstances. le rouleau en inox d'un mètre de diamètre et 5 de long, la vapeur, les automatismes, etc. et l'environnement. 

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