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Le changement

publié le 19/12/2013 par dans Afficher dans Méthode, Galère, Joker, Vie en entreprise

Pour au moins deux raisons, notre métier, à l'Apec, est étroitement lié au changement

D'abord parce lorsqu'on s'adresse à nous, c'est toujours dans une circonstance de changement, qu'il soit espéré ou redouté, apprécié ou regretté.

Ensuite parce que notre intervention va probablement les amener à changer, eux. 

Vous, par exemple, si vous êtes à la recherche d'un premier emploi (premier "vrai" emploi), vous êtes dans une phase de transition majeure, le passage de la vie d'étudiant à la vie au travail. Et ceux qui sont en transition… sont en transition.

Mais comme rien n’est permanent sauf le changement. (Héraclite), cette aventure n'est pour vous, ni la première, ni la dernière.  On ne peut pas ne pas changer, même si on a l’illusion de la stabilité (comme un voyageur dans un train).
Cela dit, le changement est stressant.
Le sociologue Jean-Pierre Boutinet a expliqué que si le changement est anticipé, c’est un phénomène de transition, qu'on peut maîtriser pour que son résultat soit bénéfique. Non anticipé et subi, c’est une crise.
Je pense donc que les deux questions importante en matière de changement, c'est de savoir
  • qui en décide ?  La question de l'anticipation est de cet ordre aussi.
  • Quel sens il prend pour celui qui le vit : simplement quitter, abandonner une situation, un état A ou bien aller, tendre vers, une situation B (considérée alors comme meilleure, ou plus favorable…).

On peut décrire 4 natures de changement en fonction de ces deux dimensions. Voici une représentation graphique de cette façon de voir.

Une petite  explication quant aux 4 situations que j'ai positionnées sur le graphique :

Celles de gauche (la crise, le pari)  sont caractérisées par un déficit de sens du changement : je sais ce que je perds, je en sais pas ce que je gagne. Vous noterez que selon ce schéma, ne plus être au chômage (ou étudiant) ne donne pas de sens. On ne peut pas avoir un objectif exprimé négativement, je l'ai déjà dit, c'est en partie pour çà que c'est difficile d'arrêter de fumer. Trouver un job pour ne plus avoir ces problèmes d'argent qui vous tuent, ce n'est pas un "aller vers". Ca ne structure pas l'action parce que vous ne pouvez pas vous projeter "n'ayant plus de problèmes d'argent". Au contraire, les deux plus à droite décrivent des changements qui ont du sens (la stratégie, l'opportunité) et se révèlent positifs, avec une possibilité de se projeter dans la situation B que je peux décrire. Ce n'est pas nécessairement le paradis, mais je peux l'y projeter.

Les deux situations  du bas (crise, opportunité) sont manifestent le caractère subi (subi mais pas forcement subit) du changement. C'est, à y bien regarder, ce qui arrive aux jeunes diplômés : les études sont finies, le diplôme est obtenu, si on n'a décidé de façon claire de les prolonger (c'est une vraie décision, il faut s'inscrire dans un nouveau cursus) on est amené à chercher un premier emploi. Est-ce vraiment une décision ? cela dit, quitte à chercher un job, voilà, j'ai trouvé un vrai but, ou je me le fabrique : c'est alors une opportunité.

Notre travail consiste à permettre aux personnes qui viennent nous consulter de progresser sur l'une et/ou l'autre des de axes de ce graphique. Que ce soit un peu plus eux qui décident et que le changement prenne un sens plus positif. 

Et voilà comment le second changement intervient : en mettant, comme je l'ai écrit en réponse à Laura, un moteur, (ou une voile, c'est plus écolo !) et un gouvernail à votre bateau, vous changez, vous-même. Vous prenez le pouvoir sur votre destin, comme dans cette splendide maxime de Mandella maintes fois cité ces jours-ci et qui avait servi de ligne de base au film que C. Eastwood lui a consacré :

I am the master of my fate :

I am the captain of my soul

William Ernest Henley (la postérité peut tenir dans deux vers…)

 

ce n'est pas rien. Et comme je le disais à Laura, la culpabilité s'écroule nécessairement.

Et toc. 

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