301 Moved Permanently

301 Moved Permanently


nginx
décembre 2013
L M M J V S D
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

Culpabilisation (manuel de survie 6)

publié le 13/12/2013 par dans Galère, Joker, manuel de survie

Quand approchent les fêtes, celles et ceux qui ont de bonnes raisons de déprimer se sentent encore plus mal. Tout le monde se réjouit, et moi et moi et moi, comme dans la chanson de Dutronc (senior).

Parmi ceux qui se désolent de ne pas avoir encore trouvé de job, deux attitudes sont observables : 

– Accuser de tous ses malheurs la "société", désignée par le pronom vague "on" : pourquoi m'a-t-on dit de faire des études, si c'est pour ne pas trouver de job ? Comment veut-on que je me fasse cette première expérience qui est indispensable pour avoir un job ? etc.

– Culpabiliser, se sentir minable et sans qualité. 

Notez que ce n'est pas exclusif, on peut très bien accuser la terre entière et se sentir nul de ne pas avoir décroché le graal-emploi. Le fin du fin est d'accuser le monde de vous culpabiliser !

Un professeur de psychologie sociale, David Bourguignon, a développé une théorie sur la manière dont les personnes qui se sentent stigmatisées, les chômeurs en particulier, minimisent la stigmatisation ou la discrimination dont ils sont victimes, pour préserver leur estime de soi. Je crois quant à moi que cet effet est renforcé par la tendance, la préférence devrais-je dire, pour endosser la responsabilité de ce qui nous arrive, nous amène à penser que  nous sommes responsables de cette situation (puisque nous maîtrisons notre sort). De responsable à coupable il n'y a qu'un pas. Et David Bourguignon observe que les personnes qui sont ainsi privées de travail souffrent paradoxalement de surmenage, de troubles du sommeil plus souvent que ceux qui travaillent. Le chômage, selon lui s'accompagne d'un sentiment de honte, de culpabilité. 

Il va peut-être un peu vite en besogne, surtout quand les médias parlent quotidiennement des malheurs de ceux qui n'ont pas d'emploi, font état d'une sorte d'épidémie de chômage. 

Je voudrais faire entendre un autre son, avec ma cloche à moi. 

Les difficultés à trouver un emploi sont toujours le résultat d'une combinaison de facteurs dont voici les plus simples : 

1- La nature des études qui fait parfois que les débouchés sont soit pointus, étroits, (un vrai marché mais de niche), soit plus abondant mais vagues, sans consistance (formation très ouverte, générale). On peut évidement les compléter par une spécialité mais ce n'est pas sûr que ça ne complique pas les choses, un marché plus étroit conduisant souvent à envisager une mobilité géographique à laquelle tout le monde n'est pas prêt.

2- Les erreurs de stratégie ou de communication dans la recherche d'emploi. Trop peu de jeunes se font aider, ou alors cherchent une recette mécanique et simple, un modèle de cv à recopier, ce qui est peu efficace.

3- les contraintes personnelles (réelles ou un peu surfaites) sont parfois des freins puissants : la non mobilité géographique par exemple quand vous savez que votre marché est ailleurs.

4- La discrimination pure et dure, parfois assez subtile, parfois paradoxale. On sait par exemple qu'être beau (enfin, généralement considéré ainsi) ouvre des portes. Mais comme pour le reste, trop c'est trop, j'en ai été le témoin. Il n'y a pas grand chose à faire contre les discriminations, il faut apprendre à les reconnaître, à les évaluer à leur juste poids. Les minimiser vous fera efficacement culpabiliser, tout expliquer par de la discrimination empêche de faire des progrès dans sa stratégie, de se remettre en cause soi-même.

5- Les problèmes d'estime de soi, d'incapacité (ou d'excès) à s'affirmer, ce qu'on appelle l'assertivité. et les difficultés relationnelles de toutes sortes produisent parfois des résultats indésirables. Tel grand timide sera perçu comme rigide ou brutal, l'effort qu'il s'inflige pour parler lui interdisant le "dosage".

6- enfin la conjoncture qui peut réduire votre marché de façon drastique.

Voyez-vous , parmi ces 6 points, de quoi culpabiliser ? Je vois quant à moi des points sur lesquels on peut agir, des points qu'on ne peut que constater.

Marc-Aurèle (philosophe et empereur romain) aurait fait cette prière : 

Aidez-moi à accepter les choses que je ne peux pas changer, donnez-moi le courage de changer celles sur lesquelles je peux agir et la sagesse pour discerner les unes des autres.

Commentaire(s)

  1. Bonjour

    Je me permets de reagir a votre article et de vous posez une question avez vous deja ete chomeur? Dans notre societe la valeur travail est place au dessus de tout, et une personne qui n’a pas de travail est considere comme  une personne qui ne veut pas s’integrer.  Je suis a la recherche d’emplois depuis 8 mois, j’ai envoye je ne sais combien de candidature, plus de 150 sur l apec (jamais eu de retours) et sans compter les autres sites. Les rares entretiens que j ai pus passer non pas debouches du fait, en partie, de ma surdouance, etre intelligent en france est dangereux. Tout les matins pourtant je continue a me reveiller a 8 h en esperant trouver un travail, mais au bout d’un temps on culpabilise, cette culpabilite est renforcee par le regards des autres,.et quand on demande de l’aide, personne n’est la car trop diplome, trop intelligent, trop… il faut avoir du caractere pour ne pas tomber plus bas que terre. Mais bon concluons sur une note positive, si la France ne veut pas j’irais chercher mon bonheur ailleurs.

    Et pour terminer sur une citation d’un illustre inconnu < le travail le plus dur dans le monde c’est de ne pas en avoir>

  2. Max oui j’ai connu cette aventure, plusieurs fois. Mais quel intérêt ?
    Vous illustrez bien ce que j’ai écrit.
    Vous semblez penser que je vous reproche de culpabiliser. Non bien-sûr. Je constate que dans une situation de souffrance (de souffrance prescrite par la société, comme vous le montrez aussi, voyez un précédent billet) ceux qui souffrent se sentent en plus coupables.

  3. Bonjour,

    La question de mobilité n’est pas si évidente…. Dans mon cas, je suis prête à partir mais je n’ai pas la logistique derrière : le salaire ne correspond pas au logement, impôts etc. Personne ne peut m’aider en complément. Donc, je n’y pense pas pour le moment…

    Question études, on aura beau retourner cette histoire dans tous les sens, on nous demande à la fois d’être généralistes et spécialistes et lorsqu’on atteint un Bac +5 ou 6, on est trop intelligent. Notre pays demande finalement de la médiocrité au détriment des besoins des entreprises, établissements et travailleurs… Cette médiocrité va plus loin que le  niveau d’études, il s’agit d’une mentalité.

    Bref, votre billet donne quand même du courage. Cette culpabilité est moins forte que dans les années 2010, je trouve. La demande d’emploi rentre dans les moeurs. Enfin, en dehors de tout gouvernement, il y a aussi notre société en elle-même qui incite à ce type de culpabilité : on n’est plus intéressants si nous ne contribuons pas à ce système de consommation (objets, relations, travail, temps, espace, etc).

  4. Laura
    Creusez les questions que vous posez, les problèmes soulevés.
    Qui est ce « on » qui « nous demande à la fois d’être généralistes et spécialistes » ? Comment vous a-t-il communiqué cette injonction ?
    Est-ce « notre pays » ? Je ne suis pas très fan de cette personne mais une remarque de Margaret Thatcher est un sujet de réflexion important pour moi : « there is no such thing as society. There are individual men and women, and there are families. And no government can do anything except through people, and people must look to themselves first. It’s our duty to look after ourselves and then, also to look after our neighbour. »
    Je suis par exemple perplexe quant au « first » (people must look to tehmselves first). Mais j’adhère assez à l’idée générale que nous sommes les auteurs de nos choix, que notre vie n’est pas, pas complètement déterminée de l’extérieur. Ce qui suppose que nous disposions pour cela des informations nécessaires, que les choix soient assez ouverts, et vous expliquez bien dans votre commentaire que ce n’est pas ce que vous ressentez pour le moment.
    Reste que nous pouvons toujours remettre en cause ce que nous savons, pardon,
    pensons au sujet de nos propres contraintes au lieu de bâtir notre vie sur des bases qu’on ne réinterroge jamais. Je n’aime pas le sport, je suis mauvais en maths, je ne peux pas…
    Tiens, vous me donnez une idée de billet.
    Et pour revenir à la culpabilisation, je crois sincèrement qu’elle est inutile et sans objet.

  5. Et maintenant, je pense que le comble serait de culpabiliser de culpabiliser !

    Je proclame donc le droit à la culpabilisation.

  6. Ah oui, encore un truc, Laura : les études ne rendent pas intelligent, elles vous apportent des connaissances, des méthodes, de la qualification et des compétences. Elles peuvent donc plutôt outiller votre intelligence. 

  7. Je ne vois pas mon message du coup, je pense que vous me répondez en trois commentaires?

    Bien entendu que nous sommes presque libres de nos choix mais nous vivons dans une société à laquelle nous appartenons et que nous construisons par la même occasion. Je risque de tomber dans le hors sujet par rapport à votre billet mais le volontarisme ne suffit pas… Il y a une adaptation à faire et non du suivisme. Nous ne pouvons pas foncer les yeux fermés sans prendre en compte tous les paramètres d’une situation lambda. Ce n’est pas une preuve de non ouverture d’esprit que de dire cela mais plutôt de responsabilité et de différence de réalité.

    Bien entendu, il est important de se remettre en question sur ses compétences et expériences professionnelles et bien entendu l’intelligence ne dépend pas du diplôme. Quant l’exemple de Margeret Thatcher il est intéressant dans un sens si on le sépare de la politique.

    Enfin, votre rôle en tant que consultants, conseillers à l’emploi est très important pour nous autres afin de justement  sortir de cette culpabilité malsaine énoncée par les médias et les politiques (volontaire ou non).

  8. Il est au dessus, votre commentaire, moi je le vois !

  9. A propos du rôle des consultants, oui, notre rôle peut se voir ainsi. Aider à prendre du recul, à objectiviser. 

    En fait nous intervenons dans un contexte de changement, de fort changement même pour les jeunes diplômés. Beaucoup, dans ces circonstances ont le sentiment d’être sur un radeau ou un bateau poussé par des vents indéterminés.  Notre ambition serait qu’après notre intervention, chacun se sente un peu plus décideur de son changement, (doter le bateau d’un moteur) et sache un peu plus vers où il ou elle va, disons, pas seulement se sortir de la situation actuelle, mais aller vers… (mettre un gouvernail). c’est peut-être ça, cesser de culpabiliser.

  10. Tout à fait!

  11. Bonjour

    Je vous ai posé cette question car je lis beaucoup de conseils donnés aux chômeurs par des personnes qui n’ont jamais connu de moments difficiles. Et pour en revenir rapidement ce sur quoi porte votre billet, l’incompréhension est une donne importante dans ce sentiment de culpabilité. Incompréhension des actifs (souvent compatissante, parfois…) Incompréhension des employeurs, Incompréhension des amis et de la famille, donc on se met à douter.

    Par ailleurs, étant donné votre fonction, connaissez vous des organismes compétents dans le suivi des chômeurs avec des parcours atypiques ? Toute aide est bonne à prendre, et vous remercie par avance de votre reponse.

  12. Max

    Comme organisme compétent, je connais l’Apec.

    Mais je n’aime pas le mot suivi, qui évoque l’image d’un(e) consultant(e) de l’Apec courant  derrière vous §

    et que voulez-vous dire par « atypique » ? est-ce qu’il y a des parcours typiques ? 

  13. Par le mot suivi j’entends accompagnement, pour en revenir au consultant APEC, apres dix mois d’inscription a ce site, et fait des demarches de mon cote, je n’ai jamais eu de retour d’un conseiller, ce qui explique mon desarroi.

    Et oui je pense qu’il y a des parcours typiques, d’ailleurs la majorite des salaries ont suivi un cursus classique, apres leur etude, ils ont trouve un emplois dans leur branche et y sont restes, ce qui aujourd’hui rassure les futurs employeurs car en tant de crise il faut prendre des valeurs sures quitte a repeter les erreurs du passees. Et d’autre parcours plus atypique comme le mien, qui fait certe preuve d’une grande adaptabilite,  mais le fait d’avoir de multiples experiences inquietent les employeurs (fiabilite, retour sur investissement… ), inquietude que je comprends, mais qui m’inquiete pour mon futur.

  14. Max
    Pour obtenir un service de la part des consultants APec il faut le demander. Voyez la rubrique « les services Apec » sur le site.
    Il n’est pas vrai qu’une majorité des gens travaille dans le domaine dans lequel ils se sont formés. La majorité, au contraire, travaille dans tout autre chose. C’est même problématique pour certains secteurs qui forment un bon nombre d’ingénieurs, par exemple, qui vont ensuite travailler dans d’autres branches.
    En plus de ça, il y a des formations qui, évidement, forment des gens qui feront autre chose. Combien parmi les diplômés de philosophie seront des « philosophes professoinnels » ?
    Voyez les enquêtes de l’Apec à ce sujet elles sont édifiantes.
    Mais parlons de vous, plutôt que de faire des généralités !

  15. Merci pour ces  conseils, je vais tous de suite relancer l’apec, il est vrai pour certains diplomes, comme vous le signalez, cependant j’ai fait un diplome qui devrait me permettre de trouver un travail rapidement, mais quelques choses doit bloquer les employeurs francais,dans mes entretiens ou dans mon CV, je doit donc trouver une solution.

    Mais je ne peux que constater qu’une certaine frilosite des recruteurs francais, sur embauches des parcours differents, et ou d’adultes surdoues ( terme que je n’emploie pas en entretien mais mon savoir etre me trahis), seul les recruteurs etrangers semblent interresses par mon profil. J’hesite a sauter le pas car cela implique beaucoup de chose, notamment personnel, mais j’y pense de plus en plus.

    En tous cas je peux que vous me remercier de l’attention que vous me portez et vous me rabibochez  avec l’Apec

  16. Max, en tout cas ce n’était pas l’Apec qui était fâchée contre vous en tous cas ! 

    bon courage. N’hésitez pas à nous en dire plus, là tout de suite sur ces éléments je n’ai rien à répondre. 

    Si quand même. Méfiez vous de la caractérisation que vous faites de la situation. Etes-vous sûr que si on demandait aux gens que vous avez rencontré ce qu’ils ont ressenti, ils diraient « j’avais affaire à un surdoué » ? 

    Etes-vous sûr de ne pas surévaluer, non pas vos dons, ça je suppose que vous n’utilisez pas ce mot en l’air, mais l’effet qu’ils peuvent produire ? 

  17. Merci de votre soutien d’une part, malgré les fêtes je continue à chercher du travail, en espérant que cela paye.

    Pour mon parcours, j’ai un master en ingénierie financière en 2009, conclu par 6 mois en tant qu’analyste financier, j’ai par la suite travaille en tant que conseiller pro mais ne m’épanouissant pas dans ce métier, j’ai décidé de tout quitter pour aller travailler en tant qu’enseignant de mathématique. Cette expérience n’a duré qu’un an le temps de se rendre compte de mon erreur, j’ai donc voulu retourner dans mon domaine en privilégiant l’aspect conseil. Ne trouvant pas de boulot avec ma compagne on a décidé de partir un an à l’étranger pour découvrir un nouveau pays ou j’ai pu travailler un an en tant que responsable de site. Je suis de retour depuis avril et recherche donc un travail dans le conseil financier ou sur des progiciels.  Entre temps j’ai essayé de créer une entreprise dans l’import-export qui n’a pas marché par faute de moyen. Voilà mon parcours est assez atypique.

    D’autre part cette excuse me permet de déculpabilisé,-) car après avoir passé une douzaine d’entretiens tous négatifs, j’ai du mal à comprendre les raisons de mes échecs répétés et comme beaucoup j’ai besoin d’être rassure.

    Sinon outre ma recherche d’emplois pour profiter de mon temps libre je m’auto forme sur SAP FICO et sur Prince 2 (objectif certification dans 3 mois) et je veux créer un blog professionnel pour conseiller les entrepreneurs et les patrons de TPE et PME, sans compter les livres lus pour conserver le niveau.

    Voila un petit peu sur moi, en tout cas je vous remercie du temps que vous me 

    consacrer,et j’espere ne pas vous avoir trop derange avec mes problemes.

     

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires

301 Moved Permanently

301 Moved Permanently


nginx