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Recherche d’emploi, l’exil des jeunes diplômés, est-il si important?

publié le 12/08/2013 par dans Emploi

C'est une véritable tarte à la crème, si vous voulez mon avis. On en parle on en reparle, on s'indigne…

Voyez ce papier sur le site RTL sous le titre "Exil massif des jeunes diplômés".

On y apprend que "Les jeunes sont de plus en plus nombreux à faire leurs valises pour aller se vendre à l'étranger, à peine leur diplôme en poche. Une tendance dont le gouvernement ne se vante pas, et pourtant… le chiffre a bondi de 14% en 5 ans, selon une enquête menée par RTL avec Le Nouvel Observateur."

14% en 5 ans, soit aujourd'hui environ 155 300 jeunes de 18 à 25 ans.  Combien de diplômés du supérieur parmi eux ? combien d'étudiants en cours de cursus ?  Au cours de ces dernières années, les formations se sont de plus en plus internationalisées; les années de césure, années de double diplôme, les stages sont  autant d'occasions de séjours à l'étranger, et peut-être, d'opportunités d'y rester plus ou moins longtemps pour un job local, pas forcement définitif. 

Voici un éclairage issu de l'enquête "insertion des jeunes diplômés de la promotion 2010" réalisée en 2011. (à partir de la page 33)

Quelle évolution a connu, pendant ce temps, le nombre d'étudiants étrangers en France ? Sont-ils comptés parmi les diplômés en exil s'ils repartent chez eux une fois leurs études terminées ? Les français diplômés  à l'étranger sont-ils comptés dans ces pays parmi les exils de diplômés, ou chez nous ? 

Toujours pendant ce temps, combien de diplômés d'origine étrangère sont-ils venus travailler en France (voler le pain des français, en somme) ? Voyez  le site "Toute l'Europe" sur la mobilité des étudiants.

Le papier de RTL nous dit aussi que 

"- Un étudiant en école de commerce sur 5, et 1 étudiant sur 10 en école d'ingénieur partent une fois les études terminées

– 13% des diplômés de Grandes écoles en 2010 sont en poste hors de France"

Traduction : environ 5800 diplômés d'école de commerce, et 2900 ingénieurs. En tout, donc 7800; on est loin du raz-de marée. De toutes façons, ces gens sont pour beaucoup destinés  à travailler dans des entreprises internationales… Il serait intéressant de savoir comment ils ont trouvé leur emploi, si par exemple ils n'ont pas fait partie d'un programme de recrutement mondial. Et ce sont 13%, et non 20% des diplômés ESC  de 2010 qui sont en poste aujourd'hui. c'est à dire environ 3800.

On apprend d'ailleurs que parmi les raisons de cet exil, figure l'espoir que cette expérience internationale sera un atout … pour trouver un emploi en France. 

Je ne trouve pas de chiffres concernant les diplômés de l'Université. Je suppose que la proportion d'émigrants y est bien inférieure. 

Il y a en France (chiffres de 2010) environ 216 000 qui stoppent leurs études

  • 161 000 licences (117 000 licences LMD et 44 000 licences professionnelles) dont environ 53 000 n'obtiennent pas de diplôme supérieur
  • 105 000 masters (61 000 masters professionnels, 19 000 masters recherche et 25 000 masters indifférenciés)  dont env. 94 000 n'auront pas de doctorat
  • Docteurs: 11 000 (ce sont peut-être eux qui sont le plus touchés par la tentation de l'expatriation)
  • Ingénieurs: 29 000
  • Ecoles de Commerce: 29 000

Oui, la situation des jeunes diplômés en France est difficile : Plus d'un jeune sur 4 n'a pas de travail. C'est une tentation pour eux d'aller chercher un job dans un pays où le marché est plus favorable : Allemagne, Suisse, Royaume Uni, Luxembourg, USA, Québec… Dans l'enquête Apec citée plus haut, 77% des jeunes diplômés interrogés se déclarent favorables à l'idée d'aller travailler à l'étranger.  beaucoup moins se sont concrètement intéressés à un poste :

Non, ce n'est pas un phénomène massif. Comme le dit d'ailleurs dans une tribune du Monde daté du 6 Août Hélène Conway-Mouret, Ministre des Français à l'étranger, la jeunesse ne fuit pas la France. 

Je serai d'ailleurs curieux de connaître les chiffres des autres pays de l'OCDE… Combien de jeunes anglais, allemands, suisses, hollandais, vivent-ils à l'étranger ?

Cas particulier, l'Espagne. Voyez ce papier de la Dépêche sur les jeunes espagnols, encore plus flou que celui de RTL/nouvel Obs et qui interview un "jeune" de 39 ans pour illustrer ce phénomène résultant du chômage massif (plus de 56% !) et des salaires misérables subis par les jeunes espagnols. Voir aussi le papier des Echos et surtout les chiffres sur le site  "toute l'Europe", qui ne sont pas brillants.

Mais si la mobilité internationale des jeunes français est croissante mais ce n'est pas un exil massif. C'est une bonne chose pour ceux qui vont acquérir une expérience ailleurs, une bonne chose pour la collectivité qui s'ouvre à des influences extérieures. La France, dit-on aussi, est trop centrée sur elle-même. 

Commentaire(s)

  1. Bonjour Jean-Marie,

    La thématique de l’exil de la jeunesse n’est pas nouvelle, ni propre à la France. J’ai ainsi pu lire des articles sur l’exil des jeunes britanniques dans les journaux anglais.

    Sans dépasser le thème de ce blog, il me semble que l’évocation fréquente du sujet, au-delà de mettre en exergue la pauvreté structurelle des médias français, cache souvent un conservatisme bien franchouillard. Voir par exemple ici: http://www.lepoint.fr/editos-du-point/pierre-antoine-delhommais/lettre-d-une-etudiante-a-francois-hollande-02-05-2013-1662146_493.php

  2. Bonjour Jean – Marie,

    L’APEC propose t’elle un service d’aide à la recherche d’emploi à l’international pour les jeunes diplomés?

    Cordialement,

     

    Clara

  3. Clara
    N…oui. Pas de services spécifiques en ce moment, concernant par exemple les destinations, les démarches spécifiques à tel ou tel pays Mais nous publions un assez grand nombre d’offres d’emploi à l’étranger et avons des liens avec certains organismes « amis » dans certains pays.
    Puis-je en savoir plus sur votre projet ?

  4. BonjourJ’ai 64 ans et je suis au chômage et indemnisé par Pole Emploi depuis Février 2012. J’arrive à fin de Droits le 20 Mai prochain.J’ai déposé un dossier conformément à une démarche du Pole Emploi pour le maintien des allocations des allocataires en fin de Droit qui n’ont pas acquis suffisamment de trimestres pour prendre leur retraite à taux plein, ce qui est mon cas.Je remplis l’ensemble des conditions pour une telle démarche.Ma question est relative à l’un des des critères qui stipule « justifier d’au moins 100 trimestres d’assurances vieillesse tous régimes confondus », sans autre condition.Carsat m’a délivré un document qui mentionne bien que je totalise ces 100 trimestres au 01/04/2015 en cumulant mes périodes de travail en France (75 trimestres) et celle effectuée en Algérie.Je souhaitais avoir votre avis, à savoir si cette validation de la Carsat était suffisante pour l’acceptation par le Pole Emploi pour le maintien de mon allocation, ou s’il existait une « déscrimination » entre les citoyens ayant eu une carrière complète totale en France et ceux, comme moi, ayant effectué une partie de leur carrière à l’étranger, notamment en prenant en compte l’existence d’une Convention de Coopération en matière d’Assurances comme celle signée entre la France et l’Algérie.Merci pour votre avis.Meilleures salutationsSerge

  5. Serge
    Les droits à l’assurance chômage dépendent de la qualification d’un nombre plus ou moins importants de critères, de faits. je ne suis pas qualifié pour vous poser les bonnes questions car je ne saurais pas forcement repérer les points déterminants dans votre affaire.
    Je vous recommande donc de ne vous adresser qu’à Pole emploi, car la valeur des attestations qui vous ont été fournies ne dépend pas seulement de ceux qui vous les ont fournies, mais aussi et surtout du règlement de l’assurance chômage auquel vous êtes soumis. Si cela se trouve la raison d’une acceptation ou d’un refus ne figure pas dans les explications que vous nous donnez.

    Un point clef : seules les décisions écrites sont opposables. ce qu’un salarié de Pole emploi vous aura dit n’est pas une décision et vous ne pouvez pas, par exemple, en demander la révision. En revanche, si une décision écrite vous semble bizarre, introduisez un recours, écrit lui aussi et argumenté. J’ai connu des gens qui ne réclamaient pas une allocation parce qu' »on » leur avait dit qu’ils n’y avaient pas droit. Comme ils avaient renoncé à demander cette allocation, on ne leur avait pas refusée, par conséquent ils ne pouvaient pas faire de recours.

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