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La galère des jeunes diplômés

publié le 23/07/2013 par dans Afficher dans Marché, Economie et emploi, Etudes et argent, Galère, Quel job pour moi?

Un fidèle lecteur m'a envoyé un lien vers un article du Monde daté du 20 juin. J'ai encore plein de retard, les non abonnés ne pourront pas le lire, désolé. Cet article est intitulé "quand on est caissière avec un bac + 5, on append l'humilité". C'est une suite de témoignages, demandé par le journal, émanant de jeunes ayant suivi des études longues, obtenu des diplômes de haut niveau, pour certains plusieurs diplômés, même, et qui occupent des postes réputés alimentaires.

L'histoire qui donne son titre au papier est emblématique de cette galère des jeunes diplômés.

En pointillé on retrouve dans ce papier les ingrédients maintes fois rappelés ici : des orientations plus liés aux goûts des étudiants qu'aux débouchés offerts, même si certains témoins ne sont pas dans ce cas, parfois des choix (éventuellement des contraintes de couples) de vivre dans des régions peu propices, et hop, dans cet environnement économique déprimé, la galère s'installe.

Il n'y a, me semble-t-il, que quatre remèdes possibles,

– Le premier un est plutôt une précaution : choisir son orientation avec réalisme, préparer son insertion professionnelles depuis le début de ses études. Je comprends qu'on veuille faire de la philo, comme un des protagonistes du papier du Monde, mais cela pose à l'évidence la question de l'emploi. Si on est vraiment excellent, on peut espérer enseigner; sinon, envisager une formation parallèle, des stages, que sais-je, mettre en place une stratégie d'insertion.
On ne dira jamais assez l'importance des stages. Vécus par un autre témoin comme une forme de galère, je le comprends, mais l'atout représenté par de bons stages (2 u 3 pas moins) ne se discute plus. Leur contenu est évidement important.

– le deuxième remède, d'autant plus important en temps de crise, c'est le réalisme face au marché. Il y a une jeune femme dans le papier, qui veut faire du marketing. Elle le dit elle-même c'est beaucoup trop concurrencé. Alors elle est vendeuse en intérim. Je me demande si elle ne pourrait pas chercher un job dans la vente qui soit plus ambitieux que cela. Mais avoir fait de la vente, en tous cas, ne nuira pas à une carrière dans le marketing, je crois. Évitons le tout ou rien. Réaliste, pas defaitiste.

– Le troisième remède tient dans la stratégie de recherche d'emploi. Je lis des témoignages qui passent sous silence toutes les difficultés forcement rencontrées dans cet exercice si difficile, si peu intuitif pour qui sort des études. Les marchands de recettes ont du succès, les contraintes d'un accompagnement sérieux en ont moins. L'Apec n'est pas fabricant d'emploi, elle ne peut rien contre la pénurie. Mais elle peut vous éviter les bourdes, les maladresses, vous faire gagner du temps et vous aider à acquérir d'emblée une image professionnelle, à comprendre et utiliser les règles du jeu.

– enfin le 4° remède c'est de passer en mode "renard". En plus du réalisme dans les études, dans le rapport au marché, ceux qui le pourront adopteront une stratégie et une tactique qui leur permettra d'adapter en permanence leur ambition au contexte. Une des personnes qui témoigne dans le papier du Monde travaille, un peu malgré lui, dans un "pseudo restaurant de sushi" à Bruxelles. Ce resto appartient-il à ne chaîne ? Quels emplois moins basiques peut-on y viser ? Et sinon, comment passer à un job de même nature, mais dans une chaîne afin de pouvoir y progresser ?

Certains témoins ont adopté cette tactique : utiliser les possibilités plutôt que de s'en tenir à un projet manifestement trop difficile.
On parle beaucoup de la chance qu'ont eu les générations arrivées dans le monde du travail dans les "tentés glorieuses". C'est oublier que la plupart ont pris les emplois qui s'offraient à eux et qui n'étaient pas tous des lits de roses. Le renard assure sa subsistance en milieu hostile. Il ruse.

J'aimerais mieux vous raconter des histoires de vie facile.

Commentaire(s)

  1. Je pense que le sentiment de déclassement par rapport aux parents joue aussi un rôle important, en tout cas parmi les jeunes que je côtoie. Avec mon épouse, je dirais que nous gagnons un peu moins de 80k€ par an. C’est un peu juste pour envisager de fonder sereinement une famille en région parisienne et dur à admettre pour mon épouse qui vient d’un milieu très aisé. Pour ma part je mesure davantage la chance que j’ai par rapport à mes parents (et les efforts qu’ils ont consenti pour moi), donc j’en suis moins frustré.

  2. Merci pour ce billet très constructif. Je voudrais réagir par rapport à ce que vous dites dans cette phrase : « Alors elle est vendeuse en intérim. Je me demande si elle ne pourrait pas chercher un job dans la vente qui soit plus ambitieux que cela. »

    J’ai fait un mois de caisse pour essayer de renflouer un peu mon porte monnaie à défaut d’avoir trouvé (et toujours pas d’ailleurs) un poste dans ma branche. Est-ce pour autant que j’ai envie d’évoluer dans la branche du commerce, de la grande distribution etc ? Non. Je n’ai AUCUNE envie d’évoluer dans le commercial, simplement parce que ça ne correspond absolument pas à ma personnalité, l’univers non plus. Je ne me vois pas passer 40 ans de ma vie dans un domaine que je déteste, et le regretter les autres qui me restent. Pourquoi avoir fait hôtesse de caisse alors ? Simplement parce qu’il faut bien manger, devenir indépendante, et que dans la détresse, on met ses goûts de côté. Mais renoncer à ses envies pour évoluer dans un domaine qui nous dégoute, ce n’est pas si évident, surtout quand on voit la génération avant la nôtre qui elle, a eu le droit de s’épanouir.

     « L’Apec n’est pas fabricant d’emploi, elle ne peut rien contre la pénurie. Mais elle peut vous éviter les bourdes, les maladresses, vous faire gagner du temps et vous aider à acquérir d’emblée une image professionnelle, à comprendre et utiliser les règles du jeu ». Sans aucun doute. Le Pôle Emploi aussi, navrée de citer la concurrence, quand il se donne la peine d’orienter vers les BONS suivis. Avec le nombre de chômeurs actuels, difficile d’avoir le temps de s’occuper de tous. Mais quand on a la chance, que j’ai eue, d’avoir un conseiller régulier, qui apprend à bien se comporter en entretien, se valoriser etc…Ben même ça ça ne suffit plus, tant qu’un stage ne sera pas vu comme de l’expérience.

    Il est vrai que l’emploi dans les Trente Glorieuses était certes plein, et certes plus exigent en matière de forces et de salaire aussi…Mais ce que la génération actuelle perçoit, c’est aussi l’injustice de ceux qui ont bien trop, et pas forcément de façon honnête, ce sont les salaires qu’on essaie d’aligner sur des pays qui exploitent leur population jusqu’à épuisement, au détriment de l’humain. Les progrès en matière d’allongement de la durée de vie et des conditions de travail auraient-ils évolués pour rien ?  

     

    Et le plus frustrant, c’est qu’avant un diplôme assurait une bonne place, en fonction de son niveau d’études. Comment en est-on arrivé à ce qu’un BAC+5 soit rémunéré autant qu’un BAC+0 ? Alors que nos parents nous ont tous incité à faire des études, en nous disant que cela nous apporterait du travail, la sécurité, quand ils ne se sont pas saignés pour nous aider à les financer, les études…et avoir honte de les regarder en face parce qu’on a l’impression qu’on a été plus un boulet qu’autre chose ?Je parle beaucoup de rémunération, c’est très matérialiste, mais c’est le nerf de la guerre…Pas d’argent, pas de logement, de projets…de vie, tout simplement. C’est de la survie. Et ça devient lassant.

  3. Bonjour,

    Je partage également l’avis d’Ollia. Je suis Bac +5 diplômée d’Ecole de Commerce en Marketing & Communication. J’ai fait 4 bons stages dans des grands groupes, j’ai des lettres de recommandations, je suis bilingue anglais et malgré tout cela ça ne suffit pas. Je recherche depuis 2 ans!!!  Le prix des Ecoles de Commerces étant onéreux, j’ai fait un prêt pour financer ma dernière année d’études et pour le rembourser mais aussi pour pouvoir « survivre » j’ai pris un poste d’hôtesse d’accueil dans un grand groupe. J’ai essayé d’adopter la stratégie de Renard, mais même si les gens savent que vous recherchez cela ne change pas grand-chose, ils ne vous aident pas ou assez rarement. 

    En commençant mes études je n’ai pas choisi le marketing par hasard, mais vraiment parce que cela me plaisait et qu’il n’était pas encore question de suppression de postes dans ce domaine. Lorsque vous sentez que vous êtes fait pour quelque chose et que vous avez tous les encouragements de vos professeurs qui sont eux mêmes des experts dans ce domaine ainsi que de vos tuteurs de stages, vous continuez! La seule chose que je regrette est de ne pas avoir fait une double spécialité en Finance. Je ne serais peut-être pas dans la galère que je vie en ce moment. J’ai pensé à me reconvertir dans le commercial mais je n’ai pas ce tempérament je sais que c’est quelque chose qui me stresserait et  je ne serais pas épanouie dans ce poste. Il y a quelques postes en marketing mais nous sommes sois trop diplômés ou pour les recruteurs pas assez, ce qui pour moi est une fausse excuse pour ne pas réellement nous dire ce qui ne va pas.

    Je songe à partir à l’étranger mais je sais que la vie n’est pas forcément meilleure là bas.

    Je pourrais me reconvertir mais dans quoi? Telle est la question, je ne veux pas reprendre forcément les études car j’ai beaucoup travaillé pour réussir… A force on fini par se dire qu’on ne vaut plus rien ce même si on nous dit que ce n’est pas de notre faute…   C’est assez déroutant comme situation et je sais que je ne suis pas la seule, mais que faire?

  4. Ollia et E-lady : je fais un billet pour vous répondre, il sera en ligne demain.

  5. E_Lady, avez-vous envisagé un emploi dans une SSII?

  6. Noel, j’ai essayé quelques SSII ou des cabinets du type Altran, ou Alten, la  vérité est que les recruteurs nous appellent pour faire le point sur nos candidatures et après ne nous rappellent pas car ils n’ont pas encore « d’offres correspondant » à nos profils. De plus en plus j’ai l’impression que les recruteurs recherchent  le mouton à 5 pattes… et cela complique tout… J’ai l’impression qu’avec tout ce rush ils ont tendance à oublier que nous sommes capables de nous adapter…

    Vous avez peut-être des idées d’SSII à me proposer? ou d’autres idées?

  7. E-Lady Toutes les SSII ou sociétés d’ingénierie comme ALtran ou Alten, fonctionnent ainsi : recueil de profils, base de données, et parallèlement, prospection des entreprises potentiellement intéressées.
    Eventuellement vous pouvez essayer de contacter le syntec numérique, leur fédération professionnelle pour trouver des noms et particulièrement, si vous croyez pouvoir intéresser des spécialistes, les spécialités de certains cabinets.

  8.  @Jean@Jean-Marie Blanc, merci beaucoup pour ces informations!

  9. Salut les jeunes,

    Plutôt que de conseiller à une candidate de passer des entretiens en SSII ou société de conseil (en pipo) qui à 90% ne débouchent jamais sur rien, pourquoi n’indiquez vous pas à E-Lady un secteur d’activité qui recrute et pour lequel on ne passe pas son temps à candidater pour candidater ?

    C’est quand même le rôle de l’APEC d’orienter les candidats vers des secteurs d’activité qui recrutent plutôt que de leur suggérer de perdre leur temps en entretien stérile chez des employeurs hypothétique et dont le turn-over est élevé non ?

    Bonne nuit Europe.

  10. Au courageux dsp56001 (net@net.net) ;-)
    C’est un point de vue. Les recrutements dans les métiers de l’informatique (donc pour une très grande majorité en SSII ou similaire) sont à le seconde place je crois dans nos enquêtes. Par ailleurs ce n’est pas moi mais un lecteur, Noël, qui a émis cette idée. Il est vrai que c’est un compagnon du blog depuis si longtemps qu’on peut presque le considérer comme un des auteurs, avec le non moins fidèle Fabrice.
    Le problème, c’est que ça ne sert à rien ou presque de conseiller un secteur d’activité qui recrute. Il se trouvera toujours quelqu’un pour trouver l’idée nulle, vous aujourd’hui a propos des SSII.
    Dans votre emportement vous n’avez pas lu que je disais à E-lady comment fonctionnent ces entreprises.
    Par ailleurs voyez ce qu’écrit Ollia : même s’il y avait du boulot dans la grande distribution (comme cadre, s’entend), et il y en a, eh bien elle n’en voudrait pas.
    La mission de l’Apec est d’accompagner les uns et les autres en donnant à chacun les moyens de s’informer et de décider.
    Et je ne suis pas l’Apec; c’est l’intérêt d’un blog, il est écrit par une personne. L’Apec en tant qu’institution écrit tout le reste du contenu d’Apec.fr.
    Vous voulez un secteur qui recrute ? En voici un : l’hôtellerie Restauration. Qui est intéressé ?
    Un métier ? Le commercial. La vente.

  11. « Par ailleurs voyez ce qu’écrit Ollia : même s’il y avait du boulot dans la grande distribution (comme cadre, s’entend), et il y en a, eh bien elle n’en voudrait pas. »

     

    En tant que commerciale, non, j’admets. Mais j’ai volontiers postulé pour des postes en communication dans les grandes enseignes de grande distribution, du moins quand il y en avait, la plupart des postes proposés étant des stages…C’est un fléau dans ce domaine et je pense que vous ne pouvez le nier.
     

  12. Ollia mon propos n’était pas une critique a votre égard, bien sur.

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