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Quid des formations dites générales ?

publié le 21/02/2013 par dans Afficher dans Marché, Quel job pour moi?

Peut-être avez vous lu le commentaire de Diouf Idrissa sur le billet à propos du marché de l'emploi :

"j'ai l'impression que vous ne prenez en compte que les jeunes diplômés qui sortent des écoles de formation. Alors ma question la voici que faites des étudiants qui ont des diplômes universitaires de premier ou deuxième cycle et qui sont à la recherche d'un emploi correspondant à leur profil étant entendu que les diplômes universitaires sont en général trop théoriques par rapport à ceux des écoles de formation."

 

Cette question, je pense, intéresse ou concerne beaucoup de personnes, si bien que je réponds sous la forme d'un nouveau billet.

 

J'ai conscience que les jeunes diplômés ou étudiants des filières non professionnelles se sentent moins en phase que ceux des écoles (de gestion ou d'ingénieurs) avec le monde du travail, ses codes, son vocabulaire et même certaines de ses valeurs, je l'ai écrit d'ailleurs bien des fois.

 

Mais concernant l'Apec, faites bien la différence entre les offres et les services que nous proposons aux jeunes.

 

Les offres que nous publions, à la demande des entreprises, sont le reflet, pardon de me répéter, de la solution que l'entreprise a imaginée pour répondre à son besoin. Plutôt que de décrire finement les missions, leurs difficultés ou contraintes, l'environnement humain et d'organisation, etc. Les recruteurs indiquent le profil auquel ils pensent. L'imagination n'est pas toujours au pouvoir dans ces professions, la perception du risque étant hypertrophiée; de surcroit, les recruteurs agissent en situation de fournisseur interne de "clients", les managers opérationnels, qui connaissent encore moins bien qu'eux les cursus de formation supérieure. Tout cela conduit à privilégier un petit nombre de formations, à rechercher des cadres jeunes, mais pas trop, etc. L'Apec n'est pour rien dans cette tendance, qu'elle cherche au contraire à amender. Mais nous n'avons pas le pouvoir de tout changer ! Au passage, l'organisation, dans bien des structures, fait que la personne qui rédige et ou passe l'annonce n'a pas la délégation de pouvoir pour remettre en cause le profil requis. Je comprends qu'Idrissa ne s'y retrouve guère.

 

Mais les services de l'Apec, de l'information que vous trouvez sur apec.fr, les conseils, ce blog, les interviews filmés, les témoignages, les études, les fiches métiers, secteurs, etc. Sont au contraire destinés à palier les écarts entre les jeunes issus des différentes filières. J'écris "que vous trouvez, sauf que je sais que la plupart des visiteurs ne vont voir que sur les offres. Quel dommage ! De même, les services de conseil proposés par le reseau de consultants de l'Apec aux jeunes sont d'autant plus utiles à ceux qui éprouvent des difficultés. Notre vocation n'est pas de voler au secours de la réussite ! Voyez la page "mes services" sur apec.fr

 

J'insiste sur un dispositif, clés d'emploi plus, qui vous permet d'être accompagné dans la durée, y compris dans vos premiers mois en entreprise, par votre consultant dédié. C'est un contrat d'engagements mutuels et certains jeunes ne veulent pas cette contrainte. Ceux qui l'ont acceptée, dans leur écrasante majorité, en sont vraiment contents. La proposition vous en est faite lors de votre accès sur apec.fr ( jeunes diplômés) mais voici un lien pour en savoir plus.

Ce service est évidement plutôt conçu pour les jeunes issus de l'Univérsité, qui forment environ 60% des bénéficiaires. Seulement, dirais-je. Les diplômés d'écoles, selon le poids qu'ils pèsent dans la population étudiante, ne devaient être au plus que 20 à 25%. Déficit d'information ici, plus grande réactivité là ?

 

On vous attend, les universitaires.

Commentaire(s)

  1. Bonsoir,

    Article intéressant et qui met en exergue un point que je partage. En tant que candidat, j’ai trop souvent l’impression quand je suis en relation avec un recruteur d’avoir quelqu’un en face de moi dont le travail consiste à cocher une liste de critères. Et pas la peine d’argumenter sur vos points forts et montrer que vous avez compris le poste pour lequel vous avez postulé. Le débat est plié dès lors qu’il me manque une année d’expérience ou que je ne suis pas titulaire de je ne sais quel diplôme d’école de commerce qui aurait ruiné mes parents.

    On s’éforcent au maximum de mettre en avant ses points forts tandis que les recruteurs font la chasse aux lacunes. Les candidats sont pas prêts de se réconcilier avec les recruteurs…

    Le plus drôle vient quand je vois des annonces pour lesquelles j’ai postulé qui continue de tourner sur les différents site d’emploi trois quatre mois après… Intéressant, on préfère laisser vacant un poste pendant six mois plutôt que de recruter, pardon l’expression exacte c’est prendre le risque de recruter (j’ai toujours pas compris où était le risque mais bon).

    Franchement, je me demande à quoi tout cela rime.

  2. Pierre
    Dans un autre commentaire, vous avez souligné la facilité avec laquelle on trouve un job dans certains pays, par opposition à la frilosité des recruteurs français, dont vous commencez, ici, par souligner encore le manque d’ouverture. Je suis plutôt d’accord avec vous sur deux points, que j’ai voulu rappeler dans ce billet : le manque d’imagination et d’ouverture des recruteurs, d’une part, l’hypertrophie de la conscience du risque de l’autre.
    La comparaison entre ces deux interventions, dont je vous remercie, d’ailleurs, saute aux yeux : c’est bien la nature de l’engagement qui fabrique cette anxiété et la frilosité qui en est la conséquence. Engagement légal, certes, mais aussi désir de recruter pour un temps long (d’où la notion d’investissement).
    Par exemple, on est relativement moins méfiants avec les prestataires extérieurs (SSII, Intérim) puisqu’on n’est pas l’employeur.
    Il y a d’autres explications, d’ailleurs, à trouver dans les traditions professionnelles de ce métier, mais c’est un peu compliqué.
    Deux éléments, que vous passez sous silence, « riment » assez bien avec ce constat, que je partage, encore une fois.
    – Au lourd sentiment d’engagement des recruteurs, fait écho, côté candidat, à une attente d’emploi stable, ou du moins fiable, à la crainte de la rupture. Ainsi l’industrie, réputée en régression a-t-elle du mal à attirer les candidats. A leur tour de manquer d’imagination, d’ouverture et de curiosité.
    – A la posture fermée, méfiante des recruteurs, telle que vous la décrivez, (avec un rien de caricature) répond une carence d’argumentation de la part des candidats. Ce n’est pas que leur faute, d’ailleurs, on leur apprend tellement à perler d’eux qu’ils finissent par ne plus faire que ça, plus quelques « questions » qu’ils alignent comme des preuves de bonne volonté, mais sans vraiment utiliser les réponses.
    Argumenter, ce n’est pas aligner ses « atouts », c’est tirer argument de ce que j’apprends du besoin.
    SI déjà je suis inquiet, le candidat ne me rassurera pas avec ses déclarations toutes faites.

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