février 2013
L M M J V S D
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

S’orienter

publié le 05/02/2013 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Marché, coup de gueule, Emploi, Galère, Quel job pour moi?

J’ai longtemps hésité avec ce billet, si bien que le papier qui me l’a inspiré est ancien maintenant. Mais je le sors du placard parce qu’il offre un contre-point à celui sur l’adéquation des diplômes aux besoins des entreprises.

Vous avez certainement lu un de ces papiers, dans la presse, où il est question du chômage et de ses effets sur la vie des gens. Des interviews, des morceaux d’histoires de vie. Celui-ci brossait le portrait de trois frères qui sont jeunes, diplômés et au chômage.

On y apprenait que deux d’entre eux, après un DEUG de sociologie, ont un « diplôme d’anthropologie du travail » et ne trouvent pas de job. Commentaire : « Mes parents disaient : « Fais des études, va loin, et avec ça, tu auras du boulot. » Au final, c’est l’inverse, raconte R. Si on avait fait une licence pro, on aurait sans doute du travail aujourd’hui« .. Ce n’est sans doute pas faux, mais pas garanti non plus.

Je trouve ces récits touchants, comme vous, sans doute. Illustratifs certainement de l’état d’esprit de ceux qui subissent cette situation. Mais, au risque de me faire mal voir, je voudrais faire deux remarques :

1/ Les informations qu’on nous donne dans ce genre d’article sont souvent tronquées. Quel « diplôme » ?une licence générale ? ( peu probable avec une telle spécialisation) Un master ? un entre-deux (master 1) ?

Ces jeunes gens auraient pu apprendre facilement et dès le début qu’un tel cursus représentait un vrai risque du point de vue de l’insertion professionnelle contrairement à une licence pro (mais il n’y a probablement pas de licence pro en anthropologie). Et qu’en tous cas, ce genre de spécialité exige des etudes longues.

M’emparant, pour vous, de leur histoire, je les inviterais à se souvenir comment ils en sont venus à suivre ces études. Pourquoi, pour quoi faire ? Ils en tireront sans doute quelques idées sur ce qui est à faire maintenant pour aller au bout de cette démarche. Il l’ont peut-être déjà fait.

2/ L’étude anthropologique du Travail peut se pratiquer

– A l’Université ou au CNRS (ou équivalent); mais alors il faut des diplômes très élevés pour obtenir un poste de chercheur. Et il y a des chances qu’il faille déménager de la ville moyenne où ils habitent.

– Dans des associations locales sociales, mémorielles etc. et c’est souvent le bénévolat qui est sollicité. D’ailleurs, c’est peut-être un moyen de se faire connaître.

Dans des cabinets d’études et de conseil, pour la plupart situés sinon à Paris au moins dans des très grandes métropoles.

Ce jour là, il y avait une seule offre dans apec.fr qui contienne le mot anthropologie. Elle concernait un chercheur (doctorat récent) pour une mission d’étude au Maroc (12 mois) sur la notion de durabilité dans l’agriculture de ce pays.

Avec les mots étude(s) ET travail il y avait plusieurs offres, concernant la médecine du travail ou l’ergonomie. Bref, un marché confidentiel, sauf à distendre les concepts (prévention des risques psycho-sociaux, enquêtes de motivation, de climat, « kowledge management » ).

Le 3° frère, « Titulaire d’un DUT d’informatique,[] n’a jamais trouvé de contrat pérenne dans la région« , nous dit-on.  » Il s’est donc lancé en free-lance dans la création de sites Internet, mais les clients se font attendre ». Le DUT est peut-être un peu léger pour cette discipline, mais de toutes façons, les emplois en informatique ne sont pas « pérennes ». Pour l’essentiel les employeurs sont des SSII qui vous délèguent en mission…Là où il y en a. Et encore, dans ce cas, la région est très active, avec un grand nombre d’utilisateurs potentiels pour les talents d’informatique.

Et vous qui peut-être n’avez pas fait encore de choix définitifs, je vous en prie, tenez compte de ces mésaventures.

Pour rester dans votre coin, faire des études pas trop longues et qui débouchent sur un emploi choisissez les filières courtes formant à des métiers plutôt pratiques. Déjà ça ne sera pas garanti. L’examen des offres d’emploi, dans la ville de nos 3 frères, sur le site de Pôle Emploi, est assez déprimant.

Et si au contraire vous voulez faire des études longues dans des disciplines affutées comme celle-là, préparez-vous à élargir votre marché, géographiquement et professionnellement.

Commentaire(s)

  1. Billet intéressant mais qui mériterait d’être plus aéré pour améliorer sa lisibilité !

  2. Voilà Veratonique, j’ai aéré un peu.

  3. Billet caricatural basé sur un article caricatural lui-même fondé sur des exemples caricaturaux.

    Il y a des jeunes diplômés qui murissent leur projet (dingue hein?) et des cursus universitaires réellement professionalisant (si, si).

    J’espère que l’on ne cherche pas à expliquer le chômage des jeunes diplômés par « alalala, ces jeunes, ils font des études mais ils ne savent pas pour quoi! »

    PS: je me suis un peu lâché sur votre billet « l’adéquation des diplômes aux besoins des entreprises » mais je sais que vous ne le prendrez pas personnellement.

  4. Pierre
    Je n’ai jamais dit qu’il n’y a pas de formations professionnalisantes à l’université. Je m’élève parfois contre les excès dans ce genre, j’y reviendrai dans un prochain billet.
    Je sais parfaitement qu’un bon nombre de jeunes ont un projet, qu’ils poursuivent tout au long de leurs études. Mais je m’élève aussi contre la dictature du projet ; je pense que tout le monde n’a pas la chance d’en avoir un, beaucoup n’en ont pas du tout, certains un vague début. Quand on n’en a pas, se construire un projet est tes difficile et artificiel, si bien que le résultat n’est, la plupart du temps, pas très personnel.

    Mon billet est un appel au pragmatisme. Analyser les réalités, en tirer les meilleures opportunités.
    Je ne suis pas sûr enfin que l’article que j’ai lu et les exemples choisis (c’était intéressant cette fratrie sans travail) soient si caricaturaux que vous le dites. Mon billet, je ne peux en juger.
    Je note que quand je lis dans la presse un papier sur le chômage des jeunes, les témoignages concernent souvent des cursus dont les débouchés sont problématiques. Le marché de l’emploi n’est pas le service après vente de l’Université.
    Et l’Université, nous en sommes d’accord vous et moi, pas seulement une sorte de « prépa » pour le monde du travail.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires