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7° idée fausse : je cherche d’abord dans ma région

publié le 24/10/2012 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Idées fausses

Chercher autour de chez soi, c'est, dans le meilleur des cas, (Ile de France) exclure plus ou moins 60% du marché. Dans le cas d'un département français lambda, c'est s'intéresser à 1/95° du marché.

C'est un pari risqué. Je reconnais que les recruteurs privilégient souvent les candidatures de proximité. Indiquez-leur que vous avez de quoi vous loger là où ça se passe, prétendez que vous avez une tante dans cette ville, expliquez leur ce qui vous motive pour aller là bas. J'ai déjà fait un billet sur ce sujet. Soyez convainquant en expliquant votre désir d'y aller.

Bien-sûr il y a des personnes qui ne peuvent pas se rendre mobiles, pour des raisons personnelles impérieuses; il n'y a rien à dire à cela.

L'idée fausse, ce n'est pas ça. C'est de devoir courir, au bout de 6 ou 8 mois, après des opportunités qu'on a négligées jusque là.

C'est d'autant plus une mauvaise idée que le signal, pour élargir le champ, ne sera jamais donné de façon claire. J'ai décidé de me concentrer pendant 4 mois sur le département de la Haute-Nilette et même, les 2 premiers mois, sur le bassin d'emploi de Saint-Lantoure. Pourquoi 4 mois d'ailleurs ? Mais bon, admettons. Il se peut que juste au moment où je commence à élargir, je sois convoqué à un entretien. Du coup je patiente… Un recrutement dure plusieurs semaines (2 à 3 mois la plupart du temps). Finalement, ce ne sera jamais le moment de passer à autre chose. D'ailleurs, qui vous dit que l'offre tant attendue ne sortira pas au 6° mois ?

Et le temps passe. Et vous allez devoir expliquer pourquoi vous n'avez pas encore trouvé. Peut-être la promo suivante arrive sur le marché…

Je vous invite au contraire à ouvrir votre recherche au maximum, y compris à l'étranger, en vous donnant des critères de décision : Je vais à Paris, si … je veux bien bouger, mais pour telle fonction, ou telle boite.
Ca donnera du sens à ces choix . d'ailleurs, avez-vous vraiment analysé les raisons de votre non-mobilité ? Est-ce que ça résiste à l'examen ? Prenez votre réseau amical. Est-ce que vous n'allez pas rester la dernière de la bande à Saint-lantoure, tous les autres ayant décidé, sans forcement le dire, d'aller tenter leur chance ailleurs ? prenez votre conjoint(e) : est-il (elle) si heureux de ce job au Crédit Nilettois ? 

Examinez tout. Mais surtout, je crois, attendez d'avoir une proposition ferme pour décider si vous déménagez ou non.

On ne peut décider que si on peut se projeter dans le futur. Vous pouvez vous projeter dans ce job de "contrôleur de gestion junior" chez Michigan Labs France à Nanterre. Pas dans "travailler dans la région parisienne". Vous avez vu les bureaux, repéré le quartier, rencontré Mme Exacte, votre futur manager, et M. Cash, le directeur financier américain. Vous savez en quoi va consister le job… Bref, vous savez si ça vous tente, oui ou non.

Par la suite, vous pourrez peut-être convaincre Michigan Labs d'aller installer leur siège à Saint-Lantoure, dont le marché couvert et le lavoir de pierre sont des merveilles que le monde entier vous envie. Loyers pas chers, bon air…

Commentaire(s)

  1. Très bon article sur une problématique que je rencontre actuellement! Toutefois, je tiens à ajouter que pas seulement la proximité joue dans certaines régions mais aussi le réseau. Une conseillère de l’Apec m’a notamment informé que la région Midi-Pyrénées par exemple, avait une propension à l’embauche par réseau plus forte que dans la majorité des régions. Ainsi, privilégier un réseau local solide peut être « parfois » aussi judicieux que de tenter l’aventure parisienne sans aucune prise.

  2.  « prenez votre conjoint(e) : est-il (elle) si heureux de ce job au Crédit Nilettois ? « 

    Et si la réponse est oui ? Comme si forcément, le conjoint youpitralala pouvait aussi nous suivre en toute circonstance, lacher son boulot et la vie recommence ! Malheureusement, tout le monde n’est pas prêt à ce sacrifice :/

    « Je reconnais que les recruteurs privilégient souvent les candidatures de proximité. Indiquez-leur que vous avez de quoi vous loger là où ça se passe, prétendez que vous avez une tante dans cette ville, expliquez leur ce qui vous motive pour aller là bas »

    Merci de le reconnaitre. J’ai fait ça pendant presque un an et demi, postuler de province à Paris, mais même en se rapprochant à une heure de Paris, comme c’est pas l’île de France, c’est encore trop loin. On m’a refusé des emplois rien que pour ça, même si j’avais les compétences pour assurer le poste proposé. A Paris, si un jeune n’habite pas chez ses parents, ou habite sur une ligne de RER/transillien, ça plombe une candidature en moins de deux. Vous pourrez affirmer que vous avez une tante là bas (en ce qui me concerne, j’avais des amis prêts à m’héberger le temps nécessaire et j’avançais ce point) c’est rare qu’on nous prenne au sérieux.

    « avez-vous vraiment analysé les raisons de votre non-mobilité »

    En ce qui me concerne, oui. Un compagnon qui ne choisit absolument pas son lieu d’habitation, on choisit pour lui. Et comme je n’ai pas vraiment envie de vivre éternellement à distance, parce que moi aussi, j’ai droit au bonheur qu’ont connu mes aieux, je fais au mieux pour trouver dans la région, l’Ile de France juste à côté (et ne me dites pas quand même qu’on manque de boulot dans ce coin !…enfin si…pour les jeunes diplomés…)

     

     

     

  3. Oui Ollia la mobilité d’un couple est difficile, je le sais. Et les recruteurs tétanisés par la crainte… De presque tout. Essayez de. Cintacter spontanément l’intérim et autres professionnels du recrutement qui se montreront peut-être plus compréhensifs.
    N’oubliez pas qu’on ne peut persuader les autres que de ce dont on est soi-même persuadé.
    Il faut peaufiner l’histoire de la tante et des copines dépanneuses.

  4. J’oubliais. L’employeur de votre conjoint peut sans doute vous donner un coup de main en vous ouvrant son reseau de partenaires. Si un cabinet à contribué au recrutement de monsieur il donnera peut- être lui aussi un coup de main pour sécuriser son recrutement ( garantie de reprendre gratis si la période d’essai est rompue)

  5. Ma stratégie est aussi de développer mon réseau grâce au poste stratégique que j’occupe actuellement.Je suis hôtesse d’accueil, et la chance a fait que j’exerce dans un lieu plutôt bien fréquenté… C’est un job alimentaire, mais qui me permet de croiser plein de monde, d’avoir des opportunités (j’ai réussi à avoir quelques contacts qui m’ont aidés à promouvoir mon profil, pour l’instant sans succès très extraordinaire, mais c’est mieux que rien!) de montrer que je suis sérieuse, et de ne pas faire de trou dans mon CV, j’en ai déjà un bien assez long :) ) Enfin, souhaitant travailler dans la communication, être hôtesse me permet aussi de travailler mon relationnel, étant donné que je représente la première image d’une entreprise à un visiteur. Et ce n’est pas rien !

    Sinon, je pense passer certains concours de la fonction publique. Je pense en avoir les capacités, et les postes proposés ont l’air quand même intéressants. Qui ne tente rien, n’a rien !

    Pour les copines dépanneuses, maintenant, j’ai mon propre frère au cas où qui loge en IDF, et mon logement personnel est situé à 1h de Paris, je ne suis jamais arrivée en retard à mon lieu de travail actuel, et je peux aisément promouvoir ce fait là aussi !

    Quand à mon compagnon…il sert la France en tant que gendarme. Pas sûr que son réseau de « partenaires » soit très très grand ! C’est tout le problème des professions militaires…les conjoints ne peuvent que suivre et se taire. Et faire au mieux pour pallier à ce type d’inconvénient !

    Pour finir, une petite anecdote : mon dernier entretien a été mené par une jeune fille à peine plus jeune que moi. Je l’ai trouvée bien plus pro et à l’écoute que les trois quarts de ceux qui avaient le double de mon age ou presque. (ne serait ce qu’en me disant quel profil a été privilgié au mien, chose que beaucoup de responsables de recrutement ne se donnent même pas la peine de faire après…) Et je n’ai même pas eu à justifier quoi que ce soit vis à vis de mon adresse, alors que j’ai eu droit à cette sempiternelle question des centaines de fois. Il serait temps pour la génération précédente d’arrêter de se focaliser sur les choses qui n’ont rien à voir avec les compétences d’une personne, d’arrêter d’avoir peur de tout comme vous dites. C’est justement parce que nous galérons que nous faisons preuve de ruse, de débrouillardise, et que nous sommes tout à fait capables de faire preuve de cette même verve en entreprise. Mais bon…je ne perds pas espoir !

    Merci pour vos conseils, et votre article qui aide quand même pas mal à trouver des repères pour l’avenir.

  6. 10ème idée fausse: je cherche d’abord dans ma planète:

    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/12/05/sideral-aller-simple-pour-mars-la-selection-des-terriens-interesses-commence-dans-trois-mois/

    Le poste est ouvert depuis le 2 jours seulement au moment où j’écris ces lignes, le processus de sélection commencera dans trois mois! Vite, à vos CV!

    Blague à part, je garde ce lien en réserve pour les connaissances qui m’envoie régulièrement des offres d’emploi de commercial à Pyongyang quand je leur dis que je cherche un poste de chercheur en Europe… Chers amis, je sais que vous voulez m’aider et faire fonctionner votre réseau et je vous en remercie! Mais s’il vous plaît, respectez aussi un peu mes aspirations et essayez d’être un minimum pertinent dans vos transferts d’offre, proposer n’importe quoi à votre ami chômeur peut être aussi très dévalorisant pour lui. Essayez plutôt de réfléchir avec lui sur ce qui le motive, et si besoin aidez-le à élargir sa mobilité géographique et professionnelle en cassant quelques préjugés (« tu sais, en été sur Mars il fait pas beaucoup plus froid qu’à Valencienne en hiver, et n’oublie pas la réputation de cordialité des martiens… et puis tu aimes la science, non? »), tout en respectant ses valeurs.

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