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Correspondre au profil. 2° idée fausse.

publié le 13/09/2012 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Idées fausses, Préparer sa candidature

Il y a des manuels et des conseillers qui vont vous inciter à construire votre argumentaire sur vos ressemblances avec le profil décrit dans l'annonce.

Je pense que c'est aussi une mauvaise approche, pour trois raisons.

  1. C'est extrêmement rare de répondre point par point au profil décrit dans l'annonce. Il y aura toujours un point critique. L'âge, par exemple.Doit-on pour autant renoncer à répondre ? ce serait vous condamner à ne répondre qu'aux annonces réservées ou ouvertes aux débutants, alors même que nous constatons que la réalité des recrutements est parfois plus ouverte.
  2. Quand on ne répond pas exactement au profil recherché, cette démarche de comparaison souligne les différences, par un effet de perception paradoxale. Ainsi, mettre en avant des stages pour répondre à l'exigence d'expérience est une façon d'afficher votre manque d'expérience au sens où l'entend le recruteur.
  3. Et si vos compétences étaient au fond mieux adaptées au poste à pourvoir que le profil décrit ? Plus spécialisé par exemple, ou au contraire, apportant un regard décalé, qui peut faire avancer les choses ?

Le profil décrit dans l'annonce n'est pas le besoin de l'employeur, mais la solution qu'il a imaginée. La méconnaissance des filières de formation, parfois même du contenu concret des postes (recrutement réalisé par un intermédiaire) peut fausser l'expression de cette solution imaginaire.

Par exemple, récemment, une entreprise cherche un responsable de zone pour l'Europe centrale. L'autocensure les conduit à réclamer des candidats qu'ils parlent l'allemand, assez répandue dans la zone, oubliant qu'il y a en France pas mal de polonophones, qui ont des facilités à apprendre le Tchèque et le Slovaque, langues slaves.

Il arrive aussi fréquemment que l'annonce cite une formation connue mais assez générique, quand il en existe une beaucoup plus précisément adaptée. Idem à propos de l'expérience.  Vous ne pouvez évidemment pas leur donner de leçon dans ce domaine, mais vous pouvez proposez votre solution personnelle, pourvu que vous la justifiiez par une analyse du besoin, tel que vous le comprenez.

c'est cette analyse du besoin qui appuiera la plus surement votre candidature. Un problème bien posé, bien compris, est à demi résolu, dit-on.

Vous devez rechercher des informations sur l'entreprise, son environnement, son marché, ses clients, ses concurrents, les principaux acteurs de ce secteur, les principaux fournisseurs de ces acteurs, les enjeux et problèmes techniques, écologiques  et économiques qui doivent se poser à cette organisation et à ses concurrents, etc. SI vous savez parler de cela, en formulant des hypotèses peut-être, en posant des questions sur ce que vous ne savez pas, vous serez en mesure de lancer un dialogue avec eux (le recuteur, la boite en question, des collaborateurs et des anciens de cette entreprise trouvés sur les réseaux sociaux, etc. ).

Commentaire(s)

  1. Article très intéressant qui devrait être lu autant par les candidats que par les recruteurs!

  2. Merci Hanitra

  3. Bonjour, je trouve également cet article très intéressant. Cependant, faire comme vous nous le dites n’est pas toujours possible car il y a parfois une sélection très importante en amont, avant même que l’entreprise ait accès aux candidatures. Je pense à pôle emploi par exemple qui, à la demande de l’entreprise, fait une sélection uniquement en fonction du profil donné par elle. Dans de plus en plus d’annonces postées sur le site de pôle emploi, on n’a même pas accès au nom et au secteur de l’entreprise. Difficile dans ces cas là de se vendre comme candidat !

  4. Claire
    Ce que vous dites est juste. Quand vous êtes face à ce genre d’annonces, il ne vous reste plus qu’à faire des hypothèses sur le job et l’entreprise, quitte à les formuler sous forme de question, ou de propositions, comme ceci : si vous cherchez à vous développer en Europe centrale, comme je crois le comprendre à la lecture de l’annonce, vous aurez besoin d’un collaborateur qui parle le Polonais ou le tchèque.

  5. Bonjour JM, je ne suis pas d’accord avec vous sur le premier point. Je pense que le candidat doit soigneusement répondre à une annonce en étudiant tous ses points pour avoir une meilleure chance d’être recruté. Par exemple en ce qui me concerne, quand je suis à la recherche d’un travail, si je vois une annonce qui m’intéresse et qui correspond à mes compétences, je fait tout mon possible pour répondre à tous les détails évoqués par le recruteur!

  6. Jeremy merci d’exprimer votre désaccord et de le faire aussi courtoisement. Je comprends votre point de vue : pour être retenu (ne pas être écarté) je dois répondre le mieux possible aux conditions posées par l’annonce. Sauf que
    vous ne répondez que très rarement au profil décrit, à moins d’être de ceux que tout le monde cherche et a ce moment la ne vous fatiguez pas on vous reconnaîtra.
    Mon billet témoigne des très nombreux cas où il est possible de contourner la demande patente pour argumenter sur le besoin tel qu’on peut le déduire de cette demande. Relisez le, en lisant votre commentaire j’avais l’impression que mon billet en était une réponse exacte.
    Retenez trois idées de cet article :
    – il faut rassurer le recruteur pour ne pas être éliminé mais on peut le rassurer sans coller absolument au profil, qui n’est. Je le répète, que la solution imaginée par le « client ». Parfois cette solution est même erronée.
    – un fois en entretien il faudra vérifier (ensemble, avec le recruteur) que ces hypothèses ne sont pas fausses. Rassurer toujours. Montrer que votre solution est valable.
    – Mais pour cela et surtout ensuite pour être choisi en dernier, il faudra bien émerger, montrer des différences. Le contraire n’est d’ailleurs pas imaginable et le recruteur va lui aussi chercher ces différences. S’il se trouve devant des clones, ressemblant trait pour trait au profil, outre la fait qu’il saura qu’il est victime d’une illusion, il sera incapable de choisir.
    Cela dit correspondre au profil recherché ne peut pas nuire ;-)

  7. Je trouve également votre post très intéressant  seulement je me pose une question : celle de la lettre de motivation. Dans vos derniers posts vous lui accordiez une grande importance, mais les recruteurs la lise-t-elle?

    J’ai le sentiment que non.  Difficile ensuite de mettre en avant ses qualités. Personnellement, je n’essaie plus de me censurer comme je le fais autrefois mais dans les moments difficiles, je privilégie les candidatures spontanées pour ne pas être trop dépitée à l’idée de ne jamais être cette candidate parfaite. 

    Lors de candidatures spontanées, même si le ciblage est plus long, on se retrouve dans une démarche plus active. Ca n’a pas encore payé mais je ne désespère pas.

  8. Amaya on parle de lettre mais mieux vaut parler de courriel ou de mail.
    Mon expérience me fait dire que les lettres (Mails) qui « disent quelque chose » sont repérées et lues. Il n’y en a pas tant que ça. Ma collègue Hélène Lafon a écrit un super billet sur le blog destiné aux cadres expérimentés. Voyez http://blog-experts.cadres.apec.fr/2012/06/21/le-mail-de-motivation/
    Et je vais en écrire un aussi, de nouveau car vous en trouverez plusieurs ici en cherchant !

  9. En effet, la démarche diffère et elle permet de donner plus de dynamisme et de fraîcheur que la lettre classique plus stéréotypée.

    Je lirai avec attention votre billet sur le sujet, et d’autres ailleurs sur la toile.

    Cordialement

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