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L’expérience et la spécialité

publié le 11/07/2012 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Marché, Vie en entreprise

Je viens de subir un examen radiologique. Rassurez-vous, tout va bien ;-) Des discussions récentes au sein de l’Apec  m’ont conduit à demander au radiologue si la répétition des actes professionnels comme celui qu’il venait de pratiquer était pour lui une composante importante de sa compétence. j’ai eu le sentiment qu’il considérait ma question comme un peu niaise. Évidement, dit-il, plus je fais de radios plus je suis compétent. Et en plus je suis spécialisé en Trucologie. Donc, dit-il, j’ai fait au moins 5000 radios de ce genre. Je suis donc plus compétent, plus sûr dans mon diagnostic qu’un radiologue d’un an d’expérience.

Il n’y a pas lieu de mettre en doute cette logique de la spécialisation, la compétence apportée par la répétition. Mais cela pose aussi deux questions :

– A force de faire et refaire le même acte professionnel, ne risque-t-on pas d’être pris par la routine, qui réduit la vigilance, restreint la capacité à faire évoluer les pratiques, à changer ?  « on a toujours fait comme ça » ?

– La spécialisation dans un domaine étroit est-elle compatible avec la prise en compte d’un environnement plus vaste ? spécialiste d’un domaine, médical, social, je ne peux ignorer que ce champ de mon intervention est placé sous l’influence d’autres champs, desquels je ne suis pas le spécialiste. Ainsi, pour quitter le domaine médical, le consultant de l’Apec, spécialisé dans l’orientation et l’accompagnement dans le champ professionnel, dans le secteur privé, pour des cadres ou des diplômés du supérieur est-il tributaire de nombreux paramètres extérieurs à son champ de compétence mais pas extérieurs au problème de son client.

Le philosophe Alain a écrit : « la coutume lie, l’habitude délie ». Si, comme le médecin radiologue et Trucologiste, vous accumulez de l’habitude pour la transformer en habileté, il vous faut toujours garder le recul nécessaire sur votre spécialité, une méta compétence qui vous permet de ne pas vous faire « lier » par la coutume, que j’appelais plus haut « routine », c’est à dire, selon cette phrase, une habitude sans réflexion, sans conscience.

En conclusion,  il vaut mieux « un peu » d’expérience sur laquelle j’ai réfléchi, que j’ai rendue consciente, (méta-compétence) plutôt que « beaucoup » d’acquisition mécanique d’une routine, d’une coutume, que rien ne valide, et qui enferme au lieu de libérer. La spécialisation est un atout, à la condition d’être replacée dans son contexte, de ne pas obturer l’horizon du spécialiste.

Jean Prével, un ancien patron du département Etudes de l’Apec disait que tout se passait comme s’il fallait être spécialiste pour entrer dans une entreprise (ces dernières décrivent souvent leur besoin en termes de spécialité) et généraliste pour y rester (pour évoluer, pour devenir manager, pour prendre ce recul dont je parle ici et lier son action à celles de tous).

Le problème c’est qu’il faut être de nouveau spécialiste quand on veut changer d’entreprise. C’est la même question que ci-dessus, mais à l’envers, en quelque sorte.

Spécialiste, mais pas trop, mais quand même, mais pas trop, mais…

 

Commentaire(s)

  1. Je me demande si un ex-illustrateur scientifique qui opte pour une reconversion professionnelle et décide de devenir radiologue ne pourrait pas se révéler, au bout de 12 mois de pratique, aussi performant que son collègue spécialiste expérimenté… Cela pour dire que la spécialisation n’est pas exclusivement un fait de « répétition » gestuelle et qu’il existe spécialiste et spécialiste. On peut devenir spécialiste relativement rapidement en mettant à profit les capacités qui sont derrière les compétences acquises.

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