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Anonymous

publié le 01/03/2012 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Marché, Galère

Vous avez peut-être vu les déclarations faites sur le net au nom des Anonymous France à propos de l’emploi et du recrutement concernant les jeunes. Elles ont été relayées par certains sites de presse (l’Express par exemple) et Jacques Froissant a fait un petit billet de soutien sur le blog/site de son cabinet Altaide, qui fait une proposition concrète en faveur des jeunes, que je salue au passage. Bravo Jacques.

Cette très, très longue intervention est faite sur ton docte, vaguement menaçant. Le style, le vocabulaire et l’intonation, à la fois moralisatrice (le bien, le mal), un peu solennelle,  tout cela évoque pour moi des déclarations de groupes islamistes  radicaux. C’est étrange.

La personne ou le groupe qui a écrit ce texte  a certainement une expérience personnelle de la recherche d’emploi infructueuse et de l’humiliation ressentie vis à vis de certains recruteurs. La position de ces derniers, du bon côté du bureau, les amènent à déraper sans même s’en rendre compte. C’est ce que j’appelle « l’effet guichet »: la personne qui est derrière le guichet exerce un pouvoir bref, mais réel sur celle qui est devant le guichet. Et ce pouvoir procure une ivresse que tous ne combattent pas.

J’ai trouvé étonnant que ce texte soit entièrement dédié aux jeunes diplômés, qui sont pourtant bien mieux placés vis à vis de l’emploi que les autres jeunes.

Les difficultés d’accès à l’emploi de certains jeunes diplômés (n’oublions quand même pas que 70% des diplômés de 2010 avaient trouvé un job avant mai 2011)  sont un véritable problème, mais je ne suis pas sûr que les recruteurs en soient les seuls, ni même les principaux responsables. Ils sont missionnés (avec une certaine fermeté, ce sont des fournisseurs en interne) pour trouver, sélectionner et proposer des candidats répondant à un cahier des charges (trop) précis et n’ont aucune marge de manœuvre pour recruter sans demande.Comme beaucoup, je suis frappé par le manque d’initiative et d’ouverture dont ils font preuve  et aussi par leur exigence quant au formalisme et la qualité des candidatures. C’est une cause de ce « clonage » dont on parle beaucoup. Mais en entreprise, souvent, on n’a pas longtemps le loisir de contourner les ordres.

Mais il y a bien d’autres causes à ces difficultés.

A la première place, je mettrais le manque de croissance de l’économie ou plus précisément (voir les études Apec à ce sujet) de l’investissement public et privé, qui tire l’emploi cadre.

Ex aequo, les problèmes d’orientation des étudiants. Bien-sûr il  y a des jeunes ingénieurs qui ont du mal à trouver. Et des jeunes Sup de Co aussi. Mais très franchement, ce n’est pas l’essentiel. Dans la presse, par exemple, les témoignages de difficultés sont le plus souvent donnés par des jeunes qui ont des formations, disons, peu recherchées par les entreprises. Ce n’est pas une critique de ma part, mais mettez-vous à la place d’un(e) chargé de recrutement, devant le CV d’une personne qui a un master de cinéma (Studyrama en dénombre 13 ou 14 et la liste finit par « etc. »). Il n’y a évidement (un bachelier doit savoir ça, je pense) pas tant de débouchés.

Troisième problème, la mobilité.Il y a ceux qui veulent vivre et travailler au pays, et puis ceux voulant être mobiles, ne le peuvent pas, parfois pour des raisons économiques (un contrat en alternance à 50 km) ou parce qu’ils ne parviennent pas à convaincre le recruteur de leur bonne volonté en la matière.

Donc, Anonymous en colère, soyez conscients que le problème est bien plus compliqué que « mauvaise » attitude des recruteurs.

Cela dit, mes amis, pendant que je rédigeais ce billet,  mon ordi a planté, s’est éteint après un avertissement m’indiquant une erreur grave dans l’exécution de Windows.

Trop forts, les Anonymous. :-O

Commentaire(s)

  1. Ahah !

    Trop fort les anonymous, quand bien même je comprends la colère de l’auteur ! Je fais partie de ces diplômés sans emploi depuis presque 2 ans !

  2. Bonjour,

    Je voulais réagir par rapport au problème d’orientation des étudiants pour souligner une déficience aussi grave, à mon avis, que le mauvais choix post-baccalauréat, et qui pourrait expliquer, en partie, le décalage entre le marché de l’emploi et les profils des jeunes diplômés.

    Je suis issu d’une formation d’ingénieur où on nous chantait les louanges du parcours personnalisé. Chacun de nous était content et fier de pouvoir choisir, non seulement sa spécialité, mais les matières qu’il veut étudier et le stage qu’il veut faire et qu’il doit chercher « dans la nature » sans présélection préalable.
    Sachant que certaines matières avaient la réputation d’être mieux notées que d’autres et que certains profs avaient une meilleure réputation que d’autres, par conséquent le choix ne visaient que rarement la cohérence et la constructivité.

    Les écoles d’ingénieurs se désolidarisent de leurs élèves de ce point de vue là. L’élève qui n’a pas une formation en adéquation avec le milieux professionnel, n’a pas le droit de reprocher à son école quoi que ce soit, puisque c’est lui qui a fait les mauvais choix et puisque le taux d’insertion professionnel est assez élevé ; tant pis pour les ~20% qui n’ont rien trouvé au bout de six mois et qui se retrouvent avec un diplôme inutile.

    D’un autre côté, voilà l’exemple d’un master qu’un ami a suivi et où le choix des matières et des stages était limité et étudié par le responsable du master. Les 25 étudiants ayant suivi cette formation, qui a été d’ailleurs crée sous la demande de l’industrie et en partenariat avec celle-ci, ont tous fait un stage parmi ceux proposés par leur responsable du master et ont tous été embauchés peu après la fin du master.

    Voilà,
    Merci

  3. Je comprends bien votre réaction Yassine. C’est, je pense une vraie difficulté pour les patrons de ces écoles d’ingenieurs. Organiser les études de la façon la plus personnalisée possible ou s’en tenir au bon vieux réalisme par rapport au marché, qui conduit à des choix plus classiques..
    Puis-je vous inviter à lire un des billets de ce blog où il est question des faiblesses de l’argumentation sur les études ?
    Les recruteurs, vous vous en êtes étonné par ailleurs, sont peu innovants, peu enclins à rechercher des nouvelles formations. À vous de leur faire connaître les mérites de la filière que vous avez suivi, la cohérence de vos choix ou leur intéret individuel. À vous de défendre votre parcours en utilisant la réputation de l’école. Laquelle, j’en suis persuadé, sera tout à fait partante pour vous y aider. Contactez le service de communication et/ou celui qui assure les relations avec les entreprises, ils se feront certainement un plaisir de travailler avec vous sur ce que vous devez écrire et dire pour intéresser les recruteurs à votre formation. Et n’oubliez pas d’utiliser les documents et argumentaires existants.

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