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Pouvoir et responsabilité

publié le 12/05/2011 par dans Afficher dans Marché, Vie en entreprise

« A qui appartient l’entreprise ? » était la question que je posais dans mon précédent billet, faisant suite à un colloque auquel j’assistais au Collège des Bernardins. D’ailleurs, je regrette un peu de ne pas avoir pris la parole pendant ce colloque passionnant (je vois que ceux qui me connaissent sourient ;-).

Evoquant la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), autre thème de ce colloque,  le mot « responsabilité » a beaucoup été prononcé (voir aussi le site gouvernemental développement durable), mais également toutes les formes de ce que les économistes appellent les externalités.

Mais aussi sous une autre acception. Par exemple, M. Louis Gallois, « CEO » d’EADS, a parlé (« dans le beau langage d’EADS ») d’empowerment : en français officiel « autonomisation ». Il s’agit de persuader certains salariés (cadres, notamment) qu’ils doivent s’autoriser à prendre des initiatives, donc des décisions.

Il s’agit de leur (re)donner du pouvoir. La responsabilité viendra en surcroit. Il m’a semblé que dans ces échanges, comme dans bien d’autres, la figure de style qui consiste à remplacer « pouvoir » par « responsabilité »  obscurcissait les raisonnements.

Je vous invite à y réfléchir.

Le pouvoir, c’est la capacité de faire advenir ou non un évènement. Il est parfois souverain, c’est à dire que vous ne le tenez que de vous (le fait d’être dans une démocratie vous donne des droits). Il est parfois délégué et/ou administré, comme le pouvoir d’un juge, d’un cadre en entreprise, auquel cas, il est souvent encadré (par un règlement par exemple).

Quoi qu’il en soit, la morale sociale, mais aussi l’efficacité  veulent que vous ayez la responsabilité des évènements sur lesquels vous avez pouvoir. C’est à dire que vous êtes prêt à en répondre, en endosser la maternité ou la paternité y compris dans les conséquences négatives. La responsabilité est donc la contrepartie du pouvoir et ne saurait se confondre avec lui, ne serait-ce que parce qu’il y a un décalage temporel entre l’acte de pouvoir (une décision) et le moment d’assumer la responsabilité de cet acte.

La responsabilité, c’est le risque associé au pouvoir.

Il arrive malheureusement qu’une organisation ne parvienne pas à équilibrer la répartition des pouvoirs et celle des responsabilités. Certains ont alors un pouvoir sans la responsabilité (des despotes). D’autres, au contraire, ont la responsabilité d’un acte ou d’une décision mais sur lesquels, ils n’ont pas de pouvoir (des têtes de turc). Pour que les gens acceptent d’user de ce pouvoir qu’on veut leur donner, il faut définir les responsabilités qui vont avec.

Il est toujours clarifiant d’appeler les choses par leur nom et pas par une figure de style. Quand je demande des responsabilités, c’est du pouvoir que je réclame. Je ne pense pas toujours aux responsabilités que j’endosserai alors.

Commentaire(s)

  1. je pense d’ailleurs que cette différence cruciale entre pouvoir et responsabilité est souvent a la base du stress au travail…

  2. […] Lire l’article Partager: […]

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