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Les relations Universités-Entreprises

publié le 07/03/2011 par dans Afficher dans Marché, Cursus/études, Etudes et argent, Vie étudiante

Encore Educpro, décidément un site remarquable, avec cette fois un article sur les relations Universités-entreprises en Europe qui doit faire grincer quelques dents.

Non que les recettes étrangères soient si nouvelles ou si bizarres, d’ailleurs. La nouvelle organisation universitaire française a mis à jour notre arsenal d’outils et de moyens règlementaires permettant aux établissements de faire la même chose que leurs homologues européens.

Mais on a l’impression, en parcourant ces lignes, que la spécialité française, dans ce domaine, s’appelle réticences, débats politico-philosophiques, freins en tous genres. Peut-être la perspective est-elle faussée par l’angle de l’article : parler de ce qui se fait, pas forcément des débats que cela suscite.

Puisque je ne suis pas compétent, je vais donner mon avis ;-)

Les relations avec les entreprises, et plus généralement le monde économique, ne comportent pas de dangers pour les valeurs humanistes des universitaires, tant que l’essentiel de leur subsistance est publique, tant que les universitaires sauront exprimer et suivre eux-mêmes ces valeurs.

Le danger, c’est lorsqu’on abandonne ses valeurs et ses convictions professionnelles. Parce qu’à ce moment là on n’est même plus un partenaire valable. Ce qui intéresse les entreprises, dans les universités, ce n’est pas leur côté « entreprise », c’est le côté « université » : le savoir, l’indépendance, la liberté d’esprit, l’esprit de recherche, les opportunités de collaborations avec d’autres entreprises, en terrain neutre.

Commentaire(s)

  1. Bonjour,

    Je ne voudrais pas plomber l’ambiance mais relater certaines réalités auxquelles de jeunes diplômes issus de la diversité sont confrontés.

    Je suis issu d’une grande école d’ingénieur française ( l’une des 5 premières )
    J’ai postulé via l’apec à plus de 214 offres préférant cette voie à l’annuaire de l’école pour des raisons personnelles ( se débrouiller seul d’abord) .

    Sur 214 cv, 198 réponses négatives et 2 entretiens à faire pâlir un geek. Parmi les entreprises visées des grands groupes, banques (y compris d’étatiques..) et courtiers en assurance. Alors que la plupart correspondaient à mes qualifications et expériences, les réponses négatives se sont succédent invariablement : Après la formule de politesse citronnée et parfois gauche, vient le couperet au troisième paragraphe
    Malheureusement votre profil ne « correspond pas parfaitement » aux critères recherchés. J’aimerais bien que l’on m’explique ce que l’adverbe « parfaitement » signifie.

    Les entretiens.

    La crème sur le gâteau : des drh, ignorants des spécifiées des formations universitaires, voire même du contenu propre des tests qu ils font passés-ce qui est un comble-, malentendants, et parfois irrespectueux du candidat (drh vous coupant sans cesse la parole, mettant en doute ce que vous dites-hallucinant-et n’honorant jamais ses engagements de vous rappeler ce sui est la moindre des choses.

    Clair que l’on ne peut pas en dire autant des grandes entreprises anglo-saxonnes dont le professionnalisme est indiscutable! J’y postule depuis peu et ai vu la différence mais malheureusement elles sont peu nombreuses en ce moment sur le marché français.

    Moi qui n’avais jamais senti l’ombre d’une discrimination dans mes précédentes expériences professionnelles et formations, je dois comprendre que ce qui n’était qu’une présomption est en passe d’un être constat avéré : il une semble que notre pays est en train de prendre un chemin de l’exclusion qui emporte également avec lui les individus les méritants.

    J’ai donc décidé de saisir la halde.

    Chers amis de l’ENS, de l’x ,des mines, des ponts et de l’ensae issus de la diversité magrhebinne, faites vos bagages!! Au qatakr, nous seront au moins remerciés d’être passés!!

  2. Kali votre témoignage me laisse dans un état d’esprit et d’émotion entre la désolation, la révolte et les doutes. Attention quand même à ne pas tout mettre sur le dos du racisme ordinaire (lequel frappe aussi hélas dans tous les pays. Il est possible aussi que des maladresses de communication ( je me souviens d’un candidat qui ruinait ses chances avec un français approximatif ce qui n’est pas votre cas) des insuffisances dans l’argumentation bois aient été fatales ici et là.
    Ne pas donner de réponse même promise est une grossièreté qui ne vous est pas réservée. On est étonné du manque d’imagination de ces recruteurs qui ne pensent pas aux dégâts pour la réputation de leur entreprise.
    .

  3. Cher monsieur ,

    Je n’ai jamais attaché sinon d’importance, tout au
    moins d’attention, à certaines critiques quoique fondées pour certaines portant sur les discriminations. Et pour cause : né en France, j’ai la eu chance de bénéficier d’une éducation
    républicaine dont le respect et l’attachement aux valeurs m’a permis de m’élever et de m’épanouir. « La république nourrit ses enfants et les instruits ».

    Toutefois , quoique mon témoignage suscite en vous doute et émoi, je ne peux manquer de décrire une suite de l’expérience, loin de toute amertume ou colère. Les faits et ceux-ci seulement.

    Ainsi et à ce titre, je rappelle que les discriminations à l’embauche sont une réalité dont le corpus légal et élargi est née du constat factuel dont la matérialité de la preuve a été établie in concreto, le législateur y donnant sens et fondement par plusieurs moyens :.Directive 2000/43/CE, l’article L1132-1 du code du travail.
    Je peux quant à moi tout à fait comprendre que cela étonne certains de nos lecteurs. Mais l’émoi ou la circonspection doivent ici laissés place à la réflexion.
    S’il est vrai, que des demandeurs d’emploi se voient refuser l’accès à un
    emploi parce qu’ils ne remplissent pas les conditions requises par l’employeur-ce qui est normal parce que relevant des droits fondamentaux visant à protéger l’intérêt économique de celui-ci,, d’autres satisfaisant ces mêmes exigences, ne rencontrent l’intérêt d’aucun des employeurs sollicités.

    Nul de besoin de connaitre les théorèmes fondamentaux de convergences asymptotiques en probabilités-statistiques (kolomogorov, cantelli, etc..) pour savoir que l’on peut considérer qu’un tirage n’est pas « équiprobable » lorsque l’occurence « échec  » apparaît « près » de 200 fois..sur 200.

  4. je suis d’accord avec JM, Kali: les recruteurs peuvent être très grossiers sans le moindre soupcon de racisme: la faute au marché du travail qui a été franchement anémique pendant près de deux ans, mais qui commence à se redresser de facon assez energique d’après mon experience.

    J’ai plutot l’impression qu’une bonne majorite de recruteurs regrettent l’absence de diversite à la sortie des Grandes Ecoles (en meme temps, est-ce que ce n’est pas juste pour l’affichage? Je n’en sais rien, mais je ne crois pas).

  5. Bonjour,

    Je ne parle pas de racisme, bien loin de là. Au fait, il s’agit d’une frilosité bien connue dans notre pays et qui s’étend très au delà du
    monde professionnel. Quoiqu’il en soit, la fuite de nos cerveaux que nous ne parvenons pas à contenir trouve un nouvel essor par la permanence de ces rigidités.
    Alors, la situation n’évoluera que peu ou prou, mais difficilement. La conservation, en dépit du bon sens, d’un tel système désinsitatif nuit à l’efficacité même de notre « économie des idées ». En clair, prenons l’exemple aujourd’hui d’un étudiant de niveau bac+5/6. Formé en France, notre pays aura grâce à son système éducatif public supporté l’essentiel du coût de sa formation, les frais d’inscription (revenus de transferts déduits) ne n’atteignant même pas son niveau marginal (coût marginal). Supposant à présent que ce même étudiant décide de partir à l’étranger, plus particulièrement dans un pays anglo-saxon. Outre le fait que son niveau de rémunération sera plus élevé, le pays d’accueil aura été libéré du coût de sa formation. Au total, nous formons des étudiants d’un bon voire trés bon niveau qui pour beaucoup n’ont aucune raison de revenir sinon après plusieurs années et autrement que pour des raisons de « confort social ».(c’est souvent le cas disons le).

    Dans ce contexte, nous aurons beau créer les pôles de recherche et d’enseignant les plus prestigieux pour accroitre notre visibilité internationale, il n’en demeure pas moins que les individus concernés ne seront pas plus désireux d’y rester si au terme de leurs études ou à son horizon proche, ils continuent de rencontrer les même difficultés d’employabilité (oublions le terme d’intégration).

    Nous aurions désormais tout à gagner, n’en déplaise à certains, à imposer aujourd’hui l’application stricte de ce qui préexistait à ce triste état des choses l’égalité des chances pour tous. De fait, les entrepreneurs de rendraient compte que le risque n’était pas aussi grand: »saper Aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement »…

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