janvier 2011
L M M J V S D
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

Salaire insuffisant

publié le 19/01/2011 par dans Afficher dans Marché, Salaire

Un commentaire de l’ami Fabrice me fait penser qu’il y a longtemps que je n’ai pas parlé salaire, ici. Je crois néanmoins avoir déjà cité les deux phrases qui me tiennent lieu de philosophie :

– W. ALLEN : « L’argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des questions financières. »

– Un patron, à qui je demandais une augmentation, m’a répondu non mais en commençant par une phrase d’empathie : on devrait, disait-il redéfinir le mot « salaire » dans les dictionnaires: salaire, n.m. : rémunération insuffisante perçue chaque mois en rémunération du travail du salarié ».

Résumé pratique : chacun trouve son salaire insuffisant quelque soit son niveau, pour des raisons financières. Avoir plus serait utile, voire  nécessaire. Mais comme le dit Woody Allen, ce n’est que pour des raisons financières. Vouloir un salaire (plus) important, ce n’est pas que pour cela.

C’est aussi pour marquer son statut. Je me souviens de la barre symbolique, il y a bien des années, des 10 000 francs par mois (autour de 1 522 €). De même aujourd’hui, il y a ainsi des niveaux symboliques.

Mais selon les milieux sociaux, selon la rareté de l’emploi, selon évidemment les métiers et les régions, tout cela change.

Je vous incite en tout cas à prendre du recul et à analyser les choses avec la froideur du négociateur.

Le salaire devrait rémunérer la contribution : sa difficulté,  sa qualité et sa quantité.  Mais dans les faits, le salaire rémunère aussi le temps de présence (on dit de travail, mais il s’agit de présence, à l’employeur de lier celui-ci à celui-là), la qualification requise (niveau de diplôme, dans les faits, parce que les systèmes de classification s’y rapportent), la contrainte ou l’astreinte, la pénibilité et/ou dangerosité, le niveau d’autonomie ou de décision… J’en oublie sans doute, mais je garde le meilleur pour la fin : le degré de rareté de la ressource en compétence sur le marché de l’emploi.

Outre une conception punitive du travail (vous savez sans doute que le mot travail est proche cousin du mot torture)  cette réalité du salaire a deux conséquences :

– elle renvoie à une gestion collective des RH alors qu’on n’arrête pas de prétendre l’individualiser (temps, conditions, qualification) ;

– elle ouvre la porte à l’idée que ce serait le salarié qui détermine le niveau de salaire, sinon uniquement, du moins  en partie (rareté, nature de la formation, autonomie personnelle)… Ce qui heurte de biais mais quand même, le principe inaltérable  quoique peu respecté : à travail égal, salaire égal. Ce n’est, en vertu de ce principe, pas la personne qui est valorisée mais le poste.

Voilà entre quels piquets il vous faudra slalomer, entre quelles bouées régater.

Attention aux valeurs symboliques que vous êtes seuls à pouvoir décrypter : le salaire d’un de vos parents, de X ou Y de vos amis, etc. et qui vous font dire « ce salaire est élevé », tandis qu’un autre le trouvera à peine acceptable.

En réalité, personne, absolument personne ne doit pouvoir vous demander des comptes sur l’arbitrage que vous avez fait pour entrer chez « Soleil Dans Votre Assiette », le célèbre fabricant des sauces salades dont vous raffoliez, adolescent.

De ce fait, ces questions de salaire sont hautement relatives, personnelles.

Il reste que sur apec.fr vous trouvez des repères, et que sauf si vous le décidez, il n’y a aucune raison non plus que vous soyez engagé en dessous de ce qui est constaté (pas déclaré, constaté) comme la moyenne ou la médiane des salaires pour ce poste.

Commentaire(s)

  1. Un sujet intéressant.
    Il y a une petite différence toujours bonne à préciser dans ce genre de sujet, salaire et richesse, les 2 n’ayant aucun rapport.

    De mon expérience, l’un des grands problèmes dans l’injustice du salaire vient de la pénibilité. La pénibilité physique n’est pas du tout rémunéré, c’est un fait. Alors que dans le ressenti, un ouvrier à la chaîne trouvera son travail plus pénible que l’ingénieur responsable de la production.

    En mettant de côté le copinage et coquinage, un salaire signifie que l’on est salarié et donc une ressource pour l’entreprise. Tout comme les ressources naturelles, le salaire valorise une « rareté » et évidemment l’apport financier du poste.

    L’on peut ensuite se poser la question des salaires affolants en millions des grands CEO / CxO salariés et non fondateur. Ce ne sont que des hommes (ou femmes évidemment), leurs journées ne durent que 24h et ne peuvent pas en faire 1000 fois plus qu’un autre ingénieur/manager.
    Et pourtant, l’actualité nous montre que si, l’annonce du congé maladie de Steeve Jobs (mauvais exemple j’en conviens, mais ça serait exactement pareil si Carlos Ghosn quittait Renault Nissan) a fait perdre 10% à l’action Apple, ça donne à réfléchir.

    Et pour finir, clairement, mon salaire n’est pas assez élevé ^^.

  2. Matt je vous accorde une augmentation de 15%.
    Non, non, ne me remerciez pas…
    A propos des rémunérations extravagantes des dirigeants, je trouve quant à moi quatre points choquants, au delà des montants, qui sont éventuellement justifiés par la contribution réelle des dirigeants en question (même raisonnement que pour les stars du foot)
    1 La rémunération est parfois maintenue, voire augmentée alors que le dirigeant a pris des décisions inappropriées, que l’entreprise va mal.
    2 Les parachutes dorés font que le dirigeant gagne… ou gagne. Alors que la rémunération exorbitante est censée rémunérer en partie le risque.
    3 Les dirigeants ainsi payés sont parfois très durs en ce qui concernent l’évolution de la rémunération de leurs collaborateurs (je ne parle pas du petit cercle de leurs féaux immédiats)
    4 Enfin, la transparence n’est pas toujours au rendez-vous, en partie, et là je vous rejoins, parce que le niveau de ces rémunération n’est pas facile à justifier.

  3. N’oublions pas les différences inadmissibles de salaires à compétences égales entre les femmes et les hommes. Les femmes travaillent la plus part du temps pour un salaire inférieur à celui d’un homme au même poste et ce pour des raisons purement discriminatoires et illégales.

  4. Je pense que le sujet des inégalités H/F est encore un sujet différent. Mais je suis en effet tout a fait d’accord avec toi Lucie.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires