301 Moved Permanently

301 Moved Permanently


nginx
novembre 2010
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

Réseaux sociaux et devoir de réserve

publié le 29/11/2010 par dans Afficher dans Marché, Emploi, Vie en entreprise

Un conseil de Prudhommes a jugé conforme le licenciement de salariés d'une grande entreprise de services pour avoir tenu, sur Facebook, des propos très critiques sur leur entreprise. Rue 89, à qui on ne peut, certes, pas reprocher sa collusion avec le monde des entreprises, a relevé d'autres cas de figures du même acabit. Les propos justifiaient-ils cette sanction ? Je n'en sais rien et ce n'est pas mon propos. Je voudrais en revanche faire quelques remarques plus générales sur le sujet, des liens et obligations que nous avons vis-à-vis de notre employeur, en dehors du travail à accomplir au sein de la structure. La première de ces obligations est la loyauté. Ne pas nuire à l'image, à la gestion, aux intérêts de son employeur, en aucune façon, ni dedans, ni dehors. Le caractère privé de ce qu'on dit est à considérer de façon très restrictive. Et en tous cas, évidemment, écrire quelque chose sur un réseau social qui se vante d'avoir des millions de connectés n'est précisément pas un propos privé. Dit autrement : ce n'est pas vous qui déclarez que votre échange est privé. Dès qu'une personne a répété ce que vous avez dit, ce n'est plus privé… Le risque ne se limite pas au licenciement. Si le préjudice est jugé grave, par exemple un employé qui aurait dénigré les produits de son entreprise auprès de clients  importants (et vous ne savez pas toujours où travaille le nouveau copain d'Audrey), l'employeur pourrait retenir la faute grave, voire la faute lourde, qui privent, l'une de préavis, l'autre d'indemnités de licenciement. Et réclamer à un tribunal civil des indemnités de réparation du préjudice subi… Invoquer la liberté de parole n'a pas beaucoup de sens. On est en effet tellement libre que rien ne nous oblige à rester travailler pour un employeur qu'on jugerait incompatible avec nos valeurs. Mais si on y travaille, voilà, il faut éviter de lui porter tort. Sur ces questions  voyez cette vidéo sur TVdroit.fr D'ailleurs, d'une manière plus générale, dire du mal d'une structure, quelle qu'elle soit, vous expose évidement à ne pas vous en faire très bien voir. N'insultons pas l'avenir, on ne sait jamais quand on recroisera ces gens-là ni dans quelles conditions ! Réciproquement l'employeur, vis à vis de ses salariés, doit se conduire de façon respectueuse, ne doit pas leur demander de commettre des délits,  leur nuire ou porter atteinte à leur image, etc.. La justice (du travail, civile, pénale) est là pour faire respecter ces obligations et protéger les salariés. Il est clair que les positions sont dissymétriques : le salarié a plus à perdre, se sent moins puissant que l'employeur et souvent il est moins bien informé de ce qu'il peut faire. Mais pour l'essentiel, je voulais juste vous inciter à la plus grande prudence lorsque vous vous exprimez sur la toile.

Commentaire(s)

  1. La prudence, c’est vrai, quand on constate que le blogueur ne maîtrise pas la langue française dans le célèbre « vis à vis » privé de ses deux traits d’union.

    Un licenciement ?

  2. Excusez-moi, Orthographe, je suis en effet fautif. Peut-être d’ailleurs est-ce l’accumulation de fautes, au fil des billets, qui vous a agacé ?
    Vous aurez noté d’ailleurs que dans celui-ci j’ai écrit une fois « vis-à-vis » et une fois « vis à vis ».
    Votre critique est d’autant plus méritée qu’un jour, pour attaquer avec l’arme de l’ironie un site qui « vend » des stages, j’ai moi-même, moi qui suis, on le voit, loin d’être un modèle, proposé ici un concours dont le gagnant serait celui qui aurait trouvé le plus grand nombre de fautes d’orthographe sur le site en question…
    Ayant relu au moins 4 fois ce commentaire je le publie dans l’espoir qu’il ne contient aucune offense à la langue française.

  3. Bonjour M. Blanc,

    Je trouve qu’il y a trop de raccourcis et d’approximations dans cet article :
    – Il n’est pas évident dans cet article de distinguer ce qui relève de l’obligation légale de l’incitation morale.

    – La phrase « écrire quelque chose sur un réseau social qui se vante d’avoir des millions de connectés n’est précisément pas un propos privé » est à peu près équivalente à écrire « envoyer un email sur internet alors que le monde compte maintenant 2 miliards d’internautes n’est précisément pas un propos privé » . Ce n’est pas parce qu’un message est diffusé sur facebook qu’il est accessible par tout le monde.

    – La phrase « Dès qu’une personne a répété ce que vous avez dit, ce n’est plus privé… » s’applique à toute conversation, y compris celle que je peux avoir avec ma femme le soir.

    – Les propos n’ont pas été tenu contre l’entreprise mais contre certains de ces employés.

    – Il peut être délicat pour un employé de refuser une requête « d’ami » ou une invitation au groupe « j’adore mon entreprise » venant des RH ou d’un supérieur hiérarchique. Alors qu’il existe des réseaux sociaux « professionels » plus adaptés pour cela (Viadéo, Linkedin).

    Mon avis n’a que très peu d’importance et je suis plutôt d’accord avec la conclusion, mais je considère que le problème posé méritait plus de rigueur.

    Cdt,

  4. @ Romain
    Décidément ce billet ne me rapporte que des pans sur le bec.
    Oui, il y a dans ce billet des raccourcis et des approximations. Mais c’est aussi un peu la nature de ces billets, que d’être plutôt des notes un peu légères, comme ça.
    Voici néanmoins mes réponses aux questions que vous posez:

    Vous dites, Romain : « Il n’est pas évident dans cet article de distinguer ce qui relève de l’obligation légale de l’incitation morale. »
    Je n’ai peut-être pas été assez clair. Si la notion de « loyauté » est sujette à interprétation, comme beaucoup d’autres, la loyauté vis à vis de son entreprise est bel et bien une obligation légale. Elle est évidemment conditionnée par la loyauté de l’employeur à votre égard ou la légalité de ses actes; se défendre contre une déloyauté ou dénoncer un délit n’est sans doute pas illégitime.Tout est dans la qualification des faits.

    – « La phrase “écrire quelque chose sur un réseau social qui se vante d’avoir des millions de connectés n’est précisément pas un propos privé” est à peu près équivalente à écrire “envoyer un email sur internet alors que le monde compte maintenant 2 milliards d’internautes n’est précisément pas un propos privé” . Ce n’est pas parce qu’un message est diffusé sur Facebook qu’il est accessible par tout le monde. »
    Votre réseau Facebook peut être plus ou moins ouvert. Les gens avec qui vous partagez sur ce réseau peuvent avoir une politique de diffusion très large, reproduire vos propos. Au contraire, il est je crois à peu près admis que les caractéristiques du courrier postal s’appliquent peu ou prou au courriel. En particulier que le message ne s’adresse qu’aux personnes expressément désignées. Transmettre un courrier que vous avez reçu sans l’accord de qui vous l’a adressé revient à photocopier et publier une lettre qui n’était destinée qu’à vous. A ma connaissance cela ne peut s’appliquer à Facebook ou autre réseau social, privé ou professionnel.

    – La phrase “Dès qu’une personne a répété ce que vous avez dit, ce n’est plus privé…” s’applique à toute conversation, y compris celle que je peux avoir avec ma femme le soir.
    Vous pouvez plaider qu’en en parlant avec votre femme vous êtes resté dans le strict cadre de l’intimité familiale; je me suis mal exprimé, je vous l’accorde. j’évoquais le cas où vous vous trouvez en présence de quelqu’un qui pourrait se trouver, à votre insu, en position de profiter de vos propos. Et j’affirme que dasn ce cas c’est à chacun d’être prudent. Sauf cas particulier (elle est journaliste ou travaille chez un concurrent) vous pouvez penser que votre propre femme va garder pour elle les propos « délicats » que vous avez tenus en sa présence.

    -« Les propos n’ont pas été tenus contre l’entreprise mais contre certains de ces employés. »
    Contre un ou des managers, nuance… c’est un peu le système quand même. En plus je ne voulais pas me prononcer sur le fond de l’affaire, qui est compliquée et dans laquelle un jugement en appel pourrait bien infirmer celui de première instance.

    – « Il peut être délicat pour un employé de refuser une requête “d’ami” ou une invitation au groupe “j’adore mon entreprise” venant des RH ou d’un supérieur hiérarchique. Alors qu’il existe des réseaux sociaux “professionels” plus adaptés pour cela (Viadéo, Linkedin). »
    Pas mal d’entreprises ont une politique de présence sur Facebook. Invité à un de ces groupes, on peut en rester à des propos courtois et dans ce cas on n’est pas responsable de ce qu’écrivent les autres. Voyant quelle tournure prennent les échanges on peut aussi s’en retirer. Le juge, s’il est saisi, fera bien la différence. On n’est pas dans l’Europe de l’Est des années 50 décrite dans l’Aveu ou les bouquins de Kundera !

  5. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre de façon aussi complète. Beaucoup de points s’éclairent :)

    Je suis curieux de voir comment les institutions vont-elle interpréter le nouveau service de messagerie de facebook à mi-chemin entre le réseau social, le chat et l’email.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires

301 Moved Permanently

301 Moved Permanently


nginx