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Le stage, bonne ou mauvaise affaire ?

publié le 01/06/2010 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Stages

Sur TF6 une série de téléréalité met en scène des candidats prêts à tout (c’est dit ou suggéré plusieurs fois dans les vidéos de teasing) pour obtenir… un des 4 stages mis en jeu. Je n’ai pas vu ces émissions, je ne peux pas en faire un commentaire. Mais reconnaissons que cette compétition, présentée comme acharnée, laisse un peu songeur.

Les stages complètent la formation et facilitent l’accès au 1er emploi, tout le monde le dit, y compris « génération précaire« , qui lutte depuis 5 ans contre les  abus en matière de stage et le « non-statut » des stagiaires au regard du code du travail.

Je vous invite, le cas échéant, à appliquer cette grille de lecture aux stages qui vous sont proposés.

  • Certains me semblent très longs (6 mois ou plus); qu’est-ce qui justifie ce temps sur le plan pédagogique ?  N’oublions pas que ceux qui ont besoin de travailler pour financer leurs études sont dans des situation très difficiles au moment de ces stages; ils ne peuvent plus travailler « à côté », le stage étant à plein temps, mais les indemnités ne leur permettent pas de survivre sans aide.
  • Certains me semblent requérir du candidat une réelle maîtrise de la fonction. Quel apprentissage supplémentaire l’employeur propose-t-il dans le cadre d’un stage ? L’expérience s’acquiert dans un emploi.
  • Certains ont un contenu flou.
  • Certains portent sur des actions très exceptionnelles. Elles sont certes valorisantes mais peut-être pas de l’ordre de ce qu’on confiera ensuite à un débutant dans la fonction (un audit de la stratégie de com, par exemple). C’est tentant, mais ça peut être illusoire.
  • Au contraire, certains stagiaires vont exercer une fonction dans ses aspects les plus quotidiens. C’est une bonne préparation à l’emploi, mais il faudrait aussi une prise de recul, une compréhension plus globale.
  • Enfin, il y a me semble-t-il un lien entre la rémunération proposée et la durée du stage. Après trois à cinq mois de stage, il me semble qu’on devrait presque systématiquement passer dans un statut salarié.
  • Enfin, essayez de rencontrer celui qui sera votre tuteur et écoutez comment il envisage sa mission.Un stage sans un (bon) tuteur n’est pas un vrai stage.

Un stage, oui, c’est capital, mais pas n’importe quoi.

Commentaire(s)

  1. Les stages sont notre seul liens avec le monde de travail. Il est normal de les valoriser en entretien.
    Il est aussi vrai que quels que soient notre diplôme et notre nombre de stages, quand on débarque sur le monde de travail on a TOUT à apprendre.
    Il n’est donc pas forcément judicieux de s’attacher à trouver une réplique (en CDI) de ces stages.
    Parfois les atouts d’une formation sont recherchés dans un domaine totalement différent de celui pour lequel la formation a été initialement pensée.
    J’ai une formation d’ingénieur et j’ai été embauchée en marketing. Et ma foi, j’en suis ravie.
    Merci encore pour votre blog :)

  2. Etant depuis peu sur le marché de l’emploi (1 ans) et ayant comme la plupart des étudiants de mon cursus suivi deux stages de 6 mois, je suis tout à fait d’accord avec votre analyse.

    Cependant un autre point essentiel est à retenir : Qui sera mon N+1?
    Quels est sont pouvoir de decision et donc d’application des idées du stagiaire dans l’entreprise. Quels responsabilités est-il prêt à donner au stagiaire? etc.

    Je dis cela car mon sujet de dernier stage était plutôt batea,u mais j’ai eu un supérieur qui m’a réellement fait confiance et m’a permis de réaliser de nombreux projets en parralléles dans l’entreprise. Ceci était réellement une expèrience professionnelle puisque j’ai eu clairement un rôle de responsable et j’ai eu la change de manager de nombreuses personnes.

  3. Je suis aussi tt à fait d’accord avec cette analyse!!
    Je suis en stage depuis près d’un an (au 30 juin), j’occupe un poste à part entière, n’ai pas de tutrice, et suis rémunérée 389 euros par mois (à ce taux là, pas de tabou on peut en parler). Dans le domaine de la communication, en agence qui plus est, où le taux de turn over stagiaire est plus important que nul par ailleurs!!

    Aujourd’hui mon « employeur » peine à me dire si il m’embauchera ou non… après un an!!

    Autant dire que je suis juste démotivée, à l’aube de mon entrée dans la vie active!

    D’où ma présence sur ce site ce matin!! Viiiiite il faut que je me trouve autre chose!!

    Au passage, merci pour votre regard sur ce monde si instable qu’est le marché du travail!! ça aide à relativiser!

  4. Il est proprement scandaleux
    que vous ne dénonciez pas en hauts lieux
    pas l’idéologie néo-libérale du stage,
    l’esclavagisme contemporain…
    résurgence lointaine d’un fascisme d’Etat.

    Et vous osez vous interroger
    « Bonne ou mauvaise affaire » ?

    Le stage est la nouvelle prostitution
    du monde contemporain pour les jeunes,
    vos enfants,
    mes frères,
    mes soeurs..

  5. Comme vous y allez Pêche ! Vous employez des mots un peu ..

  6. J’ai réalisé un stage de 6 mois de fin d’étude d’ingénieur en 2009 et je suis navré de confirmer la description que fait « pêche » sur la dégradation des conditions statutaires et de travail des stagiaires en entreprise.
    L’attitude de mon entreprise en générale et de mon tuteur en particulier a été particulièrement scandaleuse : sur le plan relationnel, managiérale, matériel, et économique.
    Alors que j’ai clairement dénoncé ces excès à mon école, loin de jouer son rôle de médiateur, on vous demande de ne pas faire de vague, en fait on vous fais comprendre : travaille gratuitement et tais-toi !
    L’étudiant se retrouve pris en otage entre l’entreprise et l’école, sans recours possible … et ça évidement on évite d’en parler au 20h00 ! ! !

  7. Hop là Zozo, c’est bien vague, tout ça. Qu’est ce que vous appelez « particulièrement scandaleux » ? Nous avons besoin de savoir, ne serait-ce que pour éviter de tomber dans le piège la prochaine fois. Décrivez-nous les choses avec précision; vous n’êtes pas obligé de citer l’entreprise si vous craignez les représailles.

    Les stages sont en principe encadrés par une convention, qui elle-même doit respecter la Loi. On peut trouver que la rémunération légale est scandaleusement basse, mais on ne peut pas demander à l’école et moins encore à l’entreprise de la réformer. En revanche, le stage gratuit est interdit. Pour le reste, puisque
    vous avez demandé à l’école une médiation qui vous a été refusée, vous devez, à mon sens, au contraire, exposer le plus clairement possible les choses sur la toile, afin que vos successeurs ne tombent pas dans les mêmes panneaux.

    Utilisez pour cela les forums, les sites comme « meilleure entreprise » par exemple, ou ceux qui permettent de noter les stages.
    Mais voyez comme le vocabulaire est important. Parler de fascisme, de prostitution, à mon avis affaiblit le propos. Rester factuel, au contraire, le renforce.

    N’oubliez pas non plus la dimension « interaction » dans le mauvais climat entre le stagiaire et ses responsables dans l’entreprise. Deux stagiaires dans la même entreprise peuvent avoir des conditions très très différentes selon la qualité de la relation.

  8. Les expertes en ressources humaines m’ont dit que le stage primait tout type de diplôme. Que le fait d’avoir tenu la buvette lors d’une soirée d’ étudiants était presque plus valorisant pour l employeur qu’un master de droit,qu’il fallait le mettre dans son CV avant les diplôme.

    C’est tout une philosophie des « ressources humaines »appellation horrible,un peu comme le « trophée du capital humain »qui a ete crée pour récompenser les entreprises…
    En Angleterre on peut avoir une licence de latin et être recruté dans la banque. Le diplôme est considéré comme prouvant les capacités du jeune recruté.

    En France le système n’accorde presque aucune valeur aux diplômes universitaires,il en est de même des professeurs de faculté:on ne les entend jamais dans les médias,il n y en a que pour les écoles de commerce et science-po.

    Pas étonnant dans ce cas que les entreprises usent et abusent des stages,car seul eux ont de la valeur pour les recruteurs,et les infractions au droit du travail,faute de moyens ne sont pas sanctionnées.

    C est donc la société civile,comme génération précaire, qui doit s’y coller. En plus il faut obtenir une convention avec sa faculté,ce qui complexifie l’ affaire,si ce n est pas le cas en cas d accident du travail votre assurance ne jouera pas.Bref,comme vous le dites,pas simple.

  9. Zaza, je ne sais pas qui sont vos expertes, mais à mon avis vous devriez en changer. En France, beaucoup regrettent au contraire le poids excessif donné aux diplômes dans le recrutement, et le clonage qui va avec. Ainsi les autodidactes se sentent-ils bien mal traités.
    De même, je trouve que vous exagérez à propos des profs de fac qu’on n’entendrait jamais sur les médias. D’ailleurs ce en sont pas des profs si différents, dans les écoles de commerces et les IEP. Ils ont les même diplômes et enseignent assez souvent aussi en fac, pas forcement en même temps.
    Mais je comprends que ce que vous voulez dénoncer, c’est l’excessive importance accordée à la spécialité. Oui, on pourrait engager dans les entreprises des grammairiens et des philosophe pour leur raisonnement logique, les historiens pour leur capacité à analyser et à mettre en perspective les situations et les évolutions, les matheux pour modéliser, les biologistes pour leur capacité à observer expérimenter et rendre compte…
    Mais reconnaissons que les diplômés de ces disciplines souhaitent, eux aussi, faire de la philo, des maths, de l’histoire ou de la biolo, et pas participer au développement du busyness, activité souvent considérée avec un peu de méfiance, un peu sale.
    Quant aux stages, oui, ils ont de la valeur. Après tout, c’est presque le seul moyen, pour un étudiant, de se colleter avec les réalités de leur future vie professionnelle.
    (Je dis bien « presque ».)
    Si vous souhaitez aller en Angleterre, attendez-vous à une conception beaucoup plus « libérale » du contrat de travail. C’est plus facile et plus rapide, pour entrer… et pour sortir.

  10. Jean-Marie:

    pour y travailler en grande partie, je peux aussi vous dire qu’en ce moment, et depuis environ 2 ans, c’est quand meme plus facile de sortir au Royaume-Uni que de rentrer…

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