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Un CDD décevant pour Marie… quelles leçons en tirer ?

publié le 11/02/2010 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Galère, Passer un entretien, Quel job pour moi?, Vie étudiante

Je publie ce commentaire, intéressant à plus d’un titre, avec mes réponses. (en gras)

Marie a été  virée pendant sa période d’essai. Sa formation en Agroalimentaire complétée par un mastère en «Management de projets»,  elle a fait un remplacement de congé maternité en CDD de 6 mois  qui s’est bien passé.

Ce qui nous occupe c’est un nouveau CDD, pour le même poste, dans une entreprise concurrente et qui  s’est mal terminé. Elle a été recrutée  en raison de ses « 6 mois d’expérience » et de sa « personnalité ».

=> Une première remarque : je ne comprends pas ce que veut dire cette affirmation. Ce n’est pas, en tant que telle, votre « expérience de 6 mois » qui vous a fait recruter. Est-ce votre connaissance du process de production ? Votre maîtrise des difficultés de cette fabrication ? Ou simplement s’est-on dit « elle a acquis du sens pratique » ? Ou… un peu de tout ça ? Mais là dedans il y a – sans doute – un présupposé qui se révèle faux. 

Et quoi, de votre « personnalité » ? Comment apprécier si on a bien perçu qui vous êtes ?

Des précisions sur ces deux sujets dès la phase de recrutement aurait sans doute permis d’éviter la déception réciproque. On n’achète pas un chat dans un sac disait une de mes relations professionnelles.

« L’entreprise me reproche :
– Une mauvaise connaissance du process de fabrication du produit en question alors que j’avais 6 mois d’expérience dans cette fabrication. Je leur avais donné toutes les étapes de fabrication (demandé dès le 1er jour) mais cela ne suffisait pas, il fallait que je sois un catalogue avec tous les paramètres à chaque étape. Je leur ai donc répondu qu’il fallait que je connaisse d’abord bien leur process, que je prenne dans mes expériences des choses qui allaient leur servir et compléter l’amélioration du process en réalisant des essais pour adapter les paramètres sur place).

=> Vous confirmez ici ce que je disais plus haut : il y avait une attente très précise derrière les « 6 mois d’expérience », une attente que, peut-être, « 6 mois d’expérience » ne suffisait pas à satisfaire. Votre réponse ici me paraît bonne, mais vous auriez du, dès lors, envisager de partir.

– Pas pragmatique (prétexte donné par mon chef : longue à aller chercher des cartons d’essais mais il y avait environ 50 cartons à dater du jour de fabrication et à identifier pour mieux les retrouver la prochaine fois ; le 1er jour que j’ai réalisé une série d’essais, j’en ai loupé 2/8 (je reconnais que j’aurais du faire attention))

=> Bon, ça c’est peut-être, en dépit de ce que vous dites, une déception que vous ne pouviez pas éviter. C’est vrai il y a des gens qui ont une rapidité et une précision d’exécution très satisfaisante pour leurs employeurs. C’est souvent le fruit d’une certaine maturité professionnelle, aussi. 6 mois c’est très peu.

– Théorise trop (mon chef n’a pas su me donner d’exemple concret, il m’a dit simplement que je cherchais trop à me raccrocher à des connaissances)

=> C’est aussi à mon avis le prolongement de la déception sur votre maturité professionnelle. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Je peux aussi en avancer une autre : les gens de production trouvent de toutes façons que les gens de qualité sont trop théoriques. Entendez : pas assez « compréhensifs » (laxistes) vis-à-vis des aléas, des « aménagements » par rapport aux normes.

En gros, j’ai senti qu’il fallait que je sois opérationnelle dès la 1ère seconde, comme si j’avais 3-5 ans d’expérience, que je sois un catalogue sur le process du concurrent.

=> Oui, et donc il était important que vous fixiez les limites. Mais aussi que vous vous engagiez de façon ferme.

OK je ne suis pas la meilleure du monde mais je me suis impliquée à fond pour essayer d’avoir du résultat le plus rapidement possible.

=> Voir ci-dessus. Un engagement plus modeste mais ferme vaut mieux que les protestations de bonne volonté. Imaginez : vous êtes dans un avion, pas trop tranquille déjà, et le pilote dit « nous allons essayer d’atterrir. » Bof.

Car les moyens de pressions ne manquaient pas du genre “Vous savez ici on est très exigeant, vous savez ici on est performant !”

=> Bonjour l’ambiance. Mais ce sont des paroles. Voir sur le blog la note  Méta modèle et Milton modèle. Il y a des chances pour que ceux qui profèrent ce genre de paroles soient en réalité plutôt ringardisés. Mais je reconnais qu’il faut de l’assurance pour ne pas le prendre comme de la pression. La prochaine fois, faites préciser sur quoi porte cette exigence, qu’est-ce qu’il entend par là, que pouvez-vous faire pour vous y conformer ? Idem pour la performance. Prenez les au mot : Puisqu’ici on est exigeants (pas « vous », « on », vous en êtes), on doit améliorer les choses comme ceci et comme cela…

Mon chef m’a dit que je disais des inepties quand je lui suggérais des améliorations à faire (quand il a su que la concurrence faisait pareil, il s’est dit que ce n’était pas une mauvaise idée). Avec du recul, il y a plein de signes, quand j’étais sur place, qui me font dire qu’ils ont essayé de m’extirper le maximum d’informations et de faire de l’espionnage industriel.

=> Au fond, c’était le deal ; vous venez de la concurrence, vous venez donc donner des informations, des suggestions venant de cette concurrence pour qu’on s’en serve, non ? Ne soyons pas naïfs. Mais cette « ponction » doit au minimum avoir un retour. Ici vous vous êtes laissée bousculer. C’est une technique de manipulation assez classique, de culpabiliser, houspiller, pour mettre la personne (de préférence une jeune personne, qui déjà doute un peu d’elle) en position de ne plus réfléchir, de ne prendre aucun recul, de faire tout ce qui lui est demandé, y compris ce qu’elle ne voudrait pas faire.

Aussi, je me sens flouée car je leur ai donné trop d’idées sur le process de fabrication et l’entreprise a eu une façon expéditive de me virer.

=> Oui, vous résumez bien. Vous avez vidé votre sac sans pouvoir démontrer la plus value que vous aviez en tant que collaboratrice, pas seulement en tant que « carnet de notes vivant ».

Mes questions après toutes ces explications sont : Comment sortir de cette expérience ?

=> L’analyser dans le détail, dans le prolongement de ce que j’ai suggéré. Poser comment vous avez participé à votre propre maltraitance.

Comment ne pas perdre sa confiance en soi, repartir sur des bonnes bases ?

=> Difficile à dire. La confiance ne se décrète pas. Il faut analyser ce que vous avez fait de bien, d’efficace dans vos différentes périodes. Voyez dans Novapec, vous y trouverez  de quoi analyser vos réalisations.  Pensez aussi à toutes vos connaissances.

Comment être sûr de ce pourquoi on est fait ?

=>Moi je ne le sais pas, me concernant, en tous cas. Vous êtes sans doute faite pour plein de choses différentes ? Vous apprendrez petit à petit ce qui a de l’importance pour vous, ce que vous voulez éviter ou fuir, ce qui vous apporte de la satisfaction. Constatez (constater ce n’est pas pareil que « penser » ou « juger », ou « croire ») ces éléments et collectez-les. Mais ce n’est pas, sans doute la description d’un métier, d’un produit. Ce sont des éléments plus génériques que ça : équipe, voyages, relations, qualité, extrusion, est-ce que je sais ?

Comment bien sonder le terrain lors des entretiens pour ne pas recommencer ce genre d’expérience ?

=> Je crois avoir répondu à cette question. Mais surtout, on peut affirmer que cette expérience n’a en rien abimé vos compétences,  votre tempérament, en rien amoindri votre énergie et vos capacités en général.

Il faut apprendre à travailler avec des gens pas aussi clairs que vous ne le voulez, pas aussi droits, cleans… Mais vous n’êtes pas parfaite non plus, je suppose. Ils vont aussi devoir composer avec vous… La clarté, la relation d’adulte à adulte, ça peut agacer certains au début, les dérouter, mais c’est gagnant.

Commentaire(s)

  1. Bonjour,
    J’ai vécu moi aussi une expérience à peu près similaire et j’ai été touchée par le message de Marie.
    Alors que j’étais embauchée dans une multinationale depuis 1 an et demi, on m’annonce qu’avec la crise mon CDD ne pourrait se transformer en CDI et que mon poste de responsable communication interne serait supprimé.
    Après 6 mois de chômage, je finis par accepter un poste d’employée dans une école privée pour m’occuper des relations internationales. Le poste était resté vacant pendant 1 an et demi avant mon arrivée. Bien que le poste soit payé la moitié du précédent, la mission semblait intéressante et pouvait « soit disant » évoluer vers plus de responsabilités et un salaire plus élevé.
    A mon entrée dans les lieux, le directeur de l’école me donne une semaine pour reprendre le poste, les contrats, le cadre législatif des échanges, tout ce qui a été fait depuis les 3 dernières années, de connaitre par coeur tous les programmes scolaires français et étrangers… (pour 5 BTS…) … un travail colossal pour quelqu’un qui n’est pas du secteur et d’un métier différent…
    A la fin d’une semaine, je parviens à comprendre le cadre général du poste et me prévois des directives pour l’année. Je présente mon travail à mon directeur qui estime que cela ne suffit pas. Pour la semaine suivante, je dois détailler toutes mes actions (présentations ppt, événements organisés sur l’année, avoir revu les contrats d’échanges…).Bref faire le travail d’une année en 1 semaine alors que je maitrise mal le sujet. Je fais mon maximum mais je ne parviens pas à tout faire. Mon directeur me menace « de me virer » si je ne me montre pas plus efficace. Efficace, j’essaye de l’être mais il me met des bâtons dans les roues… Alors que je j’avais prévu de me présenter aux élèves (moi+ma fonction), il annule tout le jour même en prévenant les professeurs avant moi, en prétextant que je n’étais assez « sexy » pour me faire entendre. Il me mettait dans l’incapacité de commencer mon travail avec les élèves ce qui était crucial pour mon poste. Ce genre de comportement a continué pendant 2 mois. J’ai songé à partir de l’entreprise dès la fin de la première semaine et avait repris mes recherches car je m’étais aperçue qu’aucune évolution de poste n’était possible. Mais comme je ne parvenais pas à décrocher d’entretien, je restais.
    Mon chef, en plus d’être exécrable avec moi l’était vis à vis de tout son personnel (qui était exclusivement féminin). Les insultes pleuvaient et les rendez-vous devenaient une torture malgré les efforts que je montrais à développer les relations universitaires. Nous faisions largement plus de 35h, et travaillons les week end sur des salons (sans récupération).
    Après 2 mois, la DRH me fait signer un avenant à mon contrat pour prolonger ma période d’essai (une formalité qu’elle faisait signer à tout le monde).
    15 minutes après avoir signé mon avenant, mon chef m’annonce que puisque je ne l’aime pas, il a décidé de me virer. Et que si je n’étais pas lesbienne (ce qui n’est pas le cas) nos rapports se seraient surement mieux passés… Il m’a sommée de ne plus mettre les pieds dans son établissement sans même me faire signer de documents pour confirmer mon licenciement.
    <p>Après ces 2 mois, j’avais posé tous les jalons pour développer les échanges (conventions en cours, présentations, journées d’informations auprès des élèves, visites de partenaires en France…) et faire partir les élèves (processus et formalités de départ vers les pays concernés…).
    Jusqu’aujourd’hui, je n’ose pas parler de cette expérience lors de mes entretiens de peur que les recruteurs ne pensent que je suis quelqu’un de difficile à manager ou qu’ils ne me demande des détails qui me mettent mal à l’aise.
    J’ai l’impression qu’on m’a menti lors de l’entretien, il n’est pas facile de savoir vraiment ce que veulent les employeurs. Et même si l’on comprend rapidement que le poste n’est pas fait pour nous, il est difficile de démissionner au vue du contexte économique actuel…