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Le piège de l’engagement

publié le 08/02/2010 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Quel job pour moi?

Dans le « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens« , amusant et très intéressant, on trouve beaucoup d’exemples de la façon dont nous nous piégeons nous même, en nous imposant l’obligation d’être « cohérents », fidèles à nos pensées, y compris quand elles n’ont plus beaucoup de sens. C’est ce qu’on appelle l’engagement.

Joule et Beauvois

Exemple : aux Etats-Unis, des étudiants se prêtent à des expériences pour la fac de socio. C’est leur gagne-pain. On leur propose de choisir entre l’expérience A, plutôt facile et agréable, mais mal payée, et la B, plus compliquée et pas amusante, mais qui paye mieux. Quelques temps après, on annonce que finalement l’expérience B ne sera pas mieux payée. Et on les laisse libres de choisir l’autre, plus amusante. Eh bien la majorité confirment leur choix. Ils se sentent engagés, surtout vis à vis d’eux.
La mécanique qui nous conduit à nous accrocher à nos décisions, à justifier nos actes, est un piège. Obligés de tenir un discours plus ou moins contraire à nos convictions, nous aurons tendance à modifier, parfois profondément, nos opinions, pour les mettre en cohérence avec nos actes (en l’occurence, un discours).

Le piège peut être amusant : qui n’a pas attendu longtemps un bus qui ne se montre pas, chaque minute supplémentaire devenant une raison de plus de patienter (au lieu de partir à pied ou de prendre un des nombreux taxis qui passent). Certains vont dans un magasin acheter un produit dont ils ont moyennement besoin parce qu’ils bénéficient d’un bon de réduction. Mais le produit sur lequel porte la réduction n’est plus disponible et le consommateur en achète quand même un autre, sans réduction. Peu importe le déclencheur de cette décision, elle est intériorisée et acheter le produit c’est simplement s’y conformer.

Paradoxalement, le sentiment de liberté est essentiel pour que le « piège abscons » se referme sur nous efficacement. Les étudiants qui ont été amenés à prendre deux fois, en toute liberté, la décision de faire l’enquête B seront moins nombreux à se désister au dernier moment que ceux qui ont choisi une seule fois l’enquête A…

A quoi croyez-vous que je pense en vous racontant ça ? Quelle application à votre situation de jeunes diplômés ?

Commentaire(s)

  1. […] ça ira mieux. » On se trouve des excuses, on est piégés. On appelle ça en fait le piège de l’engagement, voici un exemple […]

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