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Quotas de boursiers : un faux débat

publié le 12/01/2010 par dans Afficher dans Marché, Etudes et argent

J’ai hésité à commenter cette affaire de quotas de boursiers dans les grandes écoles, parce qu’il me semble que c’est un faux problème.

Personne n’ose affirmer que la sélection par le fric et le niveau social sont les bon moyen de fabriquer des élites  et la plupart affirme au contraire que l’éducation est précisément le moyen d’atténuer sinon d’abolir les  privilèges sociaux et socio-culturels.

il faut donc bien qu’on permette à ceux qui en ont les capacités d’accéder aux filières d’excellence, via les bourses, dans des conditions satisfaisantes (peut-on vraiment aujourd’hui suivre des études juste avec le montant d’une bourse ?) et pour un un nombre suffisant, c’est à dire peut être au delà des 30 % des familles les moins favorisées, dont le revenu reste très en dessous du revenu médian : 1100 € par tête et par an contre 1700 (chiffres 2006).

Je l’ai déjà dit, je crois en une forme d’auto-censure : certains pensent que les grandes écoles ne sont pas à leur portée, quelle que soit la réalité de cette impossibilité. Il faut donc surtout faire savoir que le système d’aide existe, qu’il rend possible à chacun (vraiment chacun!), s’il le mérite, de suivre ces études « chères ».

Bref si tout le monde est d’accord pour promouvoir le mérite, la question de savoir qui doit payer divise beaucoup plus.

Le débat sur les quotas ne va pas vraiment dans ce sens à mon avis, puisque si l’information est insuffisante il y aura peu de candidats à ces places de boursiers et ils seront donc plus facilement admis que les non-boursiers. Si au contraire on en fait la promotion correctement il y aura beaucoup plus que 30% de candidats (encore une fois leurs familles représentent bien plus que 30 % des familles françaises) et alors ils entreront moins facilement que les 70% de jeunes issus, disons, des 10% ou 20 % de familles les plus aisées. Inéquité assurée.

Plus gênant encore, la débat sur le concours, dont  la nature favorise ceux qui maîtrisent  la « culture générale » qui est celle de la « classe dominante« . Or, si la nature du concours n’a pas changé, la proportion de boursier dans les écoles a diminué. Cela pose la question de savoir pourquoi la nature de ces concours défavorise aujourd’hui certains jeunes plus qu’hier ? et d’ailleurs aussi pourquoi la proportion de boursiers et beaucoup plus importante à Normale Sup ou à Sciences Po, qui ne sont pas les bastions avancés de la lutte contre les « humanités ». On nous aussi dit que cette  matières posent aussi problème dans les concours de la fonction publique…  En tous cas, c’est à l’enseignement primaire et secondaire que revient la charge de conférer à tous les enfants une familiarité minimum avec cette fameuse culture générale . Faut-il renoncer à cette idée qui est au cœur de notre imaginaire socio-culturel ?

Commentaire(s)

  1. J’ai une approche interrogative de ce sujet:

    y-a-t-il reellement 30% de boursiers parmi les eleves de l’enseignement secondaire (ca fait presque un sur trois, ca me parait enorme)?
    est-ce que les boursiers du superieur sont reellement les plus defavorises?
    est-ce que les non-boursiers sont reellement plus favorises?

    Pourquoi choisir une solution si centralisee (l’attribution de bourses) pour regler des problemes differents pour tous.

    Etant issu d’une grande ecole de commerce, j’ai connu des eleves qui avaient obtenu un pret bancaire pour leurs etudes, une fois le concours passe. J’ai aussi connu des eleves de milieu tres favorises se faire etendre a l’ecrit (peu) comme a l’oral (beaucoup -la plupart pensaient que c’etait facile de rentrer, et les jurys d’oral de mon ecole sont connus pour prouver que c’est difficile)….

    je trouve ce sujet nettement plus complexe que sa solution toute faite, meme apres les indignations convenues…

  2. Fabrice, fidèle lecteur, bonne année !
    Il y a environ 24% de boursiers dans l’enseignement secondaire. Je vais faire un petit billet à ce sujet, pour compléter celui-ci

  3. Oui, c’est vrai, bonne année Jean-Marie!

  4. Dans ce cas, je conclue que toute formation prenant autour de 24% de boursiers du secondaire ne sélectionne pas socialement (en partant du principe que les boursiers du secondaire sont les vrais pauvres et que les autres categories sont représentées de la même facon.)

    Une formation en accueillant 30% discrimine donc sur les catégories non-boursières… Peut-etre faudra-t-il des quotas pour les riches en voie de paupérisation???

  5. C’est plus nuancé que ça me semble-t-il. J’ai écrit un billet là dessus qui passera lundi. [ajout du 15 janvier] Non, mardi

  6. Pour commenter ce qu’a dit Fabrice ainsi que le post je dirais ceci:
    Je trouve aussi ce sujet très complexe et ne pense pas qu’établir un quota d’élèves boursiers dans les grandes ecoles rétabliera une certaine égalité pour les raisons évoquées précedemment, mais d’autres aussi…
    Ayant moi meme tenté ne serait ce que de passer les concours j’ai remarqué plusieurs points à traiter à la base:
    Le coté familial.
    1.dans l’état d’esprit des parents « aisés » ou du moins pas défavorisés leurs enfants feront de toute manière de longues études
    2. feront les meilleures études (d’où la préférence d’une Grande école de commerce plutot que l’universitté pour faire de la gestion)
    A l’opposé, et je dis cela à titre d’experience personnelle : mes parents ne m’ont jamais dis/appris qu’il fallait bosser dur pour faire les meilleures études. Comment dire ? Je n’ai pas eu cette culture. Pour eux je devais faire le minimum. Point. Résultat : j’ai un dossier moyen alors qu’il aurait pu être exccellent au vue des facilités que j’ai toujours eu.
    Puis dans ma famille je suis celle ayant fait le plus d’étude pour le moment. Mais j’ai des pressions de la part de mes frères qui se moquent de ce que je fais, disent que mes études sont inutiles je crois plus par jalousie qu’autre chose. J’ai parlé à ma mère de ma volonté de faire le concours, puis de renter en apprentissage : elle m’a dit « A quoi ça va te servir ?? » Et m’a mis la pression pendant 2 mois pour m’enlever cette idée de la tête. J’ai alors continué à construire cette idée toute seule..sans le soutien moral et financier de sa famille c’est difficile.

    Donc après le coté familial il y a les couts, toujours à titre personnelle:
    1.il existe des prépas connues pour réussir ces concours, mais sont extremement chères pour moi étudiante boursière 5eme echelon. Je me suis alors dit : pas grave je bosse dur toute seule…mais
    2.il y a deja des livres que l’ont m’a pour cette année forcé à acheter pour mon université (les dernieres editions). Cela m’a couté 300 euros!! Ce qui fait que pour les livres « en plus pour le concours » je dois vraiment bien choisir, tellement que je ne peux pas diversifier mon entrainement et mon apprentissage pour le concours.
    Il y aussi l’importance de se tenir au courant de l’actualité et avoir une culture générale (en général pour soi meme, et pour le concours) Quand j’étais avec mes parents il y avait un journal,je m’étais donc toujours tenue au courant. Mais dans une autre ville pour mes études, j’ai demandé à ma mère si elle pouvait m’aider à financer un journal pour que je le recois : elle m’a dit non, à quoi ça va te servir ?? . Je l’ai financé entièrement moi meme mais ça a fait très très mal à mon compte en banque…
    3.le cout des oraux : c’est 50 euros par ecole pour un des concours si on veut passer les ecoles à l’oral !! 50 euros !!! C’est énOrme !!! C’est à peu près ce que je dépense pour manger pour 1 mois !!! Sans compter le transport pour y aller de l’ordre de 50 euros aussi aller retour !!!!!!!
    -de là je me suis dis bon pas grave je travaillerai pour financer tout ça..Oui sauf que ayant déjà travaillé l’année passée, mes études pour cette année (4 eme année gestion expertise comptable) me rendent IMPOSSIBLE la possibilité d’avoir un emploi à coté ! IMPOSSIBLE.
    -la période d’été pour travailler?==>Stage non rémunéré !! J’ai deja plusieurs années travaillé le samedi en plus de mon stage. Mais c’est très simple. Tout l’argent que je peux gagner (travail, Bourse) part dans mes études (livres extremement chères, transports, loyers etc)

    Tout cela pour dire que à la base faire les concours (juste vouloir les faire) demande un cout conséquent que tout le monde ne mesure pas forcément bien on dirait. Puis aussi les parents qui ne nous apprennent pas que bien travailler, se cultiver c’est la porte d’entrée à de très bonne etudes. Les bonne études d’ailleurs pour eux ce n’est pas le plus important. LE plus important c’est de finir les études le plus rapidement car cela signifie etre très vite autonome (et donc derrière un soulagement entre autres financiers).
    Un quota ? bof. Tout le monde doit avoir exactement les memes chances de reussir le concours, boursier ou non OR il y a un VRAI problème à la base. Le quota ne fait que juger sur des qualités qui n’ont rien à voir avec ce qu’il se passe vraiment derrière (l’éducation etc).

  7. @ « Quelqu’une qui voulait faire les concours »
    vous avez exprimé vos dificultés et je les comprends bien. votre commentaire montre qu’il faut passer plein d’obstacles pour mener sa barque jusqu’au « port » Bac + 5 et encore pire pour réussir ces sacrés concours. Au passage, s’il en est encore temps, je vous suggère de vous abonner aux éditions en ligne des journaux, qui sont beaucoup moins chères que le papier. Et aussi d’abuser des bibliothèques, pas seulement universitaires… Mais ce la ne change rien à ce que vous affirmez et avec quoi je suis absolument d’accord : « Tout le monde doit avoir exactement les mêmes chances de reussir le concours, boursier ou non « 

  8. Science Po, grandes écoles…Et après??
    Je comprends bien le problème : pas assez de boursiers dans les grandes écoles, et la solution proposée : les favoriser pour y entrer un peu plus facilement…Mais la suite c’est quoi? Se retrouver avec des étudiants issus de milieux favorisés, qui vont les rabaisser et les mépriser? Galérer pour décrocher le moindre stage? Plus tard, ne pas trouver de travail parce qu’on a pas le même « réseau » (moi j’appelle ça piston, mais chacun son vocabulaire) que les camarades? C’est super de vouloir les aider, mais il faudrait déjà commencer par changer les mentalités :actuellement il me semble qu’un jeune issu d’un milieu peu favorisé ne sera JAMAIS accepté parmi les « puissants », et dans le même temps risque de se voir tourner le dos par ses copains de lycée. C’est un progrès ça?

  9. Alex, je crois que vous généralisez un peu vite. les difficultés d’intégration parmi des étudiants issus majoritairement d’un mileu différent. Mais s’il y avait 30 % de boursiers, avouez que la question se poserait autrement ! Et même avec seulement 10 %. Mon expérience, à Sciences Po, il y a très longtemps, c’est qu’il n’y avait pas un milieu mais plusieurs et que chacun, par conséquent pouvait tout à fait s’intégrer, s’il le voulait. Je ne prétends pas qu’il n’y en avait pas de non intégrés, mais je ne les ai pas vus et je peux supposer que c’était un phénomène plus psychologique que social.
    En revanche, je vous suis pour dire qu’ne c’est autre chose le réseau. Ce n’est pas impossible, mais ça demande de vrais efforts.

  10. Il serait temps également de définir ce que l’on appelle les grandes écoles et de revenir sur quelques idées préconçues :
    1. Non les classes préparatoires ne sont pas payantes (en règle générale)
    2. Non les classes préparatoires ne se concentrent pas uniquement dans les grandes villes où le loyer est hors de prix (si on n’a pas accès à l’internat) mais oui les chances d’être très bien figuré au classement est plus élevé dans ces établissements
    3. On peut faire une classe prépa avec 13-14 de moyenne en Terminale
    4. Les concours (pour les matières scientifiques du moins) ne comportent pas de part de « culture générale » discriminante
    5. Même sans avoir fait un séjour à l’étranger (avec sorties entre français et cours baclés), on peut avoir un niveau potable en langue étrangère et ramasser des points
    6. Il y a déjà 22% de boursiers dans les écoles d’ingénieurs
    7. La plupart des écoles d’ingénieurs sont « gratuites ».
    8. J’ai fait une école d’ingénieurs et mes parents ne sont ni Enarques, ni chefs d’entreprises, ils n’ont pas lu l’intégral de Camus, ne connaissent pas par coeur l’histoire de la Prusse Orientale ni la biographie de Schumann.

    Reste le problème du loyer et de la nourriture pour lesquels la CAF ne suffit pas toujours (surtout dans les grandes villes).

    Et quel intérêt de forcer l’entrée aux « Grandes Ecoles » si ensuite, ils n’ont pas de quoi vivre décemment ?
    Il faut d’abord réfléchir à ce problème sans que cela passe nécessairement par des aides (car par définition, celui qui sera juste au-dessus des plafonds n’en bénéficiera pas alors que sa situation sera également compliquée).

  11. Je suis tout à fait d’accord avec les commentaires précédents.

    Pour reprendre le point numéro 7 de Tengaar : effectivement, la plupart des écoles d’ingénieurs après prépa sont gratuites pour les boursiers (dès l’échelon zéro). Ce qui est loin d’être le cas des écoles de commerce ! Il me semble d’ailleurs (en tout cas d’après ce que je vois dans mon entourage) qu’on rencontre plus d’élèves de terminale qui renoncent à une prépa du fait du coût de la scolarité une fois en école dans les filières commerciales que dans les filières scientifiques.

    Et à propos du point numéro 8 et du commentaire de « Quelqu’une qui voulait faire les concours » : le milieu d’origine compte effectivement énormément. Certes, pas besoin d’avoir des parents énarques pour intégrer une grande école. Mais des parents indifférents voire moqueurs quant aux ambitions de leurs enfants sont un frein, même quand on a énormément de volonté. Et je ne vois pas comment on pourra passer outre ce genre de problèmes avec des quotas.

    Une question me vient : les proportions des CSP des élèves en grande école sont elles les mêmes que dans la population (en général, ou chez les lycéens) ? Certaines CSP sont-elles sur/sous représentées ? On peut faire des quotas pour favoriser les boursiers, mais alors ce sera très certainement au détriment des CSP moyennes.

  12. On peut faire une classe prépa avec 11-12 de moyenne en terminale…

  13. A Jean Marie Blanc : oui j’ai souscrit à une offre spéciale de la Tribune 120 euros au lieu d’environ 300 je crois ! C’est à peu près le prix proposé pour un 100% numérique. Mais cela fait quand meme très très mal quand on sait que ce n’est ni pour manger (env 50e par mois), ni pour loger ni pour ni pour et qu’on a peu de moyen à la base ! Puis ma fac qui est quand meme en partie spécialisée dans l’economie etc ne propose MEME PAS de journaux economiques et financiers je trouve cela hallucinant alors qu’on en a besoin pour nos études ! Il est vrai que je n’ai pas pensé à me tourner vers des bibliothèques non universitaires..j’aurais peut etre dû..

    Tengaar : je ne savais pas du tout que les grandes écoles d’ingénieur étaient gratuites pour les boursiers ! Les écoles de commerce c’est bien différent !! Boursier ou pas de toute façon c’est payant et très très cher! cela peut débuter à 7000 euros jusqu’à 10 000 euros voire plus cela dépend des écoles ! Je trouve cela bien dommage qu’ils n’appliquent pas la meme chose pour les Ecoles d’ingé que pour les Grandes Ecoles de Commerce !

    Et oui il faut un très bon dossier puisque dans certaines écoles il fait partie de la notation pour les concours parallèles!

    Et quand je parlais des classes prépas c’est celles de prépa intensives qui nous préparent aux concours paralleles quand on est dejà dans le cursus universitaire! Il y en a qui sont très très bonnes pour très bien préparer aux concours (façon de rediger attendue, commentaires si erreurs qui permet de s’améliorer etc). Mais elles sont toutes payantes et très très chères (environ 1000 euros ça dépend des formules).
    Puis en sortant de ma terminale je voulais faire une prépa justement, mais ma mère m’a très fortement découragé en me disant que ça ne préparait pas à une profession !

    Bref. Je ne m’apitoie pas sur mon sort, mais j’ai réalisé dans mon parcours que pour ce qui est de faire des Grandes Ecoles de Commerce il est clair qu’il y a un sorte de chemin tout tracé à l’avance selon de quel milieu on vient et les moyens que l’on possède…Je trouve cela juste très dommage car cela encourage une sorte d’injustice que je ne supporte pas…

  14. Je souhaite dire a celle qui a un pseudo trop long qu’elle a tort de se decourager.

    Une grande ecole n’est JA-MAIS destinée à qui que ce soit, quel que soit son intelligence, son parcours, son milieu. Je ne connais personne qui y soit rentré ‘par hasard’, sans se battre, et sans un peu de chance (les trois ensemble, pas l’un OU l’autre).
    Je suis rentré dans mon école de commerce sans prépa (j’ai lu quelques livres, et je suis allé à des conférences organisées par les écoles, je suis allé dans des salons).
    En revanche, il est clair que ça se prépare, c’est beaucoup de travail, il faut savoir faire un travail d’introspection sur soi, travailler son image, etc, mais tout cela ne coute RIEN.

    vous semblez penser que les grandes ecoles sont dures pour vous, et tres faciles pour les autres. En realite, les concours sont tres durs pour presque tout le monde (et ceux pour qui ils sont faciles ne sont pas ceux que vous croyez: les betes a concours -style 5 premiers a polytechniques, sont rarement de milieux tres favorises. Parfois ils ont des parents profs, mais c’est tout… Pour en avoir cotoye, je pense qu’ils ont un vrai don a la naissance, un peu comme Zidane en foot, mais eux c’est en maths… A peine cultive plus tard, qui se revele en prepa).

  15. Pour répondre à Alex quand il parle des difficultés post concours quant à l’intégration des étudiants boursiers, et notamment de la difficulté de trouver des stages : je trouve que parler de piston systématique, y compris pour les stages, est une caricature.

    Je ne dis pas que le piston n’existe pas : bien sûr, certains élèves dont les parents / la familles / les amis de la famille sont dans de grandes boites, vont voir leur CV pris plus facilement, du moins pour le stage de 1ere année.

    Mais moi, j’ai intégré une école de commerce. Or dans ma famille, personne dans les grandes entreprises ou chez les « puissants » comme tu dis. mais des instits, des petits fonctionnaires, des employés ou personnel médical. Pour corser le tout, ils sont tous sur l’ile de la Réunion, tandis que je cherchais des stages sur Paris. Autant de dire que question piston : Niet, Nada !
    Ca ne m’a pas empeché de trouver à chaque fois des stages intéressants, simplement parce que j’étais motivée et que je mettais à profit le support offert par l’école (service des stages, atelier de rédaction de CV et de lettres de motivation) et les nouvelles technologies (sites d’annonces,…).

    Jamais je n’ai ressenti d’amertume vis-à-vis de ceux qui ont été pistonnés, car eux, le stage, ils ne l’ont souvent pas choisi (les parents l’auront fait à leur place) et le secteur ou le poste n’est pas forcément en phase avec ce à quoi ils aspirent. Moi j’ai fait mon chemin par moi-même, et non, ce n’était pas forcément plus dur !

    Pour ce qui est de l’intégration, j’abonde dans le sens de Jean-Marie Blanc : une école c’est plein de petites tribus, de groupes d’affinités en fonction des gouts, du mode de vie, des attentes vis a vis de l’école… Chacun y trouve sa place quel que soit le milieu d’origine ou le parcours !

    Du reste, je suis d’accord qu’il faut permettre à un maximum d’étudiants méritants, quel que soit leur milieu social, d’accéder aux études qui les intéressent et aux cursus qu’ils méritent, mais faut-il vraiment en passer par des quotas ? Je pense que tout se joue au collège et au lycée : c’est aux enseignants et aux conseillers d’orientation de faire entrevoir toutes les possibilités à tous le monde.
    Les solutions financières (bourses, prêts sur l’honneur ou à taux zéro ou très faibles, parfois même sans caution parentale, avance des frais de scolarité par l’école) existe pour les étudiants qui n’ont pas les moyens. J’en connais qui travaillaient à temps partiel à l’administration de l’école pour aider à financer leurs frais divers, à raison de quelques heures par semaine : mieux payé qu’un job au McDo, moins fatiguant et surtout plus conciliable avec les cours ! L’apprentissage est également une bonne solution, qui finance la scolarité & les frais de vie en donnant un plus un avantage certains : celui d’une expérience longue et approfondie en entreprise (pas juste un stage de 6 mois).

    Il y a clairement un travail à faire pour pousser plus d’étudiants de milieux modestes à étudier en grande école, mais les solutions pour les aider, une fois intégrés, existent déjà !

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