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Une histoire vraie

publié le 24/09/2009 par dans Afficher dans Méthode, Galère, Vie en entreprise

J’en ai été le témoin il y a des années.

L’équipe de l’Apec à Poitiers a été un jour sensibilisée au sort d’un ancien chef d’entreprise, condamné pour des délits économiques et emprisonné dans cette ville. En fin de peine, il se morfondait dans sa prison, et a eu l’opportunité de travailler à l’extérieur, pourvu qu’il rentre le soir dans sa cellule. Il était, disait-il, prêt à faire n’importe quoi.

Ma collègue M.C. lui a trouvé un job, très très modeste (pas facile de trouver un poste pour un tel profil), dans une petite entreprise qui vendait des fournitures pour des artisans, si ma mémoire est bonne. Le type avait pour tâche de préparer les commandes des clients et de les mettre dans leur véhicule. Il a accepté avec enthousiasme.

Le 2e jour, le chef d’entreprise, pas complètement rassuré, vient visiter son étrange nouvel employé dans le dépôt pendant l’heure du repas. Ils discutent du boulot et notre condamné commence à se montrer sous son vrai jour. Il fait remarquer que le circuit des commandes pourrait être simplifié, que si les produits étaient rangés autrement dans le dépôt on gagnerait du temps, et qu’il y a un moyen simple de promouvoir les nouveaux produits de l’entreprise pendant que les clients attendent qu’on charge leur véhicule.

Il faut être habile pour ne pas se faire envoyer paître, à ce moment là. Il faut questionner, avancer à pas comptés, faire découvrir la solution plutôt que de l’affirmer, etc. Mais là, ça a marché.

Le lendemain, notre homme est l’adjoint du patron, réorganise le commercial, développe les ventes sur place. Il réforme la gestion, trouve des fournisseurs nouveaux, fait des ventes à l’étranger, etc.

Cette histoire, véridique, je vous le jure, est évidement extrême. Tellement, d’ailleurs, que la fin est moins gaie, mais riche aussi en enseignements. Après quelques mois, le patron nous a appelé, disant :  » je ne  peux pas garder monsieur N. Il me fait peur, il est trop fort, il va me piquer ma boite. »

Le pire est que nous lui avons trouvé un autre  job, plus à sa mesure, dans une seconde entreprise, un de mes amis. Il a, lui aussi, déclaré forfait au bout de quelques mois.

Moralité : votre sort n’est pas scellé.

Qu’en pensez-vous ? Vous avez remarqué que je n’ai pas parlé de salaire ? J’ignore tout de cet élément.

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