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Faut-il accepter un job sous-qualifié? (réponse à Scrib et Fanche 69)

publié le 21/09/2009 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Vie en entreprise

En commentaire à un billet où je relativisais le lien diplôme-niveau de poste, histoire d’inciter à une attitude plus souple devant les opportunités du marché, Scrib s’insurge et il est rejoint par Fanche 69.

Ils soulèvent de vraies questions qui nous intéressent tous. D’abord  Scri. En gros, il dit 3 choses :

  1. Les entreprises abusent de la situation et s’offrent les services de bac + 5 pour des postes qui conviendraient à des gens bien moins bien formés, en les payant des clopinettes ;
  2. Comme en plus elles n’ont même pas la malice d’en faire des postes d’observation et d’apprentissage, ça n’est finalement utile à personne, le jeune embauché s’emm… et il n’apprend rien.
  3. Enfin, il y a une discrimination anti-jeune flagrante, qui conduit à leur faire faire les besognes les moins gratifiantes.

Tout de suite, soyons clairs, je l’ai déjà dit, il n’y a aucun ostracisme contre les jeunes, en France, bien au contraire, demandez à ceux qui ne le sont plus : il y a plutôt un jeunisme qui conduit à considérer la jeunesse comme une valeur.

Mais les recruteurs sont souvent tentés de privilégier les candidatures de personnes qui ont déjà une expérience. La part des jeunes diplômés dans les recrutements : en gros 20% quand ça va bien, 17-18% quand le marché est morose).

Certains sont aussi tentés d’user de la position dominante qu’ils croient avoir en période de crise, en proposant aux jeunes diplômés qui rament pour trouver un premier job un poste « sous-qualifié ». Je mets des guillemets parce que les postes de guichet, dont je parlais, ont été, dans certaines banques et à certaines époques, un passage obligé, comme le fait remarquer Laurent. Par ailleurs, celui qui connaît le métier de base de son entreprise est toujours plus fort que celui qui l’ignore (voir le commentaire de Noël et celui de Laurent).

Scrib a commis une imprudence dans son argumentation en prétendant: « En quoi ça profite à un bac+5 spécialisé en commercialisation de produits financiers de vendre un livret A à une grand-mère ? »

Il se trouve que la vente, et la formation à la vente est un de mes premiers métier. Vous avez tort, Scrib. Ca ne s’apprend guère dans les cursus d’enseignement supérieur, et ses mécanismes sont les mêmes pour la vieille dame que pour un cadre sup. ou un artisan, un commerçant, etc.

En fait il me semble que c’est une vision un peu naïve, pardonnez-moi, que de penser les choses sous le seul angle de l’aubaine immédiate (un bac + 5 pour le prix d’un bac + 2). En fait, le problème de l’entreprise, c’est de trouver et disposer de compétences de bon, voire de haut niveau; le niveau de diplôme ne garantit pas l’efficacité, même dans un poste sous-qualifié. Si vous avez à subir une prise de sang, préférez une infirmière à un médecin. Dans la notion de compétence, il y a la notion de performance dans un contexte précis. Passer par le guichet ne peut être un handicap de ce point de vue.

Mais vous avez raison de dire que l’évolution professionnelle de ceux qui sont entrés par cette « petite porte » n’est pas acquise d’avance. Cela fera l’objet d’un 2e billet.

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