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Au guichet, les bac plus 5 !

publié le 07/09/2009 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Ca recrute..., Quel job pour moi?, Vie en entreprise

Un échange avec Laurent et Cl m’amène à faire un point sur une question qui tracasse certains de vous. Telle banque organiserait une concurrence féroce entre les jeunes diplômés de tous niveaux pour finalement leur proposer un job « au guichet ».

Pourquoi une banque chercherait-elle à avoir plein de candidatures ? Autant de candidats refusés, autant d’occasion de refroidir des clients potentiels. Et c’est une perte de temps. Le but du jeu c’est au contraire d’avoir juste assez de candidats.

Et pourquoi une banque voudrait-elle absolument recruter des bac + 4 ou 5 et leur réserver les jobs les moins qualifiés ? Y aurait-il une volonté d’humilier du jeune ? Je crois plutôt que ce job au guichet est considéré comme une sorte d’initiation aux services de base que les clients attendent. Elle peut avoir été dictée par l’expérience, peut-être que certains nouveaux embauchés se sont montrés très éloignés de ces réalités.

Je me souviens que le DRH d’une banque régionale m’avait dit que son entreprise avait eu de ce point de vue des phases différentes : pendant un temps le passage dans ces postes basiques avait été systématique, quel que soit le niveau de diplôme des nouveaux embauchés. Puis, on avait assoupli cette pratique, puis on l’avait remise à l’honneur… Mais en tous cas, la durée de ce passage est variable selon les individus.

Car pour l’entreprise, pas seulement la banque, le diplôme n’est qu’une indication. C’est la personne qui fait la différence. Son efficacité, ses idées, son adaptation à l’entreprise (les gens, les moeurs) et ses motivations exprimées. Dans une banque, puisqu’on prend cet exemple, la mobilité est un facteur important, car elles ont un réseau à gérer. Scotché à Haguenau ou à Loudun, vous risquez de  piétiner. Mais dans une banque régionale,un trop grand désir de bouger est aussi difficile à gérer. L’évolution professionnelle est le résultat de bien des facteurs, dont le diplôme n’est pas le principal.

Commentaire(s)

  1. Bonjour Jean-Marie,
    Ayant eu l’occasion de travailler en interne cet été, j’ai pu me rendre compte combien les grandes organisations oublient vite leur coeur de métier, ce qui, au quotidien, leur rapporte de l’argent et génère du profit.
    Je suis convaincu que cette expérience du terrain sera très formatrice pour ces jeunes cadres et constitue une décision de bon sens (près de chez vous).

  2. Ah mais personnellement je n’ai jamais parlé de ceci, et je suis même parfaitement d’accord avec l’idée de faire passer des hauts diplômés par différents postes, c’est très enrichissant.
    Peugeot par exemple le fait pour tous ses nouveaux ingénieurs embauchés : ils passent tous 2 ou 3 mois (je ne sais plus exactement) en tant que simples ouvriers à la production, avant d’intégrer leur poste.
    Exactement comme au sein de l’armée, où les futurs officiers effectuent aussi un passage dans le rang, afin d’avoir une vision plus large, une fois en poste de commandement.

  3. Cher Jean-Marie,

    Que d’optimismes dans vos propos ! Voici notre jeune bac+5 qui, grâce à un DRH visionnaire et bienveillant,, accomplirait un parcours initiatique du guichet jusqu’au sommet de la hiérarchie de sa banque. Car non … le diplôme n’est qu’une indication et seule la motivation, le désir d’en vouloir compte ! A d’autres… La réalité dans le monde du travail est la suivante : 1°) Le diplôme n’est pas qu’une indication sinon un exécutif (chose que fait un guichetier … ce n’est pas un technicien car il applique une procédure de vente et non un technique de vente) serait recruté au niveau bac, un technicien au niveau bac+2, un manager au niveau bac+3 et un cadre dirigeant au niveau bac+5 comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons. Mais comme nous savons tous les deux que les DRH estiment que les diplômes universitaires ne valent rien et que n’importe qui peut décrocher un BTS …
    2°) La motivation personnelle a parfois bon dos… La réalité étant que, par un cynisme réel et tragique, ça coûte bien moins cher à n’importe quelle entreprise de sous-employé un jeune sur-diplômé qu’embaucher la personne réellement qualifiée pour le poste. L’avancement du cadre sera ainsi plus long et donc moins onéreux. Aussi, on peut relever d’une manière inimaginable les objectifs et pressuriser ses collaborateurs au nom de la « motivation » nécessaire à la carrière qu’il devrait normalement avoir de par leur diplôme (qui est déjà un investissement et le gage d’une motivation).
    3°) Cette discrimination envers les jeunes diplômés et la jeunesse en général, avec le cynisme qui va de paire, augmente la médiocrité générale. En quoi ça profite à un bac+5 spécialisé en commercialisation de produits financiers de vendre un livre A à une grand-mère ? Rien. Strictement rien mais ça ne profite pas à terme la société (même si elle y gagne sur son salaire), ni même à notre bac+5 car au-lieu d’accumuler l’expérience dans son domaine, de se former à ses produits, de réfléchir à de nouveaux produits et – sait-on jamais – innover, il va s’enterrer pendant 3 ans dans un succursale, mettre encore 3 ans à arriver à son poste et mettre encore 8 à arriver à un niveau de responsabilité correct. 14 ans de gâché. Si le bonhomme n’a jamais redoublé, il a 29 ans lorsqu’il travaille dans le métier pour lequel il a été formé et 37 lorsqu’il peut agir.

    Quand on pense qu’Alexandre le Grand a conquis le monde connu à 30 ans, ça fait peur d’appartenir à une société brejnévienne. Enfin, soyons optimiste ! N’est-ce pas ?

  4. Je souscris aux propos de scrib
    J’ai cru étant plus jeune aux bonnes paroles des recruteurs qui me disaient que je manquaient d’expérience pour le poste pour lequel « j’offrais mes services ».
    Puis avec l’expérience que j’avais acquis, dans des postes un peu plus subalternes, on trouvait que je n’avais pas d’expérience de l’encadrement …correspondant à un cadre .
    Quand j’ai demandé un Congé formation pour faire un DESS, cela a été bien accueilli par ma direction, malheureusement, celle-ci a été décapitée par une restructuration.

    Balloté de poste en poste sans passer par la case RH, en difficulté pour finaliser cette formation (avec effectivement les sarcasmes sur les formations universitaires). Mon N+2 m’a dit que je devais avoir un niveau Bac+3 pour suivre ce cursus, il ignorait tout de mon cursus qui était Bac+5.

    Tout cela ne cache que la complexité du monde du travail et malheureusement une grande incapacité à gérer les RH.

  5. Scrib et Fanche 69 vos messages très intéressants méritent une réponse un peu longue et qui peut intéresser tout le monde. je la ferai donc dans un prochain billet.

  6. Par ailleurs, Scrib, je n’ai pas compris ce que vous dites dans votre point 1. C’est un peu compliqué.

  7. @ scrib :

    … « ça coûte bien moins cher à n’importe quelle entreprise de sous-employé un jeune sur-diplômé qu’embaucher la personne réellement qualifiée pour le poste. »

    Je ne suis pas d’accord. Au contraire, c’est plus onéreux pour une entreprise d’embaucher un surdiplômé parce que dans la plupart des entreprises, il existe une grille salariale en fonction du diplôme/niveau d’expérience, et donc ça leur coûtera plus cher de prendre un bac + 5 qu’un bac + 2 pour le même poste !

    Je le vois tous les jours dans mon domaine, où on réclame surtout des bac +2 et +3, mais très rarement des niveau master. J’ai même vu des annonces qui indiquaient qu’elles ne voulaient pas de candidats au dessus de bac + 3 (licence) !!!

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