juin 2009
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

Insertion des jeunes diplômés : une fable

publié le 22/06/2009 par dans Afficher dans Marché, Cursus/études, Quel job pour moi?, Vie étudiante

Il était une fois un pays qui avait décidé de résoudre de façon énergique le problème de l’insertion des jeunes.

Le gouvernement conclut qu’il y avait deux solutions : soit c’est à l’économie de fournir les emplois permettant à chaque jeune de trouver le job qui lui convient, soit le système éducatif adapte sa « production » aux besoins de la société… et de l’économie.

Une rapide enquête permit aux dirigeants de constater que si l’on suivait la 1ère hypothèse, il faudrait quadrupler les postes dans certains secteurs, à commencer par la fonction publique, mais aussi la recherche (à condition d’en changer les exigences d’accès), le sport et les disciplines artistiques…
Dans le privé, la communication, le marketing, et bon nombre d’autres fonctions de siège devaient aussi être fortement augmentées. En revanche, il faudrait désormais se passer de hamburgers, abandonner la grande distribution et le commerce en général, cesser de construire des bâtiments et d’entretenir les routes, etc. Ce qui n’était guère possible.

Il fut donc décidé de suivre la 2nde piste. Des prévisions de besoins furent élaborées : il fut décidé de contingenter strictement le nombre de diplômés de chaque filière, plus un certain nombre de postes jugés souhaitables pour le bien général, en particulier dans le domaine culturel et social, pour y recruter une élite intellectuelle.
Les jeunes furent invités à suivre les avis des chargés d’orientation, qui, sur la base de tests rigoureux, leur assignaient des parcours d’études personnalisés. Serait considérée comme asociale toute personne qui chercherait à contourner le système.

Cette organisation promettait d’être extrêmement efficace mais provoqua une grêve illimité des enseignants des filières réduites, relayée par d’immenses manifestations de parents d’élèves, scandalisés par les résultats obtenus aux tests par leur progéniture. Enfin, les entreprises commencèrent à laisser entendre que les formations ne leur convenaient pas et se mirent à de nouveau pratiquer la promotion interne, ce qui faussait les plans.

Dès la fin de la 1ère promotion, le gouvernement sauta et la nouvelle majorité sortie des urnes annonça la liberalisation de l’enseignement.

Retour à la case départ. Ce qui est simple est faux, ce qui compliqué est inutilisable (P. Valéry).

Commentaire(s)

  1. Mmh, j’ai deja entendu parler des conseillers d orientation lors de mes annees de lycee, j ai deja passe le test a ce moment la et tres honnetement, je n aurais jamais imagine qu ils aient servi a quelque moment pour aider les jeunes a etablir un plan personnalise… A quoi servent ils?

    Par contre il faudrait revenir je pense sur l opacite de l information quant aux debouches possibles avant de franchir le seuil du lycee. Il y a de grands manquements a ce niveau, par peur de dire qu une formation etait inaccessible (exemple fac d anglais) par manque de debouches… Je ne me souviens pas avoir entendu un « conseiller d orientation » donner de telles infos (soupir).

  2. Cette notion d’adapter la production du système éducatif aux besoins réels que beaucoup de gens préconisent, me semble assez irréalisable. Qui peut prévoir de quoi les entreprises auront besoin dans 5 ans, durée moyenne des études actuellement? Peut-on réellement freiner l’inscription des jeunes dans certains filières surpeuplées (ce qui incluerait également selon moi les écoles de commerce qui forment beaucoup trop de jeunes par rapport au nombre de postes bac+5 à pourvoir)?

    Bien sur, toute cette concentration sur la formation et l’orientation est bien française: à 17 ans (voir plus tot avec le choix de la section L, ES…) il faut choisir son avenir, savoir quel métier on veut faire… une chose inimaginable dans beaucoup d’autres pays. Personnellement je pense que ce sont les entreprises qui devraient changer leur mode de recrutement et arrêter de mettre les candidats dans des cases. Mais je suis bien consciente que cela ne relève plus de la fable mais bien de l’utopie.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires