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« J’ai pas fait 5 ans d’études pour… »

publié le 04/06/2009 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Quel job pour moi?

C’est un thème qui m’est cher. L’idée est simple: il n’y a pas UNE réalité mais autant de perceptions du réel que de personnes pour le percevoir.

C’est un concept important pour communiquer, mais pas seulement. Lorsqu’il est question de se faire une opinion sur le monde, par exemple en matière d’orientation professionnelle, c’est aussi très important. Prenez le job de chef de rayon, responsable d’univers, etc. Bref, les managers de terrain dans la distribution. J’en entends déjà parmi vous me dire « j’ai pas fait 5 ans d’études pour me retrouver à mettre des boîtes de conserves en rayon ». Oui, c’est un point de vue. Avez-vous fait 5 ans d’études pour relire la compta d’une entreprise, pour analyser les chiffres d’un panel de consommateurs, pour écrire un article sur la foire de Montmorillon, pour compter les colonies dans une boîte de Pétri…

Le type ou la fille qui met les boîtes dans le rayon, ce n’est pas le point de vue qu’il ou elle a sur son métier. Ce qu’il fait, là, ce n’est pas « mettre les boîtes dans le rayon », c’est s’assurer que le client trouvera son produit, faire en sorte que son rayon soit performant et « bien tenu ».

Le regard que nous portons sur chaque chose est évidement très influencé par notre système de valeurs et de repères.  Or, en sortant de l’université, et aussi de la plupart des écoles, nous avons un  système de repères différent de celui qui régit la vie professionnelle, la vie tout court. il faut donc choisir une orientation en imaginant que nous allons changer, y compris pour certaines des valeurs qui nous animent aujourd’hui.

Et pourtant, il ne s’agit pas non plus d’adopter aveuglément le point de vue des autres. Difficile, vraiment.

Commentaire(s)

  1. Au fond, Jean-Marie, vous n’etes qu’un sale interpretiviste!! ;-)

    ça me rappelle l’histoire du journaliste qui demande a un ouvrier ce qu’il fait: ‘je taille des pierres’, puis il demande à un autre, qui fait la meme chose: ‘je construis une cathédrale’…

  2. Bonjour..

    je suis un bac+5-ingenieur environnement..
    aprés mes études j´ai travailler 4 mois comme televendeuse( 2,30€heure)..pour attendre la bourse: j´ai eu un stage en france (programme européen avec une bourse, ça veux dire, gratuit pour l´entreprise), j´ai envoyé 180 e-mails pour trouver ce stage(dans le domaine de la recherche, chimie atmospherique..une seul reponse positive
    je viens de finir 6 mois a une magasin de vêtements..
    au moment je cherche une opportunité
    j´arrive pas a voir « la cathédrale », mais surtout les pierres

  3. Une publicité pour illustrer les propos de Jean-Marie ?

    http://www.youtube.com/watch?v=NcoDV0dhWPA

    (en anglais…)

  4. Si je peux me permettre, Santos, ça n’a rien à voir. Je comprends votre déception. Le domaine de l’environnement est difficile, dès qu’on sort du traitement de l’eau et des déchets. Mais l’exemple que je prenais, admirablement illustré par la citation de Fabrice, c’était justement, au contraire, la situation de celui qui, n’ayant pas forcement réalisé ses rêves, se retrouve dans un job très concret, de ceux qui sont souvent décriés. Il a peut-être un master de droit ou de langues étrangères appliquées; on peut penser qu’il trouve ce job affreux. je disais : et bien non, ce n’est pas évident. Et j’ai lu récement un article dans une revue québecoise où un psychologue expliquait que la déception du jeune diplômé par rapport à son boulot peut être aussi forte lorsqu’il a trouvé un job dans la droite ligne de ses études que quand il a composé avec la réalité du marché.

  5. Quand on commence à avoir une vision business des choses, on change. Y compris sur des jobs qui avant paraisse peu valorisant.

    Le lien concernant Didier Long pour JM Blanc
    http://www.linternaute.com/sortir/auteurs/didier-long/chat.shtml

  6. J entends pour des jobs orientés vers le commerce

  7. franchement l’exemple donné est consternant, ce n’est pas un point de vue positif qui est donné mais une vision de manager à la noix qui tente de justifier de donner des taches inadaptées au diplôme obtenu.

    Enfin, c’est peut-être la crise qui veut ça … tenter de faire avaler des couleuvres aux gens qui ne trouvent pas de job.

  8. En d’autre terme J-M BLANC, la réalité ne se donne pas à voir, elle se constuit à travers les yeux de celui qui la voit. Il est vrai que nous devons chercher à comprendre cette réalité de la manière la plus complète possible, mais en comprennant bien que finalement, la perseption et l’appréciation des autres, même subjective est infondée, devient réelle dans ses conséquences. C’est à dire que ce dernier resentira un malaise réel et objectif prennant ça source d’une conseption des choses abstraites et subjectives.

  9. J’aime beaucoup votre point de vue, Jean-Marie. Il me semble « sain ». Cependant, dans quelle mesure est-il possible d’organiser une telle mutation du regard que l’on pose sur un poste ? Par exemple, pour ma part, je suis diplômé à la fois d’un Bac +5 en Microéconomie et d’un Bac+5 en Histoire et Théorie du Politique. Or, après avoir cherché trop longtemps dans le milieu de la Recherche, je songe sérieusement à quelque chose de beaucoup plus concret, qui touche à l’administratif (qui m’a toujours plu mais voilà : « on » valorise plus, quand on est jeune et bête, l’abstraction intellectuelle que l’activité de gestion du concret). Pour tout vous dire, je me contenterais bien volontiers – et avec plaisir du travail et engouement, même ! – d’un emploi de collaborateur social dans la gestion des fiches de paie. Si, si, je vous assure, c’est sincère ! Or, la question qui se pose est celle de savoir concrètement comment « vendre » cette reconversion personnelle à un recruteur, dans une lettre de motivation, quand on postule à un poste comme celui-ci.

    Pour être clair : comment traduire concrètement cette « mutation du regard » que vous appelez dans l’acte concret de la sacro-sainte lettre de motiv’ ?

    Bien cordialement,

    Philippe A.

  10. QUAND ON A BESOIN DE SAVOIR OU FAIRE QUELQUE CHOSE IL FAUT SY METTRE A FOND ET DE NE PAS SE BASER SUR LE TEMP OU LA DUREE

  11. eh bien, apres avoir lu tous ces messages, je me sens moins seul! C’est vrai, je suis bientot titulaire d’un bac + 5 dans le large domaine de l’eau, et je m appercois grace a mes stages en bureau d’etudes que je ne suis vraiment pas fait pour ca ! je ne m’imaginais pas le boulot d’ingenieur derriere un bureau a longueur de journee. Le vrai pb, c’est que durant la periode des etudes, on se cree un ideal de métier : « moi je voudrais faire CA ». Une fois dans la vie active, on se rend compte que notre ideal n’existe pas puisque c’est un idéal…Alors on revient à la réalité, ou pluto on vient à la réalité, et c’est ca qui fait mal…nos rêves n’étaient pas fonder…je rêve d’être celui qui dit « je construit une cathedrale » quand il n’a que des pierres dans sa main

  12. Moi je ne suis pas vraiment d’accord. On a beau dur, un bac+5, une grande école c’est un investissement. Même si certains se satisfont d’une job pareil, d’autres ont fait ces études pour justement satisfaire leur ambition. Et pour ma part, j’ai besoin de plus d’autonomie, de plus de diversité qu’un simple rayon de super ou hypermarché…

    Demandez vous pourquoi ces postes sont accessibles dès la deuxième voir la première année pour des étudiants d’école de commerce? C’est bien que les compétences demandées ne sont pas énormes…

    Après oui, bien entendu que nous choisissons tous notre métiers et que pour certains c’est idéal, seulement vous sous estimez les enjeux générationnels et là, c’est dommage.

    Les jeunes d’aujourd’hui, la génération Y comme on l’appelle, reconnait la valeur du travail, l’efficacité, la progression d’une carrière. Parler de l’intérêt supérieur d’une entreprise ou du service au client ne marche plus. Etudiez donc un peu les caractéristiques des jeunes, vous le verrez (certains blogs dans Google sont très intéressants).

    Il est dommage que beaucoup de personnes pensent comme vous, il ne faut pas se sur-estimer, bien sûr mais probablement plus prendre en compte les petites entreprises et moins les multinationales ancrées dans leurs bureaucratie…

    Attendons la retraite massive des baby boomers, je pense que l’évolution des mentalités de l’entreprise se fera avec…

    Bien cordialement;

  13. Carole, je pense que vous méconnaissez la réalité des jobs que j’évoquais. ils comportent précisément une très grande part d’autonomie et d’initiative. La responsabilité, en chiffre d’affaire et en nombre de collaborateurs managés peut très vite (quelques mois) devenir carrément importante.
    Je peux parfaitement comprendre que ce ne soit pas votre tasse de thé, je voulais juste faire remarquer que nous avons sur le monde un regard biaisé. les commentaires de ce billet ont d’ailleurs précisé et nuancé fort justement ce propos.
    je suis assez d’accord avec vous sur les qualificatifs que vous utilisez pour décrire la génération Y, j’en ajouterais un quand même : une forme subtile de nombrilisme, dont on m’a fait remarquer il y a peu qu’il s’applique au delà de soi à une sorte de micro-tribu, le cercle relationnel étroit. Tout de même, puis-je vous faire remarquer que la réalité de l’éventail des emplois n’est pas une question de génération, ou de mentalité des entreprises, mais un fait socio-économique. Après votre génération (je crois comprendre que vous en faites partie) il y en aura une autre qui risque elle aussi de dire : et moi, mes rêves ? pourquoi le réel ne s’adapte-t-il pas à mes projets, à moi ? pourquoi les « y » monopolisent-ils tout ? ne réduisez pas la question à cet affrontement mythique entre papy-boomers et génération Y, dont finalement les conceptions en sont pas si éloignées. Il y a entre les deux au moins deux générations « tampons » .
    je ne crois pas que ce soit un problème de génération au sens où vous l’entendez. En revanche, il y a une difficulté, plus d’une fois évoqué ici, de rapport entre ce que produit le système éducatif en termes de compétences et de valeurs, et ce dont le monde du travail a besoin. Dans une économie administrée, façon démocraties populaires, l’éventail des formations proposées seraient radicalement différentes. Je travaille à un billet à ce sujet.
    Mes parents me disaient:

  14. Bonjour! Je suis titulaire d’un master histoire, est-ce que je peux trouver un emploi correspondant à mon grade ou à celui de licence où est-ce une chimère à cause de mon ma foramtion, « non rentable »?

  15. Merci pour cet article, mais comme dirait Coluche, « Alors là, je me marre! »

    Il est bien évident que de nombreuses personnes acceptent des postes qui ne leur corresponde pas. Que faut-il mieux valoriser, une période de chômage (très peu valorisante!) ou un emploi moins qualifié que ses études qui permettra d’évoluer par la suite?
    Je voudrais emmener le débat un peu plus loin que le problème franco-français que vous soulevez, à savoir ne jamais être satisfait de ce que l’on a et de ce que l’on fait.

    Les « tags » utilisés : « Expérience », « Motivation », ont éveillé en moi une vive réaction.
    En effet, en voulant voir plus loin que mon poste et m’investir à hauteur de mes capacités, j’ai repris une école d’ingénieur par la voie de la formation continue il y a 2 ans.
    Voici une première preuve de ma « Motivation », car reprendre un cursus après 5 années à des postes de techniciens n’est pas aisé.
    Afin d’obtenir de l’ « Expérience », pouvoir m’enrichir et apporter à une entreprise une personnalité ouverte sur le monde, capable d’évoluer en milieu anglophone et compétente (cette description ressemble étrangement à la définition de l’Ingénieur!!!), j’ai décidé d’effectuer mon stage de fin d’études à l’étranger.
    Je vous apporte donc ici la preuve de mon « Expérience », car vous conviendrez que 5 années même à un poste de technicien peuvent être appelée « Expérience », et de ma « Motivation », car vous conviendrez tout aussi bien que de quitter sa belle place durement acquise et partir 6 mois à l’étranger (payé en cacahuètes de plus) est une belle preuve de « Motivation ». La réponse a toute cette belle « Expérience » et « Motivation » est une recherche d’emploi infructueuse depuis 6 mois. Ceci dit, il n’y a aucune aide mise à ma disposition pour vous soutenir dans votre recherche d’emploi car je n’ai pas encore rencontré un conseiller du pôle emploi (partie anpe) et je ne touche aucune indemnité car j’ai effectué mon stage à l’étranger (même si j’ai cotisé pendant 5 ans sans interruption).

    Ma conclusion est que cette « réalité » dont vous parlez, celle qui vous empêche de retrouver une activité rémunérée vous permettant de payer votre loyer, ce retrouve à tout les niveaux et en plus vous coupe toute motivation à l’élaboration d’un vrai projet professionnel.

    Alors oui, de ce point de vue, quand je vais distribuer les imprimés publicitaires 6h (enfin 10h de boulot payé 6) par semaine dans les boites aux lettres, je ne me dis pas que j’ai repris une école d’ingénieur pour me retrouver dans la précarité mais que j’ai la chance d’apporter un peu de bonheur au gens au travers d’une réduction pour le supermarché du coin…
    Mon idéal aurait été de faire de beaux hamburgers pour la populace ou de porter des cartons mais on me trouve trop qualifié pour ces fonctions…

  16. Benoit
    Vous semblez vivre une situation très difficile, je vais prendre contact avec vous par ailleurs, on va essayer de vous aider.
    Mais ce n’est pas de cela que je parlais. Je ne voiulais pas du tout, mais pas du tout assimiler un job de manager dans la grande distribution à un boulot « déclassé » ou « en attendant ». j’affirme que des diplômés de très bon niveau (ESC, DESS/Master) y trouvent tout à fait de quoi s’épanouir.
    Votre difficulté est très différente. Elle concerne l’incapacité des recruteurs à prendre en compte des profils un tant soit peu différents de ce qu’ils avaient imaginé ou qu’on leur avait commandé. Et peut-être faut-il remettre en cause votre méthode de recherche ?

  17. 1) Si L’APEC me recrutai pour recevoir ces jeunes diplômés, je serai très efficace. Hélas ! les employeurs se privent d’intelligence et de talents, « benoit p », « Nicolas »…

    2) Quant au message sur le CA censuré par vos soins :
    Oui, depuis 16 mois, le Crédit Agricole malgré son grand nombre d’employés n’a pas de poste pour un brillant futur collaborateur.

  18. Nicolas
    Je n’ai rien à dire sur votre commentaire. En revanche intrigué par l’assertion sur une censure de ma part, j’ai vérifié et en effet votre commentaire -qui est du même genre que celui ci-dessus- sur le CA a été considéré par le logiciel comme un spam et éjectécomme tel. Je viens de le « déspammer »selon l’élégant vocable de ce soft.

  19. Pour revenir sur notre débat concernant la grande distribution, sur le papier, évidemment, les responsabilités peuvent être nombreuses, les responsabilités en cas de perte sont lourdes mais est-ce vraiment la réalité de ces emplois au jour le jour? Je me pose la question. Bien souvent un responsable fait plus de « reporting » comme on l’appelle que d’opérationnel.

    D’autre part, je ne pense pas réduire la situation à une guerre papy-boomers contre Y, je m’intéresse simplement au sujet. Ce dont je suis totalement certaine par contre, c’est tout simplement que les générations suivantes (à commencer par la Z) auront plus ou moins les même caractéristiques, les mêmes attentes, voir plus exacerbés. Regardez ces enfants de 10 ans aujourd’hui incapables de se concentrer sur une tâche plus de 3mn, qui s’énerve à la moindre difficulté…
    Les Y ne sont que le début d’un changement, ils s’inscrive dans un contexte de renouvellement de la force de travail, d’ici 2014 on estime qu’ils représenteront 40% des actifs aux Etats-Unis, c’est la génération qui va remplacer les départs du papy-boom.
    Leur particularité est expliqué: évolution des nouvelles technologie, société de la communication, des échanges, familles recomposées… il me semble impossible de revenir en arrière au niveau de la société, il serait donc peu probable que la tendance ne s’inverse.
    La question que je me pose aujourd’hui est donc la: Pensez-vous que les entreprises et la société vont s’adapter aux Y, qu’ils vont trouver d’autres moyens ou encore qu’ils vont s’y adapter?
    Pour ma part j’en rencontre de plus en plus qui se sont faits leur opinion: la société est pourrie, ne respectant pas l’éthique, les entreprises y participent en privilégiant une quête du profit maximum et il faut la changer. Le principal trait de cette génération pour moi est d’être parfaitement au courant du fonctionnement de la société, et des entreprises. Combien rentrent dans le moule pour mieux manipuler leur employeur? Pour prendre sa place et ensuite changer les choses? Combien choisiront d’entreprendre pour ne pas sacrifier leurs valeurs?

  20. Bonjour,

    Comme M. Blanc, Carole, je pense que tu ne connais pas bien ces métiers.
    En reprenant l’exemple du chef de rayon, si le quotidien du chef de rayon inclue le fait de mettre les produits en rayon tel que décrit par M. Blanc, fort heureusement, ça ne se limite pas à cela. Le site de l’APEC classe les responsabilités d’un chef de rayon sous les grands titres suivant:
    -Gestion des achats (le chef de rayon a la responsabilité de négocier avec les fournisseur et d’éviter les ruptures de stock -donc de prévoir les ventes!)
    -Gestion du linéaire et du merchandising (placer les fameuses boites de conserves pour que le consommateur aie envie d’en prendre une -ou deux)
    – Management d’une équipe (Responsabilité de motiver des vendeurs mais aussi de les surveiller!!!)
    -Contrôle et suivi budgétaire (Responsabilité commerciale, avec des objectifs de chiffre d’affaire!!!)
    -Autres activités (lire « responsabilités ») éventuelles.

    Si tu veux en savoir plus, le lien est là:
    http://jd.apec.fr/Premier-job/Metiers-par-categorie/metiers-par-categorie.jsp?delia=currentArticle_ART_11794||currentTopic_TOP_2605
    Ou si tu veux en savoir plus ou préfère te référer à une autre source que l’APEC (des fois que ce serait M. Blanc qui aurait écrit cette page…), voici un lien vers la description d’une journée dans la vie quotidienne d’un chef de rayon:
    http://www.studyrama.com/article.php3?id_article=923

    Si tu doutes toujours de la véracité de ces informations, notons que toutes les sources concordent. Du reporting, il y en a forcément, comme dans tous les postes; Même les CEO font un reporting régulier aux actionnaires. Dans le cas d’un jeune diplômé, le il serait idiot de concevoir ce « reporting » comme un « contrôle » de l’activité; Dans une entreprise, le « reporting » sert à faire remonter les informations afin que le supérieur hiérarchique puisse récompenser les résultats positifs, encourager les efforts à venir et envisager des actions correctrices si les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des objectifs. Ce n’est plus l’école; l’échec n’est pas puni par un coup de règle sur les doigts ou un redoublement de classe, mais les progrès sont encouragés par plus de suivi, de la formation…Ce « reporting », donc, n’est pas à voir comme négatif mais comme un soutien au développement de l’individu -et est donc particulièrement important pour un jeune diplômé.
    Pour aller plus loin, comment accepter de « manager » une équipe si l’on n’accepte pas soi-même d’être « managé » par quelqu’un qui a quelques années d’expérience dans le management d’une équipe similaire – et qui est donc une excellente source d’inspiration pour répondre aux problèmes du quotidien ?

    Parcequ’un autre point qui me semble oublié dans ce débat, c’est que, comme souligné par l’article de Studyrama, les « diplômés de niveau supérieur (bac +4/5) […] acceptent de passer par cette phase de terrain [car c’est un] véritable tremplin vers des postes en centrale, au siège, dans le merchandising ou le trade marketing ». En d’autres termes, c’est un poste en effet accessible en début de carrière, et je ne pense pas que grand monde y passe sa vie – ça va bien quelques années mais une fois que l’on a emmagasiné une certaine expérience, on peut évoluer vers d’autres postes – C’est l’avantage des fonctions commerciales, la rapidité d’évolution si l’on est performant. Certaines enseignes de grandes distributions proposent d’ailleurs aux jeunes diplômés d’intégrer un programme de développement: Quelques années en France, puis quelques années dans une filiale à l’étranger, puis un retour en France à un poste de direction – on peut donc même y mener une carrière internationale!

    Cela étant, pour répondre à M. Blanc, je pense qu’une partie du problème est également dû au fait que toutes les formations (écoles comme universités) gonflent les espoirs de leurs étudiants par leur opérations marketing: Les ESC se renomment « Ecoles de Management », les IAE font la promotion de leur « MBA » à l’Américaine, les jeunes diplômés trouvent en moyenne un premier emploi rémunéré 34K€ par an…Mais on ne sait que très rarement combien de diplômés ont répondu à l’enquête, ont indiqué leur salaire (sans mentir ?), le salaire médian, minimum, maximum…Bref, les statistiques (comme les promesses des politiciens) ne sont faites que pour ceux qui y croient…

    Pour reprendre l’exemple de la grande distribution, le salaire d’un chef de rayon débutant sera en général égal ou inférieur à la moyenne indiquée pour les diplômés de son école…Et quand on pense qu’il faut travailler de 6heures du matin à 20h du soir, avec la responsabilité d’une équipe et du chiffre d’affaires, on peut se demander si cette rémunération est à la hauteur, non pas de ses études, mais des efforts et des responsabilités.
    En revanche, il existe d’autres secteurs où les entreprises ont assimilé l’importance d’un équilibre entre temps de travail et vie personnelle (et peuvent se le permettre de par des marges plus importantes que dans la grande distribution). Il existe aussi d’autres secteurs (à mon avis les plus recherchés par les étudiants d’ESC), qui exigent des compétences différentes et rémunèrent souvent mieux, mais le degré d’autonomie et la progression sont aussi différents…

    Enfin, je souhaite terminer sur le débat de générations – même si c’est un autre débat.

    Carole, puisque le sujet t’intéresse, je te conseille le livre que je lis actuellement: « Grown Up Digital – How the net generation is changing the world ». (http://www.amazon.fr/Grown-Up-Digital-Generation-Changing/dp/0071508635/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=english-books&qid=1246471491&sr=8-1)

    Dans cette ouvrage, l’auteur, professeur Canadien et entrepreneur y présente les résultats d’une étude de 4 millions de dollars qu’il a mené dans 12 pays (incluant les USA, la France et la Chine) auprès de 10,000 répondant, afin justement de comparer les comportements des baby-boomers, de la « génération X » et de la « génération Y », qu’il appelle « génération internet » puisqu’elle (nous) est la première génération à avoir grandit avec Internet. Il espère tordre le coup à un certain nombre de préjugés (« les jeunes ne peuvent pas se concentrer plus de 3 minutes », « les jeunes sont déprimés, ne votent pas » etc etc…), et je t’invite à regarder cette vidéo, qui décrit mieux que moi son style d’écriture et le contenu du livre:
    http://www.youtube.com/watch?v=EoqiRRMQ0fs

    Personnellement, j’ai l’impression que chaque génération a, dans sa jeunesse, l’envie de changer le monde (peut-être encore plus en temps de crise?). Je pense que les baby boomers l’ont fait et ce livre me conforte dans l’idée que notre génération le fera aussi.

    Mais en disant cela, j’ai dévoilé ma chute:
    La question que tu te poses est: « Pensez-vous que les entreprises et la société vont s’adapter aux Y ? »
    Pourquoi serait-ce aux entreprises ou à la société de s’adapter à une génération particulière ?
    N’est-ce pas plutôt à cette nouvelle génération d’adapter les entreprises et la société à ses besoins ? En tant qu’individu, tu fais partie de la société, en tant qu’employé/chef d’entreprise/manager, tu fais/feras partie d’une entreprise. Il n’appartient qu’à toi de faire le nécessaire pour faire bouger les choses…et de « changer le monde »…

    Comme disait M. Blanc, « il n’y a pas UNE réalité mais autant de perceptions du réel que de personnes pour le percevoir »…

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