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création d’entreprise

publié le 22/05/2009 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Marché, Quel job pour moi?

Que faut-il pour être un créateur d'entreprise ? Faut-il être un aventurier ? Je ne le crois pas. Les commerçants que je connais, franchement ne me paraissent pas aventuriers. En revanche, il y a des entrepreneurs compulsifs qui aiment le démarrage, pas la suite. S'ils ne sont pas nécessairement des aventuriers, ce sont au moins des défricheurs; des créatifs, sans doute aussi. Faut-il avoir de l'argent ? je ne crois pas non plus. Il y a des tas d'histoires de gens qui ont démarré une activité avec"trois francs six sous". Faut-il avoir un produit ou un service ? Oui, certes, mais j'ai aussi vu des gens  pour qui ce "détail" venait après la décision de se mettre à son compte. Il faut surtout, je pense, s'autoriser à penser en entrepreneur. Être issu d'une famille d'entrepreneurs, ou de "patrons" congénitaux ? doit beaucoup faciliter cette assurance. J'ai vu plein de gens qui avaient tout pour se lancer. Le service ou le produit, les clients potentiels voire réels, le désir, même, et qui n'ont pas franchi le pas. Ils ne le désiraient pas assez, sans doute, oui. Ils ne se le sont pas autorisé, ça, surement. Et alors, finalement qu'est-ce qui fait,monsieur le  blogueur, qu'on s'y autorise ?  Il me semble qu'il peut y avoir trois raisons:

  1. Je ne risque pas trop de remise en cause de ma vie d'aujourd'hui. Vaut-il mieux se lancer dans une activité indépendante ou continuer  mon  boulot ? Il est plus facile de répondre oui à cette question  si  le boulot en question est un job sans attrait payé au SMIC que si c'est une situation confortable et sûre, assurant le confort de toute la famille.
  2. Créer mon activité est le moyen le plus simple, le plus concret, de faire le job que je veux faire. Les besoins que vous avez repérés sont nombreux mais intermittents ? montez votre boite, et vous construirez votre salaire. (conseil juridique en brevets européens, histoire d'entreprise, etc). Ici, refuser de s'installer à son compte, c'est renoncer à exercer son métier, quasiment. Il y a trop peu d'employeurs possibles, mais plein de besoins ponctuels.
  3. enfin, le plus simple: le désir d'indépendance. Le désir de faire les choses par soi-même, de ne dépendre de personne. Variante : j'ai eu un copain -je regrette bien de l'avoir perdu de vue- qui a ainsi résolu le très épineux problème de la discrimination raciale. Il savait qu'il pouvait être un bon professionnel. Il en a eu marre de ne pas pouvoir s'exprimer convenablement à cause de son origine africaine. Hop, il a monté sa boite. Il a fait de l'import-export avec son pays d'origine, le Burkina, puis, en plus, monté une entreprise de catering là-bas. Une façon de se rendre indépendant de ce qui lui pourrisait la vie comme candidat et salarié.

Vous ne vous reconnaissez pas un peu là dedans ? La France a le plus bas taux de création d'entreprises par des jeunes diplômé en Europe, je crois. Dommage. (j'attends les commentaires : c'est pas notre faute, blogueur,  c'est la banque…)

Commentaire(s)

  1. Ce qui est drôle, c’est cette tendance à l’auto-entrepreneur.

    En somme, des élites financières et politiques s’en sont mis plein les poches, le pays est à sec et l’argent bien au chaud. Alors point de travail ! Eh oui, le salaire d’un directeur général d’une grande entreprise, et l’entretien de son château dans le Midi coûte cher, ainsi que sa charrette de fonction bleuté. L’absence générale d’idées paralyse presque toutes les grandes entreprises en France. Leur niveau de raisonnement se situe du côté des hypocrisies contemporaines qui dureront à peu près une décennie : la diversité et le développement durable… et j’allais oublier la discrimination… C’est dire l’imagination indigente de ces miséreuses directions générales. Si les embauches sont gelées, c’est assurément leurs cerveaux qui sont gelées jusqu’aux dernières cellules.

    Alors, faute d’emploi, que faire ? Seul face à soi-même, on ne peut compter plus que sur soi… Après les sacrifices sur soi-même, matérielles, morales, spirituelles, il faut se sacrifier soi-même, encore. Oui, les élites ont tellement falsifié la notion d’entreprise, que c’est aux « petits » demandeurs d’emploi de redonner du souffle à l’esprit d’entreprendre et à la création d’emploi.

  2. C est vrai que nous manquons d esprit d entreprise, d ou pour moi le gros + des ecoles de commerces ou nous sommes encourages a vendre, a se vendre, a bouger, voyager, faire des stages, faire de la vente etc etc .
    (je ne denigre pas les facs en disant cela, c est un simple constat)
    Ensuite l ecole reviendra toujours sur la table > quand au lycee l economie reste en seconde une option il ne faut pas s etonner … bon nombre de bacheliers n ont jamais etudie l eco de leur vie !.. c est problematique pour faire germer des futurs chefs d entreprise !
    L economie c est la vie !
    Un autre point > les fantasmes permanent sur les chefs d entreprises, ces immondes exploiteurs du genre humain pour qui seul le Chiffre compte ! ne favorise pas l envie de monter sa boite.
    Pourtant ca doit etre vraiment cool. J y pense, souvent, tres souvent même. Quand vais je arreter de lire courrier cadres, management, capital, l entrepreneur & co et tenter le coup ???????
    Faisons un appel > tous les createurs en herbe se retrouvent a l apec avec Mr Blanc pour nous booster autour de nos idees/projets ?

  3. J’avais vu un reportage qui montrait une jeune fille d’une vingtaine d’années qui créait sa petite entreprise de restauration. Elle n’avait pas fait d’études poussées mais accumulé les petits boulots dans le domaine et de fait, elle avait une idée très précise de comment cela se passait. Alors certes, elle ne savait pas ce qu’était un business model mais elle a monté sa boite et apparemment, ça marche plutôt bien.
    Parallèlement, dans mon école de commerce, il y avait une fille qui voulait monter sa boite de consulting. Beau business model, un carnet d’adresses des profs et la boite qui coule en quelques mois.

    Comme quoi, monter sa boite c’est d’abord du réalisme, une initiative pensée et du bon sens.

    Tiens petite anecdote : le seul cours d' »esprit entrepreunarial » que j’ai pu avoir était dispensé par un type qui nous racontait pourquoi son entreprise avait coulé !

    Pour ma part, je n’ai pas l’impression d’avoir suffisamment ce recul pour monter ma boite.

  4. Nicolas, de quel sacrifice parlez-vous ? si on monte sa boite c’est pas pour se sacrifier, c’est le contraire, c’est pour soi.
    En tous cas pas pour se dévouer.
    Et si ça marche, on devient automatiquement le parasite décrit dans votre commentaire ?
    Alors le sacrifice conduit donc éventuellement à l’excès de richesse…

  5. @J-M B

    Créer une entreprise nécessite du temps et de l’argent.

    Quand votre parentèle, qui s’est déjà sacrifiée pour elle-même, se sacrifie à nouveau corps et âme pour vous, et que certaines filières ne débouchent pas forcément sur un emploi du fait de la quasi cécité de certaines directions d’école, et d’une certaine façon, du M.E.N. Quand vous devez chercher un boulot… le manque d’argent toujours ! Des conditions de vie pas terrible, les stages… et le temps passe.

    Créer une entreprise, ça peut réussir comme « capoter ». L’objectif derrière ça est de pouvoir vivre normalement, acheter un appartement pour fonder une famille… C-a-d la normalité ! Gageons que les sacrifices mènent à des sentiers plus lumineux.

  6. Oui Nicolas, je comprends. Enfin sauf M.E.N. je en vois pas ce que c’est.

    Je comprends que les études supérieures représentent pour les familles modestes un investissement difficile, que ce n’est pas facile de comprendre comment fonctionne la monde du travail, que la sortie des études est délicate.
    Et je ne veux pas défendre à tout prix la création d’entreprise. J’ai voulu pointer que cette affaire est plus d’ordre personnelle, plus, justement, que financière.
    Ce qui reste vrai, c’est que dans certains milieux, qui se vivent comme ouvrier, ou employés, qu’un des leurs devienne patron, même patron seulement de lui-même ou d’une ou deux personnes, même patron fragile, c’est une aventure bizarre et le dit patron risque d’être regardé avec suspicion !

  7. Jean-Marie,

    M.E.N=Ministere de l’Education Nationale je pense…

  8. @ Fabrice

    Oui, M.E.N pour ministère de l’Education nationale.

    @ JMB

    Oui, la création d’enteprise et la vie dans sa propre entreprise permettent davantage de liberté et d’audace, qui seraient par avance « censurés » dans les grandes entreprises. La grande entreprise, c’est au maximum le « contrôle » des gestes, des pensées, pour que derrière l’écran chacun travaille. Pour ma part, dans certains cas, une grande entreprise peut être assimilée à une sorte de mini-société totalitaire. D’ailleurs, plus l’esprit des employés est docile et malléable, plus ils pourront s’adapter à de telles structures.

    Au contraire, créer sa petite entreprise, c’est créer une seconde famille, avec quelques contraintes administratives et fiscales.

    Oui, la perception d’un créateur d’entreprise peut être mal perçue d’un point de vue de certaines classes sociales, cf trahison et ennemi de classe… Mais déjà réussir une grande école, c’est parfois briser des tabous, pas les siens, mais ceux des autres. Inversement, un « fils de » qui après un CAP exercerait le métier d’électricien ou kiné serait perçu comme un « raté ». Enfin, tout ça, je n’y crois pas vraiment.

  9. Nicolas
    On peut créer ou reprendre une entreprise, comme vous le dites, dans le domaine du bâtiment, mais aussi de tout autre activité. J’ai vu par exemple des docteur en biologie, en neuro-biologie, fonder un labo de R& D. un vidéaste et un historien se mettre à leur compte, etc.
    Je suis d’accord, aujourd’hui, c’est exceptionnel, et c’est en tous cas une aventure difficile. Mais dasn certains cas, pas plus que de trouver un job « stable ». Alors…

  10. Bonjour,

    Même si ce billet a été publié il y a quelques temps, je voulais y laisser un commentaire.

    Tout d’abord, je ne comprends pas les critiques des grandes sociétés ou de l’auto-entrepreneur. D’une part il y a des grandes sociétés Françaises qui marchent très bien autant en France qu’à l’international. D’autre part, le statut d’auto-entrepreneur, c’est une opportunité fantastique d’expérimenter si l’on a une idée. On peut ainsi créer son entreprise tout en étant étudiant ou salarié, sans avoir la contrainte d’investir un capital minimum.

    Sinon, que faut-il pour devenir entrepreneur ?

    Je viens de terminer ce livre:
    http://www.amazon.com/What-Wish-Knew-When-Was/dp/0061735191
    L’auteur, professeur d’entrepreneuriat à l’université de Stanford a obtenu un doctorat en neuroscience, monté sa boite (de services pour les écrivains), travaillé pour un grand cabinet de conseil…bref, un CV impressionnant. Elle y raconte ses expériences et voici quelques points qu’elle suggère, pour inciter ses élèves à l’entrepreneuriat:
    – Il faut savoir tourner les problèmes en solutions (commerciales)
    – Il ne faut pas s’auto-censurer (« je ne serais pas capable de… ») mais agir.

    Par rapport à ce qui se passe en France, toutes les ESC de France et un nombre croissant d’écoles d’ingénieurs proposent à leurs élèves d’intégrer un « incubateur ». Cette structure permet aux élèves et aux jeunes diplômés de bénéficier de locaux, parfois d’un soutien financier, et du soutien des professeurs de l’école, dans leur démarche de création d’entreprise. Il y a également un nombre croissant de « Masters en entrepreneuriat », ainsi qu’une école de commerce (sur Paris) spécialisée sur ce thème.

    Par contre, j’ai l’impression que ces structures sont plus rares dans le milieu universitaire…

    Alors pourquoi si peu d’étudiants se lancent-ils ?
    Un grand nombre d’étudiants se lancent dans un ESC car ils veulent faire une carrière dans un multinationale connue (prestige) et empocher un gros salaire (argent). Quand on crée son entreprise en étant/après avoir fini ses études, on part de rien, personne ne connait votre boite et il faut parfois retourner vivre chez ses parents. Malgré l’autonomie et la liberté de s’organiser, c’est comme le job de chef de rayon, aux yeux d’un grand nombre, ce n’est pas très attirant…

    Pour d’autres étudiants, comme pour beaucoup de personnes plus expérimentées, le problème, c’est d’identifier cette « opportunité commerciale »; Se lancer, oui, mais pour faire quoi?

    Enfin, un dernier point me semble « structurel »: A l’étranger (Royaume-Uni, Etats-Unis, Danemark…), les facultés sont souvent regroupées sous une même université, c’est-à-dire que la même université abrite une école de commerce, la faculté d’histoire et la faculté d’ingénierie des technologie navales (par exemple). Les étudiants assistent à des cours communs, vivent sur le même campus…Bref, ils apprennent à se connaître et à travailler ensemble. A titre d’exemple, c’est ainsi que Microsoft et Facebook sont nés; par l’association d’étudiants qui maîtrisaient des sujets différents. Il n’y a également qu’un seul incubateur pour tous ces étudiants. En France, les initiatives de mélange des étudiants ne concernent qu’une minorité d’étudiants, puisque ESC et écoles d’ingénieurs sont généralement séparées. A l’université, le peu d’incubateurs que j’ai vu me semble s’adresser avant tout aux étudiants d’IAE…

    Mais bon, de ce que j’ai compris des dernières réformes, l’idée est de rapprocher universités, écoles d’ingénieurs et écoles de commerce… Ça me paraît être la bonne direction, non?

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