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Comment (bien) s’orienter?

publié le 14/05/2009 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Quel job pour moi?

Estelle me demande si ça me tenterait d’aller dans les collèges… et Tengaar  évoque le souvenir mitigé que lui a laissé l’orientation scolaire en 3e.

Non, je n’irai pas dans les 7000 collèges de France, pas plus dans les 4300 lycées pour y parler d’orientation scolaire. En revanche, partout où vous en avez la possibilité, militez pour que les collégiens et lycéens aient en effet accès à une information vivante sur les métiers, l’univers du travail en général.

A mon avis, connaître le monde autour de soi est un atout, pas seulement pour s’orienter. Donc, cette « enquête sur le réel » peut commencer dès le primaire (n’en déplaise à ceux qui y voient un asservissement de l’éducation au monde marchand). Mais le but est de connaître, pas de choisir, à ce stade; les intervenants devraient donc se garder de tout prosélytisme, souvent mal récompensé d’ailleurs, car mené d’une manière qui rebute la cible.

Il s’agit avant tout d’offrir à tous la possibilité de se faire de la réalité une idée personnelle. Ce que doit savoir Stéphanie pour s’orienter n’est pas ce qui intéresse Romain.

  • Quels métiers donnent l’occasion de se dépenser physiquement, d’agir? (Romain ne tient pas en place)
  • Dans quels professions travaille-t-on en groupe ? (Aurélie, qui est un peu timide, aimerait ne pas se mettre en avant toute seule, Chloé n’aime rien tant qu’échanger et Nicolas ne supporte pas d’être seul)
  • Où le sens de l’esthétique est-il un vrai atout? (c’est Maxence, qui voudrait savoir ça, il aurait aimé faire de la décoration mais il a compris que c’est un secteur difficile)
  • Quels métiers permettent de voyager? Lesquels au contraire évitent les déplacements ?
  • Dans quels métiers, se demande Camille, trouverai-je l’excitation que me donne les performances réalisées dans mon sport, sans tomber dans la compétition permanente ? (mais Julien, lui, adore la compétition)
  • Comment transposer dans un métier mon envie de me rendre utile ?
  • Antoine veut toujours comprendre comment marchent les choses (les machines, les phénomènes naturels)…

Bref, vous le voyez, on est loin de « la banque et ses plaisirs » ou de « je veux faire de la stratégie marketing dans les produits de luxe »

Je reviendrai sur cette question de l’orientation.

Commentaire(s)

  1. C’est amusant de voir l’éducation comme un concept abstrait, à l’écart de toute réalité vulgaire comme le monde du travail.
    Ce sont aussi, d’après mon expérience, ceux qui pensent ça, qui sont les premiers à venir maugréer devant le chomage des jeunes, comme si les entreprises devaient s’adapter au systéme éducatif qui pourrait n’en faire qu’à sa guise.
    Au fond, je crois que l’orientation est une suite d’hypocrisies, dont les étudiants et les élèves et leurs parents les moins favorisés ou « informés », sont les premières victimes. Au premier rang de ces hypocrisies, on trouve l’idée, justement, que l’éducation est juste là pour éduquer un honnête homme (concept des lumières qui concernait essentiellement les nobles et les grand bourgeois), voire un humaniste (non pas un homme préoccupé par l’humanitaire, mais un féru de langues mortes -latin, grec, hébreu), alors que le système est en bonne partie là pour sélectionner et niveller, parfois de façon claire et juste (concours, examens), et parfois de façon plus insidieuse (les choix d’orientation, dépendant en grande partie des connaissances de la famille)…

    (on s’ecarte un peu du sujet de Jean-Marie, mais c’est ce que je trouvais interessant a dire)

  2. « Au fond, je crois que l’orientation est une suite d’hypocrisies »

    Entièrement d accord avec vous.
    Le chomage des jeunes est le reflet de nos non-dits et de notre enfermement dans un système o combien élitiste.

  3. +1 « Au fond, je crois que l’orientation est une suite d’hypocrisies ».

    Pour seulement 65 millions d’abitants en France en 2009, l’enseignement supérieur français compte :

    110 IUT. 90 universités. 10 IEPs (Sciences Po). Environ 250 Grandes Ecoles d’ingénieurs. Environ 250 Grandes Ecoles de Commerce. 30 IEAs. 33 écoles de kiné … … …

    Je passe toutes les formations et les écoles particulières : ENA, ENM, ENSP, CNESSS, CNFPT (administration publique, politique), Saint-Cyr (militaire), ENAC (pilote d’avions) …

    Je ne compte pas les prépas souvent privées (>200) pour les Grandes Ecoles, pour les concours de médecine, de kiné, pour les concours de l’administration publique …

    Avec ça, tu m’étonnes que personne s’y retrouve dans ce système qui se prétend égalitaire. Exepté peut être les élites qui y ont triomphé et qui encouragent leur bambins à reproduire leur triomphe …

  4. Dans vos commentaires, il y a une constante : l’orientation serait une action envers un sujet passif à qui on donnerait l’information qui lui révélerait la voie.
    Il y a un côté mystique dans ces pensées.
    D’autre part, la réalité ce n’est pas d’une part les élites, bien définies, et qui connaissent tous les bons plans, et de l’autre les « moins favorisés » qui n’entendent rien à rien.
    Comme j’essayais de le montrer, ce qui est important, me semble-t-il, c’est à dire la découverte des terrains d’excellence de chacun, c’est justement beaucoup plus subtile que ça.
    De quelque milieu social que vous veniez, ce n’est pas sorcier de découvrir, dès la première année, qu’il y a plus de débouchés professionnels en comptabilité qu’en ethnologie. Exprimer son désintérêt pour l’une et sa curiosité pour l’autre n’est donc pas un geste dicté par le milieu social d’origine.

  5. Oui et puis par pitié, cessez de dire qu’on est favorisé quand on fait une école d’ingénieur. Y’a pas que l’ENA et l’X dans la vie. Dans ma prépa et dans mon école, il y avait des gens de tous milieux. Mes parents sont techniciens, ils sont de la classe moyenne (on n’a pas le droit aux bourses) mais ce ne sont pas des bourgeois qui vivent dans les beaux quartiers parisiens. je n’ai pas fait Henri IV ou une autre célèbre classe prépa. Je fais partie de la masse anonyme qui a réussi son concours et qui aimerait que ceux qui sortent de la fac cessent d’avoir des préjugés débiles. Merci.

  6. On est d accord sur l elitisme et le determinisme. relativisons. Maintenant vu le tx de chomage chez les – de 25 ans y a quand meme un leger soucis non ?

  7. Dire que tous les gens qui sortent de la fac ont des préjugés débiles en est aussi un il me semble (…). Comme quoi, de tous les côtés on peut demander de la modération !

  8. « De quelque milieu social que vous veniez, ce n’est pas sorcier de découvrir, dès la première année, qu’il y a plus de débouchés professionnels en comptabilité qu’en ethnologie. »

    Encore faut-il qu’on nous oriente vers cette première année. Là est tout le problème. Ou encore qu’on nous présente toutes les options qui s’offrent à nous avant (pourquoi forcément nous envoyer vers la fac?!). Et là effectivement je rejoins Antoine « Au fond, je crois que l’orientation est une suite d’hypocrisies, dont les étudiants et les élèves et leurs parents les moins favorisés ou “informés”, sont les premières victimes. »

    Et puis si on ne nous a pas fait réaliser l’importance du choix du parcours d’étudiant que nous ferons même si comme tout le monde on pourra voir qu’il y a plus de débouchés en compta qu’en ethno on ne réalisera pas forcément qu’en choisissant l’ethno on peut faire une grosse erreur stratégique. Il faut une réelle prise de conscience qu’on n’aura pas forcément si on a pas bien été informé avant.

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