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Faut-il s’orienter ?

publié le 12/05/2009 par dans Afficher dans Marché, Afficher dans Méthode, Galère, Quel job pour moi?

Estelle et Tengaar soulignent l’importance de l’orientation. Je suis d’accord, mais pas sans réserves.

Si je cherche un job, ce n’est pas dans ma tête que je vais le trouver, c’est dans la réalité. C’est là que j’habite, ça tombe bien. Donc l’orientation, selon moi, c’est d’abord un acte de réalisme positif : c’est chercher dans le réel des objets d’enthousiasme. Le réel a beaucoup plus d’imagination que moi.

Je crois que même la moins glorieuse de mes expériences a son importance, son usage pour moi aujourd’hui, qu’elle contribue à ce que je suis.

De sorte que si je pouvais refaire le chemin une deuxième fois, je me demande si je ne le referais pas à l’identique, mais en y mettant plus d’enthousiasme, d’énergie, de détermination. Les tâches les plus ingrates (mais c’est une question de regard) m’ont tant appris, m’ont fait murir si bien que je suis content de les avoir accomplies. Je crois que mes « erreurs » de parcours rendent celui -ci  plus riche, au final, parce que plus complexe que ceux qui ont tout bien fait, tout bien comme il faut.

J’allais finir ce billet sur mon seul vrai regret, pour vous engager à ne pas m’imiter au moins sur un point : il y a dans toute ma vie une incapacité à jouer à au moins un coup d’avance, comme aux échecs. Mon manque de stratégie personnelle est criant. Mais je me suis arrêté, les doigts au dessus du clavier. Changer un seul élément du système, c’est changer le système.

Quand même : plus stratèges, plus prévoyants, plus calculés, vous aurez donc forcement plus possibilités de piloter votre vie professionnelle.

Mais que ces réflexions, forcement un peu intellectuelles, ne vous amènent pas à appréhender la réalité  selon les prédécoupages qu’on y a pratiqué pour vous : vendre = beurk, enseigner = ouuuuui, bénéfice = scélérat, etc. Ou d’ailleurs, dans un autre univers : Performances > sens, action > pensée, argent > morale, etc.

Commentaire(s)

  1. Votre billet est très juste et je suis entièrement d’accord avec vous. Ce n’est pas dans sa tête que l’on trouve un job, c’est dans la réalité, dans la vie, dans le mouvement. Je me demandais donc si au cours de la scolarité, en l’occurrence au collège, on ne pouvait pas un peu plus créer de mouvement autour des collégiens afin justement d’enrichir leur quotidien.
    Ex organiser 1 journée au CIDJ ou tout autre événement qui puisse fournir des outils, pourvu que cela soit VIVANT !
    Je ne prône pas pour une orientation hyper ciblée, mettre un individu dans une case ça ne fonctionne pas et surtout pas à cet age. Je souhaiterai simplement dépoussiérer le métier de Conseiller d’orientation pour de l’information moins formel et plus interactive pour tous.
    Tiens un autre exemple : sur un panneau d’affichage au sein du collège mettre régulièrement des news Portes Ouvertes d’établissements ou encore 5 minis descriptifs métiers tous les 15 jrs, histoire de susciter la curiosité…
    Le conseiller d’orientation pourrait également tenir un blog!! Non? ( en même temps tous les foyers ne sont pas égaux devant l’équipement informatique) mais pourquoi pas ?

  2. Bonjour,

    Je trouve ce post très intéressant ! Je suis tout à fait dans la situation du « il y a dans toute ma vie une incapacité à jouer à au moins un coup d’avance, comme aux échecs ». Finalement, pour nous orienter on devrait comme vous le dites si bien surtout nous apprendre à trouver non pas justement le job de nos rêves dans le fin fond de nos têtes mais dans la réalité! Nous apprendre à cibler nos recherches pas rapport au marché de l’emploi et trouver le métier qui se rapproche plus de nos envies dans ce marché. Car on dépend de lui, ce marché, sauf pour les personnes pouvant l’anticiper ou le contrecarrer mais ce n’est pas le cas de tous, malheureusement (…).

    Du coup, j’ai aussi cette sensation de ne pas avoir été assez stratège car c’est maintenant confrontée au marché de l’emploi que je me rends compte que je n’ai pas été au bout de ma stratégie. Je me souviens encore avoir hésité entre le marketing et la finance…mon frère m’a alors dit « prends la finance, tu pourras alors faire du marketing si tu regrettes mais l’inverse sera selon moi plus difficile ; et puis le marketing c’est bouché ». Je l’ai écouté…seulement dans la finance ensuite je n’ai pas eu la bonne pensée, la finesse…d’être encore plus stratège pour ne pas me retrouver à galérer dans ma recherche.

    Comme j’aurai encore pu l’être plus en choisissant de faire une école de commerce plutôt que la fac. Faute de ne m’être pas assez renseignée. Bref, une succession de stratégie où je ne suis jamais allée au bout.

    Finalement je me dis que rien n’est perdu tant que nos choix se justifient. Je ne regrette pas ces choix car ce sont des obstacles qui apprennent. Comme vous le dites qui murissent… A la différence que maintenant je reste avec en tête ce fameux message qu’on peut parfois lire dans les bulletins : « peut mieux faire »! Car c’est un chemin semé d’embuches car il faut être en veille de manière permanente…

  3. Il y a aussi le cran ! Quand je cherchais du travail, j’ai eu une idée de poste qui n’existait pas pour un secteur bien précis. Secteur dans lequel je n’ai aucun contact. Et je n’ai jamais eu ni le cran ni la volonté forte de faire réussir ce projet en allant démarcher les quelques entreprises du secteur. Je me suis contentée d’envoyer une candidature spontannée qui a fait chou blanc. Des fois je me dis que ça pourrait être un chouette job mais bon, il faut se forcer et ce n’est pas évident.

    En attendant, je fais autre chose (dans la fonction publique donc), d’intéressant également mais on se dit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs. Une génération d’éternels insatisfaits en somme :-D

  4. C’est vrai que ça demande beaucoup d’efforts et de volonté. Et on ne récolte pas les fruits que l’on sème forcément dans l’immédiat. Il faut être patient. C’est aussi une question de motivation !

    Génération d’éternels insatisfaits je ne sais pas. Mais est-on réellement prêt à tout donner pour accomplir nos envies? aller au bout de notre projet?

  5. Bonjour,

    Ce message est en effet très intéressant et je souhaitais souligner les points suivants:

    – Quand on pense orientation, on pense très souvent conseiller d’orientation et on se dit…qu’ils ne font pas grand chose -ou, quand on a eu la chance d’en rencontrer un, que ses renseignements étaient bien loin d’être complets (voire inutiles)!
    Malheureusement, on ne prend pas forcément en compte leurs contraintes: Le conseiller d’orientation de mon collège avait la responsabilité de 4/5 collèges et 3/4 lycées…A 500 élèves par collège et 1000 par lycée (à peu près les chiffres des établissements que j’ai fréquenté), ça lui faisait un minimum de 5000 personnes à orienter!

    Si l’on compte 35 heures de travail pendant 47 semaines, on arrive à 1645 heures par an. J’ai eu un entretien avec lui alors que j’étais au collège: Nous avions compté un minimum d’une heure. Même en une demi-heure, cela reste impossible de rencontrer tous les élèves.

    En tenant compte du fait que je me base sur mon expérience personnelle, c’est-à-dire quelque chose qui remonte à bientôt dix ans (1999-2000) et que, depuis, chaque nouveau ministre de l’éducation a réduit le nombre de conseillers (bah oui, « ça sert à rien… »), on comprend vite que les difficultés rencontrées…

    Et si l’on ajoute à cela la multitude de formations, de parcours et de métiers possibles, je vous laisse imaginer la complexité de la tâche pour des personnes, qui jusqu’en l’an 2000 étaient recrutées sur concours après un bac +3/4 en psychologie – donc pas forcément aux faits des réalités du monde professionnel…

    Nous en étions donc rendus aux initiatives personnelles d’enseignants zêlés: Je dois mon orientation dans le supérieur à ma professeur principale de terminale, et j’ai lu quelque part le témoignage de quelqu’un qui avait trouvé sa vocation durant une « journée métiers » organisée par son professeur principal de collège, qui avait invité des parents d’élèves à venir présenter leurs métiers…

    Pour finir sur une note positive: Si jusqu’en 2007 il fallait s’inscrire à l’université sur Minitel, aujourd’hui, Internet facilite les procédures et l’accès aux informations; ce qui restait difficile en 2000.
    Le site de l’onisep (onisep.fr – l’organisation des conseillers d’orientation…) est un bon point de départ, on trouve facilement des sites d’offres d’emploi…et le site de l’apec reste ma référence pour ce qui est des fiches descriptives métiers et des informations sur le marché de l’emploi en général.
    Il existe également de nombreux forums rassemblant des étudiants discutant de leurs formations -j’ai moi-même participé en tant que modérateur sur l’un d’entre eux afin de partager mon expérience avec celle d’étudiants cherchant leur voie – et même si certains ont parfois tendance à vanter leur formation, cela reste un bon moyen pour obtenir des retours d’expérience.

    Reste encore à ce que les universités rattrapent leur retard en matière de communication – cherchez sur Google « concours école de commerce » et vous trouverez les grandes écoles et d’autres, mais cela fait 5 ans que je cherche quel mot clé utiliser pour trouver le site du concours message qui vous ouvre les portes de 190 IAE, et autres instituts universitaires (autre que « concours message »)…

    Bref, pour en revenir à la problématique initiale « faut-il s’orienter en fonction du marché de l’emploi ou faire ce que l’on aime à 18 ans », si la réponse est forcément individuelle (« ce que l’on aime »); les conséquences qui en découlent me laissent à penser qu’il vaut mieux trouver un « juste milieu »…ce qui devrait être plus facile pour les générations à venir qui auront un accès plus facile à l’information (merci internet!)

    …Reste encore à savoir utiliser l’information, mais ça, c’est une autre histoire…

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