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Vocation versus débouchés

publié le 10/02/2009 par dans Afficher dans Méthode, Cursus/études, Quel job pour moi?

Un article (qui date un peu) du Monde, intitulé « J’sais pas quoi faire ».Tout un programme si peux me permettre.

La banalité, la pauvreté des réponses (dixit le journal) étonne à une époque où l’information est très abondante (au passage, je signale la sortie du numéro spécial « orientation » de l’excellent magazine Alternatives Economiques). Les commentaires (du monde patronal, du journal, puis des internautes) plutôt virulents  montrent bien que le problème n’est pas que pratique, il fait surgir des attitudes politiques ou plutôt socio-politiques.

Pour les uns, le monde économique brime le développement de l’individu, en lui imposant un travail aliénant. ( » On ne bosse pas pour le plaisir (ou ça se saurait) », dit Philippe M.). Le milieu universitaire protègerait les jeunes de cette emprise pendant le temps des études.

Pour les autres, au contraire, c’est lamentable de voir à quel point les jeunes sont peu préparés à leur vie en entreprise.

Finalement tout le monde s’accorde à dire que nous ne sommes pas préparés à concevoir notre avenir professionnel, sauf à ressentir une vocation, en général pour des métiers, précisement, « vocationnels ». Les vocations à la gestion d’un centre d’appels sont rares, je pense.

Le problème, alors, justement, vient plutôt de certaines spécialisations. Je ne vois pas trop la différence entre une école privée qui attrape les nigauds avec des promesses du genre « devenez photographe de plateau, cotoyez les stars » et les universités qui vous promettent de devenir gestionnaire de la biodiversité  (c’est moi qui invente, mais tapez donc « master biodiversité » sur Google, on n’en est pas très loin).

Avoir suivi des études sérieuses, structurantes, exigeantes, de bon niveau, détenir les savoir-faire qu’on attend de tout diplômé bac + 5 (écrire des notes de synthèse dans un français correct, avoir l’esprit ouvert et curieux, ne pas mépriser ce qu’on ne connait pas et se montrer réaliste) devrait normalement suffire à entrer dans la vie active avec dignité.

Malheureusement, vous êtes nombreux – et les réactions sur l’article du Monde aussi – à témoigner que les recruteurs que vous rencontrez clonent, clonent, clonent, comme autrefois les shadocks pompaient, pompaient.

Bref, le problème, ce n’est pas que vous n’ayiez pas un projet professionnel très développé, c’est qu’on veut absolument que vous en ayez un, et pas n’importe lequel, celui qui va bien. Genre :

« J’ai entrepris mes études de gestion car je pensais que ce serait la bonne filière pour devenir le manager d’un groupe de restaurants d’entreprises. »

Voilà notre malheur.

Commentaire(s)

  1. Je reste hallucine par ces comportements.
    Surtout qu une entreprise intelligente peut se dire qu en temps de crise, il est facile de recruter de tres bons candidats pas forcement engages dans leurs secteurs au depart …
    A rester cantonner aux memes profils on se ferme des portes. Sauf si on est L’oreal et LVMH qui ne manque pas de candidatures .. mais les autres ? Les recrutements « hors-cible type » demande une methode differentes pour pouvoir projeter le candidat dans un poste ..
    Cela demande aussi aux entreprises d investir sur les gens > formation aux techniques commerciales, aux produits, aux clients ..au management pour les jeunes managers.
    Ce que de toute façon Doit FAIRE toutes entreprises pour développer, fidéliser ses collaborateurs ET performer !!! ..
    Recruter hors cible demande donc une vraie politique RH ..

  2. Je pense qu’on est au départ mal orientés et que nous avons pour beaucoup trop de préjugés, du genre: il vaut mieux passer un bac général qu’un bac pro, il vaut mieux être en S qu’en L, il vaut mieux faire des prépas ou des grandes écoles que l’université, etc.
    Je suis persuadée que beaucoup de gens vont vers certaines filières « parce que c’est bien » et ferment les yeux sur de nombreux métiers.
    Personnellement, j’ai suivi ma passion (sans d’ailleurs réfléchir suffisamment aux réalités professionnelles), mais j’aurais aimé qu’on me présente différents métiers ou secteurs professionnels, notamment lorsque j’étais au collège ou au lycée. Peut-être aurais-je fais un autre choix d’études ?

  3. « Les recruteurs (…) clonent, clonent, clonent » et clonent leurs entretiens aussi. Maintenant pour franchir les barrières de la sélection, il faut savoir fournir les « bonnes » réponses, ou plutôt celles qui sont politiquement correctes dans le monde impitoyable de l’entreprise. Savoir se faire désirer, faire croire que l’on passe 4 autres entretiens au même moment, que l’on gagnait 50000 euros par an dans notre ancien job (oui, oui c’est pour ça qu’on est parti d’ailleurs), que l’on n’a pas trouvé d’emploi jusqu’à présent car on s’est dit que puisqu’on avait 6 mois devant nous, pourquoi ne pas découvrir les vertus ancestrales enseignées par la population péruvienne autour du lac Titicaca…et j’en passe: entre « donnez-moi 3 qualités et 3 défauts » là où tout le monde donne les mêmes et « pourquoi vous et pas un autre »…

    Est-ce que l’honnêteté est toujours une qualité dans ce bas monde? Ou est-elle fatalement assimilée à de la naïveté? Peut-être que si je candidate aujourd’hui, c’est parce que cela fait des mois que je suis sans emploi malgré mes diplômes, que si je n’ai pas trouvé jusqu’à présent c’est parce que toutes les entreprises fonctionnent comme vous et recrutent des copies conformes d’eux-mêmes, et ont peur de prendre le moindre risque dans leur politique de ressources humaines…Ah ça non, ça ne se dit pas…

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