décembre 2008
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Archives

Voir plus d'archives

Mots-clés

Voir plus de mots clés

Erreur de casting chez Martin Hirsch

publié le 10/12/2008 par dans Afficher dans Marché, Galère, Joker

Hier soir, je suis allé, tout ému croyez moi, à une rencontre à laquelle j’étais convié autour de Martin Hirsch à propos du RSA. Autour de la table, les blogueurs politiques Koz toujours, Richard Trois, Marie Isabelle Pichon, Intalk, Nick Carraway et deux contributeurs de Débat & co : Gery Lecerf et François Ecalle.

Je me demande encore ce qui m’a valu de figurer parmi les invités. Je n’ai pas boudé mon plaisir, mon admiration pour M. Hirsch étant ce qu’elle est. Mais je ne suis pas un blogueur politique et je ne connais rien à la lutte contre la pauvreté. Je vous laisse lire le compte rendu qu’ont déjà fait Koz et Richard Trois de cette discussion, je ne ferais pas aussi bien. Et aussi l’engagement national contre la pauvreté, document officiel dont M. Hirsch est l’inspirateur sinon l’auteur.

J’ai retenu deux ou trois choses quand même. Pardonnez moi si cela vous parait hors de propos.

Martin Hirsch a d’abord broyé, d’une phrase, la tarte à la crème des chômeurs volontaires, profiteurs du système. Ils (les pauvres, les « assistés ») « ne demandent que 3 choses : du boulot, de l’argent, de la considération. » Un geste à peine esquissé indique que l’argent est la conséquence du travail. Et il ajoute : Si on comprend que certains sont amenés à limiter leur travail, et donc leurs revenus parce qu’ils considèrent que tout partira en impôt, on doit aussi comprendre qu’un autre agent économique arbitre entre un travail qui ne lui fera rien gagner et la conservation de sa situation présente. Les pauvres sont des agents économiques rationnels, comme les autres.

La deuxième idée que je retiens c’est celle du paquet de corn-flakes. On lui demande de s’exprimer sur le fait qu’il est un alibi pour le gouvernement. Il le sait, bien sûr. Il a appris à savoir ce que veulent dire les « Oui, oui… » évasifs en réponse à certaines de ses demandes. Mais il mène un combat et on sent que sa personne n’est qu’un instrument de ce combat. Pas d’orgueil inutile. Ils veulent le petit bonhomme en plastique ? Ok, mais ils doivent acheter le paquet de corn-flakes. Mes collègues ont fait remarquer que c’est plutôt dans la lessive qu’on trouve les cadeaux mais c’est oublier que c’est la vie qui est détergente, pour certains. Parfois, la cause qu’on défend, l’objectif qu’on poursuit est au-dessus de nous, au-dessus de la considération qu’on aimerait obtenir des autres.

Dernier point : Il y a en France 7 millions de personnes qui vivent au dessous du seuil de pauvreté, c’est à dire que leur revenu est inférieur à 817 € par mois. ce seuil est calculé en prenant 60% du revenu médian qui est donc de moins de 1 500 € par mois. Cela donne, au passage une définition plus claire de ce que pourrait être la classe moyenne, qui, par définition, devrait avoir des revenus pas très éloignés de ce pivot.

Commentaire(s)

  1. Une chose, tout de même, qui m’est venue à la suite des échanges sur mon blog : on prend la chose comme si Martin Hirsch agissait contre la volonté du gouvernement. C’est oublier qu’il a fait face à au moins autant d’oppositions de la part de la gauche… et c’est oublier que Nicolas Sarkozy savait qu’il ne prenait pas un type falot, et un type populaire, en le faisant entrer « au gouvernement ».

  2. Parfaitement d’accord sur la beauté du combat de Martin Hirsch qui est animé d’une passion qui lui permet de déplacer des montagnes.
    Je l’ai vu la semaine dernière à Paris en compagnie du prix nobel de la paix Muhamad Yunus (l’inventeur du micro crédit), qui est aussi quelqu’un qui est animé par une ambition qui le dépasse entant qu’être humain.

    quelques caractéristiques les réunissent :
    – ils croient profondément en leurs rêves, ils sont sincères avec eux mêmes
    – ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour les réaliser
    – ils les mettent au profit du plus grand nombre, sont généreux
    – ils parlent simplement, sans provocation
    – ils connaissent très bien le monde qui les entoure, ne vivent pas dans une bulle

    ça ne m’étonnerait pas qu’on entende parler de lui pendant longtemps.

    Bref ce sont des grands hommes, des hommes qui font l’histoire.

    Je reprendrai donc une expression de BHL : « sachons vivre au dessus de nos moyens » pour devenir quelqu’un de supérieur à ce que notre destin semblait nous vouer.

  3. Je trouve la mise au point de Koz tout à fait justifiée, d’ailleurs Martin Hirsch au moins laissé entendre cela au début du débat.

  4. Bill vous avez fait une jolie citation.
    Etre animé par un projet qui dépasse notre personne, et du coup transcende notre destin, mais aussi ne pas faire de sa personne, des égards qui lui sont dûs, un obstacle au projet en question. C’est sans doute cela qui fait de cet homme une personne à part.
    Et puis aussi que l’intelligence manifeste, débordante, se met au service de la générosité.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires