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Pas d’expérience, suite

publié le 27/08/2008 par dans A la recherche d'un job, Afficher dans Méthode, Galère

Tengaar, Pomkucel et Mathieu font des commentaires désabusés sur le billet « pas d’expérience, moi ? » et je voulais leur répondre. Comme il me semble que ça concerne un peu tout le monde, j’en fais un nouveau billet.

Tengaar, Pomkucel et Mathieu, je crois que vous faites un peu fausse route.
Bien entendu l’expérience de stages et de petits boulots (il ne faudrait d’ailleurs pas complètement les confondre) n’est pas considérée par l’entreprise comme identique à une expérience professionnelle plus longue dans le poste considéré.
Mais si l’entreprise vous invite à un entretien, ce n’est pas dans le but de vous refuser ou pour respecter je ne sais quel objectif numérique d’entretiens. Il n’y a pas de mauvaise foi là dedans. Vous vous donnez une importance que vous n’avez pas à leurs yeux, d’une certaine manière (vous recevoir pour rien est un temps qui vous est inutilement consacré).

En revanche, ce que vous rejetez, ou ignorez, tous les trois, c’est l’espoir que le recruteur manifeste en vous recevant. Espoir que vos stages, vos CDD vos jobs d’été vous ont permis d’acquérir une certaine maturité, une habitude de travailler, un relationnel de qualité.

Recruter un contrôleur de gestion, ce n’est pas seulement valider les connaissances et compétences des candidats en contrôle de gestion, compta, etc. Ce qui va être déterminant c’est l’attitude personne et ses comportements dans une équipe. Et c’est ça qui est recherché dans les expériences, même très courtes, même très triviales !

Ce que vous manifestez plus ou moins, tous les trois, c’est un rejet de cette façon de voir. En filigrane de vos interventions, je lis (mais c’est une habitude) une conception très mécanique des choses : j’ai fais telles études, de niveau X, dans le domaine Y, je dois donc accéder à un poste de niveau x’ correspondant, dans le domaine y ou y’. Ce n’est pas comme cela que les choses se passent.

Les recruteurs français, c’est vrai sont plus méfiants, plus élitistes et même chipoteurs que dans d’autres pays. mais voilà, on est en France, c’est comme ça.

Si le monde de l’entreprise ne vous convient pas il ne faut pas y postuler. Je ne crois pas, d’ailleurs, que les autres organisations (Etat, Université, Collectivité, Santé Publique) soient des modèles d’ouverture, de transparence et d’équité…

Commentaire(s)

  1. Ce que je reproche aux entreprises c’est de nous recevoir en sachant pertinemment qu’on n’a pas d’expérience et ensuite de se servir de ce même manque d’expérience comme raison pour ne pas nous employer. J’ai eu un entretien dans une entreprise où j’étais en concurrence avec un homme de 40 ans et ils ont pris l’homme de 40 ans car il était plus âgé et donc passerait mieux auprès des salariés. Mais pourquoi m’ont-ils convoqués alors ? Ils savaient que j’avais 24 ans, c’est marqué en gros sur mon CV !!!!

    Alors quoi, après 6 ans d’études en environnement, je devrais accepter un poste d’une SSII pour avoir cette fameuse expérience ? En plus, ensuite je ne pourrais pas revenir à mes études de bases. Et je ne peux pas briguer un poste de technicien puisque je suis trop diplômée (et les technicien vont prendre des emplois niveaux bac ? Soyons sérieux, c’est de la dévalorisation pure et simple). Et pourquoi mon diplômé n’est pas assez bon pour les entreprises françaises et suffisant pour les entreprises étrangères ?

    Quelque chose est bizarre là-dedans …

  2. Il me semble que vous avez trop confiance dans l’attitude des entreprises en général pas assez dans les candidats. C’est d’ailleurs dommage qu’il n’y ai pas de « candidats mystères » envoyés aux entreprises pour que vous vous rendiez compte de la situation.

    Le problème des stages c’est qu’ils ne sont pas considérés comme expériences professionnelles, même si ce ne sont pas des stages « machines à café ». D’ailleurs on en vient presque à se demander à quoi cela sert dans une scolarité de les multiplier.

    Le problème des petits boulots, c’est que plus vous les accumulez, plus les entreprises ne vous considèrent que bon à ça, ou bien que vous avez choisi de vivre de petits boulots. C’est incohérent quand on a un bac+5 face à soi, mais c’est ce qu’elles pensent.

    Et si vous ne choisissez de ne vous consacrer qu’à votre recherche d’emploi, vous êtes perçu comme louche ou fainéant du fait que vous avez une longue période d’inactivité.

    Si l’entreprise vous invite à un entretien, ce n’est pas forcément pour respecter un objectif numérique d’entretiens. Mais plus généralement les services RH ont des indicateurs divers à remplir (pas qu’un simple nombre d’entretiens). Et ils ont plutôt intérêt à être bons car ce service est de plus en plus externalisé et/ou en concurrence avec des organismes externes.

    D’ailleurs, on peut aussi parler des cabinets de recrutement qui vous convoquent pour remplir leurs bases de données ou les entreprises de conseil qui veulent à tout prix vous soutirer des contacts dans les entreprises ou vous avez été pour démarcher de nouveaux clients.

    Enfin je n’ai jamais soutenu (ni mes camarades je pense) que dans les organisations publiques cela se passait mieux.

    Quand on nous reçoit pour remplir un objectif, quel qu’il soit, ce n’est pas une perte de temps. Au contraire. C’est plutôt de l’argent de gagné. Et je ne vois pas en quoi décrire ce qui est vécu par nombre de candidats donne de l’importance.

    Quand à la vision un peu mécanique des choses, elle est véhiculée par la société dans laquelle nous vivons. Les entreprises martèlent que si l’on en fait plus, on a plus. Il donc normal que l’on puisse penser que quelqu’un qui a fait plus d’efforts pour se former (nombre et durée de stage, niveau de formation) s’attendent à avoir plus que ceux qui ne l’on pas fait. Sinon à quoi cela sert il? Pour la gloire?

    Si faire plus d’efforts ne sert à rien, il faut le dire. Si faire des études professionnelles et des stages ne sert à rien, il faut le dire.

    Ce n’est pas être désabusé que de relater que des personnes qui ont fait des efforts se retouvent aussi précaires voir plus que d’autres qui en ont fait moins. C’est être conscient que le marché du travail a besoin de gens comme nous afin d’entretenir une pression sur le recrutement.

    Je pense que le monde de l’entreprise ou des organismes publics, ce n’est un choix pour personne, excepté les 1% de la population qui ont réussi à faire ce qu’ils veulent. Contribuer à l’enrichissement extravagant et/ou exclusif d’une poignée de personnes pendant que vous vous en sortez modestement ou moyennement, je ne vois pas en quoi cela peut faire plaisir à quelqu’un (à part un inconscient).

    Seulement je vous rappelle que l’on vit dans une société où, même quand vous allez aux toilettes, il faut de l’argent. Et pour en avoir il n’y a pas 36 solutions : vous travaillez, sinon vous allez en prison. Le système est bien rodé.

    Mais nous savons tous comment cela va finir : cela prendra plus ou moins de temps suivant les personnes et comme nombre d’entre nous avant, nous allons finir déclassés. De la pure perte pour notre vie professionnelle (et personnelle puisqu’elle est liée), et pour l’état.
    Mais pas pour les entreprises. Elles sont, malgré ce que l’on peut penser, ravies de pouvoir disposer de main d’oeuvre qualifiées au delà de leurs espérances pour le même tarif.

  3. Mais, Tengaar, rien ne vous permet d’affirmer que lorsque vous avez été invitée à venir à cet entretien on avait déjà le projet de recruter l’autre personne ! Moi je dis que si vous avez été dans la course jusque là c’est qu’on se donnait la possibilité de vous préférer à lui. Posez-vous d’ailleurs plutôt cette question dans ce sens : qu’est-ce qui m’a valu d’aller jusque là ?
    Sur la dévaluation j’ai déjà répondu hier. le monde du travail dans le privé n’est pas organisé selon les critères universitaires. j’ai eu des patrons beaucoup, beaucoup moins diplômés que moi. Et alors ?
    Sur votre orientation, SSII or not SSSII (d’abors pour les non initiés, SSII ça veut dire société de services et d’ingénierie en Informatique, ce sigle cache souvent des entreprises qui louent les services d’informaticiens. de l’intérim high tech, quoi), la réponse est très personnelle. Vous semblez penser que ce serait déchoir. Moi pas. Je pense qu’il y a pour un(e) scientifique pragmatique une vraie opportunité d’intégrer une double compétence. la prédiction de dé-qualification en environnement ne me parait pas évidente en tous cas.
    Si vous avez la certitude qu’à l’étranger on vous engagerait pour faire ce que vous avez vraiment envie de faire, allez-y ! Mais je prends le pari qu’à l’étranger (GB, USA) les remarques que vous faites sur les SSII sonneraient très… french.

  4. Mathieu, vous me paraissez tellement sûr de que pensent et font les entreprises que cela me décourage de vous répondre, ma connaissance contre la vôtre. celui qui dénonce le complot semble toujours mieux informé que les autres.
    Ce que je peux dire, c’est que cette vision du monde ne nous sert à rien dans le cadre de ce blog. Je l’ai déjà indiqué, mon propos est de faciliter les choses à ceux qui veulent pragmatiquement jouer le jeu.
    Vous le dites vous même, autrement, mais c’est pareil. Il faut bien travailler.
    La réalité ne confirme en tous cas pas du tout, mais pas du tout, l’affirmation selon laquelle « nous allons finir déclassés ». Certains, oui, c’est vrai. Et encore il faudrait s’entendre sur « déclassés ». Mais la réalité c’est qu’une majorité des diplômés bac + 4 et plus trouve un job dans l’année qui suit son diplôme, et une majorité d’entre eux comme cadre.
    Ce qui ne change rien aux véritables difficultés rencontrées par certains, je suis le premier à le dire et si je rédige tous ces billets, c’est justement pour eux. Pour vous.

  5. Je suis sûre que l’entreprise avait déjà choisie l’autre personne puisque ces raisons pour ne pas m’embaucher étaient : 1. c’est un homme (c’était un poste sur des chantiers), 2. il a 40 ans donc plus d’aplomb, 3. il est moins diplômé donc coûte moins cher.

    Et je suis désolée mais tout cela était sur les CVs.

    Pourquoi faire des études si seules les compétences comptent ? Dites le nous, on ferme les universités et les écoles d’ingénieurs et de commerce et on se forme tous sur le même pied d’égalité avec des stages directement après le bac.

  6. « celui qui dénonce le complot semble toujours mieux informé que les autres. »

    Mon but n’est pas de dénoncer un complot. Je ne me sens pas persécuté. Simplement l’Apec est la source sur laquelle tout le monde se base pour l’emploi cadre. Et pour certaines personnes, elle se trompe. En particulier sur l’attitude des entreprises en règle générale.

    « La réalité ne confirme en tous cas pas du tout, mais pas du tout, l’affirmation selon laquelle “nous allons finir déclassés”. »

    Pour ceux qui ne trouvent pas de travail je ne vois pas comment cela peut finir autrement. On ne peut se permettre de rester au chomage indéfiniment.

    « Mais la réalité c’est qu’une majorité des diplômés bac + 4 et plus trouve un job dans l’année qui suit son diplôme, et une majorité d’entre eux comme cadre. »

    Une majorité oui. Quel type de job trouvent ils? Doit on pour autant s’en contenter? Quelle est la part de cette majorité? Les méthodes statistiques sont elles discutables? Peut on se fier aux communications des entreprises sur l’emploi? Comment se fait il que l’on ne soit jamais interrogé pour la réalisation des statistiques? Pourquoi quand on évoque les statistiques auprès de travailleurs ou de chomeurs cela fait il rire tout le monde? Est ce que parce qu’il y a « une majorité » qui trouve que cela fait que le marché des cadres se porte soit disant à merveille? Comment se fait il qu’il reste des bac +5 au chomage ou qui sont déclassés alors que tout va bien? Comment se fait il que quand on aborde le sujet avec des taxis, des commerçants, des médecins, des amis d’amis, etc.. tous connaissent au moins un cas de bac +5 au chomage ou déclassés? Pourquoi quand l’ANPE envoi des bac +5 dans des cabinets ou des associations pour se faire suivre, ne se retrouvent ils pas tout seuls mais en compagnie de semblables?

    « Je l’ai déjà indiqué, mon propos est de faciliter les choses à ceux qui veulent pragmatiquement jouer le jeu. »
    « Ce qui ne change rien aux véritables difficultés rencontrées par certains, je suis le premier à le dire et si je rédige tous ces billets, c’est justement pour eux. Pour vous. »

    Si je fais des commentaires, ce n’est pas que ça m’amuse, c’est aussi pour qu’il y ait une prise de conscience, et que l’on sache que non, l’entreprise ne fait pas tout dans les règles, non le marché des cadres n’est pas un marché où il y a un manque etc. Je souhaiterai que l’Apec soit consciente, mais réellement.

    Je pourrais faire comme mes petits camarades qui ne disent rien. Me taire et subir en me voilant la face en essayant de ne retenir que les aspects positifs. Mais je suis désolé, je ne suis pas (encore) un mouton.

  7. Et moi, Tengaar, je suis au contraire sûr que si on vous a convoqué c’est qu’on s’intéressait à vous. c’est même ça qui est rageant, d’ailleurs. Expliquer qu’on a recruté l’autre pour de bonnes raisons ne vous dispense pas de réfléchir à ce qui aurait pu renverser la situation. Soyez réaliste, est-ce que vous allez dans un magasin pour leur dire que vous n’allez pas acheter votre frigo chez eux ? Quand vous hésitez jusqu’au dernier moment entre le pantalon bleu et le vert, vous pouvez néanmoins, une fois votre choix fait, expliquer X bonnes raisons de prendre celui-ci et pas celui-là. Pourtant, puisque vous avez hésité c’est qu’il y avait de bonnes raisons aussi pour acheter l’autre.
    pardonnez moi ma brutalité, Il se passe que vous ne les avez pas convaincu de passer outre les raisons que vous avez exposées et qui, j’en conviens, sont sans doute réalistes, de recruter votre concurrent.
    Dites nous, à nous, quelles auraient été les raisons de vous recruter vous ?
    Et si vous ne le savez pas je vous suggère de le leur demander. Si vous n’osez pas je peux le faire pour vous. Je leur demanderais : vous avez eu le choix entre Tengaar et l’autre, là. Imaginez que finalement vous auriez recruté Tengaar, pour quelles raisons l’auriez vous fait ?
    chiche ?

  8. J’avais passé plusieurs entretiens dans une boite. A la fin ils ne m’ont pas retenu et lorsque j’ai demandé pourquoi, on m’a répondu : parce que le candidat x a déjà utilisé le logiciel bidule pendant son stage. Clair net précis. J’ai plus qu’à essayer moi aussi de faire mes armes sur le logiciel bidule. Techniquement, ils auraient pu me dire que je manquais d’expérience mais non, ils m’ont dit la compétence qui me manquaient.

    Et si tout les RH faisaient ça ? J’ai remarqué qu’en général, ils n’aiment pas vous exposer les raisons pour lesquelles vous n’avez pas été retenu. MAnque d’expérience est un pis aller efficace.

  9. Je vous comprends bien, Tengaar. mais ce n’est pas aussi simple, le plus souvent. Pour reprendre l’exemple d’un achat pour lequel on a vraiment hésité, si le marchand perdant veut absolument savoir pourquoi vous n’avez pas acheté, disons, sa voiture, par exemple, vous seriez peut-être embarrassée pour répondre. C’est que pour vous les choses ne se présentent pas sous cette forme: vous n’avez pas acheté la voiture A parce que vous avez (finalement, après peut-être des débats internes forts) préféré la voiture B. mais si vous deviez vraiment lui dire quelque chose vous allez lui dire que c’est parce qu’elle n’a que 2 portes, c’est moins pratique. Sauf que si vous aviez acheté cette voiture (l’hypothèse n’est pas absurde, il y a eu débat) c’est peut-être justement parce que c’est un coupé plus petit, plus fun, plus mignon.
    Si vous n’avez pas été recrutée ce n’est pas exactement parce que vous ne maitrisiez pas le logiciel en question. Ou du moins vous auriez pu être engagée malgré ça. Et la personne qui vous a été préférée a sans nul doute des manques, des lacunes que vous n’avez pas. Il y a eu un choix. Evitons un raisonnement trop mécanique. Ce n’est pas facile, c’est compliqué, c’est désarmant, je sais.
    Notre échange m’a rappelé un souvenir et j’en ai fait un billet qui paraitra dans les jours qui viennent. Vous verrez, c’est une situation assez proche de celle que vous décrivez.
    Bon courage Tengaar ! et merci de votre fidélité malgré mes propos sans doute brutaux. j’espère que vous sentez que je ne veux vraiment pas vous blesser; plutôt vous faire voir les choses d’un autre point de vue.
    Je réitère ma proposition d’hier.

  10. Mathieu
    A votre longue intervention. J’ai fait une réponse par mail, que vous aurez peut-être lue.
    Sur l’article de La Croix, fort intéressant, je ferai un billet séparé, qui sera la reprise et enrichissement d’un texte qui est en brouillons depuis des mois, pas encore publié parce que pas vraiment fini. Pas la semaine prochaine, la suivante. Je fais juste remarquer que l’étude dont il est question a été réalisée sur des personnes accédant au marché de l’emploi entre 1990 et 2002, c’est à dire à une période défavorable du point de vue du marché de l’emploi (sauf 98/2000)

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