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Tout le monde se lève pour le marketing

publié le 26/08/2008 par dans Afficher dans Marché, Quel job pour moi?

La scène se passe dans une Ecole supérieure de commerce, devant un amphi d’étudiants de la section « marketing, vente ». Je leur demande : « Lesquels parmi vous veulent faire du commercial ?  » Un ange passe et aucun doigt ne se lève.

Enfin, quelqu’un demande : « Est-ce que vous placez l’export dans le commercial ? » Pardi, bien sûr, l’export c’est du commercial. Alors, oui, quelques étudiants commencent à sentir cette option possible. Silencieusement je me dis « export = vente + voyage », c’est donc le voyage qui fait vendre la vente !

Un autre étudiant se lance aussi : « Est-ce que le marketing fait partie du commercial ? » Pour voir, je réponds que oui. Alors, comme dans une ancienne pub pour une crème dessert, tout le monde se lève. Question : y a-t-il vraiment besoin d’autant de chefs de produits dans les entreprises ?

Changement d’exercice, on essaye maintenant de définir ce qui rend un métier plaisant. L’accord, comme tout à l’heure, est assez général. Voici les items dont je me souviens :

– Voyager, bouger : pas toute la journée derrière un bureau;
– Autonomie : ne pas avoir tout le temps un chef sur le dos;
– Contacts : Rencontrer des gens, échanger…
– Concret : ce que je fais se voit;
– Evolution : je peux progresser dans l’entreprise;
– Rémunération motivante : indexée à mon travail et à mes résultats…

Bref, tout le monde dresse, fermement et bien en choeur, le tableau très réaliste du métier que personne, pourtant, ne veut faire. Ce qui déplait dans le commercial, la vente, tout comme ce qui plait dans le marketing, c’est le nom, l’image. Pas le contenu du job.

Epilogue : Quelques années plus tard, une jeune anglaise de ma famille, ayant fini des études universitaires, a démarré dans la vie active comme commerciale pour une grande marque de sodas. Elle vendait ce produit dans les bars, restaurants, clubs, hôtels etc. Elle nous a écrit une carte qui disait « je ne croyais pas que c’était possible d’être payée pour le plaisir rencontrer des gens, d’échanger avec eux. Ca marche bien, c’est tellement facile. »
Les anglais, parfois très snobs, peuvent aussi se montrer plus pragmatiques que nous. Maudits anglais.

Commentaire(s)

  1. Le marketing n’est que le report détourné de l’intérêt des gens pour la sociologie et la psychologie. Seulement ces filières sont peu proches du monde du travail et étaient déjà saturées avant le marketing.

    Oui le marketing a une très bonne image. D’ailleurs, c’est un peu le boulot de cette fonction non?

    La différence d’intérêt entre le marketing et le commercial tient plus à la différence de tâches : beaucoup de gens considèrent qu’il est plus intéressant d’étudier le comportement des consommateurs et de le « manipuler » à distance plutot que de l’avoir en face. Parce que dans ce dernier cas, il faut un peu plus de courage. Et ça peut être beaucoup moins agréable, moins confortable.

    Le marketing est également une fonction essentiellement implantée dans beaucoup de grosses sociétés ou dans des structures valorisantes. En revanche le commercial est présent dans presque toutes les structures.
    Donc il y a l’image de la fonction mais également des sociétés dans lesquelles il s’exerce.

    Enfin, les conditions de travail (déplacements, etc..) et la rémunération des commerciaux est moins garantie. Vous pouvez être un bon commercial, si les produits sont très difficiles à vendre, c’est votre rémunération qui trinque alors que vous n’y êtes pour rien. En marketing c’est moins le cas.

  2. Tiens, là, Mathieu je suis d’accord avec vous à peu près sur tout.
    Juste deux nuances:
    – Se trouver en face du client est aussi porteur de beaucoup de satisfaction et en tous cas je note que les « relations » tiennent le haut du pavé des motivations déclarées par les jeunes candidats.
    – Les produits difficiles à vendre sont aussi une école formidable. Mais il ne faut pas que ça dure trop, c’est vrai ! Il y a des entreprises qui savent en tenir compte dans la rémunération et dans la gestion des carrières.

  3. a une nuance pres ceci dit: ce n’est pas parceque votre consommateur est en face a face avec vous que la vente n’est que relationnel sans technique ou theorie (penser comme ca, ca participe aussi au denigrement de la vente en tant que fonction par rapport au marketing).

  4. Et Bien je suis encore plus d’accord avec ce que dit Fabrice.
    Les psychothérapeutes, les coachs, les consultants en orientation professionnelle ou en recherche d’emploi, j’en oublie, sont comme les vendeurs. S’ils sont très bons, c’est parce que dans leur pratique, ils ont totalement intégré (ou réinventé, il y a des intuitifs) les théories de la communication, de la psychologie, de l’influence. Etre un bon commercial peut s’apprendre, précisément parce que c’est un métier qui s’appuie sur des théories et de la réflexion.

  5. « – Se trouver en face du client est aussi porteur de beaucoup de satisfaction »

    Ben ça, ça dépend du type de client que vous avez en face.

    « – Les produits difficiles à vendre sont aussi une école formidable. Mais il ne faut pas que ça dure trop, c’est vrai ! Il y a des entreprises qui savent en tenir compte dans la rémunération et dans la gestion des carrières »

    Oui cela peut être une bonne école… ou pas. Accumuler les échecs ne veut pas dire que vous allez mieux vous en sortir après.

    « ce n’est pas parceque votre consommateur est en face a face avec vous que la vente n’est que relationnel sans technique ou theorie (penser comme ca, ca participe aussi au denigrement de la vente en tant que fonction par rapport au marketing). »

    Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire ni écrit en tous cas.

  6. Les marketeurs restent au market, les tres bons commerciaux deviennent patrons, au dessus des marketeurs ! ;-)
    Les boites americaines privilegient les commerciaux : Procter, IBM, Kellogg’s, General Mills etc etc .. ils ont bien compris que c est LE poste pour detecter les potentiels :
    La France pays de  » l’intellect  » ne pige rien une fois de plus, et cette mentalite se retrouvent dans les écoles de commerce .. le marketing, job qui brille y est valorise car + nourissant pour la cervelle …et le côté VRP du commercial, avec sa malette reste fort ancré dans les tetes.
    Enfin. Qd la France deviendra un veritable pays capitaliste dans les tetes, la vente retrouvera du prestige. Car sans vendeurs, point de commandes ..

  7. Le problème du « commercial » c’est qu’il passe généralement pour un gros beauf dragueur et alcoolique façon Jean Claude dans Caméra Café, un gros déficit d’image donc ! Les entreprises l’ont bien compris et tente de renommer la fonction en « Responsable grand compte » ou encore « l’ingénieur d’affaire » dans les SSII histoire d’attirer les jeunes diplômés et les cadres …
    L’autre problème à mon sens, c’est qu’une grande partie de la rémunération est variable contrairement à un marketeux par exemple qui à une partie fixe plus importante. C’est un des éléments qui peut (à mon avis toujours, je ne suis pas spécialiste) faire pencher les jeunes diplômes du coté du marketing plutôt que du commercial : la stabilité de la rémunération c’est important quand on ce lance dans la vie active ! D’ailleurs le code du travail fait déjà une distinction entre le VRP et les autres salariés, preuve déjà d’
    Pourtant un commercial (vendeur de voiture par exemple, aussi banal que cela puisse paraître) peut gagner beaucoup de sous. Je me souviens d’un reportage de Capital ou il été présenté une femme (en plus !) vendeuse chez Audi qui gagnait jusqu’à 15 000 euros par mois (si si !). Je pense qu’il y a peu de fonction ou en milieu de carrière en ayant fait des études « normales » (hors Ena, polytech …) on peut gagner autant …

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