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Plus nul que moi levez le doigt

publié le 15/04/2008 par dans Afficher dans Méthode, Etudes et argent, Galère, Quel job pour moi?

Certains ont laissé entendre que de ma position confortable et privilégiée, je devais avoir un peu de mal à comprendre ce que vivent les jeunes dont la recherche d’emploi tourne à la galère. Difficultés économiques graves, sentiment d’ostracisme, d’exclusion. Ils ont supposé que je n’étais pas passé par là. Cela m’a amené à repenser à mes débuts dans la vie active. Ils ont raison, je n’ai pas connu cela à leur âge. Mais mes débuts ont été lamentables et ça peut être utile de les décrire.

J’ai fait des études avec un viatique que mes parents m’envoyaient et qui devait suffire à me nourrir (j’étais logé chez une parente). En plus ça n’a pas duré très longtemps : 4 ans, j’ai redoublé ma 3e année à Sciences Po. Pendant ces 4 ans j’ai travaillé dans des hôtels et des restaurants.

Et quand je suis sorti, je n’avais aucune idée de rien. Je m’étais à peine renseigné sur les concours que je pouvais passer, je n’avais rien en tête sauf de continuer des études en histoire, ce que je n’ai pas fait, et, pour de mauvaises raisons, je m’étais fixé comme contrainte absolue de vivre dans une de ces charmantes petites villes de province dont la France a le secret.

Et il fallait cette fois absolument que je bosse, et vite. Alors j’ai pris la seule chose que j’ai trouvé, un job de représentant. Avec une voiture qu’on me prêtait. La boite en question m’a recruté parce qu’ils voulaient élever un peu le niveau de qualification moyen du réseau, très bas.

Je n’ai pas été mauvais et j’ai évolué : chef de vente après un an, puis promoteur des ventes et chef de marché. C’est au bout de 5 ans que j’ai bifurqué vers le recrutement et par la suite, après deux licenciements économiques et une bonne grosse année de chômage, j’ai atterri à l’Apec. Là encore, j’ai évolué.

Je ne croyais pas qu’un métier comme celui là existe, il m’a vraiment passionné. J’excluais absolument le management, et je suis manager depuis 1995. Et maintenant que je vais quitter ce job, pour en prendre un autre (dont je vous parlerais si vous êtes sages), j’ai carrément le blues malgré mon enthousiasme pour la nouvelle aventure.

Je n’avais aucune vocation, aucun piston, aucune idée de rien, des a priori stupides, j’ai refusé de voir ce qui s’offrait à moi, j’ai commencé à travailler à reculons, je ne me sentais capable de rien. Vous ne pouvez pas être aussi nuls que moi, c’est clair. La seule chose que m’a favorisé par rapport à vous, c’est que la proportion de diplômés du supérieur était à l’époque plus faible qu’aujourd’hui.

Et pourtant ce parcours me satisfait pleinement et chaque étape m’est aujourd’hui utile. Avoir fait de la vente, par exemple, est probablement ce qui m’a le plus servi dans mon métier de consultant à l’Apec.

Mais mes études à l’IEP de Paris, dont à première vue je me suis pas beaucoup servi, ont été finalement aussi utiles.

Commentaire(s)

  1. c’est tout de même plus facile quand on s’appelle Jean Marie Blanc et que l’on sort de sciences po ; moi je m’appelle Ali Chaoui, je suis à bac + 8 universitaire et je galère depuis 10 ans pour taffer en France, douce France…

  2. ça ressemble à un film de Truffaut…

  3. Bonjour,

    Je suis consciente que toutes les générations ont connus des galères dans leur recherche d’emploi. Cependant, la concurrence s’accroit au fil des années . Le nombre de jeunes diplômés est en progression constante.
    Perso, je n’ai toujours pas trouvé d’emploi. Je mentirais si je disais que je ne suis pas désabusée par la situation.
    Tout comme Chaoui, j’appartiens à la « France des couleurs ». La discrimination est présente partout. Mais il faut aller au delà de ça.
    Ayant un master en logistique, je me tourne progressivement vers le domaine de la qualité et je regarde aussi les offres à l’étranger.

  4. Bonjours a tous.
    j’ai une formation commerciale un DEESMA (bac +3 en marketing)
    je suis trilingue je cherche du boulot depuis bientot 6 mois.
    Actuelement la seule chose que j ai pu trouvé c un boulot en cdd qui consiste a compter des voitures qui vont sur l autoroute.
    faites des etudes qu ils disaient…

  5. A lire ça je me dis que l’orientation des jeunes n’a pas vraiment progressé …

    Sinon pour le premier commentaire : certes il y a du racisme en France mais ce n’est pas la peine de montrer du doigt ce monsieur, lui n’y est pour rien. D’ailleurs, je m’appelle Aurélie Moreau et j’en suis à 7 mois de chômage avec 2 bac +5 comme quoi …

  6. Moi et mon frère sommes titulaires de Masters Profesionnels (Bac+5).

    Nous avons des prénoms et noms qui « sonnent » français. Moi je travaille depuis 1 an à 1300 euros brut par mois (smic 39 heures) et mon frère est depuis plus de 6 mois au RMI.

    Alors certes ce n’est pas 10 ans de galère… mais ça en prends le chemin.

  7. je me marre !!!…..disait Coluche

    Allez et une de plus…je m’ajoute à la liste, je suis jeune diplômée depuis novembre 2007 en gestion des entreprises spécialité sanitaire et sociale, à ce qu’il paraît le secteur est en « boom » grâce, surtout, aux nombres de vieux de plus en plus important, mais HELAS…. X candidatures envoyées (réponse aux offres et candidatures spontanées) et toujours rien, pas un seul entretien…BIZARRE…
    conclusion : ou c’est mon profil de jeune diplômée qui ne convient à personne, mais si personne ne m’offre cette FAMEUSE PREMIERE EXPERIENCE, d’où j’la ramène moi, je l’invente ?? Non Non, Non pas bien… je ne veux pas tricher, pas mentir, c’est un péché!! ou c’est ma tête qui dérange.(ce serait plûtot mon nom et prénom, puisque personne n’a encore eu la chance de découvrir ma tête!! quel dommage, vous savez pas ce que vous ratez)

    Je ne sais pas. je dis tout cela en plaisantant, mais je vous avoue que je suis au bord de la déprime..si seulement tout petit Nicolas (Sarkozy) pouvait arranger les choses. Que Dieu est pitié de nous !

    Bon allez les jeunes soyons solidaires et forts.. Bon Courage. on va l’avoir ce boulot.. Motivé…Motivé…

  8. ben moi, je suis beaucoup moins pire que vous tous, je n’ai pas encore fini le stage de la fin de mes études, et j’ai commencé il y-a un moi à chercher un emploi, pour ne pas me retrouver sans rien.
    mais hélas je déprime déjà…..

    bon quoi faire motivé, motivé et on va la trouver la première EXPERIENCE…. comme a dit Fatima….

  9. En France, d’un côté on nous dis de faire le plus d’études par rapport aux demandes des entreprises et de l’autre on nous dit d’avoir de l’expérience….Mais pourquoi on ne parle pas plus souvent de l’alternance…..
    C’est pas facile de trouver du boulot, mais faut ce battre, car…..en sortant d’un diplôme faut pas croire qu’il y a un boulot qui t’attend derrière la porte…
    Je le redis encore, non loin de la de dire que vous cherchez pas…il faut y croire et jamais se décourager……C’est le plus dur…Bonne chance et courage à TOUS.

  10. Il ne faudrait peut-être pas oublier que les stages sont AUSSI des expériences professionnelles, ils vous apportent des compétences, de l’expérience, du savoir-faire…

    Bref, ne considerez pas que vous sortez de l’école avec 0 expérience si vous avez fait des stages !

    (En même temps, j’dis ca, j’ai pas encore commencé à chercher… Et il serait temps que je m’y mette ^^)

  11. J’ai pensé que je suis la seule à chercher du travail sans succès depuis 6 mois, mais tous ces messages…
    Je suis bulgare, j’ai fait mes études (master de commerce international) tardivement ici.
    Et même si mon profile est atypique, voir loin de celui que cherchent nos chers recruteurs, je suis persuadée qu’on je vais trouver tôt ou tard le travail désiré, je me ne décourage pas.
    Vous aussi continuez vos recherches.
    Bonne chance à toutes et à tous!

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