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Entreprises et sciences humaines : un dialogue de sourds?

publié le 03/12/2007 par dans Afficher dans Marché, Cursus/études

Comment lutter contre la méfiance des entreprises envers les formations en sciences humaines ?

Focus RH fait le point sur l’opération Phénix, un partenariat entre universités et entreprises (Axa, Coca-Cola, Renault…) qui devait aboutir à l’automne 2007 à l’embauche de 70 étudiants en lettres et sciences humaines.

Le bilan quantitatif est mitigé : Seulement 36 recrutements ont eu lieu… faute de candidatures. Les promoteurs de l’opération incriminent la difficulté à communiquer auprès des étudiants, déjà lancés dans leur mémoire au moment du lancement de Phénix. Ils ont élargi la cible à d’autres universités et comptent mobiliser les enseignants pour l’an prochain.

Je me demande pour ma part si la préparation d’une telle opération ne devrait pas remonter bien en amont dans le cursus des études. Une proportion non négligeable des étudiants de ces filières devront, quoi qu’il arrive, travailler en entreprise. S’y préparer, sans pour autant changer de cursus, de centre d’intérêt, me parait relever du bon sens et les Universités ont d’ailleurs des obligations croissantes dans ce domaine.

De quoi avez-vous besoin, au fond, pour aborder le monde de l’entreprise ? Rien de bien sorcier, rien que vous ne puissiez acquérir maintenant même si vos études sont terminées ! Allons-y : Il faut, selon moi, trois éléments:

  1. Des rudiments d’économie générale, d’économie d’entreprise et d’organisation. Ca, on trouve des bouquins ou des ressources internet (comme celle-ci) pour l’approcher.
  2. Une réflexion sérieuse sur la contribution que peut apporter un(e) diplômé(e) de ma filière (et moi en particulier) dans ces activités économiques. Ca l’Apec et ses ressources en ligne peuvent m’y aider.
  3. Et puis, sans faire la promotion de l’entreprise, se départir du regard plus ou moins hostile porté à toute activité marchande, ce qui ne prédispose pas à y postuler autrement qu’à reculons.

Evidement la réticence est réciproque et ceux qui essayent de pénétrer le monde de l’entreprise en font la dure expérience.

Et pourtant, pensez-y, les entreprises sont des communautés humaines au travail et leur efficacité dépend donc de facteurs qui font justement l’objet des sciences humaines et sociales. Vous avez donc beaucoup à apporter.

Il faut l’argumenter.

J’aimerais bien avoir l’avis et le témoignage de ceux d’entre vous qui sont concernés.

Commentaire(s)

  1. Le dialogue de sourds dont vous faîtes mention dans votre chapeau est effectivement bien réel … des deux côtés.<br /><br />
    Les étudiants de sciences humaines ont beaucoup de réticences à s’engager sur une voie marchande, éloignée – soi disant -de leurs idéaux. Il suffit de voir les manifestations actuelles.
    Inversement, les entreprises ont du mal à accepter la « différence ».
    Et pourtant, soyons optimistes !
    L’initiative Phenix que vous nous présentez, je ne la connais pas et c’est bien dommage. Seulement elle est initiée par des grands groupes qui ont les moyens de prendre des risques et d’initier ce genre d’initiative. J’envie le marché de l’emploi anglo-saxon, bien moins regardant sur le contenu du diplome. Par exemple un étudiant en histoire d’oxford peut travailler dans une banque. Bon c’est Oxford mais c’est un début.
    Ayant moi même un cursus sciences humaines, j’ai pu bénéficier en Master 1 de la possibilité d’élargir mon horizon avec une option en RH. Je salue l’initiative, personnelle et courageuse, de l’université. Possibilité de faire un stage puis decontinuer dans cette voie en préparant le Celsa (Paris 4). Puis de continuer dans cette voie. J’ai toujours eu des entretiens et cela n’a pas stoppé mes interlocuteurs. Peut être autant (plus ?) que des étudiants en RH plus classique compte tenu de l’aspect bouché de cette filière. Au delà des aspects traditionnels (motivation, compétences..) j’ai pu mettre en avant des aspects susceptibles d’attirer les employeurs : petits boulots,faculté d’adaptation, curiosité, communication, langue. Il suffit d’un peu de pragmatisme et la « différence » peut s’avérer payante.
    Après on peut essuyer des refus, certains du à l’étiquette sciences humaines. Mais sans doute ne me serais je pas épanoui chez eux.
    Comme conseil il faut une certaine curiosité (stages, presse économique, relations professionnelles…), bien cibler ses employeurs potentiels, mettre en avant les compétences acquises (surtout les langues, dont le développement est scandaleux dans toutes les formations!).
    Après c’est un choix personnel, qui peut être difficile mais payant. On peut se sentir en décalage avec les autres étudiants de la filière et parfois par les salariés. Mais très vite cela s’estompe quand on fait ses preuves.
    Et à titre personnel, j’espère à terme pouvoir intervenir dans des école pour faire part de mon expérience, et travailler, et enseigner.
    Il faut trouver les formations et les entreprises ouvertes.
    PS : désolé pour l’anonymat.

  2. Rh, voilà le témoignage d’une expérience qui devrait donner du coeur au ventre des jeunes gens qui comme vous ont démarré des études dans un domaine peu tourné vers l’entreprise mais qui voudraient y travailler.
    Travailler et pas forcement y « faire carrière ».
    Vous par exemple, voilà que vous voulez maintenant vous tourner (retourner ?) vers d’autres horizons.

  3. Je suis d’accord, le problème est bicéphale. Cependant, je ne pense pas que la dichotomie soit Entreprise/Université, mais plutôt Société/Savoir sur l’Homme.

    En effet, tout ce que l’université peut accumuler comme savoir n’est que rarement diffusé (mais surtout pas utilisé) dans le reste de la société. L’humanité n’aime pas se regarder et se voir analyser, peu de personnes aiment la critique et l’évaluation. Pourquoi les entreprises échapperaient-elles à cet axiome ?

    D’autre part, je pense que ce problème de compatibilité a pour origine l’engrenage suivant:

    -Les entreprises ne connaissent pas les Savoirs sur l’homme.

    -Elles ne s’y intéressent même pas et se concentrent sur des formations pragmatiques.

    -Se sentant délaissés, Les universitaires recomposent peu à peu leur conception du savoir.

    -Ces conceptions du Savoir successives sont de plus en plus élitistes et éthérées. Ce que j’assimile à un mécanisme de défense :
    Si l’on ne peu être pragmatique, il faut être théorique. Si l’on ne peut être prosaïque, il faut être romanesque !
    Bref, il faut justifier son existence.

    -Plus les Universitaires s’éloignent de la société, plus la société et donc les entrepreneurs font de même.

    Et voilà, comment l’on arrive au magicien dans sa tour d’ivoire ! Je ne voudrais pas formuler de stéréotypes mais empiriquement, un grand nombre de mes profs étaient déconnectés de la réalité. Les meilleurs enseignants rencontrés furent des intervenants extérieures (qui justement travaillaient en entreprise). J’exagère un peu, j’ai eu de très bons profs. Mais le fait que beaucoup soient déconnectés m’a toujours étonné, comme si cela faisait partie d’un préalable pour devenir professeur.

    Bien sur, Je ne suis pas en train de dire que ces mécanismes soient conscients, mais c’est comme cela (du moins en partie) que je l’analyse.

    J’aurais peut être du commencer par cela ; je dois préciser que je connais bien ces mondes car j’ai été formé dans les deux.

    En effet, j’ai suivi des études de psychologie et d’anthropologie sociale. Avec en tête de travailler quelque part dans la grande notion « les Organisations ». Idée alimentée par quelques exemples prometteurs : psychologue du travail ou même anthropologue chargé d’étude pour les collectivités locales (dans ce cas il s’agissait d’étudier l’impact sur la population d’une implantation d’entreprise Seveso)…

    Mais voilà ! La filière des psys du travail (et ne parlons pas de l’anthropologie) n’offre que peu de débouchés dans ce domaine.

    J’ai donc cherché des études qui me permettraient de coupler savoirs universitaires sur l’Homme et ses Organisations et Entreprise. Ce fut la découverte du management par la qualité dont l’objectif est d’optimiser le fonctionnement de l’entreprise.

    Je dois bien avouer que je rencontre encore des problèmes car le poids des habitudes et du manque complet d’auto-analyse (pourtant signe que la Qualité est loin d’être une activité inutile !) relègue ce métier au simple contrôle et à la technicité. Et l’APEC n’échappe pas à la règle ! (il suffit de regarder la catégorie de ce métier.)

    Mais grâce à cette formation je puis valoriser un savoir-faire universitaire hautement utile à l’entreprise !

    Tout cela pour dire que L’homme aura toujours peur d’être évalué et que l’université doit se montrer attrayante. Il ne faut pas être pessimiste mais regarder les choses en face : le problème ne repose pas qu’entre les mains de l’université et de l’entreprise. Je pense que la question au centre de cette problématique est à quoi et à qui sert le savoir ?

  4. Charles, ton commentaire est une réflexion vaste. Ta question « à quoi sert le savoir », est trop philosophique, pour un blog qui vise à aider un peu les jeunes diplômés en recherche d’emploi…
    Il y a quelques semaines, lors d’une réunion organisée par notre Président, Gabriel Artero, pour les établissements d’enseignement partenaires de l’Apec, le président de l’Université d’Evry, Richard Messina, a dit que la mission de l’Université était, au travers de l’élaboration et de la transmission du savoir, de rendre l’homme plus libre.
    Peut-on dire que c’est à ça que sert le savoir ?
    Pour rester dans la sphère que je me suis fixé, je comprends cette phrase de M. Messina comme ceci : le savoir n’a de réel intérêt que s’il nous permet une compréhension et donc une adaptation plus facile au monde et à ses changements, y compris bien entendu dans le cadre professionnel.

  5. je réagis sur la mission de l’université qui est, je suis d’accord, d’apporter une valeur ajoutée à l’individu et non (directement) une compétence au professionnel. Le savoir transmis par l’université et plus particulièrement le recul sur la société que nous apporte les formations en sciences humaines permettent au professionnel une meilleure compréhension des enjeux qui animent l’entreprise.

    Je serai également intéressé par la possibilité d’avoir quelques renseignements sur le « management par la qualité » dont parle Charles. Il me semble que ce type de mission n’est pas confié à des jeunes diplômés issus des sciences humaines mais à des personnes ayant une expérience interne de l’entreprise ou du management et possédant éventuellement un bagage universitaire.
    Je conviens que la connaissance des institutions est nécessaire afin d’élaborer un diagnostic pertinent en terme de qualité. D’un autre côté, les nouveaux enjeux qui s’imposent à l’entreprise (développement durable, crédit participatif ou commerce équitable pour ne citer que les plus en vogue) nécessitent une ouverture aux profils « philo », « socio », « lettres » etc… Comment peut-on « vendre » notre compétence réflexive et quels sont les véritables besoins des entreprises dans ce domaine ?

  6. Guillaume
    Ce n’est pas seulement les « nouveaux enjeux » des entreprises qui peuvent justifier l’intérêt qu’elles porteraient à des diplômés en sciences humaines, ou littéraires. C’est tout simplement que les enjeux des entreprises, les nouveaux comme les anciens, sont en partie (en grande partie ? ) liés aux choses humaines, au premier rang desquelles les relations entre les personnes dans le travail.

  7. ce que vous dites est assez vrai, il faut d’ailleurs savoir que contrairement a la France, au Royaume Uni ou aux Etats-Unis, les formations initiales les plus prestigieuses sont des formations en Anglais, ou en lettres, ou alors en sciences sociales ou en sciences, mais surtout pas en Business…

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