Savoir vendre quoi ? (1ere idée fausse)
publié le 11/09/2012 par Jean-Marie Blanc dans Afficher dans Méthode, Idées fausses, Passer un entretien
« Il faut savoir se vendre ». Depuis mes lointains débuts dans ce métier, je me bats, sans succès, contre cette affirmation. Elle est cause de bien des erreurs de comportement et d’argumentation, elle provoque une gêne, justifiée à mes yeux (on n’est pas une marchandise) ou des postures pseudo-cyniques assez incongrues, enfin, elle place certains candidats dans une position d’infériorité que rien, en revanche, ne justifie.
Il y a bien quelque chose à vendre. Mais on ne peut pas (ou plus) vendre une personne, qui ne saurait appartenir à quiconque d’autre qu’à elle-même. Je suis un sujet, pas un objet. Il n’y a aucun transfert de propriété.
Ce qu’on vend, nous dit le code du travail, un « contrat de louage de services ». c’est à dire un contrat aux termes duquel je vais déployer une activité utile pour un tiers qui va me rémunérer et diriger mon travail.
Ce qui différencie un contrat commercial de prestation de services d’un contrat de travail, c’est que celui-ci prévoit une subordination à l’employeur, dont le salarié accepte l’autorité : directives, évaluations, sanctions (limitées au cadre du travail, bien-sûr). Une course en taxi c’est une prestation de service (il y a une activité utile au client qui paie en échange); un chauffeur salarié, c’est du louage de services (il y a activité utile ET subordination). Si le chauffeur change de métier, devient commercial, il n’y a pas forcement rupture du contrat mais il doit y avoir un avenant, c’est à dire un changement important. Le contenu (métier) de votre travail est en effet une composante majeure du contrat, ce qui est cohérent avec ce qu’on vient de dire.
Ce sont donc les services que vous pouvez rendre et leur utilité qui font l’objet de votre argumentation, en trois points :
- Qui est cette organisation (produits, techniques, clients, structure, nature) pour que vos services lui soient utiles ?
- Pour quoi faire vous recruterait-elle ? (Quelles activités pourriez-vous mener, et compte tenu du point 1, en quoi c’est utile ou bénéfique pour elle) On ne recrute pas quelqu’un pour être, mais pour faire.
- Pourquoi vous plutôt que les autres ? (quelles caractéristiques particulières vous différencient, selon vous ? ce ne sont pas forcement des qualités, juste des éléments qui vous paraissent différents)
Vous voyez tout ce qu’on manque quand on parle de soi. D’abord c’est difficile, gênant et beaucoup plus impliquant que de parler de ce qu’on peut ou sait faire. Et puis ce n’est pas vraiment le sujet. En parlant de la personne et pas de la contribution attendue, on laisse le recruteur prédire tout seul la capacité de réussite du candidat. Et vous avez des frères et soeurs ? (elle a un frère et deux soeurs, donc, elle… ?)
Bien-sûr, le sujet, la personne du candidat est importante. Il y a tant de composantes de comportement dans la réussite ! mais on vous connaîtra suffisamment en vous écoutant parler de vos compétences et peut-être, les trois choses que vous direz de vous spontanément, en passant, quand ce sera utile.
En parlant de vos connaissances, expériences, compétences comme de choses extérieures, vous acquerrez une plus grande liberté de ton et serez moins impliqué(e), donc une plus grande stabilité émotionelle face au recruteur.
Et surtout votre argumentation touchera la cible.


henri
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