A mes affirmations optimistes sur le marché de l’emploi et l’insertion des jeunes diplômés, certains d’entre vous opposent un constat de difficultés, de galère.
Certaines des explications à ces difficultés, je ne suis pas innocent, tiennent aux recruteurs, à leurs habitudes et pratiques et nous n’y pouvons rien. Mais justement, concentrons-nous sur les éléments que nous pouvons changer, nous ! Améliorons nos méthodes, notre communication, affinons notre sens des situations, adaptons nous aux réalités. Bref, soyons stratèges, tacticiens.
C’est cela qui nous permettra de dépasser les difficultés. pas de porter des jugements, même étayés par des exemples pertinents, sur le monde tel qu’il va.
Or la plupart de ceux qui disent ici “j’ai un bac + 5 (ou 6, 7, 8) ou je suis diplômé d’une “grande école” et “je galère” ne précisent pas dans quelle discipline ils sont diplômés, ce qu’ils cherchent, comment ils cherchent.
Que puis-je faire sans en connaître plus ? A certains, j’ai demandé des explications par mail. Sans succès la plupart du temps.
Parlons concrets, donnez nous des détails, des faits précis, si vous voulez échanger et construire.






Bonjour,
Si ça peut aider, voici quelques idées personnelles:
- Que ce soit face à un RH, un opérationnel voire le directeur du service (ou agence, c’est selon), n’hésitez pas à être réactif. N’attendez pas la fin de la présentation pour poser vos questions. Apparemment les recruteurs aiment ça.
- Ne soyez pas figé dans votre présentation. Tout le monde nous dit d’adapter notre discours selon les personnes en face. Un opérationnel n’a pas envie que nous retracions tout notre CV, mais que nous insistions sur les points essentiels qui sont en accord avec le poste souhaité.
- Point important, ce n’est pas parceque vous avez fait des études de logistique (cas personnel) que vous n’êtes pas à l’aise dans d’autres domaines. La pluridisciplinarité est une valeur appréciée par les recruteurs.
Il n’empêche que certains recruteurs misent tout sur la notoriété de l’école, sur notre look et autres critères subjectifs. A nous, de faire tomber les préjugés en innvant sur ntre présentation. J’espère du fond du coeur avoir pu vous aider!
Biz à tous et accrochez vous!
;-)
Rédigé par : Laura | 14/10/2008
J’ai passé un entretien récemment. Encore un me direz-vous ! Quelques jours plus tard, j’ai eu le droit à une jolie lettre m’indiquant que malgré toutes mes qualités bla bla bla …
Je me suis donc fendue d’un petit mail pour essayer de comprendre et j’ai eu sur mon répondeur une longue explication de la RH (merci à elle).
En gros : je suis très à l’aise en entretien (au bout de dix vaut mieux :D) mais le problème est que je suis trop à l’aise ! Elle se pose des questions sur ma capacité à travailler en équipe et à me soumettre à une hiérarchie.
Bon il va falloir soit que je mette de l’eau dans mon vin (mais ça ne tiendra pas longtemps) soit que je m’oriente sur je ne sais quel type de poste …
Surtout que dans l’environnement c’est pas gagné.
Par contre ma double compétence lui a bien plu, moi qui pensait que c’était un boulet.
Rédigé par : Tengaar | 14/10/2008
Un boulet, une double compétence ?? Tengaar, voyons…
Ce que vous dites à propos de “trop à l’aise en entretien” est important.
J’ai en vie d’en faire un billet. Pouvez-vous m’aider ? ce serait bien si je pouvais en savoir un tout petit peu plus sur ce qui donne l’impression que vous êtes “trop à l’aise”. trop Affirmative ?
Rédigé par : Jean-Marie Blanc | 14/10/2008
Disons que 1. je parle de façon très assurée (je suis très peu stressée de nature, et j’ai passé une quinzaine d’entretiens à rabâcher la même chose, donc je maîtrise mon discours), 2. je maîtrise ma gestuelle (1 an en école de commerce) et le regard mais surtout 3. je pars au quart de tour et j’ai tendance à répondre par l’ironie ou à être un peu sèche, disons qu’il y a des questions que j’estime “débile”, du genre : pourquoi vous ne prenez pas de notes ? que font vos parents ? etc. Par ailleurs je n’aime pas travailler en équipe et dans le climat actuel “d’équipes winneuse au manager hollywood” ça passe mal.
Rédigé par : Tengaar | 15/10/2008
Quelqu’un a-t-il quelque chose à ajouter ? que pensez-vous des mésaventures de Tengaar ? Avez-vous quant à vous des expériences à nous soumettre ?
Rédigé par : Jean-Marie Blanc | 15/10/2008
Je pense que les mésaventures de Tengaar sont malheureusement monnaie courante. Je suis en recherche d’emploi, mais j’ai un parcours atypique. J’ai fait toutes mes études en alternance, soit cinq années d’expérience. Ces années ont été réalisées dans l’entreprise créée en famille.. Aie là commence à déplaire.. C’est soit, fille à papa, se l’ait coulée douce.. soit trop de responsabilités, donc incapable de s’adapter à une hiérarchie, à faire du reporting, ou à accepter les ordres.. C’est surprenant l’imagination des recruteurs dans mon cas !! J’ai beau leur dire que j’ai envie d’être salariée, que la création d’entreprise ne m’intéresse pas avant nombre d’années, et que je n’ai qu’une envie c’est de faire mes preuves dans une entreprise où je ne serais pas “la fille de..” ! Les recruteurs ont peur ! Alors du coup, la rengaine pour moi, c’est soit, vous êtes trop qualifiée et vous allez vous ennuyer rapidement chez nous (poste d’assistant), soit vous n’avez pas d’expérience hors apprentissage, donc ça n’ira pas (poste de manager !). Pour mieux comprendre tout ça, il faut savoir que j’ai un master 1 Eco Gestion option GRH, et un master 2 Entrepreneuriat et Management des PMO (IAE)..
Je n’aurais jamais cru que la recherche de job serait difficile à ce point.. Je me suis toujours dit, je fais de l’alternance, ça va m’aider.. Finalement, je ne sais plus trop quoi penser !!
Rédigé par : Floriane | 16/10/2008
Bonjour à tous!
Le jeune diplômé d’université frustré de ne pas obtenir le type de poste qu’il/elle souhaite, souffre je pense avant tout des préjugées et de l’incroyable conformisme du monde de l’entreprise.
La quasi totalité des offres trouvées sur internet, notamment sur ce site, adressées aux jeunes diplômés, précisent que le “profil idéal” est un diplômé d’une “grande école” de commerce ou d’ingénieur. Dire 95% ne serait pas exagéré.
Qu’on cherche ce type de profil pour un poste d’ingénieur, d’informaticien de juriste d’affaires ou de chef de produit, je peux comprendre, mais pour TOUT type de poste, là , je ne comprends plus. Je me demande comment ces écoles font pour produire assez de diplômés pour satisfaire toutes ces offres!
Les profils type IEP ou M2 d’Université type commerce international ou management de projet, ne peuvent absolument pas utiliser les sites d’offres d’emploi pour trouver un travail dans le marketing ou l’IE ou le commerce international ou encore le consulting et tout genre. La seule possibilité est le contact direct, soir par candidature spontanée, soit par réseautage social. Bien sur, ça marche, par exemple je ne me fais pas de souçi pour moi, qui ai un profil un peu comme ça, mais on galère beaucoup plus, alors qu’on a des compétences parfois largement équivalentes dans certaines écoles “capteuses de talent” plus que formatrices.
Le candidat ayant consenti à payer plus de dix mille euros en sortant de l’université ou de l’IEP pour faire un MS et rajouter le “label” type HEC ou ESSEC ou ESCP sur son CV, attire immédiatement l’attention d’un recruteur, même si, objectivement, les M2 d’université sont très très souvent meilleurs que les MS des ESC parisiennes. Mais ces étudiants se sont endéttés pour passer la barrière de l’ahurissante conformité des recruteurs.
L’un d’eux m’expliquait que recruter un étudiant (un “endetté”) ayant le logo “machin Paris” sur son CV, était une stratégie privilégiée en raison de “l’aversion au risque du recruteur”. Mais quel risque un recruteur prend-il à “embaucher” un stagiaire payé 380 euros sur 4 à 6 mois, pour passer des coups de téléphone et remplire des tableaux Excel?
Car c’est bien souvent de cela que relèvent les stages. Quand je pense que les logiciels pros sur lesquels on nous demande d’avoir “plusieurs années d’expérience” et qui sont parfois vus en école d’ingé, pourraient s’apprendre en une grosse semaine de formation! Un coût sans doute trop important pour les entreprises, les temps sont tellement durs!
Quelle hypocrisie. Tiens, si j’allais voir ma banque… ;)
Rédigé par : David | 22/10/2008
Franchement David, je trouve que vous y allez un peu fort dans la généralisation…
UN élément clef : le profil qui est décrit dans une annonce n’est pas exclusif, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas diplômé de l’école qui est citée dans l’annonce que vous ne pouvez pas postuler.
Pourquoi cet engouement des entreprises pour les écoles ? Elles leur sont connu et les diplômés de ces écoles sont moins “variables” que ceux des universités. Il se produit aussi que certaines formations sont moins connues ou éventuellement supposées ne pas viser les entreprises (je pense aux IEP).
A vous de montrer votre motivation, de mettre en avant stages et expériences pratiques et de désamorcer la réserve qu’inspirent les formations universitaires aux entreprises. Pour cela, même si je suis d’accord avec vous sur le conformisme, il n’est pas forcement nécessaire de le leur faire sentir !
Rédigé par : Jean-Marie Blanc | 22/10/2008
Tengaar et Jean-Marie,
j’envie beaucoup Tengaar, parcequ’elle a identifié trois “faiblesses”, et il ne lui reste plus qu’a trouver les metiers qui requièrent d’avoir ces faiblesses, ce qui les changera en atouts indispensable.
Rédigé par : Fabrice | 22/10/2008
Bonjour,
Je suis d’accord avec la réaction de M. Blanc, je trouve la réaction de David excessive, notamment lorsqu’il est dit que les M2 universitaires sont meilleurs que les MS d’écoles de commerce.
Sans en rajouter sur l’aspect connaissance des recruteurs de la formation initiale du candidat cité par M. Blanc, j’ai personnellement observé les CV de plusieurs étudiants de M2 Parisiens où les étudiants ont bien souvent une expérience professionnelle se limitant à 2-3 mois de stage (souvent complétés par des jobs étudiants qui n’ont rien à voir avec l’emploi qu’ils rechercheront plus tard). A l’inverse, dans mon ESC, et ce n’est pas une exception, au même niveau d’études, nous avons tous un minimum de 9 mois d’expérience pro. Ce qui peut faire la différence au moment de trouver un stage de pré-embauche/fin d’études.
Je pense qu’il y aurait plus à dire sur les différences université/ESC, et que les ESC ne se résument pas à payer un diplôme pour accéder aux entretiens et aux faveurs des recruteurs, mais ce n’est pas le débat ici.
Pour Floriane, ce qui me surprend c’est en effet la différence de sujets entre le M1 et le M2; Si je me mets à la place du recruteur, je me demande quel est le poste recherché et je me demande quel est le risque que le poste proposé ne plaise pas (en sachant qu’en tant que recruteur, je souhaite que la personne que je choisis, j’ai envie qu’elle reste un certain nombre d’années et que je n’ai pas envie de recommencer le processus de recrutement dans 6 mois…). Pour l’apprentissage, je trouve ça excellent, mais pour avoir expliqué à des recruteurs que je supportais occasionnellement l’entreprise de ma famille dans son développement, je comprends bien la difficulté. Bon courage en tout cas !
Enfin, je réponds à ce message surtout parce que “je suis diplômé bac +5 d’une grande école” et que “je galère”. Souhaitant travailler à l’international, j’ai acquis plus de 2 ans d’expérience professionnelle au travers de stages dans différents pays et j’ai complété mon cursus par un double diplôme en Ecosse, où il n’y a pas de stage de fin d’études. Je recherche actuellement un emploi sur Londres ou un VIE, dans le marketing ou en tant que commercial.
Le fait que je suis à l’étranger rajoute, je pense de la difficulté, et Londres semble plus touchée par la crise économique actuelle. Au niveau personnel, j’ai fait tous mes stages dans de petites entreprises, et je ne bénéficie donc pas du renom d’une “grosse société” sur mon CV. De même, je n’ai travaillé ni dans les média, ni dans la grande consommation…Ce qui fait que je n’ai pas “d’expérience” sur ces industries, et c’est donc plus difficile de convaincre un recruteur Britannique que j’ai les bonnes compétences pour un poste dans ces industries. Enfin, mes stages comme mes qualités personnelles correspondent plus aux postes marketing - communication que commerciaux; Malheureusement, pour les postes en marketing, la concurrence est énorme, provient de différentes formations, et même si j’arrive assez souvent à passer les premiers stages du recrutement (CV + lettre de motivation), j’ai jusqu’à présent échoué au dernier niveau (le recrutement au Royaume-Uni comportant souvent de nombreuses étapes: Un minimum de 2 entretiens avec les RH, le directeur du service et/ou un employé du service, des tests de calculs, de lecture -rapide-, d’organisation, de comportement en situation professionnelle, un entretien de groupe, une étude de cas/mise en situation avec un exemple du travail qui devra être effectué…Bref, si c’est compliqué, on a le bénéfice de savoir quel sera le travail à effectuer et d’appréhender l’environnement de travail de manière très concrète!)
En conclusion, j’espère que ce long message n’aura effrayé/froissé personne,
Merci, M. Blanc, pour votre excellent blog,
En attendant votre réponse ! :-)
Rédigé par : Axel | 23/10/2008
Bonjour, en réponse générique à tous vos messages et plus particulièrement à celui qui traitait de l’alternance, je voudrais préciser quelques points que me chiffonnent et m’ont chiffonnés en entretient.
Déjà par rapport au message d’Axel sur l’expérience acqui en Univ/ESC :
• J’ai moi même intégré cette année un M1 Marketing en IAE (donc univ), en alternance. Et bien nous sommes la moitié de ma promo (soit 30) à venir de licence pro en alternance (donc 3 ans d’expe pro pour la plupart). Pourquoi l’IAE ? déjà pas d’alternance en école de commerce en 4e année + frais à payer (en résumé tu payes et tu n’es pas payé). Nous souhaitons pour beaucoup continuer en M2 en alternance. Nous aurons donc 5 ans d’expérience professionnelle.
• Il faut savoir que c’est une tendance à la hausse, la majorité des université ayant maintenant au moins un M2 en alternance par “grand cursus” (voir le M1 correspondant)
Par rapport à l’alternance en entretient :
• En effet point très positif, mais encore difficile à faire bien sentir à un recruteur n’ayant lui même jamais eu une personne en apprentissage. Ils ne différencient pas bien l’apprentissage des stages, et nous considèrent tout de même comme des débutants (avec je le répète pour certain 5 ans d’expérience au final)
• Le résultat est celui décris par Floriane, nous sommes “débutants” pour des postes managériaux et “trop qualifiés” pour des postes d’assistants…
Il faut donc apprendre à faire valoir nos années comme de VRAIES années d’expérience, tout en partant avec le “handicap” de ne pas venir des noms d’écoles
Rédigé par : Sousou | 27/10/2008
Bonjour Sousou,
Je suis désolé de t’apprendre que tu es mal renseigné sur les grandes écoles: Elles proposent l’apprentissage de plus en plus tôt. L’ESC Montpellier, par exemple, propose les 3 années de son cursus en apprentissage, tandis que les ESC de Reims, Rouen, Toulouse et quelques autres (en général les écoles du concours Tremplin) proposent l’apprentissage à partir de la deuxième année (première année après licence). Donc tu ne paies pas l’école et tu es rémunéré.
Toujours est-il que je parlais des M2 en formation classique plutôt que des formations en apprentissage. De même, je ne citais que “le minimum” d’expérience professionnelle au moment de la recherche d’emploi, non pas le “maximum”, les ESC permettant également aux étudiants de personnaliser leur cursus et de combiner séjours à l’étranger, vie associative et expérience pro.
Bref, je voulais simplement remercier encore M. Blanc pour son blog qui m’a aidé à réfléchir quand à ma recherche d’emploi; Je viens de recevoir (et d’accepter) une offre d’embauche pour une société d’études de marché sur Londres (exactement ce qui correspond à mes attentes et à mes capacités), après plus d’une cinquantaine de refus (à différents niveaux sélection) et un grand nombre de candidatures restées sans réponses.
Bonne chance à tous pour votre recherche d’emploi…
Rédigé par : Axel | 31/10/2008